José-Manuel Barroso embauché par la banque Goldman Sachs : est-ce moral, est-ce légal, que dit la C


L'annonce en juillet du recrutement de José-Manuel Barroso par Goldman Sachs, juste après le vote du Brexit au Royaume-Uni, pose de façon aiguë la question des conflits d'intérêts des responsables politiques. Goldman Sachs, banque d'investissement américaine, cherche avec ce recrutement (comme président certes non exécutif) à faciliter le maintien de ses opérations en Europe depuis Londres, quels que soient les résultats des futures négociations entre le Royaume-Uni et l'UE. Le "carnet d'adresses" de M. Barroso peut évidemment lui être précieux.

M. Barroso a été président de la Commission européenne entre novembre 2004 et novembre 2014, période qui a vu se déchaîner la crise financière (à partir de 2008) et les menaces sur la situation de la Grèce... dont les comptes publics avaient été "habillés" pour masquer la profondeur des déficits... avec les conseils de Goldman Sachs! En 2004 M. Barroso avait été choisi comme président de la Commission avec le soutien actif du Royaume-Uni: Londres refusait la candidature du Belge Guy Verhofstadt, trop fédéraliste à ses yeux.

L'annonce de ce qu'il faut bien appeler un "pantouflage" a immédiatement soulevé une vague de protestations, tant dans les institutions européennes que dans les Etats membres de l'UE. Des fonctionnaires européens ont lancé une pétition, des députés européens ont demandé que des règles plus strictes empêchent des comportements "moralement inacceptables" d'anciens dirigeants européens. Jean-Claude Juncker lui-même, actuel président de la Commission européenne, a saisi le comité d'éthique et a demandé à ses services de ne pas avoir de contacts privilégiés avec M. Barroso. Emily O’Reilly, Médiatrice européenne, a demandé une clarification de la position de la Commission. Bien sûr, les commissaires européens ont le droit d’avoir une carrière après leur mandat mais les règles doivent empêcher les dérives et les abus.

Les règles actuelles interdisent aux commissaires européens de prendre des fonctions pouvant bénéficier de leur ancienne position, cela pendant 18 mois après la fin de leur mandat, considérant que la pertinence de l'information et son caractère confidentiel s'effacent avec le temps. Certains responsables politiques jugent cependant ce délai bien trop court et souhaitent le porter à 5 ans.

En outre le Traité sur le fonctionnement de l'UE interdit aux commissaires la divulgation d'information concernant leurs activités durant leur période à la Commission et ce même après avoir mis fin à leurs fonctions de commissaires: est-ce assez précis?

Il reste que, même si M. Barroso a bien respecté le délai légal de 18 mois minimum avant d'être embauché par Goldman Sachs, pour que les Européens aient confiance dans l’Union il faut d'abord qu'ils aient confiance dans ses dirigeants, actuels ou anciens, et les institutions européennes doivent réagir rapidement, clairement et vigoureusement à la situation créée par M. Barroso


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