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Editorial - "La force sans l'intelligence s'effondre sous sa propre masse"


"La force sans l'intelligence s'effondre sous sa propre masse"

(Horace, - 65 à - 8 avant J.C.)

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale les États-Unis ont bâti un système mondial censé empêcher le retour d'un grand conflit. Il était fondé sur des institutions internationales (O.N.U.), des alliances militaires (OTAN, CENTO, OTASE) et une chaîne de traités couvrant la plupart des domaines d'activité. Les rapports de force entre les États-Unis et leurs alliés européens existaient, bien sûr, mais il s'agissait d'une force privilégiant l'influence, les pressions et laissant une certaine place à la négociation multilatérale. La force brute était réservée aux petits États du tiers monde qui risquaient de basculer dans le camp communiste.

Il y avait une sorte d'accord tacite : les États-Unis assuraient la sécurité de leurs alliés européens et, en contrepartie, ces derniers s'alignaient, dans la mesure du possible, sur la politique étrangère de leur protecteur. Les États-Unis ménageaient leurs alliés pour s'assurer de leur loyauté face au bloc communiste.

Ce système a fonctionné, à peu près correctement, tant que l'U.R.S.S. restait une menace. Après l'effondrement de cette dernière, les cartes furent rebattues. Les Européens avaient moins besoin de la protection américaine et les U.S.A. ne considéraient plus l'Europe comme une pièce maîtresse de leur stratégie. Le Pacifique, notamment la Chine, devient le centre des préoccupations américaines.

Depuis l'élection de Trump, nous sommes entrés dans une troisième époque : pour les États-Unis, l'Europe n'est plus un partenaire mais un adversaire commercial. Tous les codes de la diplomatie sautent, laissant place à une rhétorique brutale et simpliste au service de la politique intérieure américaine. La communauté internationale, assemblage fragile de traités et d'institutions internationales, est au mieux ignorée, au pire méprisée et sabotée.

Pour les Européens, il n'est plus temps de regretter un suzerain relativement bienveillant et suffisamment lointain. Il leur faut faire le deuil d'un monde que le droit international et la diplomatie tentaient de policer. L'heure est au rapport de force et pas seulement avec les États-Unis mais également avec toutes les autocraties (Russie, Turquie, Chine...), les « démocraties il-libérales » (Pologne, Hongrie...) , les gouvernements ultra-nationalistes (Israël, Inde...) et les dictatures impitoyables (Syrie, Corée du Nord...). Il ne faut plus compter sur le bouclier américain et sur la faiblesse de la Russie pour assurer la sécurité de l'Europe, ni sur l'O.N.U. et l'O.M.C. pour arbitrer les conflits.

L'Union européenne doit s'assumer en tant que puissance commerciale et militaire, sans agressivité mais sans faiblesse. Il faut tisser un réseau d'accords se substituant partiellement aux traités transatlantiques, bâtir une défense autonome et défendre nos valeurs communes. On dit que l'Europe progresse quand elle est menacée ! Espérons que nos dirigeants seront à la hauteur.

Frédéric. BOURQUIN, président de la Maison de l'Europe de Nîmes


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