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La Finlande, un pays surprenant et peut-être exemplaire…


La Finlande a assuré au 2ème semestre la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne. Avant une soirée qui lui sera consacrée le 16 janvier, faisons un peu connaissance avec ce pays qui vu de Nîmes semble très lointain.

Un pays en tout cas peu connu, du moins en France. Petite vérification...

Le saviez-vous ? C’est dès 1906 que le droit de vote a été accordé à tous les citoyens finlandais, hommes et femmes, pour la première élection du Parlement du Grand-duché de Finlande, à l’époque territoire du tsar russe jusqu’à l’indépendance acquise en décembre 1917.

Le saviez-vous ? La Finlande a connu entre 1917 et 1944 pas moins de 5 guerres dévastatrices, dont une guerre civile qui a fait 100 000 morts en 100 jours (sur 4 millions et demi d’habitants) au début de l’année 1918. En comparaison, la guerre civile d’Espagne, avec laquelle les historiens font parfois le rapprochement, fit un million de morts (sur 35 millions d’Espagnols) en trois ans ! Cela donne une idée de la violence des affrontements de 1918 en Finlande.

Le saviez-vous ? À l’issue de la "guerre d’hiver" (1939/40) au cours de laquelle la petite armée finlandaise, avant de s’incliner, tint tête à l’Armée rouge alors alliée des nazis, Staline exigea la cession de portions du territoire, dont la Carélie où vivait alors 12% de la population finlandaise. 450 000 personnes furent rapatriées, prises en charge et réinsérées dans le pays sans désordres ni souffrances majeures, aux dires des survivants de l’époque.

Le saviez-vous ? Après la fin de la 2ème guerre mondiale, la Finlande encore marquée par bien des péripéties dévastatrices dut accepter l'exigence par les Soviétiques de réparations de guerre qui représentaient près de 10% du PIB ! Le pays s’en acquitta avant terme au prix d’une restructuration de tout son appareil productif.

On trouvera ces renseignements passionnants, et bien d’autres, dans Les difficultés de la reconstruction : le cas de la Finlande, 1944-1948, un ouvrage de Niko Rajaniemi, et surtout dans « Une histoire finlandaise », à revoir sur Arte.tv (émission du 7/12), un film remarquable d’Olivier Horn.

Et pour finir, cerise sur le gâteau, la première ministre désignée tout récemment s’appelle Sanna Marin, elle a 34 ans, est issue d’un milieu défavorisé et se trouve être LA plus jeune première ministre (hommes et femmes confondus) de l’histoire. Respect !

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, la Finlande, résolument et définitivement neutre, à l’instar de sa voisine (et ancienne puissance dominante) la Suède, a rejoint le projet européen où elle joue un rôle éminent. Rappelons que vingt ans avant cette adhésion, c’est à Helsinki que furent signés en 1975 les accords du même nom, qui portèrent l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) sur les fonts baptismaux.

La Finlande a encore surpris le monde entier en prenant dès les années 80 et 90 le tournant de l’informatique et surtout de la téléphonie mobile, avec Nokia, resté le premier constructeur de téléphones portables de 1998 à 2011. Même après avoir perdu cette première place, Nokia s’est intelligemment reconverti, toujours dans le domaine des technologies de l’information, en diversifiant ses activités pour s’adapter à un secteur en constante évolution.

Mais là où les Finlandais nous étonnent le plus, c’est en occupant systématiquement le haut du tableau dans les résultats de l'enquête PISA. Pour mémoire, PISA signifie « Programme for International Student Assessment”, traduisible en « Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves » (également PISA...): un programme porté par l’OCDE dont le siège, rappelons-le, est à Paris.

Ce n’est pas le lieu ici de décrire en détail ce qui, de l’avis des experts, explique cet excellent classement du système éducatif finlandais : les analyses abondent dans la presse généraliste et spécialisée, ainsi que sur le web. Toutes concordent, et concordent notamment sur cette donnée qui doit nous interpeller : les écoliers et lycéens finlandais sont dans leur grande majorité heureux de fréquenter leur établissement et d’y suivre leurs études, ce qui tranche avec l’avis des élèves français où les proportions sont exactement inverses entre satisfaits et mécontents.

Quoi qu’il en soit, c’est de cela et de bien d’autres choses que nous pourrons parler avec Mme Anna ESKO, qui représentera l’ambassade de Finlande le 16 janvier, lors de la soirée consacrée à son pays. Le semestre de présidence finlandaise du Conseil de l’UE sera alors achevé et elle pourra en toute sérénité nous faire le bilan de ce qui aura été acquis et transmis à la Croatie, qui prend la suite au 1er janvier 2020. Pour nous faire une idée de ce bilan, nous pouvons dès à présent nous reporter aux quatre priorités qui avaient été affichées par la Finlande pour sa présidence: renforcer les valeurs communes et de l'État de droit, rendre l'Union plus compétitive et socialement plus inclusive, consolider la position de l'UE comme le leader mondial en matière de climat, et garantir la sécurité globale de tous.

Rendez-vous donc le jeudi 16 janvier à 18h pour en parler et découvrir quelques-unes des facettes de ce grand (en tout cas par la taille) et fascinant pays.


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