Heurs et malheurs des essais cliniques en Europe contre le Covid-19


L'essai clinique Discovery, conduit en Europe depuis le 22 mars pour trouver un traitement efficace contre le Covid-19, devait à l'origine présenter ses premiers résultats fin avril. Mais cet essai patine, faute de patients autres que français.

Quatre traitements sont l'objet de cet essai. Pour que les résultats soient rapides, ils sont basés sur des molécules déjà disponibles et employées pour d'autres maladies. L'hydroxychloroquine, défendue de façon fracassante et médiatique par le Pr Didier Raoult mais rejetée par nombre de ses confrères, est un de ces traitements. A cela, s'ajoute un 5ème groupe, le groupe témoin, qui ne reçoit aucun de ces traitements, pour en vérifier l'efficacité par différence.

Une pénurie de patients européens

Discovery devait être un programme de recherche européen, mais aujourd'hui il reste pratiquement 100 % français et faute d'un nombre suffisant de patients il peine à donner ses premières conclusions.

Les chercheurs tablaient sur 3 200 patients en Europe, gravement atteints par le Covid-19, dont au moins 800 en France. Aujourd'hui, 750 malades seulement se sont portés volontaires, tous en France sauf un seul, au Luxembourg, alors qu'à l'origine sept pays s'étaient manifestés pour participer à l'essai. Or les méthodologistes de l'essai estiment que, pour avoir des résultats fiables, il faudrait au moins 600 patients par groupe de test. La publication des résultats a donc plusieurs fois déjà été retardée.

La quasi-absence de patients en dehors de la France peut s'expliquer en partie par un manque de clarté dans le partage de la propriété des résultats.

L'ajout de l'hydroxychloroquine au programme à la dernière minute a pu jouer également. La récente popularité de cette molécule pourrait en plus avoir un effet contre-productif: les patients inclus dans l'essai peuvent évidemment aboutir dans le groupe témoin qui reçoit des soins standards, et non la molécule; si des malades du Covid-19 sont persuadés que l'hydroxychloroquine peut les guérir, ils ne veulent pas risquer de recevoir un simple placebo !

S'ajoute enfin à cela que - et c'est évidemment très heureux ! - le nombre de malades gravement atteints par le Covid-19 diminue. Il est donc moins facile de trouver des patients volontaires pour l'essai.


Un problème de budget

Des discussions sont en cours avec l'Union européenne pour débloquer une enveloppe dédiée à l'essai Discovery. Chaque patient testé coûte en effet près de 5 000 euros.


Alors, Discovery ou "Fiascovery"?

Rappelons-le, la santé n'est pas une compétence de l'Union européenne, mais des Etats qui la composent. Peut-être y aura-t-il d'ailleurs une évolution sur ce sujet après l'épidémie du Covid-19.

L'Union européenne ne pouvait donc pas imposer une coordination des essais cliniques de traitements. Mais on peut néanmoins regretter que l'essai Discovery n'ait pas été pris en main par l'ECDC (European centre for disease prevention and control, Centre européen de prévention et contrôle des maladies) et constater que les Etats ont eu en la matière des approches multiples et très diverses.

Le Royaume-Uni - maintenant, certes, en dehors de l'UE - a lancé son propre programme, Recovery.

Certains Etats européens ont rejoint l'essai Solidarity lancé et coordonné par l'OMS (Organisation mondiale de la santé) et dont les résultats seront librement disponibles (ce qui ne plaît guère aux industriels du médicament américains: à rapprocher de la décision des USA de ne plus contribuer au financement de l'OMS?). Et dans le monde il y a plusieurs centaines de programmes d'essais sur des traitements éventuels, avec des nombres de patients pas toujours suffisants et des protocoles loin d'être tous harmonisés. Cela sans même compter les recherches sur la mise au point de vaccins, qui sont à échéance plus longue.

Pour le moment malheureusement aucun des essais n'a fait apparaître de traitement clairement efficace et sans effets indésirables...

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