Lettre Europe Novembre

Tribune - L'ESPOIR FAIT VIVRE


Les pays de l'ex-Yougoslavie et l'Albanie suivent le même chemin vers le même objectif mais selon un rythme très différent selon les pays: objectif l'entrée dans l'Union européenne.

La Slovénie, la plus riche et quasiment épargnée par la guerre en ex-Yougoslavie, est entrée dès 2004 dans l'Union ; la Croatie, sérieusement impliquée dans cette guerre, a suivi sa voisine en 2013.

Les autres républiques ex-yougoslaves accusaient déjà un retard de développement avant cette guerre et, de plus, ont été des champs de bataille pendant une décennie. Enfin, elles n'ont pas résolu leurs problèmes de cohabitation conflictuelle entre ethnies et religions.

De plus, pendant des périodes plus ou moins longues selon les États, des gouvernements nationalistes ont exacerbé les passions xénophobes, mettant de l'huile sur des braises mal éteintes.

Tito, dirigeant entre 1945 et 1980, disait déjà: la Yougoslavie c'est 6 républiques, 5 nations, 4 langues, 3 religions, 2 alphabets et 1 seul parti!1.

Quant à l'Albanie, elle ne s'est pas encore remise de 50 ans d'une dictature communiste paranoïaque qui l'avait complètement isolée du reste du monde.

La perspective d'une adhésion à l'Union européenne oblige ces pays à se réformer, à régler tant bien que mal leurs problèmes de cohabitation entre ethnies, de relations avec leurs voisins, de corruption endémique. Tout cela prend du temps mais seule cette lointaine perspective les fait avancer dans la bonne direction.

Or, cette quête du Graal européen est remise en question pour la Macédoine du Nord et l'Albanie par le veto de la France! Il ne s'agissait pas de décider d'une adhésion immédiate mais simplement d'autoriser la Commission à ouvrir des négociations qui, de toute façon, prendront une dizaine d'années et ne déboucheront pas obligatoirement sur l'adhésion. Les arguments avancés ne sont guère convaincants : les réformes ne sont pas suffisamment avancées, les procédures de négociation ne sont pas adaptées, l'Union doit se réformer préalablement... Certes, c'est vrai mais les dix ans ou plus que nous avons devant nous auraient permis d'avancer dans ces tâches ; approfondissement et élargissement ont toujours marché de pair.

En voyant s'éloigner la carotte de l'adhésion, ces pays risquent de remiser les réformes au placard puisque ces dernières, toujours douloureuses, ne leur apporteront rien à un horizon perceptible. Comme un certain nombre de mauvais génies se penchent avec intérêt sur cette région depuis quelque temps pour leur vendre des infrastructures clé en main et la dette qui va avec (Chine), des rêves d'une communauté des peuples slaves orthodoxes luttant contre la décadence de l'Occident (Russie) ou encore l'Islam politique comme solution à tous les problèmes sociétaux (Turquie, pays du Golfe), la place laissée libre par l'Europe ne restera pas longtemps vide !

Or, les Balkans occidentaux ne sont pas une lointaine marge de l'Union que l'on peut laisser de côté mais une enclave de l'autre côté de l'Adriatique ou du Danube dont nous ne pouvons pas nous désintéresser.

Frédéric Bourquin, président de la Maison de l'Europe de Nîmes.

1 Six républiques (Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Monténégro, Macédoine), cinq nations (Slovènes, Croates, Musulmans, Serbes, Kosovars), quatre langues (slovène, serbo-croate, macédonien, albanais), trois religions (catholique, orthodoxe, islamique), deux alphabets (latin et cyrillique), un parti (le parti communiste, à l'époque).


"Erasmus Days" à Nîmes: le 3ème Forum de la mobilité internationale, le 10 octobre 2019



Quelle meilleure façon pour créer une Europe solidaire et sans frontières intérieures que de voyager à la rencontre d’autres jeunes et de découvrir des nouvelles cultures ? C’est exactement ce qui est au cœur du programme européen Erasmus + qui, depuis plus de 30 ans, donne à l’Europe un visage humain, jeune et souriant. Pour célébrer ce programme d’éducation, qui n'est plus réservé à l'enseignement supérieur, la Maison de l’Europe de Nîmes et ses partenaires locaux ont fêté le 10 octobre les Erasmus Days.

La Maison de l’Europe de Nîmes, le Pôle métropolitain Nîmes-Alès, les lycée de la CCI et St Vincent de Paul, Unîmes et l'ESBAN (Ecole supérieure des beaux-arts de Nîmes), avec le soutien de la Banque Populaire du Sud, ont organisé la troisième édition du Forum de la mobilité internationale dans les locaux de la CCI du Gard à Nîmes. Toute la journée du 10 octobre, plus de 600 élèves et étudiants d’une dizaine d’établissements scolaires et universitaires de Nîmes et d’Alès sont venus s'informer sur les différentes possibilités de faire un séjour d'études ou d'apprentissage à l’étranger. Pour répondre à cet objectif, plus de 20 organisations de mobilité et entreprises ont renseigné les jeunes, par des stands d’information et des mini-conférences par thèmes. Les organisateurs étaient aussi très heureux d'accueillir à cette occasion une personne de l’Agence Erasmus + France, qui a proposé une conférence auprès d’un public d’enseignants et de coordinateurs des relations internationales sur les programmes de mobilité de formation pour les enseignants. Un point fort du Forum, pour les jeunes: un espace témoignage où des jeunes ayant déjà vécu une expérience à l’international ont partagé leurs motivations, leurs impressions et leurs conseils.

En plus, toute la semaine du 7 au 11 octobre, les grilles extérieures et la cour de la CCI ont accueilli de façon très visible deux expositions, sur un périple de deux jeunes à travers l'Europe à la découverte de projets réalisés grâce à l'Union européenne et sur des familles qui se sont constituées grâce aux rencontres pendant des périodes de mobilité Erasmus.

Cette action de grande envergure a bénéficié d’une belle visibilité grâce aux médias (y compris la télévision France 3) qui ont couvert l’évènement : voir par exemple https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/emissions/jt-local-1920-gardois

https://www.midilibre.fr/2019/10/10/nimes-le-forum-de-la-mobilite-internationale-a-attire-des-centaines-de-jeunes,8471430.php

Le soir, la fête des Erasmus Days a continué avec un accueil officiel des étudiants étrangers à l’Université de Nîmes, suivi par la « Nuit des étudiants du monde » au SPOT. Tout au long de cette soirée conviviale, les étudiants étrangers et français ont eu l’occasion de se rencontrer et d’échanger sur leurs expériences et projets autour d’un "cocktail Erasmus". Une visite nocturne de "l’Expo de Ouf !" (peintures murales artistiques et/ou humoristiques sur des façades dans le quartier Gambetta - avec le plein accord des propriétaires bien sûr!) a conclu la soirée.


Partir en stage à l’étranger avec la Région Occitanie et le programme Erasmus +



La Région Occitanie a mis en place un programme d’aide à la mobilité en faveur de l’emploi, de la formation professionnelle et de l’apprentissage pour accroître quantitativement et qualitativement les opportunités de séjours à l’étranger pour des personnes en formation professionnelle et des jeunes en voie d’insertion professionnelle. Suite à une candidature couronnée de succès auprès du programme européen Erasmus+, la Région a mis en place un consortium réunissant des Centres de formation des apprentis, des Missions locales jeunes et des organismes intermédiaires, tels que la Maison de l’Europe de Nîmes. Le rôle des organismes intermédiaires est d’accompagner des structures novices dans les projets de mobilité européenne, de former les jeunes à la citoyenneté européenne et de trouver des entreprises d'accueil et faciliter le séjour des jeunes à l’étranger, grâce à des réseaux européens de partenaires. Depuis la création du consortium en 2018, la Maison de l’Europe a mis en place deux projets de mobilités :

- 7 jeunes de la Mission locale jeunes Rhône-- Argence (Beaucaire) ont réalisé leur stage Erasmus + à Prague en avril 2019

- 4 jeunes de la Mission locale jeunes de Mende sont partis faire des stages à Kalamata en Grèce en juin/ juillet 2019.

En plus de ces projets de mobilités que nous organisons sous notre propre nom dans le cadre du programme Erasmus +, nous nous sommes engagés auprès de la Région Occitanie et des Missions locales jeunes dans plusieurs projets pour les mois à venir.

Ainsi 10 jeunes inscrits auprès des deux Missions locales jeunes du Gard Rhodanien-Uzège et d’Alès Agglomération partiront en stage de professionnalisation en République Tchèque du 22 novembre au 21 décembre 2019. Grâce au soutien de la Région, nous avons pu organiser, outre le stage à Prague proprement dit qui est financé par le programme Erasmus +, 5 étapes pour préparer les participants à ces stages puis en faire le bilan après leur retour:

  • Formation et mise au point de l’action avec tous les référents des Missions locales

  • Recrutement des jeunes à travers un entretien de sélection collectif

  • 5 demi-journées de formation à la citoyenneté européenne, à l’interculturalité et au travail à l’étranger

  • 7 séances de cours de langue anglaise et d'initiation à la langue tchèque, ainsi que la mise en place d’un accès à des cours d’anglais en ligne via la plateforme du programme Erasmus +Evaluation, bilan, valorisation des acquis et remise des diplômes Europass mobilité après les stages à Prague

D'autres projets suivront rapidement. En plus des aspects professionnels et du "plus" pour trouver un emploi, ces stages permettent aux jeunes de développer leur autonomie, leur ouverture à d'autres cultures et leur confiance en eux.

Quelques chiffres montrant l’impact de la mobilité internationale sur l’insertion des jeunes sur le marché de travail (selon l’enquête sur l’insertion professionnelle de la Génération Erasmus) :

  • 2 fois plus de chances d’accéder à un emploi après l'obtention du diplôme

  • un accès à un 1er emploi plus rapide (2,9 mois contre 4,6 mois)

  • un impact sur le parcours du jeune plus fort pour les niveaux de formation les moins élevés

  • 64 % des entreprises estiment qu'une expérience internationale est un atout pris en compte dans leurs recrutements


Loïck et Tristan: deux jeunes gardois partis en volontariat européen en Pologne et en République tchèque. Ils témoignent...





Loïck et Tristan sont tous les deux partis depuis quelques semaines en tant que volontaires européens, en Pologne et en République tchèque. La Maison de l'Europe de Nîmes les a aidés à se préparer au départ, les soutient tout au long de leur projet et les recevra à leur retour.

Loïck est parti pour 10 mois et Tristan pour 12 mois, tous deux dans le domaine de l'éducation et de la promotion du volontariat.

Quelques nouvelles polonaises de Loïck...

"[...] Je me suis bien intégré, je n'ai pas encore vu tous les volontaires car certains étaient au "on-arrival training" [séminaire à l'arrivée pour les volontaires] quand je suis arrivé. On s'entend tous bien et je pense que nous sommes un bon groupe. À Kielce, il y a une bonne dynamique !!

Pour l'instant, au niveau du polonais, je connais quelques mots, des phrases basiques, c'est une belle langue, dans mes études j'ai appris le russe et cela m'a aidé. En général, les gens ne parlent pas trop anglais mais je n'ai pas eu de problèmes.

Avec la structure d'accueil, tout se passe bien, il y a une bonne communication, ils nous ont aidés pour les papiers à faire, carte de bus, carte bancaire, numéro de téléphone polonais. Je vais commencer dans la semaine donc je ne sais pas encore grand-chose concernant les missions, mais ça s'annonce bien car l'école où je vais être est cool et créative.

L'hébergement est très bien, nous avons tout, des magasins à proximité ainsi que des arrêts de bus. Je suis dans un appartement où il y a trois chambres, nous sommes deux pour le moment. Je suis avec une Turque, elle est très gentille, tout se passe bien mais nous ne prenons pas les repas au même moment, parfois elle ne mange pas, et elle reste beaucoup dans sa chambre. J'essaye de lui parler et quand on échange c'est enrichissant.

Pour résumer, il n'y a que du positif, je me sens vraiment bien en Pologne. Les gens sont sympas et simples. Je suis surpris à quel point ce pays est incroyable. Je ne sais pas si je reviendrai en France ahaha..."

Et quelques nouvelles tchèques de Tristan...

"Ahoj !

[...] Tout se passe super bien, la première et deuxième semaine ont été une sorte de montagne russe émotionnellement parlant mais maintenant tout est stable, j'ai mon quotidien, mes habitudes, je commence à bien connaître les alentours. A l'école tout est nickel, notre emploi du temps me convient, il est encore un peu désordonné car Helena [la tutrice de Tristan] est très occupée mais c'est normal.

Les enfants m'apprécient bien, ils me saluent quand ils me voient et ils ont l'air d'être contents que je sois là, idem pour le corps enseignant.

La barrière de la langue n'a pas gêné notre communication et il nous est même arrivé de rire ensemble.

Je viens de me mettre sérieusement a réviser mon tchèque, pour des raisons d'organisation j'en suis à ma deuxième leçon, que j'ai eue aujourd'hui, c'est difficile mais loin d'être insurmontable.

Pour ce qui est du logement c'est impeccable, on est deux avec Jeremy, et il y a aucun souci. J'ai même commencé à décorer ma chambre, et je compte bien la faire évoluer au fil du temps.

Je suis en train de réfléchir a des projets et en ai déjà trouvé quelques uns donc je suis plutôt optimiste.

Le moral est au beau fixe en ce moment, je me sens déjà dans un nouveau chez moi et il n'y a que du positif, à part les débuts qui étaient éprouvants, là je suis posé et prêt à vivre pleinement cette année !"


Agenda novembre 2019


Vendredi 8 novembre : 10h30 – 12h

La Maison de l'Europe de Nîmes participe au lancement du label "Ecole ambassadrice du Parlement européen" au Lycée de La Salle à Avignon. En présence de la députée européenne Sylvie Brunet.

  • 1-5 rue Notre Dame des 7 Douleurs, Avignon

Mardi 12 novembre : 18h30

Le Brexit : conférence de Jean-Dominique Giuliani , président de la Fondation Robert Schuman, organisée par le Forum Nîmois Charles Gide présidé par Jean Matouk.

  • Hôtel Novotel Atria, Boulevard de Prague à Nîmes. Entrée libre dans la limite des places disponibles... arriver très tôt!

Mardi 12 novembre: 20h

À l'occasion des 30 ans de la chute du Mur de Berlin, les treize musiciens du collectif berlinois "17 Hippies" jouent pour présenter leur nouvel album "Kirschenziet" ( "Le Temps des Cerises").

  • Salle Paloma (salle Club) à Nîmes, 6 €: voir paloma-nimes.fr

Jeudi 14 novembre: 18h30

Les murs en Europe : Soirée de témoignages à l’occasion des 30 ans de la chute du Mur de Berlin. Michael Stange, directeur de la Maison de l’Europe, a grandi en RDA, et Frédéric Bourquin président de la Maison de l'Europe, faisait son service miltaire en 1969 au pied du Mur à Berlin- Ouest. Ils présenteront leurs expériences et impressions des deux côtés du Mur. Entrée libre.

  • Maison de l’Europe, 46 rue de la République à Nîmes

Lundi 18 novembre: 16h

Formation des référents de la Chambre Régionale de Métiers et de l’Artisanat Occitanie / Pyrénées-Méditerranée. La Maison de l'Europe présentera ses actions en particulier pour les mobilités Erasmus + (montage de dossier, préparation des bénéficiaires...).

  • IRFMA du Gard (Institut Régional de Formation des Métiers de l'Artisanat - Chambre de métiers et de l'artisanat du Gard), 950 ave. Maréchal Juin, à Nîmes


Mardi 19 novembre : 9h 30

Point presse autour de la Mobilité Erasmus + en cours à Prague

  • Mission locale jeunes de Bagnols-sur-Cèze, 5 rue des Jardins du Souvenir

Jeudi 21 novembre : 10h-12h / 14h-16h30

La Maison de l'Europe participe au Forum des Métiers et de la Formation à Ganges

  • Salle des fêtes : 19 av. Pasteur, Ganges

Jeudi 21 novembre : 14h00

Point presse autour de la Mobilité Erasmus + en cours à Prague

  • Mission locale jeunes d'Alès Agglomération, 6 quai Boissier de Sauvages à Alès

Mardi 26 novembre: 9h30 à 12h30

Comité de pilotage de la communication des programmes européens Occitanie

Mercredi 27 au vendredi 29 novembre

Réunion des 49 Centres d’information Europe Direct de France par la Représentation de la Commission européenne à Strasbourg

  • Centre d’information Europe Direct de Strasbourg


Jeudi 5 décembre : 20h00

Projection du film Woman At War (Prix Lux du Parlement européen en 2018) au Sémaphore, suivi d’une discussion débat (« entrée gratuite dans la limite des places disponibles)

  • Le Sémaphore, 25 Rue Porte de France, 30900 Nîmes



Une jeune volontaire allemande du Corps Européen de Solidarité

employée pour un an dans une association locale en Lozère




Suite à l’obtention du label de qualité Stage/Emploi dans le cadre du programme européen "Corps Européen de Solidarité", la Maison de l'Europe de Nîmes a eu récemment le plaisir d’accueillir une jeune allemande, Carola ARNDT, affectée au Relais de l’Espinas à Ventalon-en-Cévennes (Lozère).

Ventalon-en-Cévennes est une commune d'un peu plus de 200 habitants, dont le territoire s'étage entre 400 et 1100 m d'altitude, dans la montagne du Bougès entre Le Collet-de-Dèze et Le Pont-de-Montvert. Cette commune a été créée en 2016 par fusion de deux communes.

Grâce au Corps européen de solidarité, l’association locale Epi de Mains qui accueille Carola bénéficie d’un cofinancement européen pour son emploi. Ce nouveau volet professionnel du programme permet à des jeunes entre 18 et 30 ans de faire un stage entre 2 et 6 mois ou d’occuper un emploi entre 3 et 12 mois en France ou à l’étranger.

L'association Epi de Mains, qui gère le Relais coopératif de l'Espinas, a fait de ce lieu, acquis en 1996 puis restauré par la commune, un point de rencontre, de services et d'activités: il est à la fois café-restaurant, épicerie, boutique de produits authentiquement locaux, bibliothèque, accueil de conférences, organisateur de formations et de balades de découverte du milieu (en particulier la chataigneraie),... Carola occupe ainsi au Relais un poste d’animatrice en éducation à l’environnement, pendant 12 mois.

La Maison de l’Europe de Nîmes, en tant que co-animatrice du comité départemental de la mobilité en Lozère, a accompagné l’association Epi de Mains dans le projet d’accueil et d'emploi de Carola.

Plus d’infos sur le Relais de l’Espinas et l’association Epi de Mains : http://www.lerelaisdelespinas.org/#1123

L'Europe participe au financement de la nouvelle "Ecole d'infirmières" de l'hôpital de Nîmes




Ecole d'infirmières était le nom de l'école créée à Nîmes en 1903 et installée depuis 1960 rue Kléber, tout près de l'hôpital Gaston Doumergue.

Aujourd'hui l'hôpital Gaston Doumergue, fermé, a été transformé (en partie pour le moment) en locaux de l'Université de Nîmes: il constitue le site Hoche d'Unîmes. L'IFSI (Institut de formation aux soins infirmiers) de la rue Kléber se trouve donc maintenant très éloigné de l'hôpital Carémeau actuel.

Il paraissait logique de rapprocher le lieu de formation du lieu principal de soins.

Le 15 octobre a été posée la première pierre du futur IFMS (Institut de formation aux métiers de la santé) sur le site même de l'hôpital Carémeau, qui est un CHU. Cet Institut devrait ouvrir au moins en partie fin 2020.

Le coût du projet est de 12 millions d'€.

L'Union européenne apporte 1 million d'€ par le FEDER (Fonds européen de développement régional), aux côtés de la Région, du CHU, de Nîmes Métropole, du Département du Gard et de la Ville de Nîmes.


L’Europe près de chez nous (et de chez vous): la Maison Rouge à Saint Jean-du-Gard






Installé dans une ancienne filature de soie, en phase donc avec la mémoire de la région, le Musée des Vallées cévenoles dit « Maison Rouge » a ouvert ses portes en 2017, tout près du centre ville de Saint Jean-du Gard. Depuis, il propose aux visiteurs dans ce lieu très vaste et très bien réaménagé de nombreuses animations et expositions diverses, faisant ainsi le lien entre le passé textile prestigieux de la région et un présent marqué par l’intérêt croissant du public pour un tourisme à la fois vert (les Cévennes...) et culturel.


Cela n’aurait pas été possible sans un effort important de la puissance publique, toutes origines confondues, dans lequel l’Union européenne a eu également sa part : 5% du budget total de la construction. 5% seulement, est-on tenté de dire…Oui, mais 5% d’un budget de 12 millions d’euros environ, soit quand même la bagatelle de 600 000 euros.

Un financement qui a été fourni par le FEDER (Fonds européen de Développement régional), et réparti entre l’aménagement général et la muséographie (informations aimablement fournies par Mme Valérie Escojido, chargée de l’animation culturelle du Musée).

Profitons de ce lieu magnifique et extrêmement intéressant, c’est aussi notre apport de contribuables européens (même si ce terme est, pour l’instant un peu inadéquat: il n'y a pas directement d'impôt européen) qui nous revient sous cette forme.


Aide européenne pour des points de WiFi publics libres et gratuits dans des communes de notre région



Quatre communes d'Occitanie: Villevieille (30), Agde et Juvignac (34), Villefranche d'Albigeois dans le Tarn, ainsi que Tarascon que seul le Rhône sépare de l'Occitanie recvront chacune un "coupon" de 15 000 € de la Commission européenne pour établir des points de connexion WiFi gratuits dans des lieux publics (parcs, médiathèques, musées, bâtiments publics comme les mairies,...).

Cela s'inscrit dans le programme européen WiFi4EU (un pseudo-anglicisme...) d'aide à la mise à disposition gratuite de connexions WiFi pour les téléphones mobiles, au bénéfice de la population.

Pour obtenir ces aides, les communes ou groupements de communes de l'Union européenne étaient appelées à répondre en septembre 2019 à un appel d'offres, le 3ème du programme. 11 000 candidatures ont été reçues et 1 780 communes européennes (dont 142 communes françaises) ont été choisies. Il y aura un 4ème et dernier appel d'offrres avant fin 2020.

Lors des deux premiers appels d'offres, 2 800 coupons avaient été distribués en novembre 2018 et 3 400 en avril 2019.

Les communes ou groupements de communes qui ont reçu 15 000 € sont libres du choix de l'installateur et de l'opérateur et elles s'engagent à ce que la connexion libre et gratuite soit disponible pendant au moins 3 ans.

Sylvie Goulard retoquée au Parlement européen. Bon, et après… ?




Tout a été dit sur l’épisode Goulard. Le trou dans l’eau va se refermer rapidement, et Sylvie Goulard a rejoint son très lucratif poste à la Banque de France, qu’elle avait eu soin de ne pas quitter avant de connaître le résultat de son examen de passage. Je suis sévère, injuste même ? Certes. Je le revendique, car ma mauvaise foi est à la mesure de ma déception. Une déception à deux volets.

Mais d’abord un souvenir personnel : un jour de mai 2007, j’ai entendu Sylvie Goulard, alors présidente du MEF (Mouvement européen France), parler d’Europe à l’antenne de France Inter. Le lendemain même, je me suis présenté à l’adresse du Mouvement européen du Gard (c’était déjà la même que celle de la Maison de l’Europe) pour prendre ma part de ce militantisme européen auquel Sylvie Goulard appelait. J’attendais ça depuis vingt ans. Une attente active, d’ailleurs, avec une forte implication par des recherches, des publications et une participation professionnelle au programme européen « Jeunesse en action » (aujourd’hui intégré dans Erasmus +). Mais « militer pour l’Europe », voilà une belle idée qui m’a immédiatement convaincu et qui, je le sais, ne me quittera plus. Donc avant tout, merci à Sylvie Goulard d’avoir voulu transformer un MEF national, sympathique mais un peu ronronnant, en une vraie organisation de militants !

D’où une première déception : comment une femme de cette qualité, de cette envergure, de cette compétence, a-t-elle pu imaginer qu’elle échapperait aux radars insistants (et pourquoi ne le seraient-ils pas) de la presse et de l’opinion ? Comment a-t-elle pu penser que les confortables émoluments qu’acceptait de lui verser, sans grande contrepartie, un obscur (mais manifestement richissime) think tank américain, en complément d’une indemnité parlementaire raisonnablement confortable, passerait pour un simple et anodin « ménage » ? Comment a-t-elle pu supposer que le contraste entre son action passionnée au Parlement contre la pauvreté, qu’elle a revendiquée, et son propre enrichissement personnel, même légal, n’apparaîtrait pas pour ce qu’il est : aussi consternant que ridicule ? Force est de constater une fois de plus que ceux qui parviennent dans les hautes sphères du pouvoir, le plus souvent parce qu’ils en ont les capacités, deviennent vite la proie de deux démons bien dangereux : l’arrogance et la confiance dans l’impunité. Beaucoup résistent, heureusement ! Ceux qui succombent n’en sont que plus critiquables.

Et c’est sans doute là que gît ma deuxième déception : c’est que Macron lui-même ait pu croire que celle dont il avait dû, certainement à regret, se séparer en 2017 pour cause de menaces de poursuites pourrait sans dommage, se « recaser » à la Commission. Ses convictions européennes, et l’énergie qu’il met à faire avancer, du mieux qu’il le peut, l‘Europe à laquelle nous croyons, ne sont pas en cause, non plus que son intégrité personnelle. Mais le fait est là : le Président s’est obstiné malgré les avertissements qui n’ont pourtant pas manqué, même si la version officielle - à laquelle pour ma part je ne crois pas - est que c’est l’insistance d’Ursula von der Leyen à « exiger » Sylvie Goulard qui a eu raison de la réticence macronienne.

Maintenant, quoi ?

D’abord, remarquons que le Parlement a, une fois de plus, joué pleinement son rôle qui, en l’occurrence, était de sélectionner des Commissaires aussi compétents et irréprochables que possible : une procédure, dont, nous le disons souvent ici même, les Parlements nationaux feraient bien de s’inspirer. Certes, de minables calculs politiciens ont aussi pesé dans l’éviction de Sylvie Goulard. Même si cela rapproche l’Europarlement des Parlements « normaux », il n’y a sans doute pas lieu de s’en réjouir. Il n’empêche. La fable d’une Europe « non-démocratique » s’en trouve ainsi un peu plus écornée, et c’est tant mieux.

Ensuite, même si la presse est loin d’être unanime sur l’évènement (le verre est tantôt à moitié vide, tantôt à moitié plein), les regards se tournent vers l’avenir et les pronostics vont bon train. Souhaitons que Thierry Breton, le nouveau candidat de la France, soit autant que Sylvie Goulard - sans les casseroles, il devrait avancer plus vite - en mesure d'occuper efficacement la fonction.

Pour sa part, le MEF national, en la personne de son président, estime que cette affaire nous enseigne une « triple leçon de choses »[1] qui, nonobstant le regret qu’on perçoit en filigrane du texte, invite plutôt à l’optimisme.

Certains considèrent que ce cafouillage, évidemment regrettable, met l’Europe en grand danger, ne serait-ce que parce que l’ambition européenne du président français perd de sa crédibilité. C’est faire peu de cas de ce qui, dans un contexte qu’on n’a jamais connu aussi chaotique, a déjà pu être acquis et sera sans nul doute repris et consolidé par la prochaine Commission, même si elle se met en place avec un peu de retard.

C’est non seulement ce qu’il faut espérer, mais encore ce pour quoi il faut agir, à notre place, modeste mais indispensable, de militants de l’idée européenne.

Jean-Luc Bernet, président du MEF-30

[1] « Investiture de la Commission européenne : triple leçon de choses pour la France ? » Tribune d’Yves Bertoncini et Olivier Mousson, qu’on peut retrouver sur le site du MEF

Journée de rentrée 2019-2020 du mouvement européen Gard (MEF-30), dimanche 6 octobre au Mas Madagascar


Comme chaque année, la journée de rentrée du MEF-30 a eu lieu au Mas Madagascar le 1er dimanche d’octobre. 22 personnes se sont retrouvées de 10h à 16h pour faire un point de la situation européenne, permettre aux adhérents de mieux se connaître, et faire émerger des propositions pour le programme de l’année commençante. La présence de plusieurs jeunes Européens accueillis dans le cadre de leur service volontaire ou d’un stage donnait, comme toujours, un intérêt particulier à cette rencontre. Les sections du MEF du Vaucluse et de l’Hérault, nos voisins et amis, étaient représentées.


En introduction, quelques vidéos courtes et amusantes: d’abord deux sur un sujet d’actualité (le Brexit, dont on ne se console pas vraiment même si « mieux vaut en rire »), ensuite une troisième sur un canular de l’équipe des Yes men, qui piège une réunion au Parlement européen (avec des députés, mais aussi des journalistes, des personnalités et bien sûr quelques comparses dans la salle) en présentant une pseudo-protection anti-terroriste.[1]


Les relations particulières et très étroites entre la Maison de l’Europe et le MEF-30 ont fait l’objet d’explications aussi complètes que possible, ce qui a donné l’occasion de repréciser le mode d’organisation du MEF et de revenir sur l’action des derniers mois.

Les projets déjà envisagés par le MEF pour 2019/2020, ont été rappelés, soit 6 actions sur les 12 mois à venir. La forme retenue est le plus souvent celle d’une conférence-débat ouverte au public, qui se tient à la Maison de l’Europe en fin d’après-midi et est suivie d’un moment convivial qui permet les échanges.

  • Vendredi 13 décembre à 18h : soirée consacrée à la question du glyphosate, envisagée sous l’angle scientifique et technique ("de quoi s’agit-il ?") mais surtout sous l’angle des processus décisionnels européens (à quoi s’engagent les États-membres et comment les décisions sont-elles prises ?) et du devenir de ce produit, ou d’autres similaires. Intervenant Charles-Antoine Roussy, médecin.

  • Mi-janvier, une soirée consacrée au bilan politique de la présidence assurée par la Finlande du Conseil de l’Union européenne (juillet – décembre 2019). L’Ambassade de Finlande en France a été sollicitée, date à confirmer prochainement.

  • Février 2020 (date à préciser), une soirée consacrée à la notion de « norme européenne », souvent utilisée abusivement y compris sur des situations qui relèvent sans doute d’une norme, mais pas nécessairement « européenne ». Sujet préparé par Jean-Jacques Smedts qui s’intéressera notamment au processus de « fabrication » des normes européennes et à leurs avantages pour les entreprises (réponses aux appels d'offres, etc).

  • Vendredi 13 avril 2020 : conférence sur « Les populismes en Europe », de Gilles Gressani du club de réflexion « Le Grand Continent », lié à l'Ecole Normale Supérieure de Paris.

  • Le 15 mai (date déjà fixée), rencontre avec Sylvie Guillaume, députée européenne, qui expliquera son travail après un an de son mandat actuel (Sylvie Guillaume est eurodéputée depuis 2009 et a été vice-présidente du Parlement européen de 2014 à 2019).

  • En octobre 2020, nous reprendrons une nouvelle fois le thème de l’énergie, tant sous l’angle de la « transition énergétique » que sous celui de l’état actuel de la réalisation, encore hésitante, d’une « Europe de l’énergie ». Le nucléaire, qui reste décrié par beaucoup mais qui offre des avantages sur le plan des gaz à effet de serre, fera l’objet d’une attention particulière.

Un sujet de réflexion et d’information a également été suggéré en réunion de travail du MEF, sans date précise pour l’instant : où en est la Grèce après toutes ces années de « repêchage » par l’UE et la BCE (entre autres) ? Cela afin de rappeler que si ce pays a échappé au pire, c’est largement grâce à la solidarité européenne, quoi qu’on en dise. Ce qui n’empêche pas d’avoir un regard critique sur ce qui a été mis en œuvre, par les uns ou les autres (aussi bien le gouvernement grec que ses partenaires européens ou le FMI).

Certaines de ces séances pourront être reprises par les sections du MEF de l’Hérault et du Vaucluse, avec lesquelles nous maintenons des liens étroits. Rappelons que la section du Vaucluse n’a pas, comme celle du Gard, la chance de pouvoir s’appuyer sur un partenariat solide avec une Maison de l’Europe (il n’y a plus de Maison de l’Europe dans le Vaucluse depuis longtemps et les tentatives pour la recréer n’ont, jusqu’ici, pas abouti).

Une date à retenir dès à présent : le colloque « 100 ans de politique européenne de l’Allemagne », dont le MEF-34 est le principal organisateur, qui se tiendra samedi 23 novembre sur le site Saint Charles de l’université Paul-Valéry (à Montpellier).

Des suggestions ont été faites, qu’il reste à concrétiser (en fonction de nos moyens) :

- Réfléchir à une action autour du Danube, « ce très long fleuve qui traverse l'Europe » et plus largement sur « les fleuves, qui à la fois séparent et réunissent ». Il a été rappelé que les premiers organismes européens ont été des Commissions internationales pour le Rhin et pour le Danube.

- Reprendre, dans l’esprit du MEF dont l’orientation fédéraliste est constante depuis sa création, la réflexion sur le concept de fédéralisme. L'année dernière le MEF-30 a tenu une séance sur cette question (Fédéralisme ? De quoi s’agit-il exactement ?) et le MEF-84 a organisé en partenariat avec l’UEF[2] un atelier sur la même question sur une journée entière.



[1] On peut retrouver ces vidéos en suivant les liens suivants

  • 5 épisodes improbables à la Chambre des Communes : https://www.youtube.com/watch?v=IQXxXqIy1EE

  • Le regard de De Gaulle sur l’adhésion britannique en 1965 : https://www.youtube.com/watch?v=faIWhXoam7Y

  • Le canular des Yes Men : https://local.attac.org/attac68/drupal/node/219


[2] Union des Européens Fédéralistes. Cette association fait partie des 22 « Associations nationales membres » du MEF national.

[3] Pour plus de précisions sur le programme annoncé par Ursula von der Leyen devant le Parlement avant sa confirmation (de justesse) en juillet dernier, consulter le numéro de juillet-août de la Lettre Europe que vous trouverez sur le site de la Maison de l’Europe : deux articles lui sont consacrés.


LA COMMISSION NOUVELLE ET LE BEAUJOLAIS NOUVEAU




Comme le Brexit, la nouvelle Commission européenne n'entrera pas en fonction pas à la date prévue (1er novembre) mais peut-être le 1er décembre ; espérons que nous la fêterons avec un verre de Beaujolais nouveau!

Rappel des épisodes précédents : le candidat à la présidence de la Commission (spitzenkandidat), désigné par le parti arrivé en tête aux élections européennes (le Parti populaire européen P.P.E), Manfred Weber, n'est pas retenu comme président par le Conseil européen (sommet des chefs d’État ou de gouvernement) qui lui préfère sa compatriote Ursula von der Leyen.

Or, les parlementaires européens tenaient à ce principe du « spitzenkandidat » qu'ils avaient réussi à imposer en 2014 contre les gouvernements nationaux car c'était une démonstration de puissance face au Conseil européen. On retrouve la vieille lutte entre fédéralisme et inter-gouvernementalisme qui agite la construction européenne depuis ses origines.

L'un des membres du Conseil européen ayant le plus milité contre le « spitzenkandidat » a été Emmanuel Macron.Il a "en même temps" réussi à faire tailler pour sa candidate, Sylvie Goulard (groupe politique Renaissance), un très beau portefeuille chapeautant trois directions générales importantes :

– la D.G CNECT qui couvre les réseaux de communication, leur contenu et les technologies.

– La D.G GROW qui regroupe le marché intérieur, l'industrie, l'entrepreneuriat et les PME.

– La nouvelle D.G défense et espace.

Si les compétences et l'engagement de Sylvie Goulard en matière européenne n'ont été contestés par personne, par contre deux « casseroles » lui ont été reprochées par la commission des affaires juridiques du Parlement européen: un soupçon de l'emploi fictif d'un assistant parlementaire lorsqu'elle était députée européenne et un conflit d'intérêts pour avoir été (très bien) rémunérée par un cercle de réflexion américain, l'Institut Berggruen. Or, les parlementaires européens ne sont pas aussi arrangeants que nos gouvernants nationaux et cela n'était pas acceptable pour eux. Qu'à cette occasion, ils aient voulu exprimer leur amertume face au rejet du « spitzenkandidat » du PPE, cela ne fait pas de doute. Mais comment le gouvernement français a-t-il pu proposer comme commissaire à Bruxelles quelqu'un qui n'avait pas été considérée comme pouvant rester ministre à Paris ?

Un nouveau candidat, en la personne de Thierry Breton, est proposé en remplacement par le gouvernement français. Là aussi, en tant qu'ancien ministre de l'économie et des finances (gouvernement Raffarin 2005-2007), universitaire et chef d'entreprise, sa compétence ne fait pas de doute. Mais certains se posent la question du risque de conflit d'intérêts pour quelqu'un qui, jusqu'à sa nomination (si elle est approuvée), dirige l'entreprise de services informatiques Atos, laquelle a bénéficié de fonds européens. Or ce domaine d'activité sera dans son futur portefeuille. M. Breton a assuré qu'il vendrait sa participation dans sa société. Attendons maintenant le verdict de la commission compétente du Parlement européen.

Mais le cas Sylvie Goulard n'est pas le seul à soulever un problème.

– Le candidat hongrois au poste de commissaire au voisinage et à l'élargissement , László Trócsányi (P.P.E.), est l'ancien ministre de la justice de Victor Orbán. Il a participé à l'élaboration de la loi établissant un contrôle des financements étrangers des O.N.G ou celle ayant forcé l’université d’Europe centrale – fondée par le financier et philanthrope américain George Soros, d'origine hongroise – à délocaliser une partie de ses activités à Vienne. Il est aussi à l’origine de la création d’un très contesté système de justice administrative. Cette réforme, adoptée fin 2018, est actuellement suspendue en raison des vives critiques de la Commission de Venise du Conseil de l’Europe qui a estimé en mars qu’elle allait « concentrer des pouvoirs très importants dans les mains de quelques intervenants, en l’absence de contre-pouvoirs et de moyens de contrôle effectifs ». Enfin, il était soupçonné d'être proche de la Russie, ce qui, dans l'exercice de ses fonctions (l'élargissement et la politique de voisinage à l'Est) risquait de le confronter aux ambitions de Vladimir Poutine. Le gouvernement hongrois a d'ores et déjà proposé un nouveau candidat, le diplomate Olivér Várhelyi, actuellement représentant permanent de la Hongrie auprès de l’U.E. ; son C.V semble plus « euro-compatible ».

– La candidate roumaine au poste de commissaire au transport, Rovana Plumb (S & D) a été rejetée en raison des discordances entre sa déclaration de patrimoine en Roumanie et celle déposée auprès de l’UE. Selon la presse roumaine, la différence entre les deux se chiffre à un million d’euros. Rovana Plumb aurait emprunté 800 000 euros à une personne physique pour financer sa campagne pour les élections européennes. D'autre part, le parquet anti-corruption roumain a ouvert une enquête sur elle. Le gouvernement roumain venant de tomber, aucun nouveau nom n'a été proposé à ce jour.

– Enfin, le poison du Brexit s'instille jusque dans la désignation des commissaires ! Jusqu'alors, le Brexit et la prise de fonction de la nouvelle Commission devaient être quasiment concomitants (31 octobre pour l'un, 1er novembre pour l'autre), il avait été convenu que le Royaume-Uni ne nommerait pas de commissaire. Mais Boris Johnson ayant obtenu, à son corps défendant, un report possible du Brexit jusqu'au 31 janvier 2020, faut-il qu'il désigne un commissaire ? De beaux débats juridico-politiques en perspective !



Brexit... by Jove! Qu'on en finissse... sauf rebondissements?




Les choses s'accélèrent: est-on entré dans la dernière ligne droite vers la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne?

Boris Johnson a manqué son objectif de sortie "coûte que coûte" au 31 octobre, mais il n'est pas pour autant "mort dans un fossé" (il avait dit préférer cela à rester dans l'UE au-delà du 31 octobre) et surtout il a tout de même marqué deux points décisifs:

- le 22 octobre la Chambre des communes a accepté (à une courte mais nette majorité) le principe de l'accord de sortie signé avec l'Union européenne, mais a refusé d'examiner en accéléré la loi de transposition de cet accord dans le système législatif britannique, se laissant ainsi la possibilité de modifier les détails de ce texte complexe de 110 pages.

- le 29 octobre, à une très forte majorité cette fois, les députés ont approuvé la tenue d'élections législatives anticipées le 12 décembre 2019, qu'ils avaient auparavant refusée plusieurs fois.

Pour obtenir ces résultats BoJo avait dû avaler pas mal de couleuvres, en particulier demander à l'Union européenne un report de la sortie au 31 janvier 2020. Pour cette demande il s'était là encore montré très créatif et surprenant: il avait en même temps envoyé la demande de report "pour se conformer à une loi britannique votée récemment contre sa volonté"... et signé une lettre disant qu'il ne souhaitait pas ce report!

Sans s'arrêter à cette contradiction (a priori à but de politique intérieure), le 28 octobre le Conseil européen avait approuvé ce report au 31 janvier 2020, avec possibilité de sortie avant cette date si les députés britanniques ratifiaient l'accord de sortie avant le 31 janvier.

En attendant les députés sont passés en mode "campagne électorale", c'est l'entr'acte...

Le Premier ministre gagnera-t-il son pari de retrouver une majorité pour son parti conservateur à la Chambre des communes? En juin 2017 Theresa May avait elle aussi déclenché des élections anticipées... et perdu sa majorité !

Les paris sont ouverts, les bookmakers les enregistrent, certains de gagner, eux...



Il y a 30 ans, le Mur de Berlin s'est ouvert puis a été effacé...



Jeudi 14 novembre à partir de 18h, à la Maison de l'Europe (voir l'Agenda), nous organisons une soirée de témoignages à l’occasion des 30 ans de la chute du Mur de Berlin. Michael Stange, directeur de la Maison de l’Europe, a grandi en RDA (Allemagne de l'Est), Frédéric Bourquin, président de la Maison de l'Europe, faisait son service militaire en 1969 au pied du Mur à Berlin- Ouest; Jean-Louis Leprêtre, président des Amis de la Médiathèque d'Uzès, a été étudiant en Allemagne de l'Est, à Halle, près de Leipzig, à la fin des années 1960; plus tard il a été conseiller culturel à l'ambassade de France à Berlin Est (1983-1988) et à ce titre il a eu la responsabilité politique du seul centre culturel français qui ait été créé en RDA, puis il a été directeur de l'Institut français de Berlin réunifiée (1994-1998). Ils présenteront leurs expériences et impressions des deux côtés du Mur.

Ci-dessus l'invitation pour cette soirée, que vous avez peut-être déjà reçue.


A la suite, un article très intéressant fait par Falk Hemsing, jeune étudiant allemand qui est en stage Erasmus + à la Maison de l'Europe jusqu'à fin 2019. Il n'était pas né en 1989, mais son analyse des conséquences et des imperfections de la réunification - cependant globalement très positive bien sûr - est d'une grande lucidité.


Analyse de Falk Hemsing.


Le 9 novembre 1989, le monde a changé d’un seul coup: les points de contrôle (check points) du mur séparant Berlin Est et Berlin Ouest s'est ouvert aux échanges entre les habitants, et avec lui le rideau de fer qui avait jusque-là divisé le monde en deux s'est levé. Cette année, nous commémorons les 30 ans de la chute du Mur de Berlin. Alors que cette barrière en béton et barbelé était un symbole de l’hostilité et de la séparation, sa disparition a été le point de départ d'une réconciliation pacifique de l'Allemagne qui a eu un impact sur le monde entier. En Allemagne, cet événement historique qui a ouvert la voie à la réunification reste cependant, au fil des années, un objet d’évaluations divergentes. Le pays se ressent encore des conséquences de la « Wende » (le Tournant) et découvre qu’elle n’a pas été une réussite totale sur tous les plans.


La chute du Mur en 1989 était presque aussi inattendue que sa construction en 1961. A la fin des années 50, l’économie de la RDA s’essoufflait. Le jeune état, créé en octobre 1949 en réaction à la création de la RFA à l'ouest en mai 1949, faisait face à un exode incessant de jeunes diplômés et de personnel qualifié qui cherchaient un meilleur avenir à l’Ouest. Alors que la frontière inter-allemande en dehors de Berlin était bien gardée et étanche, la frontière entre Berlin Est et Berlin Ouest était encore ouverte ce qui permettait un libre passage vers la RFA. La construction d’un mur qui enfermerait Berlin Ouest était censé boucher ce dernier trou. Ni les Allemands de l’Est ni les Occidentaux ne s’attendaient à ce projet tenu secret jusqu’à la dernière minute. Quand les Berlinois se réveillèrent le 13 août, des barbelés et des garde-frontière armés séparaient les deux parties de la ville. Pendant 28 ans, ce « rempart antifasciste » a divisé en deux la ville de Berlin et séparé des familles entières. Aujourd’hui, on estime qu’environ 140 personnes ont trouvé la mort en essayant de franchir le Mur ou la frontière inter-allemande. L'ouverture du Mur a été tout aussi soudaine et inattendue. Il est vrai qu’avec Solidarnosc en Pologne et l’ouverture de la frontière austro-hongroise bien avant novembre 1989 la pression de l’extérieur augmentait. Le gouvernement socialiste de RDA ne pouvait pas ignorer les grandes manifestations devenues fréquentes à l’intérieur de son pays à partir de septembre. Un changement était à prévoir. Mais personne ne s’attendait à l’ouverture du mur en quelques heures et à l’effondrement de la RDA. La nuit du 9 novembre 1989 a été une grande surprise pour tous les acteurs. Cet événement historique annonça non seulement la fin de la guerre froide, mais il ouvrit aussi la voie à la pacification de l’Europe et à l’intégration européenne : en 1990, l’Allemagne célébra sa réunification, un an plus tard, l’URSS fut dissoute et en 1992 le traité de Maastricht établit l’Union européenne.


30 ans après, cet événement majeur est toujours célébré en Allemagne comme le symbole de la réconciliation et de l'unification du pays. En même temps, le temps écoulé permet un regard plus différencié sur des aspects négatifs de la réunification dont l'Allemagne d’aujourd’hui ressent encore les conséquences. Actuellement, la différence entre l’Ouest et l’Est du pays reste visible : le PIB dans les "nouveaux Länder" (ceux de l'ex-RDA) est seulement les deux tiers de ceux de l’Ouest, les salaires sont plus bas, le taux de chômage est plus élevé et suite à la migration de beaucoup de jeunes diplômés, la population des villes de l’Est diminue. Sur le plan de la politique intérieure, c’est à l’Est que le parti d’extrême droite AfD (Alternative für Deutschland) est le plus fort. Aux dernières élections en Saxe, au Brandebourg et en Thuringe en 2019, l'AfD a emporté entre 23 et 27% des votes. Les plus grandes manifestations contre la politique d'Angela Merkel sur l'immigration ont eu lieu dans des villes de l’Est comme Chemnitz. Il ne s’agit pas d'en conclure que tous les Allemands de l’Est sont partisans de l’extrême droite – la majorité n’a pas voté pour l'AfD - mais le contraste avec l’Ouest est frappant.

L’analyse courante situe les origines de cette divergence dans le passé socialiste de l’Est et dans les replis des conséquences de la réunification. Après la chute du Mur, la promesse d’une harmonisation du niveau de vie des deux parties du pays en seulement cinq ans était plus qu’illusoire. La réalité de beaucoup d’Allemands de l’Est était bien plus dure : dans les premières années après la réunification, le taux de chômage dans l’Est a flambé, de nombreuses entreprises ont fait faillite ou ont été dissoutes par la « Treuhand » (organisme de droit ouest-allemand chargé de la privatisation des biens de la RDA) et plus d’un employé qualifié se vit contraint à une retraite précoce. Qui plus est, le patrimoine autoritaire de la RDA avec l’oppression de la liberté d’expression et un manque de réflexions critiques sur le Troisième Reich a marqué la culture politique dans l’Allemagne de l’Est.


Pour commémorer l'événement historique majeur que constitue l'ouverture puis la chute du Mur, la Maison de l’Europe a lancé une campagne sur les réseaux sociaux Facebook et Instagram : « Les murs en Europe, ça existe encore ? ». Du 28 octobre au 9 novembre, nous publions chaque jour sur Facebook une photo d'un de nos volontaires européens ou membres de notre équipe avec sa réponse à la question : « Quels sont les murs qui existent encore en Europe ? Quelles barrières voudriez-vous voir tomber ? ». Avec chaque "post" nous invitons les internautes à partager leurs idées sur cette question. Sur Instagram, nous publions également chaque jour une photo de nos volontaires et notre hashtag #casselesmurs. Plus de la moitié des Centres d’information Europe Direct en France ont indiqué leur participation et pendant la première semaine nous avons déjà pu publier un grand nombre de contributions stimulantes.


Un projet européen innovant pour capter et stocker le CO2 à l’échelle industrielle




Un consortium réunissant 11 acteurs de 6 pays européens, dont ArcelorMittal, Axens, IFP (Institut français du pétrole) Energies nouvelles (IFPEN) et Total, a lancé fin mai à Dunkerque un projet de démonstration d’un procédé innovant de captage de CO2 d’origine industrielle, DMX™. Ce projet s’inscrit dans une étude plus globale consacrée au développement d'un futur pôle européen de captage-stockage de CO2, "Dunkerque - Mer du Nord", utilisant comme structures de stockage du CO2 des gisements de gaz naturel de la Mer du Nord épuisés ou d'autres structures géologiques étanches.

Le projet « 3D » (pour DMXTM Demonstration in Dunkirk) a l’ambition de valider des solutions techniques réplicables et de permettre le déploiement industriel de la technologie du captage-stockage du CO2 à travers le monde. Il devrait permettre aux industries fortement consommatrices d’énergie et émettrices de CO2, telles que la sidérurgie, de réduire leurs émissions. Ce projet est un levier essentiel pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le réchauffement climatique, en complément de toutes les autres actions. Il permettrait en effet de se débarrasser rapidement et définitivement d'une partie significative des émissions mondiales de CO2, celles des industries ayant des émissions de CO2 de grand volume et concentrées sur un nombre réduit de sites.

Le projet « 3D » fait partie du programme pour la recherche et l’innovation de l’Union européenne, Horizon 2020. Le projet dispose d'un budget de 19,3 millions d’€ sur 4 ans, dont 14,8 millions d’€ de subventions de l’Union européenne. Il est coordonné par IFPEN.

Il vise un triple objectif :

Démontrer l’efficacité du procédé DMX à l’échelle du pilote industriel. Le pilote, conçu par Axens (présent à Salindres près d'Alès), sera construit à partir de 2020 sur le site sidérurgique ArcelorMittal de Dunkerque et pourra, dès 2021, capter 0,5 tonne/heure de CO2 issu de la combustion du gaz sidérurgique. Le procédé est breveté; issu de la recherche IFPEN , il sera commercialisé par Axens. Il utilise un solvant qui réduit de près de 35 % la consommation d'énergie du captage du CO2 par rapport au procédé de référence. En utilisant, en complément, la chaleur produite sur le site, le coût du captage sera réduit de moitié, à moins de 30 € par tonne de CO2.

Préparer la mise en place d’une première unité industrielle sur le site ArcelorMittal de Dunkerque, qui pourrait être opérationnelle à partir de 2025. Elle devrait capter plus de 125 tonnes de CO2 par heure, soit plus d’un million de tonnes de CO2 par an.

Concevoir le futur pôle européen de Dunkerque - Mer du Nord, qui pourrait capter, conditionner, transporter et stocker 10 millions de tonnes de CO2 par an et verrait le jour à horizon 2035. Ce pôle s’appuierait sur les infrastructures de conditionnement et de transport pour le stockage du CO2 en Mer du Nord mises en place via d’autres projets comme celui de Northern Lights (Projet d’étude de captage, stockage et valorisation du CO2 en Norvège) dans lequel Total, exploitant de gisements de gaz naturel en Mer du Nord, relié par des gazoducs sous-marins, est déjà engagé.

Google et d'autres géants du numérique cherchent à contourner la loi sur les droits d'auteur pour les médias




Le 24 octobre la transcription dans la loi française de la directive européenne sur les "droits voisins des droits d'auteurs" est entrée en vigueur. Elle impose que dorénavant les organes de presse et autres médias soient rémunérés sur les contenus qu'ils produisent (l'information de qualité coûte cher à produire!) et qui sont diffusés par les plateformes du numérique comme Google.

Jusqu'à présent Google captait l'essentiel des recettes publicitaires générées par les informations qu'il "ratissait" gratuitement dans la presse, ne laissant que des miettes aux médias source des informations.

Pour mettre fin à cette situation anormale et intenable, le Parlement européen a voté une directive au printemps et le Parlement français l'a sans tarder transposée cet été en droit français.

Pourtant ce texte risque d'être vidé d'une bonne partie de sa substance.

Google a en effet proposé aux médias un choix qui pour eux ne peut être que perdant:

- soit ils signent une renonciation à rémunération, et le modèle actuel perdure

- soit ils refusent et maintiennent l'exigence d'une rémunération, en application de la loi. En représailles, leurs contenus seront beaucoup moins visibles sur le moteur de recherche de Google: plus de photo ni de texte, seulement un bout de titre apparaîtra quand un internaute aura fait une recherche sur une information ou un sujet qui a été traité par certains médias. Le résultat sera une chute du trafic sur les sites des médias concernés.

Google profite donc de sa domination écrasante du secteur des moteurs de recherche pour imposer sa propre loi, en contournant les textes mis au point et votés par l'Union européenne puis par le Parlement français. Et cela ne concerne évidemment pas que la France mais risque de s'étendre à toute l'Europe!

Le secteur professionnel de la presse et plus largement des médias appelle les pouvoirs publics à modifier les textes pour que Google et d'autres géants du numérique ne puissent pas les contourner, abusant ainsi de leur position dominante... ce qui est le contraire d'une concurrence libre et non faussée que défend l'Union européenne.

La survie de médias indépendants et pluralistes est en jeu, et par conséquent est aussi en jeu la démocratie en France et en Europe.


La Grèce en meilleure forme économique et financière, mais encore fragile




Tout le monde s'en souvient, la Grèce a particulièrement souffert depuis la crise économique et financière de 2008 et celle de la zone euro qui s’en est suivie. Le pays a connu 9 années de récession. Mais l’Europe s’est montrée solidaire: les pays de la zone euro ont prêté plus de 250 milliards d’€ à la Grèce pour lui venir en aide, alors que le pays ne pouvait plus se financer sur les marchés financiers.

En contrepartie de ce soutien, les prêteurs ont demandé à la Grèce d’engager des réformes pour assainir ses finances publiques, moderniser le fonctionnement de l’État ou créer un filet de sécurité sociale. Certaines réformes ont été difficiles, mais elles ont porté leurs fruits : l’économie grecque est à nouveau sur de bons rails. La Grèce est ainsi sortie de son programme d’assistance financière en août 2018, retrouvant la possibilité d'emprunter sur les marchés financiers.

Une crise de la dette

En 2010, la crise de la dette grecque a été provoquée par un très gros déficit public, accumulé depuis plusieurs années de manière peu transparente (c'est un euphémisme!). Dès mai 2010 la Grèce s’est trouvée en risque de défaut de paiement (c’est-à-dire ne pouvant plus rembourser ses créanciers). Elle s’est tournée vers les États membres de la zone euro et le Fonds Monétaire International (FMI) pour demander une assistance financière.

Les dirigeants de l’UE se sont alors trouvés confrontés, pour la première fois depuis la mise en place de l’euro, à une situation où des pays utilisant l’euro (la Grèce, si elle a été la première, n'était malheureusement pas la seule) perdaient leur capacité à se financer sur les marchés financiers et donc à mener leur politique budgétaire de manière autonome.

La solidarité européenne

Depuis 2010, la Grèce a reçu des prêts en provenance des États membres de la zone euro, des fonds de stabilisation européens (Fonds européen de stabilité financière et Mécanisme européen de stabilité) et du Fonds Monétaire International (FMI), à hauteur de 288,7 milliards d’€, le FMI ayant de son déboursé 32 milliards d’€. La solidarité européenne s’est donc traduite par l’injection dans l’économie grecque de 256,7 milliards d’€ (soit 145 % du PIB de la Grèce).

Concrètement, les États membres de la zone euro et le FMI ont accordé des prêts à la Grèce en contrepartie d'engagements de réformes structurelles et d’assainissement des finances publiques. Ces réformes visaient à la fois à garantir une trajectoire budgétaire soutenable et à moderniser l’économie du pays, afin de permettre le retour de la croissance et des investisseurs.

Des réformes nécessaires

Des réformes importantes ont permis de moderniser l’administration du pays et de rendre plus efficace le système de collecte de l’impôt, en créant par exemple un cadastre qui n'existait pas.

Des mesures ont également été prises afin d’améliorer la protection sociale des Grecs. Un revenu minimum de solidarité a été mis en place pour la première fois en Grèce. Il bénéficie à près de 650 000 personnes.

Un réseau de premiers soins de santé a également été instauré et permet à l’ensemble des citoyens grecs d’avoir une couverture maladie universelle.

Certaines de ces réformes n’ont pu se faire qu’au prix d’efforts importants, durement vécus par les Grecs.

La Cour des Comptes européenne a constaté que les programmes gérés par la Commission européenne avaient permis de faire progresser les réformes en Grèce et d’éviter au pays de faire défaut, contribuant ainsi à la stabilité financière dans la zone euro.

Les Fonds structurels et d’investissement européens et d’autres fonds européens ont également soutenu l’investissement public en Grèce. La Grèce a été le premier État membre à avoir entièrement absorbé tous les fonds européens disponibles pour la période 2007-2013.

La situation s’est améliorée...

La Grèce a enfin vu le bout du tunnel. Le pays a renoué avec la croissance en 2017, à 1,4 %, après neuf ans d’une récession profonde, la croissance s’est accélérée en 2018 (+2,0 %) et a continué en 2019 autour de 1,5 %, niveau supérieur à la moyenne de la zone euro.

En 2009, la Grèce avait le plus gros déficit public en Europe, plus de 15 % de son PIB. Depuis 2016, elle enregistre chaque année un excédent budgétaire primaire (avant paiement des intérêts de la dette), 0,6 % du PIB en 2018. Elle a même dépassé les objectifs fixés par ses créanciers.

Le taux de chômage, qui avait atteint un pic de 28 % en juillet 2013, reste à des niveaux encore trop élevés, à environ17 % en 2019, le plus haut de la zone euro et très loin des 8 % enregistrés en 2008. La tendance à la baisse devrait se poursuivre en 2020 grâce, notamment, aux mesures prises pour réduire le travail non déclaré et améliorer le fonctionnement du marché du travail. Ces performances permettent d’entrevoir un rétablissement lent mais durable de l’économie grecque.

Le pays a recommencé à se financer sur les marchés financiers en émettant des obligations, démontrant ainsi que les créanciers lui faisaient de nouveau confiance. Les agences de notation financière ont revu à la hausse leur évaluation de la santé économique et financière de la Grèce, qui profite d'ailleurs de la baisse généralisée des taux d'intérêt pour emprunter à des taux plus bas et diminuer ainsi le coût de sa dette.

Lors de la réunion de l’Eurogroupe de juin 2018, les ministres des finances de la zone euro sont parvenus à un accord pour alléger le fardeau de la dette de la Grèce et mettre fin au programme d’assistance financière, le 20 août 2018. La dette de la Grèce reste cependant à près de 180 % de son PIB, niveau en très légère baisse depuis 2012. Cette dette est en grande partie détenue par la BCE et le FMI, ce qui réduit l'exposition de la Grèce aux marchés financiers.

Le SMIC grec est de 750 € par mois, contre 900 € en 2010, mais en pouvoir d'acahat il a retrouvé le niveau de 2010.

... mais elle reste fragile.

Aux élections législatives de juillet 2019, le parti d'extrême gauche Syriza a été très largement battu, payant probablement le fait d'avoir finalement consenti à appliquer des réformes douloureuses exigées par les prêteurs à la Grèce. C'est le parti conservateur Nouvelle Démocratie qui l'a largement emporté, conquérant la majorité absolue à l'assemblée nationale.

Le chemin n'est cependant pas pavé de roses pour le nouveau premier ministre Kyriakos Mitsotakis.

Après 2010 de nombreux Grecs - peut-être les plus dynamiques - ont émigré et la population, qui était en croissance avant 2010, a diminué depuis d'un peu plus de 3 %, à 10,7 millions d'habitants.

L'industrie reste peu présente dans l'économie, le tourisme a une place importante mais peut varier fortement.

Et le pays est soumis à une très forte pression d'immigration illégale, qui recommence à croître depuis que la Turquie menace de ne plus appliquer les accords de 2016 avec l'Union européenne si l'UE prend des sanctions à son égard suite à son engagement militaire contre les Kurdes en Syrie.



Coordonnées

46-48 rue de la République
30900 NÎMES (France)
+33 (0) 4 66 21 77 50
info@maison-europe-nimes.eu

horaires

Du Lundi au Vendredi
de 9h00 à 13h00 et de 14h00 à 17h00

  • Wix Facebook page
  • Wix Twitter page
  • Icône sociale YouTube
  • Instagram

Principaux partenaires

Région_Occitanie_2017.jpg
logo_gard_CMJN_1000X1000.jpg
alès agglo.jpg
Nîmes.jpg
640px-Erasmus+_Logo.svg.png