Editorial: Les Européens fatigués de la démocratie libérale ?


Les Européens semblent fatigués de la démocratie libérale*; la fascination pour les "hommes forts" n'a jamais été aussi grande. Les autocrates, les populistes (je préférerais le terme de démagogues) et les « démocrates » il-libéraux ont de l'avenir !

Pourquoi ? Je crois que la crise de 2008 a ébranlé la confiance dans la démocratie :

beaucoup de gens ont constaté que les plus riches s'en tiraient fort bien par des rémunérations toujours plus extravagantes, des profits toujours en hausse et des impôts sur le patrimoine tendanciellement à la baisse tandis que pour eux, au mieux on leur demandait toujours plus d'efforts et au pire ils perdaient leur emploi, parfois leur maison. Parallèlement à cette insécurité économique, ils se sentaient menacés dans leur mode de vie, leurs traditions et leur culture par une immigration qui semble incontrôlable.

Des politiciens sans vergogne utilisent tous les ressorts de la démagogie, toutes les ressources d'intoxication par les fausses nouvelles (« infox »), toutes les peurs et frustrations et promettent la mise en œuvre de solutions simplistes, immédiates, dites de bon sens, par un pouvoir fort.

Toutes les apparences semblent préservées par ces autocrates: ils arrivent au pouvoir ou s'y maintiennent par des élections, la diversité des médias semble préservée, l'opposition existe toujours formellement. Mais les moyens de se maintenir au pouvoir se sont sophistiqués: on fait en sorte que les opposants ne puissent pas se présenter aux élections en les traduisant en justice pour les motifs les plus divers, on laisse des oligarques proches du clan au pouvoir prendre le contrôle des principaux médias, ceux restés indépendants étant accusés de diffuser des fausses nouvelles, on inonde les réseaux sociaux de contre-vérités, on annihile les contre-pouvoirs (cour constitutionnelle, justice, opposition, syndicats...), on réduit l’État de droit à la portion congrue par des lois de circonstance.

La réaction des démocraties face à ces pouvoirs forts est forcément délicate :

[if !supportLists]– trop brutale, elle soude les peuples derrière ses dirigeants, prompts à jouer sur la fibre nationaliste;

[if !supportLists]– [endif]trop patiente, elle laisse s'instiller l'idée que ces pouvoirs valent mieux qu'une «vraie» dictature et qu'en fin de compte, puisque les électeurs votent pour eux, on peut s'en accommoder et les laisser s'ériger en contre-modèle.

La meilleure des solutions est de s'appuyer sur les oppositions à ces régimes car, un jour ou l'autre (voir l'exemple de la Hongrie), les peuples s'aperçoivent qu'ils ont été trompés et ne supportent plus le népotisme, la corruption et la violence d’Etat non contenue. Mais c'est un processus long et susceptible de rebondissements dangereux (par exemple les « printemps arabes », les « révolutions de couleur » en Europe orientale).

Il faut rester inflexible sur le socle de valeurs sur lequel se sont bâtis le Conseil de l'Europe puis l'Union européenne et surtout ne pas oublier la valeur de l'exemple : les démocraties doivent mettre en œuvre concrètement et quotidiennement ces valeurs car toute entorse, tout accommodement seront des arguments pour les « démocrates » il-libéraux.

*Libérale au sens politique du terme qui n'est pas corrélé avec son sens économique; ainsi une démocratie « il-libérale » peut très bien accepter une économie « ultralibérale ».

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