Editorial: Les quatre étages


L'heure est à la contestation tous azimuts des pouvoirs et des élites.

Tous les États traversent actuellement des turbulences car l'utilisation massive des réseaux sociaux bouleverse les rapports entre gouvernants et gouvernés. Chacun a l’impression d'obtenir immédiatement ce qu'il veut avec son « smartphone », depuis n'importe quel lieu et à n'importe quelle heure. Les citoyens exigent désormais des relations directes, immédiates et horizontales entre eux et les pouvoirs et que les élus soient « à portée de baffe » !

Ils veulent des réponses immédiates à toutes leurs attentes, comme on l'obtient avec Internet : une pizza à 3 h du matin, la liste des prix Nobel au cours d'un dîner familial... Cela explique le succès des recettes simplistes et à très court terme des populistes. Cette immédiateté des résultats et cette exigence de démocratie directe ne sont pas l'ordinaire d'une machinerie telle que l'Union européenne qui travaille sur le temps long, avec des processus de décision forcément lents pour arriver à mettre d'accord des États n'ayant pas forcément les mêmes intérêts.

Le citoyen peut interagir directement avec le 1er étage de pouvoir, l'étage municipal, en rencontrant assez facilement le maire ou un conseiller municipal, en participant à un conseil de quartier. Le 2ème étage, l'étage régional, est déjà plus difficile à percevoir, surtout avec des régions devenues immenses. Le 3ème étage, le gouvernement national, peut très vite être coupé des citoyens s'il n'y prend pas garde, en raison de la distance géographique et surtout psychologique entre Paris et certaines zones périphériques. De plus le rôle des parlementaires en tant qu’interface est désormais déprécié.

L'Union européenne se situant au 4ème étage de l'édifice démocratique, le citoyen se sent très loin de ce centre de pouvoir dont il connaît mal les compétences et le mode de fonctionnement ; il en conteste même parfois l'utilité.

Tout le défi est de faire comprendre que ce 4ème étage est indispensable pour gérer correctement des dossiers dont les enjeux et les moyens nécessaires dépassent les possibilités des trois autres étages et qui tous se caractérisent par le temps long pour résoudre le problème:

[if !supportLists]– La protection de l'environnement, la lutte contre le changement climatique et la mise en œuvre de la transition énergétique : le "nuage de Tchernobyl" ne s'est pas arrêté à la frontière nationale, pas plus que les gaz à effet de serre, et la fonte des glaces du Groenland a déjà des conséquences sur nos côtes.

[if !supportLists]– Les relations commerciales avec les grands blocs commerciaux sont de plus en plus rugueuses : la Chine, les Etats-Unis, l'Inde, le Japon... ne feraient qu'une bouchée d'un État de 67 millions d'habitants se présentant tout seul à la table de négociation ; les Britanniques vont en faire l’expérience quand ils vont négocier leurs « mirobolants » accords commerciaux après le Brexit ! Les accords commerciaux exigent des années de négociation et, face à la brutalisation des relations internationales, imposent de se mettre ensemble pour résister aux pressions et menaces.

[if !supportLists]– Face aux grandes multinationales sans installations physiques en Europe, seul un pouvoir européen peut leur faire entendre raison, que ce soit pour leur faire payer des impôts, leur faire protéger nos données personnelles ou les empêcher d'abuser de leur position dominante.

[if !supportLists]– Les équilibres géopolitiques entre grands blocs nécessitent des moyens diplomatiques, militaires, d'influence qui dépassent ceux de la plupart de nos États européens pour résister aux tentatives de pression, de déstabilisation par les cyberattaques, le terrorisme international et les conflits dit de basse intensité (troubles et guérillas entretenus depuis l'extérieur). Dans un monde où de plus en plus de puissances ou groupes terroristes nous menacent directement, il nous faut, nous Européens, serrer les rangs.

[if !supportLists]– La gestion des migrations ne peut s'envisager au seul niveau des frontières nationales ; les portes d'entrée principales sont en Grèce, en Italie et en Espagne et c'est là que les flux doivent être régulés. Imagine-t-on un verrouillage efficace de la frontière franco-belge qui passe dans les rues des villages ou au milieu des champs sans aucun obstacle naturel ?

Cette liste de domaines dont les enjeux dépassent les moyens des États nationaux n'est pas exhaustive. Certes, dans tous ces domaines, l'Union européenne n'atteint pas toujours son efficacité optimale mais la solution est plus dans le renforcement de son efficacité que dans la volonté de gérer ces problèmes au seul niveau national. Seule l'union nous rend plus forts dans un monde de brutes !

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