LA NOUVELLE COMMISSION EUROPÉENNE


Comment se présente la nouvelle Commission européenne qui va se soumettre aux questions du Parlement européen dans les prochaines semaines et devrait prendre ses fonctions le 1er novembre ? Bien sûr, il ne s'agit pas encore de la Commission définitive puisque le Parlement peut rejeter certains candidats. Dans notre précédente Lettre Europe, nous avions donné la liste des personnes proposées par leurs États respectifs ; ci-dessous, nous complétons cette liste avec les postes prévus, les anciennes fonctions et les noms des candidats italien et roumain désignés tardivement (en gras, la mise à jour, entre parenthèses leur parti national et leur groupe politique européen).

Présidente : L'Allemande Ursula von der Leyen, 60 ans (C.D.U., Parti populaire européen P.P.E.), ancienne ministre.

Trois vice-présidents exécutifs: - le Néerlandais Frans Timmermans (Parti travailliste, Alliance progressiste des socialistes et démocrates S & D), vice-président sortant de la Commission : chargé du « Green Deal » européen et du Climat. - la Danoise Margrethe Vestager (Parti social libéral danois, Renaissance Europe), commissaire sortante: Numérique et Concurrence. - le Letton Valdis Dombrovskis (Unité, P.P.E.) vice-président sortant de la Commission, ancien premier ministre : Économie au service des personnes et Services financiers. Un Haut représentant pour les affaires étrangères de l'U.E.: - l'Espagnol Josep Borrell (Parti socialiste ouvrier espagnol, S & D), ancien ministre et ancien président du Parlement européen.

Quatre vice-présidents : - la Croate Dubravka Šuica (Union démocratique, P.P.E.), ancienne eurodéputée : Démocratie et Démographie. - le Grec Margarítis Schinás (Nouvelle démocratie, P.P.E.), ancien porte-parole de la Commission : Protection du mode de vie européen. La dénomination de son portefeuille soulève une polémique: voir plus loin. - le Slovaque Maroš Šefčovič (SMER social démocrate, S & D), vice-président sortant de la Commission : Relations interinstitutionnelles et prospective. - la Tchèque Věra Jourová (ANO 2011, Renaissance Europe), commissaire sortante : Valeurs et transparence.

Les autres candidats commissaires sont : - l'Autrichien Johannes Hahn (Parti populaire, P.P.E.), commissaire sortant et ancien ministre: Budget et Administration. - le Belge Didier Reynders (Réformateurs, Renaissance Europe), ancien ministre : Justice. - la Bulgare Mariya Gabriel (citoyens pour le développement européen, P.P.E.), commissaire sortante et ancienne eurodéputée: Innovation et Jeunesse. - la Chypriote Stélla Kyriakides (Rassemblement démocrate, P.P.E.), députée chypriote, ex présidente de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe : Santé . - l'Estonienne Kadri Simson (Parti du Centre, Renaissance Europe), ancienne ministre :Énergie. - la Française Sylvie Goulard (La République en marche, Renaissance Europe), ancienne ministre, ex eurodéputée : Marché intérieur, Industrie et Défense. - la Finlandaise Jutta Urpilainen (Parti social démocrate, S & D), ancienne ministre :Partenariats internationaux. - le Hongrois László Trócsányi (Fidesz, P.P.E.) ancien ministre et eurodéputé: Voisinage et Élargissement. - l'Irlandais Phil Hogan (Fine Gael, P.P.E.) , commissaire sortant et ancien ministre: Commerce. - l'Italien Paolo Gentiloni (Parti démocrate, S&D), ancien président du Conseil des ministres : Économie. - le Lituanien Virginijus Sinkevičius (Union agraire et des Verts, pas d'affiliation européenne), ancien ministre, 28 ans : Environnement et Océans. - le Luxembourgeois Nicolas Schmit (Parti ouvrier socialiste, S & D), ancien ministre et eurodéputé : Emploi. - la Maltaise Helena Dalli (Parti travailliste, P.P.E.), ancienne ministre : Égalité. - le Polonais Janusz Wojciechowski (Droit et justice PiS, C.R.E.) ancien eurodéputé :Agriculture. - la Portugaise Elisa Ferreira (Parti socialiste, S & D), ancienne eurodéputée et ministre : Cohésion et Réformes. - la Roumaine Rovana Plumb (Parti social démocrate, S&D), ancienne ministre :Transport . - le Slovène Janez Lenarčič (Renaissance Europe), ancien ambassadeur auprès de l'U.E : Gestion des crises. - la Suédoise Ylva Johansson (Parti social démocrate des travailleurs, S & D) , ancienne ministre: Affaires intérieures.

Maintenant analysons cette nouvelle Commission. Tout d'abord, quels sont les grands équilibres ? - entre les genres : 14 hommes et 13 femmes (dont la présidente, une vice-présidente exécutive et 2 vice-présidentes), l'équilibre est presque parfait pour un nombre impair de commissaires! - entre les âges : 1 candidat de 28 ans, 4 dans la tranche de 40 à 49 ans, 12 dans la tranche 50 à 59 ans, 9 dans la tranche 60 à 69 ans, 1 de 72 ans. La nouvelle Commission est plus jeune que la précédente. - entre les partis : 10 socialistes & démocrates (S & D), 9 membres du Parti populaire européen (P.P.E.), 6 affiliés à Renaissance Europe (ex Alliance des libéraux et démocrates européens A.L.D.E.), 1 de « sensibilité verte » (son parti est non affilié aux Verts européens), 1 conservateur et réformiste européen (C.R.E). Il s'agit donc d'un ménage à trois entre socialistes, droite modérée et libéraux qui se partagent les postes de vice-présidents! Enfin, quelles ont été les fonctions précédentes des candidats commissaires ? 21 ont été ministres, 20 ont été parlementaires dans leur pays, 11 ont été membres du Parlement européen (dont un ancien président), 8 anciens commissaires et un diplomate . De nombreux candidats ont exercé plusieurs fonctions, d'où le total supérieur à 27. Quant à la représentation géographique, inutile de s'étendre : un commissaire par État membre, à l'exception du Royaume-Uni qui aurait pu en proposer un mais ne l'a pas fait pour cause de Brexit annoncé !

Comme indiqué plus haut, ce n'est pas gagné d'avance pour certains commissaires qui pourraient ne pas réussir leur examen de passage devant le Parlement européen (à quand la même procédure dans les États membres dont la France?). Quelles sont les candidat(e)s qui risquent d'être contesté(e)s ? - Sylvie Goulard (France ; Renaissance Europe), qui fait l'objet d'une enquête de la justice française et de l'Office européen de lutte antifraude (OLAF) pour l'affaire d'emplois fictifs d'assistants parlementaires du MODEM. - Didier Reynders (Belgique ; Renaissance Europe), accusé par un ancien agent de renseignement de corruption et de blanchiment. - Janusz Wojciechowski (Pologne, C.R.E.) est dans le collimateur de l’Office européen antifraude (OLAF) qui a révélé que le candidat était visé par une enquête sur des irrégularités présumées concernant le remboursement de frais de voyage. La commission des Affaires juridiques du Parlement européen a d'ores et déjà refusé de donner son feu vert à la désignation de : - László Trócsányi (Hongrie, P.P.E.), ancien ministre de la justice de Victor Orban, qui a contribué à saper l'État de droit en Hongrie. - Rovana Plumb (Roumanie ; S & D), citée dans une affaire de corruption. Leurs auditions, qui devaient avoir lieu début octobre, ont été suspendues, "tant que la présidente élue, Mme von der Leyen, n’aura pas communiqué au Parlement les mesures qu’elle compte prendre"

Pour finir, le périmètre de deux postes déclenche une polémique. Le candidat grec, Margarítis Schinás (P.P.E), serait chargé de « protéger notre mode de vie européen » ; or, dans son portefeuille on trouve les migrations ! Quant à la candidate croate, Mme Dubravka Šuica, elle serait chargée de la démographie et de la démocratie ; ce serait, pour certains, une concession au groupe de Visegrad qui met en avant la défense des valeurs familiales comme fondement de la démocratie et l'encouragement aux femmes à procréer pour éviter le « grand remplacement » par des immigrés!

D'autres enfin regrettent la disparition d'un poste consacré à la culture, noyée dans le poste de la commissaire bulgare, Mme Mariya Gabriel, au milieu de la jeunesse, de la recherche, de l'innovation, du sport et de l'éducation. Il faut se rappeler que la culture est une prérogative des États membres et une simple compétence d'appui de l'U.E.

On imagine que les débats risquent d'être passionnés mais c'est la rançon de la démocratie. Une fois que les commissaires auront été confirmés par le Parlement européen (ou retoqués et remplacés!), l'ensemble de la Commission se soumettra à l'investiture officielle du Parlement européen puis à celle du Conseil européen (chefs d'État ou de gouvernement). Pas démocratique l'Union européenne ?

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