Tribune : La nostalgie ? Ça vient quand le présent n'est pas à la hauteur des promesses du passé


En cette période post-voeux propice aux bonnes résolutions pour l'avenir ou au moins pour l'année 2020 - que je vous souhaite heureuse - , certains reconstruisent le passé pour masquer un présent qui prête peu à l'optimisme.

La nostalgie se vend bien chez les Européens en ce moment ; cela permet à certains gouvernements nationalistes de réécrire l'histoire, de mener des batailles mémorielles et de créer un roman national à opposer aux « autres », voisins, minorités, immigrés....

Au Royaume-Uni, les « brexiteurs » remettent sur le devant de la scène la « Global Britain » commerçant avec l'ensemble du monde, reconstituant des liens forts avec le Commonwealth et les États-Unis. Qu'elle était belle l'époque de la reine Victoria et de l'empire britannique sur lequel le soleil ne se couchait jamais !

En Russie, Poutine glorifie la « grande guerre patriotique » (1941–1945) gagnée par Staline contre l' Allemagne nazie. La Russie défend son droit d'ingérence dans son « étranger proche », c'est à dire les pays qui ont fait partie de l'U.R.S.S. et sont désormais indépendants mais qui ne doivent surtout pas froisser Moscou sous peine d'une intervention militaire directe ou indirecte !

La Pologne joue le jeu de la bataille mémorielle avec la Russie pour savoir qui a eu le beau rôle pendant la Seconde guerre mondiale.

La Hongrie voudrait revenir sur le traité de Trianon (1920) qui l'a privée de 70% des territoires qui lui avaient été attribués au sein de l'Empire austro-hongrois, avant la Première guerre mondiale ; désormais, pour « réunifier la nation hongroise », elle distribue généreusement des passeports aux minorités magyares de Slovaquie, de Roumanie, de Serbie et d'Ukraine.

En Turquie, Erdogan remet en valeur régulièrement les souvenirs glorieux de l'Empire ottoman et rêve de reconstituer une zone d'influence au Moyen-Orient, à Chypre, dans les Balkans et en Libye, anciennes provinces de l'Empire turc.

La Grèce et la Macédoine (du Nord!) se sont chamaillés pendant des années pour savoir qui était l'héritier légitime d'Alexandre le Grand et pouvait préempter le nom du glorieux royaume de Macédoine.

La Serbie remonte des tréfonds de son histoire la bataille du Champ des merles (1389) menée au Kosovo contre les Turcs ; cet événement sert de justification historique pour refuser d'accepter l'indépendance de son ancienne province.

Dans tous ces États, l'envie d'Europe qui suppose une certaine ouverture à l'altérité laisse la place au nationalisme, au repli sur soi, à la xénophobie. C'est certainement le principal défi auquel les Européens doivent faire face pour consolider l'Union et pacifier sa périphérie: oublier les scories de l'histoire et les rancœurs du passé, contrecarrer les forces centrifuges pour construire un bel avenir ensemble.

Frédéric Bourquin, président de la Maison de l'Europe de Nîmes.

*Neil Bissoondath, écrivain canadien (1955-....).

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