Confinement et frontière à Francfort-sur-Oder

LE CONFINEMENT A FRANCFORT-SUR-ODER :

UN TÉMOIGNAGE

© Assenmacher / CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)



La ville de Francfort-sur-Oder (Frankfurt-an-der-Oder) est l’une des deux villes allemandes jumelles de Nîmes. Située sur la frontière avec la Pologne, le long du fleuve Oder, sa situation est bien particulière. En effet jusqu’en 1945 la ville polonaise de Słubice faisait partie intégrante de Francfort-sur-Oder en tant que faubourg oriental de Francfort, de l’autre côté de l’Oder. De nos jours ces deux villes sont toujours étroitement liées car de nombreux habitants passent la frontière soit pour travailler en Pologne ou en Allemagne, soit pour faire leurs courses. Comment deux villes avec une telle relation ont-elles pu gérer le confinement et la fermeture des échanges quotidiens? Sören Bollmann, Chef du Centre de coopération Francfort- Słubice et du Bureau de l'éducation, consultant pour la coopération internationale, a répondu à nos questions.

- Comment avez-vous connu la Maison de l'Europe de Nîmes? Que vous inspire le jumelage entre Frankfurt/Oder et Nîmes?

Sören BOLLMANN : J’ai connu la Maison de l’Europe de Nîmes par un projet de Michael STANGE. Il cherchait des endroits en Europe pour accueillir des jeunes aides-soignants de Nîmes pour un stage ERASMUS. Le premier échange a eu lieu il y a 4 ans et cela avait bien fonctionné. Des jeunes de Francfort sont allés à Nîmes pendant une semaine et j’ai rencontré Michael sur place.


- Des jeunes de Nîmes envoyés par la Maison de l'Europe en stages professionnels ont été accueillis à Frankfurt/Oder dans les années récentes. Seriez-vous prêt à poursuivre cette expérience ? Que vous a-t-elle apporté?

Sören BOLLMANN : J’ai trouvé très intéressant de voir comment ces jeunes gens se débrouillaient dans la ville et aussi de voir ce qu’ils souhaitaient découvrir chez les personnes habitant Francfort, au-delà de certaines idées préconçues. Au début c’est toujours difficile pour les jeunes Français qui parlent très peu allemand mais quand la volonté est là les jeunes s’adaptent très facilement. C’est une expérience européenne de voir que malgré la barrière de la langue on peut travailler ensemble. En plus j’ai des liens avec la France et la langue française, donc avoir l’occasion d’accueillir des Français me plaît toujours beaucoup !




- Vous formez une agglomération commune avec votre ville voisine et jumelle de Słubice, qui est en Pologne. Quelles sont les populations respectives des deux villes? Comment décririez-vous les rapports entre ces deux villes frontalières?

Sören BOLLMANN : Normalement, sans confinement, ces deux villes ont une relation intime très proche, comme si c’était une seule ville comme avant la deuxième guerre mondiale. Dans les dix dernières années s’est établie une coopération très forte sur tous les niveaux : société, administration et politique. Il y a un bureau commun entre les deux villes dont je suis le directeur et qui organise la coopération dans les infrastructures de tourisme et éducation. C’est un groupe constitué de 7 personnes, des Polonais et des Allemands dont le travail est d’organiser des projets communs, des rencontres, des projets pour le conseil municipal, etc. Il y a un plan de coopération pour 10 ans. Le plus récent a commencé l’année dernière 3 mois avant le COVID-19.

- Est-ce que la crise du COVID-19 a impacté ces relations? Comment a été géré le passage de la frontière pendant la période de confinement?

Sören BOLLMANN : Dans notre région le COVID-19 n’était pas aussi fort que dans d’autres pays d’Europe. Les problèmes liés au virus étaient assez mineurs mais le gouvernement polonais a décidé de fermer la frontière donc la ville a été coupée en deux pendant 4 semaines pour tout le monde sauf pour la police, le transport et les gens qui travaillent sur la frontière. La frontière ne s’est ouverte qu’à partir du 4 mai pour les travailleurs frontaliers et le 13 juin pour tout le monde. Les deux maires se sont contactés une fois par semaine. Toutes les autres activités habituelles étaient devenues impossibles.

- Quelle est à peu près la proportion des personnes qui habitent Słubice (qu'ils soient allemands ou polonais) et travaillent à Frankfurt/Oder? La fermeture de la frontière a-t-elle été pour eux une grande difficulté?

Sören BOLLMANN : Je n’ai pas les chiffres exacts, mais la moitié environ des gens qui travaillent à Słubice sont dépendants des clients allemands qui viennent acheter à Slubice. 20% des gens qui habitent à Słubice travaillent en Allemagne. Il faut imaginer que la plupart des gens vivent d’une façon ou d’une autre en traversant la frontière plusieurs fois par jour. Pour faire leurs courses, pour aller à l’école ou chez le médecin. Ils ont une partie de leur vie dans l’autre pays. Il y a eu un moment où en Allemagne les écoles ont repris, mais elles étaient fermées en Pologne. C’était donc compliqué pour les étudiants polonais habitant en Pologne qui devaient aller étudier en Allemagne. Nous avons donc organisé pour eux le passage de la frontière et avons réservé des places dans des hôtels en Allemagne afin qu’ils puissent habiter sur place.

- Il y a probablement d'autres villes allemandes qui ont une situation semblable à la vôtre (par exemple Görlitz): avez-vous partagé vos expériences avec ces villes?

Sören BOLLMANN : A vrai dire les échanges avec d’autres villes dans cette situation sur la frontière polonaise n’étaient pas très intenses. Nous avons beaucoup échangé en revanche avec les villes sur les frontières d’Espagne, Suède, Finlande, Portugal.

à l'affiche
Posts récents
Lettres Europe
no-posts-feed.on-the-way
no-posts-feed.stay-tuned
50 ans de la MDE :
que s'est-il passé en 1966 ?
ARCHIVES

Coordonnées

46-48 rue de la République
30900 NÎMES (France)
+33 (0) 4 66 21 77 50
info@maison-europe-nimes.eu

horaires

Du Lundi au Vendredi
de 9h00 à 13h00 et de 14h00 à 17h00

  • Wix Facebook page
  • Wix Twitter page
  • Icône sociale YouTube
  • Instagram

Principaux partenaires

Région_Occitanie_2017.jpg
logo_gard_CMJN_1000X1000.jpg
logo-ville-de-nimes.jpg
640px-Erasmus+_Logo.svg.png