Connaissez-vous les corridors européens ?




Même quand on se pense bien informé sur la construction européenne, on en découvre chaque jour de nouveaux aspects, souvent peu connus. La communication est-elle en cause ? Non, sans doute, mais plutôt la richesse et l’étendue de ces réalisations. En voici un exemple.


Ici, il ne s’agit pas de corridors humanitaires, un terme sans équivoque, qui nous est malheureusement familier depuis une trentaine d’années.

Au cas présent, c’est de transport qu’il s’agit, plus précisément de transport de biens. C’est tout simplement (façon de parler…) la concrétisation - certes tardive - des ambitieuses propositions de Jacques Delors, alors président de la Commission européenne. L’idée a commencé à voir le jour dans les années 2000, pour éclore enfin en 2010 et 2013 sous la forme de deux Règlements (n°913/2010 et n°1316/2013).

Rappelons qu’un Règlement européen, contrairement à une directive, est dit d’applicabilité directe, sans nécessité d’être transcrit, parfois adapté, dans chaque État-membre. Il comporte en outre l’avantage de déclencher quasi-automatiquement des financements européens pour accompagner sa mise en œuvre. Financements indispensables ici, comme on va le voir.


Un corridor européen, à quoi ça sert ? Concrètement, c’est un itinéraire dessiné sur la carte de l’UE, visant à faciliter au maximum le transport de biens entre les États-membres, principalement par le chemin de fer - on en voit tout l’intérêt en ces temps de transition écologique. Au-delà du rail, il vise à combiner tous les modes de transport : routier, ferroviaire, fluvial et maritime (l’aérien est donc exclu même si les aéroports sont concernés comme plateformes de chargement/déchargement de fret). Faciliter au sens matériel, en évitant tous les goulots d’étranglement, qui sont parfois synonymes de rupture de charge (changement de mode d’acheminement), source de délais et de surcoûts. Il va de soi que les obstacles administratifs (douaniers et autres) entrent dans cet effort de facilitation, mais ils ont été pour la plupart réglés bien en amont.

On imagine mal la somme de contraintes techniques qu’il faut dépasser pour parvenir à une telle harmonisation, laquelle est d’ailleurs loin d’être acquise puisque cet achèvement est fixé à l’horizon 2030, au prix d’un effort d’investissement global qui avoisine les 750 milliards d’euros. Pour se faire une idée de ce que tout cela représente, voit : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/territoires-europeens-regions-etats-union/rte-t/corridor-ferroviaire-rhin-alpes. Cet article un peu technique, mais très documenté illustre le projet à partir du corridor « Rhin-Alpes », qui part des Pays-Bas pour aboutir à Gênes. Un trajet qui présente la particularité de traverser la Suisse, ce qui n’a pas dû faciliter les négociations - même si les Suisses ont depuis longtemps l’habitude d’être, si l’on peut dire, « traversés », et disposent pour ce faire du réseau le plus opérationnel du mode.


Et parlant de négociations compliquées, pensons à la tâche à laquelle sont confrontés les négociateurs du Brexit ; d’autant que si le Royaume-Uni doit logiquement sortir du corridor « Mer du Nord-Méditerranée » (cf ci-dessous) l’Irlande, elle, lui reste liée.

Neuf « corridors européens » (on parle parfois de corridors de fret, puisqu’il ne s’agit que de biens et non de personnes) ont ainsi été retenus, ainsi qu’on peut les voir matérialisés sur la carte ci-dessous.

Notons au passage que si la France n’est traversée que par trois de ces corridors (peut-être du fait de la taille du territoire, à vérifier), Nîmes est située sur l’un des 9, à savoir le tracé « Méditerranée » qui relie Séville à Budapest.

Budapest, et au-delà devrait-on dire, car cette première réalisation ouvre la voie à un autre projet, au moins aussi ambitieux : celui des corridors « paneuropéens », au nombre de 10 cette fois, qui intéressent certains pays de l’ex-URSS (Ukraine, Biélorussie, Russie, Moldavie) ainsi que les États des Balkans non membres de l’UE. Pour en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Corridors_paneurop%C3%A9ens.



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