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Du bois des barques échouées de migrants aux «violons de la mer»

Beaucoup de migrants débarquent sur les côtes de l’Italie et leurs embarcations restent sur les plages. Des débris de barque s’échouent aussi, après un naufrage souvent meurtrier…

Une fondation italienne a eu l’idée de relier ces drames à une action positive : donner une deuxième vie à ces bois échoués, en les confiant à des prisonniers de droit commun pour qu’ils les transforment en violons.


Ces « violons de la mer » ne sont pas des Stradivarius, mais ils ont une âme ! Et ceux qui participent à cette métamorphose en sont conscients et fiers, quels que soient les crimes qui les ont amenés en prison...



Source: Le Monde Source: La Vie


La Fondation italienne Casa dello Spirito e delli Arti – Maison de l’esprit et des arts - accompagne des personnes marginalisées, notamment des détenus, pour favoriser leur réhabilitation.

Avec le soutien de cette Fondation, la prison de haute sécurité Opera, à Milan (1 400 détenus), a monté un atelier de menuiserie et de lutherie, où des détenus fabriquent des violons, des violoncelles et des violes de gambe, sous la direction d’artisans qualifiés et pédagogues. Habituellement les instruments étaient destinés à des élèves de conservatoires qui ne pouvaient pas s’en acheter.


Utiliser les bois des barques de migrants échoués à Lampedusa ou d’autres lieux donne une dimension différente à la fabrication de ces instruments : les quelques détenus qui y participent pensent évidemment au sort des migrants, ils s’en sentent solidaires et retrouvent ainsi un peu de dignité. « A travers l’art et l’artisanat, des détenus deviennent des passeurs de mémoire », s’enthousiasme un responsable de la Fondation.


Il faut trois mois pour fabriquer un « violon de la mer ». Le bois des barques est généralement du pin et de l’olivier, et pas l’épicéa (scié en plus d’une façon particulière) utilisé habituellement. La peinture des barques est préservée le plus possible, pour afficher clairement l’origine des bois. D’après le luthier de l’atelier, la sonorité de ces instruments est tout à fait satisfaisante, bien meilleure qu’attendu, et elle est chargée d’une émotion particulière.

Les instruments sont confiés à des formations musicales, qui le temps d’un concert deviennent « Orchestre de la mer ».


Un détenu de l’atelier : « J’ai la chance d’être impliqué dans un travail qui donne une voix à ceux qui ne l’ont plus. Je suis fier de ces violons qui chantent pour vaincre l’oubli ».


Jean-Jacques SMEDTS

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