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L’Allemagne, nouveau moteur de l’Europe fédérale ?

Jeudi dernier, le contrat de 177 pages de la coalition de gouvernement allemande composée du SPD, des Verts et des libéraux a été publié. Il a été traduit dans la nuit en français, italien et espagnol par « le Grand Continent », une initiative que nous saluons.


Bien entendu je me suis intéressé d’abord à la vision européenne de ce texte et notamment « La responsabilité de l’Allemagne pour l’Europe et le monde » (pp. 130-158). Là, une surprise nous attend : « La conférence (COFOE) devrait déboucher sur une convention constituante et conduire à l’évolution de l’UE vers un État fédéral européen, organisé de manière décentralisée selon les principes de subsidiarité et de proportionnalité et sur la base de la Charte des droits fondamentaux. Nous voulons renforcer le Parlement européen (PE), par exemple en ce qui concerne le droit d’initiative ; de préférence dans les traités, sinon de manière interinstitutionnelle ».


Suit un peu plus loin : « Nous soutenons un droit de vote européen unique avec des listes en partie transnationales… » et encore : « Nous utiliserons et étendrons le vote à la majorité qualifiée au Conseil ».


Côté défense et géostratégie : « Nous voulons accroître la souveraineté stratégique de l’Europe. Cela signifie en premier lieu établir sa propre capacité d’action dans le contexte mondial et être moins dépendant et moins vulnérable dans des domaines stratégiques importants, tels que l’approvisionnement énergétique, la santé, les importations de matières premières et la technologie numérique…. Nous protégerons mieux les technologies et les infrastructures critiques, nous adapterons les normes et les marchés publics en conséquence et nous lancerons un consortium européen open source 5/6 G».


Concernant le Pologne et la Hongrie : « Nous approuverons les propositions de la Commission européenne concernant les plans du fonds de reconstruction si des conditions (d’état de droit) telles qu’une justice indépendante sont garanties. » et aussi : « Nous nous engageons et soutenons le fait qu’à l’avenir, la Commission européenne fasse également avancer les procédures contre les violations systémiques des traités, en regroupant les procédures individuelles contre un État membre en cas de violation de l’État de droit ».


Il y en a dans cette lignée une vingtaine de pages, semble-t-il largement inspirées par les Verts allemands qui soutiennent une telle vision depuis plus de 20 ans de « fédéralisation » de l’Europe. Sans doute le poids de Daniel Cohn-Bendit est-il encore présent dans cette orientation politique. Il semble aussi que les « verts » devraient obtenir le portefeuille des Affaires étrangères.


Pour ma part, je dis « Chapeau bas aux responsables allemands » d’oser écrire dans un programme de gouvernement des éléments aussi précis sur leur vision de l’avenir de l’Europe.


Quel candidat aux présidentielles en France aura le courage d’en dire autant ?


Charles-Antoine Roussy, président de la Maison de l’Europe de Nîmes




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