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L’ambassadeur de Belgique en France était à la Maison de l'Europe le 14 juin




Chacun des 27 États membres de l’UE préside tour à tour pendant 6 mois le Conseil de l’UE, qui réunit par domaines les 27 ministres concernés et vote sur les textes législatifs en parallèle avec le Parlement européen.

Le Conseil de l’UE représente les États, le Parlement européen représente les citoyens, et pour qu’un texte soit adopté il faut un accord entre ces deux institutions, souvent d’ailleurs après un « trilogue » avec la Commission européenne qui a proposé ce texte.

 

La Belgique préside le Conseil de l’UE au 1er semestre 2024 et est donc sur le point de terminer cette période, après l’Espagne au 2ème semestre 2023 et avant la Hongrie au 2ème semestre 2024.

6 mois c’est court, c’est pourquoi depuis 2007 les présidences sont groupées par « triplets », dits plus couramment « trios ». La composition des trios a été établie pour que dans chaque trio les États membres les plus récents soient soutenus par des États ayant une plus longue pratique de l’UE.

 

Comme à leur habitude depuis plusieurs années, la Maison de l'Europe de Nîmes et le Mouvement européen du Gard ont invité un représentant du pays achevant son semestre de présidence à venir en présenter le bilan.

L’ambassade de Belgique en France a répondu favorablement à cette invitation et c’est l’ambassadeur en personne, SE Jo Indekeu, qui était à la Maison de l’Europe vendredi 14 juin à 18h. Il a d’ailleurs mis à profit son déplacement pour rencontrer la Ville de Nîmes et le Conseil départemental du Gard.

Il était accompagné de son épouse, de Mme Anne-France Jamart, Consule générale à Marseille pour tout le sud de la France et de Me Pierre Chatel, avocat, consul honoraire à Montpellier.

 

La Belgique a exercé cette présidence dans une période charnière entre deux mandatures des institutions européennes, compte tenu des élections de début juin. Elle avait donc deux grandes priorités d’actions :

                - boucler l’agenda législatif avant les élections européennes de début juin

                - et préparer un agenda stratégique pour la prochaine mandature (2024-2029) des institutions européennes. Cet agenda stratégique sera au menu de la réunion du Conseil européen (les 27 chefs d’État ou de gouvernement) les 27 et 28 juin.

M. Indekeu a rappelé que le rôle du pays qui préside le Conseil de l’UE est avant tout de faciliter l’obtention d’accords entre les États membres et entre les institutions, en étant « un arbitre honnête, qui ne donne pas la priorité à ses propres intérêts nationaux ».

 

Devant une assistance des plus attentives, il a déroulé les acquis de cette présidence belge, qui a à son actif quelques belles percées législatives dont les fruits se feront sentir très rapidement : ainsi de la protection sociale des travailleurs des plateformes (comme Uber ou Deliveroo), arrachée avec une majorité d’États-membres malgré l’opposition de la France et de l’Allemagne ! Il a mentionné aussi, parmi les acquis de cette présidence aussi discrète qu’efficace, la création d’un espace européen de la santé, qui permettra à tout médecin européen d’avoir accès aux données de santé d’une personne se trouvant malade ou accidentée en dehors de son propre pays ; après la douloureuse expérience du Covid, on devine aisément les avantages de cette situation nouvelle.

 

Tout au long d’un exposé passionnant, M. Indekeu a prouvé qu’on pouvait être à la fois un fin diplomate et éviter la langue de bois.

Il a décrit son rôle en tant qu’ambassadeur en France au cours du 1er semestre 2024 : à la fois bien connaître les priorités de la France et « sonder » les dirigeants français sur leurs réactions à des projets de textes européens.

Il a insisté sur l’excellente coopération avec l’Espagne pendant la présidence espagnole au 2ème semestre 2023 (un Belge était toujours intégré à l’équipe espagnole), ce qui en creux indique que c’était moins fluide avec la Hongrie, qui prendra la suite de la Belgique le 1er juillet.

M. Indekeu connaît d’ailleurs bien la Hongrie, où il été ambassadeur de 2011 à 2015, et son dirigeant Viktor Orban, dont il a souligné le comportement « transactionnel », dans une logique constante de marchandage. Le versement à la Hongrie d’importants montants de fonds européens est toujours suspendu en raison de manquements répétés à l’État de droit en Hongrie… alors que ces fonds seraient nécessaires pour l’économie hongroise.

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