L’APRÈS BREXIT : DEAL OR NO DEAL ?



Le temps passe, et le ton monte entre Londres et l'UE

Le Royaume-Uni a formellement quitté l'UE le 31 janvier, après presque 50 ans d'appartenance à l'UE. Mais il reste régi par la réglementation européenne jusqu'à la fin de cette année, tandis que les deux parties tentent de conclure un accord de libre-échange pour régler leurs relations commerciales futures.

Faute d'accord en vigueur avant le 31 décembre, fin de la période de transition post-Brexit, les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)s'appliqueraient, avec leurs droits de douane élevés et leurs contrôles douaniers poussés, le Royaume-Uni étant alors considéré comme n’importe quel pays extérieur à l’UE. De quoi affaiblir encore des économies déjà frappées de plein fouet de part et d’autre de la Manche par la Covid 19.

Les négociations butent notamment sur la pêche et les conditions de concurrence équitable, mais plus largement sur la volonté de Boris Johnson, premier ministre conservateur, de montrer à ses électeurs qu’il met au-dessus de tout la souveraineté absolue du Royaume-Uni, qui doit par exemple ne « plus être soumis aux décisions de Cour de justice de l’UE ». En outre le Royaume-Uni veut négocier domaine par domaine, alors que l’UE veut une négociation sur l’ensemble des sujets. L’UE aurait volontiers donné un peu plus de temps aux négociations, mais Boris Johnson a d’emblée écarté cette possibilité. Il ne reste donc qu’un peu plus de 3 mois pour conclure un accord et le faire ratifier. Récemment Boris Johnson a déclaré que « si un accord n’était pas trouvé avant le 15 octobre - date d’une réunion du Conseil européen -, le Royaume-Uni passerait à autre chose », puis que s’il n’y avait pas d’accord « Londres pourrait ne pas appliquer pleinement le traité sur sa sortie de l'UE ». Le négociateur britannique, David Frost, a prévenu que le Royaume-Uni ne deviendrait pas « un Etat-vassal » de l'Union européenne quel que soit l'accord commercial post-Brexit conclu avec les 27 :« Nous n'allons pas accepter des clauses qui leur donneraient le contrôle sur notre monnaie, ou sur notre façon d'organiser les choses ici au Royaume-Uni, et ça ne devrait pas être sujet à polémique », a-t-il précisé. « C'est ce que signifie être un pays indépendant, c'est ce pourquoi le peuple britannique a voté et c'est ce qui se produira à la fin de l'année, quoiqu'il arrive ».

Cette remise en cause éventuelle pourrait porter notamment sur la situation particulière de l’Irlande du Nord, une des quatre composantes du Royaume-Uni. En effet l'accord de divorce conclu avec l'UE contraint Londres à notifier à la Commission européenne toute aide d'Etat qui affecterait le marché des marchandises nord-irlandais. Il oblige aussi les entreprises de cette province à remplir des formulaires douaniers lorsqu'elles expédient des biens vers le reste du Royaume-Uni. Ces obligations ont du mal à passer dans l’opinion britannique, car elles enfoncent un coin dans l'unité entre les quatre nations composant le Royaume (Angleterre, Écosse, Irlande du Nord, Pays de Galles).

Réplique immédiate de Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE : « tout ce qui a été signé dans le passé doit être respecté, c’est le gage de la confiance pour l’avenir ».

Qu’en est-il réellement ? Attitudes théâtrales de Boris Johnson pour satisfaire son parti et pour impressionner le camp d’en face ? Ou est-il réellement prêt à ce qu’il n’y ait pas d’accord ?

Difficile à discerner… Boris Johnson ne manque pas une occasion de déclarer que son pays « sera prospère en cas de no deal ». Pense-t-il que l’UE aura plus envie que lui d’aboutir positivement et de faire pour cela une concession, premier pas vers un accord commercial ? Dans une négociation, tout le monde cache son jeu et ses intentions. Pour le moment, le temps passe et on se rapproche de la « fin de partie ». Les deux camps font un peu penser aux coureurs de vitesse à vélo sur piste, dans les épreuves où ils ne sont que deux : il s’agit d’arriver sur la ligne avant l’adversaire, mais cela commence généralement par un long moment de sur place (petits mouvements avant-arrière, c’est possible avec ces vélos à pignon fixe), chacun guettant un moment d’inattention de l’autre, si ce moment d’inattention est trop court celui qui démarre le premier est vite rattrapé, l’autre se met dans son sillage et le dépasse sur la ligne. La route vers un accord pour l’après-Brexit est décidément une course d’obstacles !

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