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L’Europe au quotidien : celle de nos téléphones portables

Pour une fois, nous allons laisser la guerre en Ukraine avec son lot de malheurs, de dévastations, et de mensonges. Nous ne pouvons guère plus qu’être solidaires, et soutenir nos dirigeants dans leur volonté de ne pas laisser désarmé un peuple qui ne demandait rien d’autre que de vivre libre.


Non le sujet d’aujourd’hui sera beaucoup plus terre à terre. Depuis l’avènement du portable dans notre quotidien, nous avons assisté, après une première période où l’on ne savait à quel saint se vouer, tant l’offre était multiple, opaque, complexe, à une situation bien améliorée, avec au passage une division de plusieurs grandeurs du coût de l’utilisation de nos téléphones portables par rapport à ce qu’il était à ses débuts. Et cela malgré une multiplication en sens inverse des services rendus par ce petit objet devenu aussi indispensable que nos clés de maison. Dans ces progrès considérables l’Europe a joué un rôle majeur pour nous protéger, aussi bien en tant que consommateurs qu’en tant que citoyens propriétaires de nos données personnelles. Il en a déjà été question à plusieurs reprises.

Mais depuis toutes ces années, nous nous débattons avec ce qu’on appelle d’un mot qui nous était encore inconnu voici vingt ans : une connectique disparate, encombrante, jamais normalisée et surtout rapidement obsolète. À chaque nouvel appareil son mode de branchement, toujours nouveau, et une bonne occasion de râler à l’idée de devoir mettre au rancart un chargeur pourtant pas si vieux.

Déjà, ces dernières années ont été l’occasion d’un grand progrès, passé relativement inaperçu : la réduction à trois modèles des types de chargeurs ; ce fut le résultat d’une entente entre constructeurs, un peu contraints et forcés ; une entente certes bienvenue, mais qui laisse quand même persister une certaine anarchie préjudiciable aussi bien à l’utilisateur qu’à l’environnement.

C’est pourquoi cela n’a pas suffi : la Commission européenne a enfin accepté en septembre de proposer un texte à la fois plus contraignant, plus simple, plus économique et, ce qui ne gâte rien, plus écologique. Plus écologique déjà par le simple fait qu’il devrait réduire considérablement la quantité de déchets industriels que génère ce gaspillage : entre 11 000 et 13 000 tonnes de déchets annuels, excusez du peu.

Ce n’est pas encore acquis, mais les choses avancent vite. Sur la base d’un premier projet élaboré par la Commission en septembre 2021, le Parlement européen a validé un rapport qui devrait déboucher rapidement sur un projet de directive, rappelons que la directive est la loi européenne qui s’impose à tous les États-membres une fois qu’elle a été adoptée. Aux États-membres, mais aussi à tous ceux qui veulent commercer avec l’Union européenne, c’est-à-dire à peu près tout le monde -si l’on excepte la Corée du Nord, et encore !

Il s’agit donc d’aller, d’ici deux ou trois ans au plus, vers la fabrication d’un chargeur universel, avec le branchement de dernière génération, le plus discret et le moins gourmand : la prise USB-c.

Et pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, le Parlement demande déjà à la Commission, dans la foulée de cette première avancée, de réfléchir à la même normalisation pour l’ensemble des appareils électroniques dits à faible consommation d’énergie, souris, écouteurs, jouets, etc. Là encore, cela permettra au consommateur de se procurer l’appareil de son choix sans être obligé d’en acquérir la connectique spécifique, forcément coûteuse.



Jean-Luc Bernet

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