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L’Europe ne fait rien pour lutter contre les déchets, vraiment ?

Lutter contre les déchets textiles, un enjeu européen à la portée de tous


Le thème de l’édition 2022 de la semaine européenne de réduction des déchets (Serd), du 21 au 27 novembre, est le textile. C’est l’une des sources de pollution la plus importante au monde. A Nîmes, le Sitom (Syndicat Mixte de Traitement des Ordures Ménagères) Sud Gard a mené des actions pour sensibiliser le public à trier et à consommer autrement.



Le recyclage et la revalorisation de nos vieilles affaires se sont invités dans la galerie marchande Cap Costières. Le Sitom y a coordonné des animations dans le cadre de la Semaine européenne de réduction des déchets (Serd).

Fondée en 2009 lors de la conférence européenne sur la réduction des déchets à Gérone en Espagne, cette campagne a pour objectif de sensibiliser les Européens à la question des déchets. Pour son édition 2022, le thème principal est le textile.


Ainsi, pour de la première journée de la Serd, l’association Le Tremplin et l’entreprise Philtex étaient invitées à tenir leur stand de sensibilisation à Cap Costières. Ce sont deux structures de récupération et de revalorisation textile.

Le premier objectif de ces animations est d’inciter à mieux trier. Un véritable enjeu éducatif, car des sacs de textiles sont souvent retrouvés dans le bac de recyclage (poubelle jaune). Or, ces erreurs de tri ont un prix. Magali Ramos, responsable communication du Sitom, informe qu’une tonne de déchets jetés par erreur dans la section recyclage coûte près de 370 €, dont 89 € d’incinération.


Magali Ramos, responsable communication du Sitom informait le public de Cap Costières sur le traitement et la revalorisation des textiles usagés


  • Les déchets textiles, un fléau

Selon une étude de 2018, les Européens se débarrassent de 4 millions de tonnes de TLC (textiles d’habillement, linges de maison, chaussures des ménages, à l’exclusion des textiles professionnels) par an.

En réponse à une directive européenne de 2018, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (loi Agec) a été promulguée en 2020.

Des solutions de réemploi se sont multipliées, notamment grâce aux associations et entreprises de recyclage.

L’association Le Tremplin par exemple, les revend à petits prix dans ses boutiques. En plus, cette structure accompagne des personnes en difficulté vers l’emploi durable, à travers des contrats d’insertion. Mais dans les dons que les équipes reçoivent, des erreurs de tri sont fréquentes : « Les gens nous prennent pour des déchetteries. » regrette Hélène Calland, directrice du Tremplin. Elle évoque la réception de vêtements troués ou simplement trop usés pour être vendus.


L’association « Le tremplin » à Cap Costières


En effet, si le marché de la seconde main est en plein essor partout en Europe, seuls 10 à 12 % des habits sont revendus. Le reste finit enfoui ou incinéré.


  • Que deviennent nos vêtements abîmés ?

Pourtant les TLC, même abîmés, peuvent être transformés et revalorisés à condition d’être envoyés au bon endroit.

En 2018, la filière des déchets textiles comptait 68 centres de tri en UE, dont 52 en France. Philtex, une entreprise gardoise, récupère 12 000 tonnes de TLC par an dans le Gard, via ses bornes de collecte. La majeure partie est destinée à l’export, dans des centres de transformation au Pakistan. Jessica Benezet, responsable communication de Philtex cite comme exemple que là-bas, des semelles de baskets sont transformées en revêtement pour des terrains de sport.


En effet, près de 50 % des textiles collectés dans les pays occidentaux sont exportés dans des pays émergents. La responsable communication souligne : « L’exportation permet de proposer des emplois aux personnes en insertion professionnelle et de faire vivre l’économie d’autres pays. »

Questionnée sur l’émission de gaz à effet de serre liée au transport, Philtex soutient que par rapport à l’incinération, c’est une solution bien moins nocive pour la planète.


Cependant, Magali Ramos, du Sitom, pointe qu’une partie de l’énergie produite lors de l’incinération est réemployée dans le chauffage urbain et la production d’électricité : « La production de gaz à effet de serre (GES) est minime ».


  • La production des matières pollue aussi

Faut-il alors bouder les bornes de recyclage textile ? Absolument pas, soutient le Sitom. Si la supériorité d’une ou de l’autre solution en termes de production de GES est discutable, un élément non négligeable s’ajoute dans la balance : la production de textile pollue aussi. Par exemple, produire un kilo de coton nécessite de 2 700 à 5 000 litres d’eau. De plus, la culture cotonnière est la plus gourmande en engrais et pesticides.


source : wikipedia


Le recyclage textile permet non seulement d’éviter l’incinération, mais aussi, et surtout, d’éviter la production de nouvelles matières.

Là où le rôle du consommateur entre en jeu, c’est dans le choix de ses vêtements.

Soutenir la seconde main, mais aussi choisir des vêtements fabriqués de façon plus propre. L’écolabel européen créé en 1992 grâce à l'UE limite l’utilisation des substances nocives et garantit une qualité élevée et une durabilité des textiles.


Mais au bout du compte, la limitation des effets polluants de l’industrie textile passe par une consommation plus raisonnée. Une étude de France Nature Environnement montre qu’en 2017, on consomme déjà 60% de plus de vêtements que 15 ans auparavant. Un récent sondage international a révélé une tendance à acheter plus que ce dont on a besoin. Ce sentiment est partagé par 50 % des Allemands et 50 % des Italiens.


Consommer moins et mieux, c’est un élément clé mis en avant durant la semaine européenne de réduction des déchets.

Alexandra PORTLOCK


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