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La Bella vita à vélo...avec son chien !

De nombreux Européens choisissent de découvrir le sud de la France à vélo. Isabel Pirazi, du Piémont en Italie, a relevé un défi encore plus fou. Elle voyage à bord d’un vélo équipé d’une remorque dans lequel elle transporte...son malinois !

Sous le soleil méditerranéen, Isabel pédale à son rythme. Alan, un croisé malinois adopté dans un chenil, observe les paysages du haut de son carrosse, initialement destiné à transporter des enfants.


Combiner solitude et rencontres

Comme pour cette néo-cycliste italienne, le voyage est l’occasion de sortir de sa zone de confort, de s’adapter aux imprévus, et surtout de rencontres. Car ce chien de quatre ans vient de loin. "Il avait peur de tout, il refusait de monter dans la voiture, il aboyait quand il voyait du monde..." La jeune femme aux longs cheveux tressés a récupéré sa mascotte il y a tout juste un an, et continue aujourd’hui ce travail de socialisation. S’il s'est beaucoup apprivoisé, il est encore un peu peureux, et laisse parfois échapper des aboiements instinctifs.

Partie de la Drôme où vit sa grand-mère, Isabel a décidé un peu "comme ça" d’enfourcher le vélo. "On a juste testé la remorque le jour où je suis partie. Au début il sautait, mais au bout d’une matinée, il s’y est habitué !".

Une expérience nouvelle pour les deux, après un premier périple à pied depuis le Piémont jusqu’à Rome. Alan est désormais son compagnon de voyage. "Au lieu de parler toute seule, je parle à mon chien !" rit-elle. Malgré le fait qu’elle tracte une remorque alourdie par une tente, un sac et un malinois, elle trouve que le vélo est moins fatigant. "Tirer le poids, c’est moins dur que de le porter"

Traduction : "Viens Alan, on prend une photo !" "Mais qui veut prendre une photo, ne m'embête pas !"


Voyager à l’intuition

Les deux amis parcourent depuis début août les chemins et voies vertes du sud de la France, direction Barcelone. Du haut de ses 27 ans, Isabel voyage un peu au gré du vent, s’arrêtant à "des endroits qui m’inspirent", et au gré des rencontres, grâce à l’usage de la plateforme couchsurfing (plateforme d'hébergement chez des locaux), de Facebook ou juste en étant "au bon endroit au bon moment".

Par exemple, elle raconte comment elle a "croisé une personne qui m’inspire" et lui avait demandé si elle pouvait planter sa tente dans son jardin. Après une nuit paisible sous la toile, l’hôte lui avait apporté le petit-déjeuner.

De nombreux locaux font preuve de générosité lorsqu’ils prennent connaissance de son histoire. À la lecture de son post sur la page Facebook « Nîmes et ses alentours », une mère de famille de Clarensac a accepté d’héberger, pour la première fois, une inconnue.

L’occasion pour nos deux voyageurs de découvrir la fête votive et quelques traditions gardoises. Si elle apprécie l’ambiance festive et musicale, cette aventurière se dit choquée par l’abrivado. Son indignation augmente lorsqu’elle découvre que les arènes abritent encore des corridas. L’amie des bêtes a "du mal à comprendre qu’on puisse aimer cette activité".


Une attraction pour les curieux

Sur sa route, elle croise des sourires, des regards amusés et souvent bienveillants. À Nîmes, de nombreuses personnes l’interpellent, lui posant des questions telles "Ce n’est pas trop lourd ?" L’italienne au teint bronzé (et aux jambes musclées) ne semble pas trop souffrir du poids additionnel "seulement dans les montées." Son secret ? Y aller doucement, ce qui permet de garder des forces et de mieux apprécier les environs. Elle fait en moyenne une vingtaine de kilomètres par jour.

Ce jeudi 1er septembre, elle continue sa route. Le matin même de son départ, elle choisit Saint-Gilles. Elle n’a pas trouvé d’hébergement pour la nuit, mais cela ne l’inquiète nullement. Elle compte trouver un coin pour planter sa tente. Si son compagnon à quatre pattes à l’instinct de survie, elle semble avoir l’instinct du voyage.


Alexandra PORTLOCK




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