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La vignette du mois : L’Europe et ses méchants voisins

  • 6 déc. 2021
  • 4 min de lecture

Radio système, la radio locale de Vauvert, publie chaque semaine un court message en lien avec l’actualité européenne. Voici ces vignettes radiophoniques, qui tiennent en partie de l’information et en partie de l’analyse.



L’Europe et ses méchants voisins.


C’est un moustachu même pas capable de parler correctement la langue de son pays, qui n’a pas encore compris que l’ère soviétique était vraiment terminée. Un moustachu qui ne veut que deux choses : rester au pouvoir coûte que coûte et se venger de ceux qui trouvent que ça suffit comme ça. C’est-à-dire les Européens.



Il a d’abord essayé de fermer le robinet du gaz qui passe par chez lui. Mais voilà, Poutine a froncé les sourcils et le vilain moustachu a remis son idée dans sa poche. En plus ça ne servait à rien, car le gaz russe passe aussi par d’autres voies -dont le fameux Nordstream II- ce qui n’est pas une très bonne idée, mais c’est une autre histoire.


Du coup le vilain moustachu a ouvert tout grand l’aéroport de Minsk à des tas de Syriens, Irakiens, Afghans, Libanais ou Yéménites qui ne demandaient pas mieux que de venir en Europe -et on les comprend- et des bus affrétés tout exprès les ont amenés à la frontière. Et là, débrouillez-vous, vous n’avez que quelques barbelés à enjamber, après quoi un avenir radieux vous attend de l’autre côté.


C’est vrai le piège est diabolique. Les Européens que nous sommes sont pris dans un dilemme insoluble entre le respect des valeurs humanistes, et la nécessité, que commande le simple bon sens, de réguler des flots de migrants désespérés et au besoin, de les refouler.


Surtout si cela doit conduire à encourager le vilain Loukachenko, puisque c’est bien de lui qu’il s’agit, à persister dans ses mauvaises manières, voire à appuyer encore plus là où ça fait mal.

Du coup les Européens ont bien dû se résoudre à prendre la pire de toutes les décisions -mais sans doute la seule possible- : accepter la construction d’un mur sur toute la frontière entre la Biélorussie et ses voisins européens et même, accepter qu’il soit en partie financé sur des fonds européens.


Que faut-il en penser ? La réponse est malaisée. Une partie de l’opinion considère que l’Europe trahit ses valeurs. Bien. Mais sans doute l’opinion majoritaire est-elle qu’il ne faut pas céder au chantage de ce vilain moustachu. C’est à lui maintenant de prendre en charge tous ces gens qu’il a volontairement mis en danger et même en danger de mort en cette saison. Et l’Europe dispose pour l’y obliger de redoutables moyens de pression qu’elle utilise déjà.

C’est triste à dire, mais pour une fois la réaction a été rapide, et ce sont des familles entières, parfois avec des enfants très jeunes, qui en paient le prix.


Nous allons à présent nous intéresser à un deuxième personnage qu’on peut aussi ranger dans la catégorie des méchants, même si c’est pour des raisons différentes. Cela peut surprendre car il nous a surtout habitués à des pitreries, même si les pitreries en question coûtent cher à son peuple. On ne le présente plus : c’est l’inénarrable Boris Johnson.

Et le sujet, c’est encore et toujours les migrants. Par un étrange retournement, le Brexit a eu pour conséquence que le Royaume-Uni n’a pas repris le contrôle de ses frontières mais en a délégué la gestion… à la France.

Selon l’accord passé avec notre voisin britannique, il incombe pour l’essentiel à la France d’empêcher des réfugiés de traverser la mer (et parfois de s’y noyer) et de demander l’asile au Royaume-Uni. C’est très exactement ce que nous demandons à la Turquie et à d’autres pays de la rive sud de la Méditerranée pour éviter de voir arriver des migrants en Europe. Sauf que, dans ces cas-là, l’Union européenne finance dans ces pays des camps d’accueil avec des infrastructures médicales et des prises en charge de nourriture et de logement.


Dans le cas présent, au contraire, les forces de l’ordre françaises démantèlent les campements, lacèrent les tentes, coupent l’eau courante et font obstacle aux distributions de nourriture, le tout pour respecter la part française du contrat. Il est vrai que la télévision montre plus volontiers ces images très choquantes que celles, moins spectaculaires, des hébergements mis à disposition de ceux qui préfèrent un minimum de sécurité à la jungle calaisienne.


Mais bonne nouvelle : la récente révision de l’accord franco-britannique a conduit le gouvernement de Sa Majesté à accepter de mettre la main à la poche pour participer à hauteur de 63 millions d’euros sur deux ans au financement de ces efforts de rétention. Efforts bien vains du reste puisque plusieurs centaines de personnes réussissent malgré tout chaque année à prendre pied sur le sol anglais.


Mais le comble du ridicule, et même du sordide, n’ayant pas encore été atteint, Boris Johnson, après avoir demandé à Emmanuel Macron de fermer la frontière entre la France et la Belgique (bon nombre de migrants contournant le verrou de Calais via le plat pays, lui a carrément demander de « reprendre » les embarcations (et leurs occupants) qui auraient réussi à prendre la mer et à atteindre les côtes britanniques.


Ces requêtes absurdes montrent que la situation est insoluble. Il faut soit dénoncer les accords et laisser Londres assumer ses responsabilités face à ceux qui veulent rejoindre son territoire, soit organiser un traitement humain des personnes qui s’installent dans la région pour essayer de passer. Mais dans les deux cas, c’est bien le gouvernement britannique qui doit désormais assumer les conséquences d’une situation qui, sans le Brexit, serait infiniment moins dramatique.


 
 
 

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