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Les LGBT et l’Europe – Retour sur la conférence- débat du 4 avril au Spot


Les LGBT et l’Europe ? Mais au fait, quelle est la question ? Les LGBT (pour être correct politiquement, il faudrait dire « les personnes revendiquant leur appartenance à la communauté LGBTQIA+ mais on va faire simple) les LGBT donc, sont des citoyens comme les autres et à ce titre ils ont droit à la même protection que tout un chacun : ça c’est acquis. Mais comme minorité, et minorité très particulière, ils sont plus souvent que d’autres victimes de harcèlement, de discriminations, voire de violences, et la question est donc : l’Europe leur apporte-t-elle, ou leur garantit-elle un supplément de protection ? Et cette fois la réponse est : oui.


C’est ce que voulait vérifier la conférence-débat consacrée à ce sujet, organisée conjointement entre le MEF-30, la Maison de l'Europe et l’université de Nîmes au Spot le mardi 4 avril. Et c’est cette problématique qu’ont illustrée, chacun à sa manière, les intervenants invités.


Franck Arnaud, avocat et membre du Team Europe, a rappelé certaines des bases juridiques qui garantissent cette protection, dont la source et la base restent la Charte européenne des Droits sociaux fondamentaux adoptée en 2001. De nombreux textes, législatifs (directives) ou non (résolution, recommandations, rapports) sont venus consolider ce principe, qui reste un incontournable dans les valeurs européennes : nul ne doit être discriminé du fait ou au prétexte de son orientation sexuelle.


Un récent évènement vient illustrer à quel point ce principe est à la fois solide, et comme tout principe, toujours fragile et susceptible d’être remis en question : à l’instigation de son premier ministre, qu’on ne présente plus, le Parlement hongrois a récemment adopté une loi qui, sous couvert de protéger les enfants de la pédophilie, contient des dispositions clairement homophobes. La Commission européenne a introduit contre cette loi un recours devant la Cour de justice de l’Union européenne, avec le soutien immédiat de plusieurs États-membres et, espérons-le, bientôt de tous (celui de la France se fait un peu attendre).


Le 2e intervenant, Richard Herry a jugé opportun de retracer le cheminement qui a conduit à la création d’associations et de structures qui se proposent de porter haut les couleurs que la communauté LGBT s’est appropriées, à savoir l’arc-en-ciel, rien de moins. Lui-même est un membre fondateur de l’Arène des fiertés, et a souligné ce que signifie le fait, pour des personnes LGBT, de pouvoir désormais apparaître au grand jour à travers diverses manifestations, la « Gay pride » étant la plus connue, d’où le nom d’Arène des fiertés. Il rappelle néanmoins que la loi sur le mariage pour tous n’a pas été accepté sans réticence -le mot est faible- du côté des autorités municipales.


Enfin Marylou Gouilly, mène dans le cadre de l’université de Nîmes des recherches consacrées aux problèmes de santé, et notamment de santé mentale, des personnes LGBT et de leurs familles sous la forme d’une approche dite « dyadique » : la recherche menée s’intéresse ainsi aussi bien à des familles ayant un enfant LGBT qu’à des familles dont les parents sont LGBT. L’objectif étant de rendre compte des processus impliqués dans la manière qu’ont les personnes LGBT et leurs proches de faire face à la stigmatisation, mais aussi de rendre compte des facteurs et des mécanismes impliqués dans l’acceptation par les parents de leurs enfants LGBT, et enfin, de la manière dont ces facteurs impactent la qualité de la relation parents/enfants ainsi que la santé mentale des uns et des autres.


Au-delà, il s’agit bien évidemment de dénoncer, de prévenir et de combattre les discriminations en accompagnant les familles. Les résultats de la recherche ont donc vocation à être diffusés auprès des associations LGBT et des institutions susceptibles d’accueillir les personnes concernées, qu’il s’agisse de jeunes gens ou de parents.


Le débat avec la salle a ensuite été l’occasion de revenir sur plusieurs points et de les clarifier, mais toujours dans le sens de la valeur ajoutée européenne, qui est importante sur cette « cause » comme sur d’autres. Il a par exemple été rappelé que le Parlement européen a voté le 17 avril 2017 une résolution demandant aux États-membres d’interdire les thérapies de conversion, proposées, ou le plus souvent imposées, par des organisations de type sectaire, à des personnes LGBT dans le but de les « guérir » de leur orientation sexuelle. Le vote positif du Parlement a été massif, les seules voix « contre » venant des bancs de l’extrême droite, auxquelles se sont ajoutées quelques abstentions de députés du PPE.


Pour conclure sur un panorama européen, rappelons qu’à l’heure actuelle 14 États-membres ont adopté une législation de type « mariage pour tous », et 6 autres des mesures autorisant diverses formes d’union civile qui rétablissent les couples homosexuels dans l’intégralité de leurs droits civiques. On voit ainsi qu’il reste encore du chemin à faire, si l’on imagine dans quel imbroglio administratif s’embarquerait par exemple un couple homosexuel avec enfants amené à, ou décidant de, s’installer en Pologne, en Hongrie ou en Roumanie. Si les cas se présentent, il sera intéressant de voir comment les diverses réglementations d‘origine européenne entrent en jeu pour que les droits des personnes, y compris LGBT, soient intégralement préservés.


Enfin, pour compléter le tableau de cette soirée, il convient de dire un mot de l’excellent accueil fait par le Spot, tant sur le plan des locaux que sur celui du buffet, du reste financé par l’université, qui clôtura la manifestation. On le sait, les moments conviviaux ont toute leur importance, et elle égale parfois -bon, n’exagérons pas- celle des propos échangés pendant la partie « formelle » d’une conférence.


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