Lettre Europe Février

«Tout ce qui ne tue pas rend plus fort»*



L'Union européenne a traversé de nombreuses épreuves au cours de ces dix dernières années ; chacune d'elle aurait pu être mortifère mais, malgré des tâtonnements, des réactions tardives et des erreurs, elle en est sortie renforcée.

Cinq crises majeures ont frappé l'Union : la crise de la zone euro (à partir de 2010), les menaces russes sur le flanc oriental (Géorgie 2008, Ukraine à partir de 2014), l'afflux de migrants sur les côtes de la Méditerranée (à partir de 2015), la sécession du Royaume-Uni (2016), les tentatives de déstabilisation de l'Union par Donald Trump (à partir de 2017), l'arrivée au pouvoir dans certains Etats de l'Union de gouvernements piétinant l'indépendance des médias et de la justice.

A chaque fois, l'Union et ses Etats membres ont paru pris au dépourvu, hésitants, tiraillés entre des stratégies différentes, entravés par des traités qui n'avaient pas prévus de pareils cas de figure. Puis, au fil de « sommets » de crise, les dirigeants européens ont improvisé des solutions. Certes, certaines sont incomplètes (la réforme de la zone euro), fragiles (la baisse de la tension en Géorgie et en Ukraine), contestables (les accords avec la Turquie et les milices libyennes pour contenir le flot de migrants), timides (la réaction aux agissements des gouvernements « illibéraux »).

Dans d'autre cas, les dirigeants européens ont trouvé une réponse adaptée (front uni contre les tentatives britanniques de ne garder du marché unique que ce qui les arrangeait), ferme (la réponse aux menaces commerciales de Trump), réaliste (ne plus compter seulement sur le protecteur américain pour la défense de l'Europe). De nouveaux outils ont été créés (Fonds de stabilité financière, Agence bancaire européenne...), de nouvelles coopérations ont été lancées (dans le domaine militaire, le Fonds européen de défense, la coopération structurée permanente et l'initiative européenne d'intervention...), de nouvelles pratiques institutionnelles se sont instaurées (les « sommets » de la zone euro...), les limites étriquées des traités ont été dépassée (action de la B.C.E.).

Tout cela mérite d'être renforcé et approfondi mais va dans le bon sens.

L'Union européenne n’avance que face à des menaces ou suite à des crises ; on peut le regretter mais l'essentiel n'est-il pas qu'elle avance ?

Frédéric BOURQUIN, président de la Maison de l'Europe de Nîmes

*Friedrich Nietzsche, Le crépuscule des idoles 1888


Chrono de nos interventions et rencontres en février


Ateliers pédagogiques dans le cadre du Kiosque Europe

Ce mois-ci, c’est la Maison d’arrêt de Nîmes qui est devenue un nouveau relais d’information sur l’Union Européenne. Dans le cadre de leur service scolaire, les détenus ont bénéficié d’ateliers pédagogiques sur la citoyenneté européenne proposés par la Maison de l’Europe de Nîmes. 

Le 7 février des volontaires de la Maison de l’Europe de Nîmes ont participé au forum poursuite d’études à l’Institut universitaire de technologie de Nîmes et ont présenté les dispositifs de mobilité européenne.

Le 12 février notre équipe a rencontré les étudiants de l’Institut de formation en soins infirmiers de Nîmes pour parler de la citoyenneté européenne et de la mobilité internationale.

Le 15 février c’était une journée européenne au Lycée Jean-Baptiste Dumas à Alès. L’équipe de la Maison de l’Europe – Centre d’information Europe Direct a animé des ateliers sur les Élections européennes et l’histoire de l’Union Européenne.    

Conférence de presse / Rencontre l’Europe et le territoire en Lozère

Jeudi 14 février Michael Stange a participé à la rencontre des Groupes d’actions locale en Lozère et du Service Europe du département de la Lozère pour présenter la campagne d’information autour des élections européennes CettefoisJeVote.eu et réfléchir ensemble à des actions de collaboration en Lozère dans le cadre du Joli Mois de l’Europe. A 13h30, une conférence de presse a été organisée à la Mission locale jeune sur le thème de la mobilité européenne. En présence de plusieurs candidats pour un stage Erasmus en Grèce aux mois de juin et juillet, Michael Stange et Yaël Savajols ont présenté les dispositifs européens pour la jeunesse.

Soirée L’EUROPE Je t’aime, moi non plus

Jeudi 14 février nous avons accueilli le bureau du Parlement européen de Marseille avec notre soirée de bienvenue pour les bénévoles de la compagne d'information Cette Fois Je Vote.

Dans un premier temps les participants ont pu découvrir les sites proposés par le Parlement européen pour mieux comprendre les Élections européennes. Après la présentation de la campagne d’information du Parlement Européen, les participants se sont répartis en petits groupes pour réfléchir sur des actions locales à mener afin d’encourager plus de citoyens à aller voter le 26 mai 2019.


" De l'Europe de la défense à une défense européenne? "

" De l'Europe de la défense à une défense européenne? " avec Françoise Dumas, députée du Gard, vice-présidente de la Commission "Défense nationale et forces armées" de l'Assemblée nationale

Le 31 janvier Mme Françoise Dumas est venue à la Maison de l'Europe, à notre invitation, échanger sur ce sujet avec le public présent.

En préliminaire la députée s'est attachée, à partir de son exemple personnel, à combattre l'idée que les députés "ne travaillent pas, puisqu'ils sont souvent absents de l'hémicycle lors des votes":

- elle est vice-présidente de la Commission "Défense nationale et forces armées" et membre de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN. Pour mieux assumer ces responsabilités, elle suit une formation accélérée (1 an) à l'IHEDN (Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale). Elle est en outre colonel de la Réserve citoyenne de défense et de sécurité[1] (armée de terre puis maintenant marine). Elle a partagé pendant plusieurs jours la vie des soldats français au Mali

- elle est membre de la Commission des affaires européennes, dont elle regrette qu'elle ne soit pas une Commission permanente, tout comme la Délégation aux droits des femmes

- elle est également membre de la Délégation aux Outre-mer, ce qui est important au point de vue de l'espace maritime français, le 2ème du monde

- le précédent ministre de l'intérieur lui a confié une mission qu'elle poursuit et lui demande des recherches, des auditions et du temps.

Elle est souvent en Commission "dans les sous-sols" de l'Assemblée nationale et ne peut donc pas toujours être en séance.

Il faut ajouter les nécessaires contacts avec les électeurs et les collectivités, associations et entreprises de la circonscription.

Les menaces pour l'Union européenne sont pour elle les suivantes:

- le terrorisme

- des types d'attaques non conventionnels qui pourraient venir de très petits Etats: cyber-attaques, attaques chimiques ou bactériologiques,...

- l'isolationnisme croissant des USA: le président Trump ne veut plus de l'article 5 de l'OTAN, qui dit "si un pays de l’OTAN est victime d’une attaque armée, chaque membre de l’Alliance considérera cet acte de violence comme une attaque armée dirigée contre l’ensemble des membres et prendra les mesures qu’il jugera nécessaires pour aider le pays attaqué"

- la très forte et inquiétante montée en puissance de la Chine, tant dans son voisinage que dans des régions lointaines comme l'Afrique: puissance économique et commerciale mais aussi puissance militaire et politique, appuyées par une propagande idéologique contre la démocratie (illustrée par des vidéos de "désordres" et de déclarations extrémistes en Europe) et en faveur d'un "nouveau modèle, la nouvelle route de la soie".

- longtemps la plupart des Etats de l'UE ont pensé que la Défense ne servait plus à rien après la fin de la guerre froide: seuls 4 Etats de l'UE ont une part de plus de 2 % du PIB consacrée à la Défense (Estonie, Grèce, Pologne et Royaume-Uni). Pour la France c'est 1,8 % et pour les USA 4 % (35 % des dépenses mondiales de défense)

- depuis le rejet de la CED (Communauté européenne de défense) en 1954 (par la France, qui avait lancé cette initiative!), la Défense est presque un sujet tabou pour les institutions européennes. La PESC (Politique étrangère et de sécurité commune) de l'UE n'a pas les résultats qui étaient espérés

- l'industrie des équipements de défense est très fragmentée en Europe (175 équipements différents en Europe, 13 aux USA!). Cette industrie est donc peu compétitive sur le marché international

- dans "industrie de défense" l'Allemagne pense surtout "industrie" (en Allemagne cette industrie est privée, sans intervention publique) et la France "défense".

Il y a eu récemment des éléments positifs en direction d'une défense européenne autonome, non seulement pour les équipements mais aussi pour l'interopérabilité des équipements et pour des capacités d'action par une stratégie opérationnelle commune:

1 - La Coopération structurée permanente qui a été créée en noivembre 2017 et rassemble la quasi-totalité des Etats de l'UE

2 - La proposition par la Commission européenne en juin 2018 de la création d'un Fonds européen de la défense doté de 13 milliards d'€ pour la période budgétaire 2021-2027

3 - Une Revue annuelle coordonnée de défense permettant aux Etats européens de confronter au niveau des ministres leurs besoins, leurs carences, etc.

4 - L’Initiative européenne d’intervention (IEI) lancée le 25 juin 2018 par la signature d’une lettre d’intention par les ministres de la défense de 9 (maintenant 10) pays européens, parmi lesquels l'Allemagne et le Royaume-Uni. Initiative ambitieuse à caractère opérationnel, l’IEI vise à favoriser l’émergence d’une culture stratégique européenne commune et à créer les conditions pour de futurs engagements coordonnés et préparés conjointement sur tout le spectre de crises possibles. Construite autour d’un socle restreint d’États européens ayant démontré leur volonté politique et leur capacité militaire d’assumer un engagement en opérations au service de la sécurité européenne, l’initiative pourra être élargie à d’autres États européens remplissant ces mêmes conditions.  A noter que l'IEI est en dehors du cadre de l'Union européenne, ce qui permettra au Royaume-Uni de continuer à en faire partie même après sa sortie de l'UE.

La députée voit qu'il reste des obstacles importants sur la voie d'une défense européenne mais elle estime que la France est "une grande nation en matière de défense car elle a toutes les composantes de la défense, y compris l'arme nucléaire, des sous-marins et le spatial. Le meilleur allié de la France pour la défense est le Royaume-Uni, qui lui aussi a toutes (ou presque) les composantes et a la même culture de la défense que la France. L'Allemagne, par son histoire et son organisation politique, ne peut pas décider une intervention en quelques heures: il lui faut un vote du Parlement et cela demande environ 3 semaines".

Principaux obstacles:

- des besoins particuliers exprimés par certains pays, d'où des types différents d'équipements militaires  et moins d'économies d'échelle que prévu (exemple: la France est sortie du projet Eurofighter et a développé le Rafale)

- les exigences de "retours industriels", à répartir entre les pays participant à un programme: ainsi l'aile droite de l'Eurofighter est faite en Espagne et l'aile gauche en Italie...

- certains Etats, en particulier en Europe centrale et orientale, ne font pas confiance à l'Europe pour les équipements de défense et achètent aux USA, qui exercent d'ailleurs parfois sur eux un chantage à la protection par le "parapluie américain";

Les voies possibles pour crédibiliser l'Europe de la Défense:

- consolider la coopération franco-allemande, surtout dans les matériels terrestres

- poursuivre la coopération avec le Royaume-Uni après le Brexit, qui a priori ne dvrait pas changer grand'chose dans pour la défense

- faire des projets bilatéraux avec des pays qui ont des compétences dans un ou plusieurs domaines (sous-marins avec l'Italie, cyber-défense avec les Etats baltes)

En conclusion, pour Mme Dumas "l'Europe de la Défense est une nécessité, une armée européenne est une perspective lointaine mais c'est un cap à tenir"


[1] La réserve citoyenne de défense et de sécurité est constituée de volontaires agréés auprès d’autorités militaires en raison de leurs compétences, de leur expérience, mais aussi de leur intérêt pour les questions relevant de la défense nationale. Son rôle principal est de diffuser l’esprit de Défense et de contribuer au renforcement du lien entre les armées et la société civile. Les réservistes citoyens de défense et de sécurité, n'ayant pas vocation à porter une arme, ne font pas partie de la garde nationale.


" La République tchèque et l'avenir de l'Europe " avec S. E. Petr DRULAK, Ambassadeur


Le 31 janvier M. Petr DRULAK, Ambassadeur de la République tchèque en France depuis 2017 (et à Monaco, ainsi qu'auprès de l'UNESCO) est venu à Nîmes pour rencontrer la Ville de Nîmes et la direction du lycée Daudet, ainsi que les élèves tchèques de ce lycée.


A la suggestion de Mme Ludmila Penickova, qui enseigne le tchèque au lycée Daudet, encadre et aide matériellement les élèves tchèques, l'ambassadeur a accepté de venir faire une présentation-débat à la Maison de l'Europe de Nîmes, sur le thème "La République tchèque et l'avenir de l'Europe". De nombreux lycéens (qu'ils soient français ou tchèques) et quelques professeurs de Daudet ont participé à cet événement. De plus, les élèves tchèques ont amené de délicieux gâteaux tchèques qu'elles avaient préparés!


Klara Sabakova était là également: après son SVE de presque 1 an en 2017-2018 à la Maison de l'Europe, elle est maintenant à l'université de Strasbourg en Langues étrangères appliquées, et elle était revenue à Nîmes quelques jours pour voir des amis et nous voir.


Lors d'une intervention à Uzès le 15 septembre 2018, en ouverture d'une série d'évènements culturels consacrés à la République tchèque à l'initiative de la Médiathèque d'Uzès (et en particulier de M. Leprêtre, présent lui aussi le 31 janvier à la Maison de l'Europe) M. Petr Drulak avait déclaré, en réponse à une question sur les populismes: " Les populismes viennent de sentiments d'exclusion de fractions de la population, qui se sentent négligées. Les élites ne peuvent pas se contenter de dire "Vous devriez faire ceci ou cela... vous n'êtes pas assez formés pour prendre part aux décisions" ". La situation en France ces derniers mois donne un éclairage particulier à ce propos, qu'il a confirmé à la Maison de l'Europe!


Dans sa présentation l'ambassadeur a commencé par "les racines de l'Europe". Il voit comme racines:


- trois villes: Jérusalem (les valeurs du christianisme), Athènes (la philosophie, c'est-à-dire réfléchir pour agir, et la démocratie), Rome (les lois, la gouvernance avec rigueur)


-Quatre "tribus" principales: Grecs et Romains, Germaniques et Slaves (les Tchèques sont en majorité des slaves). Certes il y en a d'autres, comme les Celtes, les Scandinaves ou les Magyars, mais plus minoritaires.


Unité et diversité sont dans la devise de l'UE, qui cherche à respecter ces deux caractères en essayant d'en faire une synthèse. Diversité: des dérives mènent aux guerres. Unité: si elle est imposée elle mène aux dictatures.


Il estime que les différences entre le Nord de l'Europe (en grande partie protestant) et le Sud (en grande partie catholique) sont une frontière intérieure plus importante que la distinction traditionnelle Est/Ouest. Les modes de gouvernance sont différents entre Nord et Sud: sur la transparence, sur le respect des budgets...


Entre l'Ouest et l'Est de l'Europe la limite est celle entre catholiques ou protestants à l'Ouest et orthodoxes à l'Est. L'Europe centrale, dont fait partie la Tchéquie, est entre les deux: elle fait partie de l'Ouest mais elle est dirigée vers l'Est, ce qui est une richesse. Milan Kundera a écrit dans un essai: "L'Europe centrale, c'est l'Europe occidentale kidnappée par la Russie". Il ne faut pas gommer ces différences.


Aujourd'hui il y a pour l'ambassadeur trois défis pour l'Europe:


- la sécurité, extérieure et intérieure, contre le terrorisme et la criminalité.


- la prospérité, qui n'est pas à la hauteur du potentiel de l'Europe, notamment dans la zone euro: comment relancer l'économie?


- la légitimité: les responsables des institutions politiques, quel que soit leur niveau (Union européenne, Etats, et jusqu'aux communes) savent-ils convaincre que leurs projets sont bons pour les citoyens?


La Tchéquie (Nota: ce terme court est tout à fait admis par l'Etat tchèque) est un pays de taille moyenne/petite (79 000 km2, 1/7ème de la France métropolitaine, 10,5 millions d'habitants), avec une histoire tourmentée. Au Moyen âge c'était un royaume puissant. Au XVe siècle, 100 ans avant Luther, Jan Hus a suscité un mouvement de réforme très global (religieux, social, politique); bien qu'il ait fini sur le bûcher son mouvement a profondément influence le pays, qui a des traditions à la fois protestantes et catholiques. A la même époque, le roi de Bohème Gorges de Podiebrady signe avec le roi de France Louis XI un traité d'amitié. Georges de Podiebrady envoie ensuite des ambassadeurs dans toute l'Europe occidentale pour proposer une alliance permanente (contre l'expansion de l'empire ottoman) sous la forme d'un traité instaurant une « Confédération des rois et princes chrétiens ». Le projet est très élaboré, comprenant les principes d'une assistance mutuelle automatique, d'un arbitrage international, etc. L’Assemblée se réunirait à Bâle, puis, en alternance, dans une ville française et italienne. Les souverains ne donnèrent pas suite au projet, préfiguration de l'Union européenne et de l'OTAN, qui a cependant laissé des traces.


A partir du XVIe siècle la domination autrichienne impose le catholicisme. L'indépendance de la Tchécoslovaquie est acquise à la fin de la Première guerre mondiale ; à la fin des années 30 l'Allemagne nazi occupe d'abord Les régions de langue allemande (avec l'accord de la France et du Royaume-Uni à Munich en 1938...) puis de toute la Tchéquie. Entre 1948 et 1989, l'U.R.S.S. Impose un gouvernement communiste. Après l'indépendance retrouvée, sans violence, le "divorce amical" intervient avec la Slovaquie en 1993: "On s'aime mais pas assez pour être dans un seul État" ; les relations avec la Slovaquie sont d'ailleurs excellentes.

L'ambassadeur a répondu à de nombreuses questions.


Quelle est la situation politique du pays? On observe le déclin des partis traditionnels et apparition de nouveaux partis comme ANO (acronyme de "Action des citoyens mécontents"... qui veut aussi dire oui en tchèque) créé par Andrzej Babis, aujourd'hui premier ministre. ANO a gagné les élections législatives d'octobre 2017 (scrutin à la proportionnelle) avec 30 % des voix, il s'est allié au centre gauche pour approcher la majorité absolue ; le parti communiste (qui a une orientation sociale et pas révolutionnaire) apporte un complément pour faire passer certains textes. La personnalité de Babis fait polémique en Europe: 2ème fortune du pays, il est soupçonné de conflits d'intérêts; il a quitté la gestion de ses biens, mais les textes de l'UE sont plus stricts que les lois tchèques!


Comment se construit l'identité culturelle tchèque actuellement? La Tchéquie a toujours des liens très forts avec l'Allemagne, dans le registre "amour / haine". La période soviétique a entraîné une vue négative sur la Russie et une vue très positive sur l'Allemagne.


Quelle est l'orientation de l'opinion pour les élections européennes? La campagne est encore loin d'avoir démarré. Il y aura probablement des listes anti-UE mais elles ne devraient pas faire plus de 5 à 10 %, en 2014 aucun député anti-UE n'a été élu en Tchéquie (sous-entendu contrairement à la France!).


Pourquoi ne pas entrer dans la zone euro comme l'a fait la Slovaquie? Le premier ministre se dit "euro fédéraliste" mais ce n'est pas bien établi. Il veut développer le commerce avec la Russie et la Chine. Aujourd'hui il est difficile de promouvoir l'euro en Tchéquie, dont l'économie marche très bien: croissance autour de 3 %, inflation faible, chômage très bas, 2 à 3 %. La Slovaquie est entrée dans la zone euro pour des raisons politiques, comme les pays baltes: après 1993 le premier ministre slovaque Meciar a été critiqué par l'UE et par les USA, la Slovaquie a donc été écartée du 1er élargissement de l'OTAN en 1999 et ensuite elle a cherché systématiquement à ne pas rester en dehors des grands regroupements.


Quels sont les points forts de l'économie tchèque? Peut-il être intéressant pour des jeunes français d'aller travailler en Tchéquie? Le point fort est la tradition industrielle: l'industrie représente près de 40 % du PIB (en France 14 %, hors construction), avec une part importante pour l'automobile, mais aussi la chimie, les nanotechnologies. Il y a eu beaucoup d'investissements étrangers, surtout allemands (le France est au 5ème rang pour les investissements étrangers). En septembre Pôle emploi a mis sur pied un programme avec son homologue tchèque pour inciter des jeunes français à aller travailler en Tchéquie. (La Maison de l'Europe a mentionné qu'en 2017 elle avait envoyé 4 jeunes d'un lycée professionnel de Nîmes en stage professionnel à Prague, ville jumelle de Nîmes, avec des bourses Erasmus +, et que ce serait à nouveau le cas en 2019 pour 7 jeunes de Beaucaire).


Immigration - émigration? La politique du gouvernement tchèque est la fermeture aux migrants ne venant pas d'Europe (ces migrants ne veulent d'ailleurs pas aller en Europe centrale), mais il y a actuellement 200 000 Ukrainiens qui ont immigré pour travailler en Tchéquie et se sont très bien intégrés. Dans l'autre sens il y a eu une émigration économique vers l'Europe de l'ouest après 2004 mais beaucoup moins que pour la Pologne (1 million de Polonais ont émigré) ou les pays baltes (en Lettonie un tiers de la population active a émigré!!). Il y a environ 100 000 Tchèques au Royaume-Uni, quelques dizaines de milliers en France. Beaucoup de Tchèques vont travailler en Allemagne et en Autriche mais sans s'y installer durablement.


Opinion personnelle sur le Brexit? Réponse lapidaire et sans ambiguïté: "C'est une bêtise".


"Je sais déjà que Nîmes va me manquer": Monika, SVE depuis 5 mois en France

Il y a 5 mois que j’ai commencé mon projet SVE à Nîmes et le temps est passé trop vite! Je travaille comme assistante de langues, en espagnol et en anglais, et aussi dans de Bureau des Relations Internationales, dans le Lycée Professionnel CCI Gard. J’aide les élèves à trouver leur stage à l’étranger ou passer l’entretien, et je promeus la mobilité européenne parmi eux. Vivre en France est une manière extraordinaire de connaitre sa culture, l’art, la nourriture et le mode de vie des personnes de ce pays, c’est aussi une grande aventure. Egalement, apprendre la langue de cette façon, pendant qu’on y habite et qu’on y travaille, c’est vraiment le meilleur cours de français possible, le plus rapide et efficace, et en même temps, le plus agréable. Néanmoins, mon expérience à Nîmes ce n’est pas seulement la totale submersion dans la culture et langue française, mais aussi c’est la vie partagée avec beaucoup d’autres volontaires étrangers qui habitent ici. J’apprécie cette opportunité de découvrir la France ensemble et d’échanger sur nos cultures et expériences individuelles, partager ma «perspective polonaise» et comprendre beaucoup de points de vue différents. Je sais déjà que Nîmes va me manquer, mes amis et ma vie ici. Dans cette époque, à la moitié de mon séjour en France, j’espère continuer cette grande expérience, apprendre plus, goûter plein de choses, voyager dans toute la France et profiter bien de cette année. Je suis très contente d’avoir décidé de faire ce projet européen et d’être ici.


My experience in Nîmes so far


It’s been already five months since I arrived in Nîmes, in the South of France, to start a new adventure as a volunteer and to live a lot of new experiences, with hundreds of objectives in mind. The time has passed unbelievably fast since then, and everything here already feels like home. Both the coordinating organization and the high school where I do my volunteering have received me with their arms open since the first day, and I feel accompanied and helped in every step I take.


No day is the same here, one day I can be in a Spanish class and the next one in a cultural excursion with the students, or maybe organizing an event with other volunteers like me. Every day I have new and different challenges to face, I learn and teach something new, and that is what makes this experience so fruitful.


Even though living abroad and being immersed in a different culture can sometimes be an arduous path, I am learning a lot about myself and about life, and the people I have met here makes everything easier and more enjoyable. I feel so grateful to have the opportunity to be part of the small family we are creating here, and I can’t wait for what is coming next. I am pretty sure that my time in France will always seem too short to me!


Deux exemples d'actions de l'Europe dans notre région, en Lozère

L’Association territoriale Causses Cévennes va bénéficier au total de 2,8 millions d'€ de fonds européens pour la période 2014-2020. Ce montant aura été attribué à de multiples projets répondant à la stratégie locale de développement, centrée sur l’accueil et le maintien des populations, l’essor de l’économie locale et du tourisme durable, et l’amélioration du cadre de vie. La région des Grands Causses (répartie entre la Lozère et l'Aveyron) a obtenu le label Natura 2000 (zone de protection de la biodiversité) en particulier pour les vautours qu’elle abrite. Cette reconnaissance de la fragilité du milieu a permis aux éleveurs d’obtenir des aides européennes spécifiques: plus de 2,6 millions € de fonds européens ont ainsi été débloqués pour entretenir les paysages de l’agro-pastoralisme sur les Causses.



Les élections européennes : nous sommes à moins de 100 jours !

Dans moins de 100 jours (le 26 mai), nous allons choisir nos représentants au Parlement européen. Les enjeux sont très importants : la législation européenne est omniprésente dans notre droit, des domaines importants sont désormais traités au niveau européen, des menaces guettent notre continent.


Le taux de participation était de 42% en 2014; il est donc important de voter !


Rappelons quelques éléments pratiques :


– la date limite pour s'inscrire sur les listes électorales est le 31 mars (16/05 pour les jeunes atteignant leur 18e anniversaire en 2019) ;


– le vote par procuration sera possible ;


– nous allons élire 79 députés (au lieu de 74 en 2014) sur les 705 (au lieu de 751 en 2014) que comportera le futur parlement ; le mandat est de 5 ans ;


– le mode de scrutin est proportionnel à un tour seulement;


– il n'y aura qu'une seule circonscription pour l'ensemble de la France, ce qui veut dire que nous voterons pour une liste nationale ;


– le mode de scrutin proportionnel aura pour conséquence que seule une partie de chaque liste aura des élus ; seuls les partis ayant recueilli au moins 5% des voix en France auront des élus et au moins de 3% des suffrages exprimés en France pourront obtenir un remboursement de leurs frais de campagne ;


– le parlement nouvellement élu devra donner son accord au choix du futur président de la Commission européenne proposé par le Conseil européen (les chefs d'Etat et de gouvernement des Etats membres) et auditionnera chacun des candidats commissaires proposés par les Etats membres avec possibilité d'en refuser un ou plusieurs.


Les Britanniques, sauf revirement de dernière minute, ne participeront pas à l'élection européenne ; leurs sièges ont été redistribués partiellement entre certains Etats membres (dont la France) pour rééquilibrer leur représentation démographique.


Si vous souhaitez vous engager pour faire voter nos concitoyens et avoir des informations complémentaires, inscrivez-vous le site Internet cettefoisjevote.eu ou venez nous voir (Centre d’information Europe Direct, 46 rue de la République à Nîmes)



« Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine » ou comment décoder le traité d'Aix la Chape

Tout d'abord un peu d'histoire ! Le 22 janvier 1963, le général de Gaulle et le chancelier allemand Konrad Adenauer signaient à l'Elysée un traité franco-allemand. Il s'agissait de donner un aspect concret à la réconciliation franco-allemande, lancée par Robert Schuman en 1950 avec son fameux discours proposant la mise en commun de la production de charbon et d'acier entre la France et l'Allemagne et approfondie par les entretiens entre De Gaulle et Adenauer en 1958, 1960 et 1962. Le général de Gaulle, déçu de l'accueil très mitigé réservé à son plan Fouché d'union des 6 Etats de la C.E.E, cherchait à éloigner l'Allemagne de son protecteur américain. Ce traité bilatéral prévoyait une coopération poussée dans les domaines économique, politique et ce qui était nouveau, culturel (l'accent était mis sur l'apprentissage des deux langues), universitaire (la recherche d'une équivalence des diplômes) ainsi que les échanges de jeunes (création de l'Office franco-allemand de la jeunesse OFAJ). De Gaulle avait été très déçu par le préambule très « atlantiste » ajouté au traité par le Bundestag, et qui rappelait l'importance de l'alliance germano-américaine. Ce traité a été révisé en 1988 par Mitterrand et le chancelier Kohl avec la création d'une brigade franco-allemande qui devait être l'embryon d'une future armée européenne.


Le traité d'Aix la Chapelle, signé le 22 janvier 2019 à Aix la Chapelle entre Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel est dans le droit fil du traité de l'Elysée. Il prévoit


  • L'approfondissement de la coopération en matière européenne (chapitre 1);

  • Une coopération en matière de défense, de sécurité et de politique étrangère (chapitre 2) avec institution d'un conseil franco-allemand de défense;

  • Une assistance mutuelle en cas d'agression (article 4), ce qui existe déjà dans le cadre de l'OTAN et de l'Union européenne ;

  • Une entraide dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité (article 6) ;

  • l'établissement d'un partenariat avec l'Afrique (article 7);

  • Des échanges de personnel diplomatique avec une concertation préalable entre les deux Etats avant des prises de positions à l'ONU et le soutien de la France à la candidature de l'Allemagne pour un siège permanent au Conseil de sécurité (article 8) ;

  • La poursuite de la coopération culturelle (article 9), avec l'encouragement à l'apprentissage des deux langues (article 10) et la coopération universitaire (article 11).

  • L'approfondissement de la coopération transfrontalière existant déjà entre les régions des deux côtés du Rhin (chapitre 4) avec le soutien au bilinguisme (ce qui existe déjà en partie en Alsace, en Lorraine, en Bade-Wurtemberg et en Sarre).

  • Une collaboration dans les domaines du développement durable, du climat, de l'environnement et des affaires économiques (chapitre 5) ;

  • L'organisation de réunions régulières entre ministres et experts des deux pays (chapitre 6).

Si vous souhaitez lire le texte, pas très long (28 articles répartis en 7 chapitres), voici le lien : www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/01/08/signature-nouveau-traite-franco-allemand-aix-la-chapelle


Certains milieux complotistes n'ont pas craint de faire circuler des infox[1] : nous aurions "vendu aux Allemands l'Alsace, la Lorraine et notre siège permanent au Conseil de sécurité", l'apprentissage de l'allemand deviendrait obligatoire.... Ce qui est triste, c'est de voir ces infox véhiculées par des responsables politiques qui prétendent accéder aux plus hautes fonctions en France ! La corde de l'antigermanisme n'est pas encore usée pour certains...


[1]Infox, contraction de info + intox, est l'équivalent français officiel de l'anglais fake news. Penons la bonne habitude l'utiliser!


Brexit : le bord de la falaise n'est pas loin !


Tel, dans un dessin animé bien connu, le coyotte courant après BIP BIP et se retrouvant sans s'en apercevoir au-dessus du vide avant, finalement, de tomber au fond d'un ravin, les Britanniques courent après un improbable accord sans s'apercevoir que la falaise approche !


Rappelons les enjeux.


L'accord âprement négocié depuis deux ans ne plait pas aux parlementaires britanniques pour une raison simple: où placer la future frontière entre l'Union européenne (Irlande incluse) et le Royaume-Uni ?


Entre l'Eire (République d'Irlande au Sud) et l'Ulster (Irlande du Nord britannique) ? Les Irlandais, du Sud comme ceux du Nord n'en veulent pas, cela leur rappelant les mauvais souvenirs de la période de guerre civile (avant les accords de paix du vendredi saint 10 avril 1998).


Entre l'ensemble de l'île et la Grande Bretagne ? Inenvisageable pour les Britanniques d'avoir des formalités douanières entre deux parties du Royaume-Uni, l'Ulster et la Grande Bretagne.


Ne pas recréer de frontière en maintenant le Royaume-Uni dans le grand marché européen ? C'est ce que contient l'accord qui prévoit le maintien provisoire du Royaume dans l'union douanière jusqu'à ce qu'un arrangement définitif soit trouvé (« backstop » ou filet de sécurité) Inacceptable pour les Brexiteurs purs et durs qui rêvent de grand large !


Que faire ?


De toute les façons, la rationalité n'a plus guère de place dans cette affaire de Brexit. Il s'agit de « reprendre le contrôle », de renvoyer les travailleurs européens chez eux, de signer des accords commercaux mirifiques avec les pays du Commonwealth, les Etats-Unis, les pays émergents sans tenir compte des réalités.


Reprendre le contrôle ? Le Royaume-Uni n'était pas membre de l'espace Schengen, n'avait pas adopté la monnaie unique et avait négocié des exceptions aux règles européennes. Par ailleurs, son économie est maintenant étroitement imbriquée dans l'économie européenne. Les chaînes de production font qu'un même article, aux différents stades de son élaboration, fait plusieurs aller-retour au dessus (ou au dessous!) du Channel.


Se passer des travailleurs étrangers ? Certains secteurs économiques britanniques ne peuvent s'en passer. De plus, cela ne résoudra pas le problème des travailleurs non européens (Indiens, Pakistanais, Antillais...) nombreux en Grande Bretagne.


Les accords commerciaux mirifiques ? Quand on voit le nombre d'années nécessaires pour négocier de tels accords, le rejet qu'ils provoquent dans une partie de la population des pays concernés, le peu d'appétence des Etats-Unis pour en signer de nouveaux, nous souhaitons bonne chance aux diplomates britanniques !


Et maintenant, où en sommes-nous dans les négociations du Brexit ?


On n'a pas encore abordé le 2e volet, c'est à dire le type de relations futures entre le continent et Albion puisqu'on n'est même pas d'accord sur le 1er volet, c'est à dire l'accord de divorce. Theresa May a promis aux députés britanniques de renégocier ce « backstop » mais pour le remplacer par quoi ? Un indéfinissable système électronique de contrôle électronique de la frontière?


Voilà où nous en sommes aujourd'hui. Que se passera-t-il le 29 mars (jour de départ du Royaume-Uni), nul n'en sait rien !


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