Lettre Europe Février 2021

Tribune : Contre-pied outre-Manche


Décidément Boris Johnson, le blond échevelé premier ministre de Sa Gracieuse Majesté, est un politique en position bien incohérente.


Après avoir, à travers le Brexit, vanté depuis des années aux Britanniques les vertus de l’indépendance à tout crin, le voilà qui essaye de déplacer son archipel aux antipodes via le traité commercial transpacifique ! Le « Trans-Pacific Partnership Agreement » est un traité multilatéral de libre-échange signé le 4 février 2016, qui vise à intégrer les économies des régions Asie-Pacifique et Amérique pour contrer l’ogre chinois. La Grande-Bretagne, depuis son détachement de l’Europe, a donc dérivé bien loin de nos côtes, dans l’océan Pacifique, aux côtés de l'Australie, du Canada, du Japon, du Mexique, de la Nouvelle-Zélande, de Singapour et du Viêt Nam... Les États Unis s’en sont pour leur part retirés en 2018.


Il est aussi de plus en plus difficile à « l’indépendante » Grande-Bretagne de résister aux volontés « indépendantistes » de l’Écosse et de l’Irlande du nord. L’Écosse, qui a voté contre le Brexit à 62%, ne cesse de réclamer son indépendance au nom des mêmes principes que ceux qui ont guidé la sortie de l’UE pour le Royaume Uni. Selon le dernier sondage en décembre 2020, 58% des Écossais soutiennent désormais une rupture avec le Royaume-Uni. Le Brexit n'est pas la seule raison de cette évolution. La Covid-19 est aussi passée par là. Récemment un sondage réalisé par Ipsos créditait la première ministre écossaise, l'indépendantiste Nicola Sturgeon, d'un "très fort" soutien du public, satisfait à 72% de sa gestion de la pandémie. Ce qui diffère largement des scores de « Bo-Jo » concernant sa prise en charge erratique de la maladie. De plus, pour les indépendantistes, Londres a trahi la confiance des Écossais, ignorant la promesse faite en 2014 de respecter leurs droits comme citoyens européens s’ils demeuraient au sein du Royaume-Uni. Après les élections régionales de mai 2021, une forte victoire du parti indépendantiste renforcera très vraisemblablement la pression sur Londres pour accepter un deuxième référendum, déjà surnommé "indyref2".


En ce qui concerne l’Irlande du nord, en signant les accords du Vendredi Saint en 1998, le gouvernement de Sa Majesté s’était engagé à convoquer un référendum sur la réunification de l’Irlande dès lors que les sondages suggéreraient que cette idée puisse l’emporter. Or, lors des dernières élections de décembre 2020, les Nord-Irlandais ont élu moins de députés unionistes protestants (8) que de républicains-nationalistes catholiques (9, dont 7 du Sinn Fein, la branche politique de l’IRA). Lesquels, alliés à « Alliance », le parti anti-Brexit arrivé en troisième place, prônent une évolution vers la réunification de l’Irlande.


Le Brexit pourrait bien sonner la fin de l’intégrité du Royaume, et pour l’UE, un départ et deux retours futurs. A suivre …



Charles-Antoine Roussy, président de la Maison de l’Europe de Nîmes


Europe, l'Etat de droit : la création d'un Parquet européen



Lutter contre les escroqueries aux subventions européennes rapporterait 3 milliards d’€ par an, lutter contre les fraudes à la TVA intracommunautaire quelque 50 milliards d’€. Pas à négliger en matière de ressources propres pour l’Union Européenne ! Le Parquet européen qui vient d’être créé sera un outil puissant dans cette lutte.

En 1988 a été créé, au secrétariat général de la Commission européenne, l’Unité de coordination de lutte anti-fraude (UCLAF), remplacée en 1999 par l’Office européen de lutte anti-fraude (OLAF), muni d’un pouvoir d’enquête indépendant, mais n’émettant que des « recommandations », que les États membres sont ensuite libres de suivre ou non.


Officiellement inscrit dans le traité de Nice (2001), puis dans celui de Lisbonne (2007), toujours soutenu par le Parlement européen, un Parquet européen devient opérationnel en 2021, sous forme d’une « coopération renforcée » à laquelle tous les États membres de l’UE sauf cinq pour le moment (Danemark, Hongrie, Irlande, Pologne, Suède) ont choisi de participer.

Le Parquet européen mènera en toute indépendance des enquêtes transfrontières sur des fraudes concernant des fonds de l’UE, c’est-à-dire qu’il pourra poursuivre leurs auteurs en justice au niveau national (à ce stade, le projet ne prévoit pas la création d’un tribunal européen).

Après l’adoption en France au Sénat le 3 mars 2020, puis à l’Assemblée nationale le 8 décembre (seul le groupe de La France Insoumise a été hostile au projet, y voyant un « abandon de souveraineté »), est ainsi créée une institution supranationale en matière de justice pénale.

La liste des infractions : fausses déclarations, détournement de subventions, fraudes à la TVA, corruption … pourrait être étendue au terrorisme, voire aux crimes environnementaux.



Le Parquet européen a son siège à Luxembourg. Le 16 octobre 2019 la responsabilité de procureure générale de ce Parquet a été confiée pour un mandat de 7 ans non renouvelable, d’un commun accord entre le Parlement européen et le Conseil de l’UE, à Laura Codruta Kövesi, icône roumaine de la lutte anticorruption, reconnue pour ses compétences et son courage. Elle devra coopérer avec ses partenaires européens, nationaux et internationaux (Europol, Eurojust, OLAF), ainsi qu’avec les pays européens qui ne participent pas, et avec les pays tiers, tout en garantissant la cohérence d’un ensemble de procureurs dont le règlement garantit l’indépendance.

En juillet 2020, a été désigné pour six ans un collège de 22 procureurs européens, un par État prenant part à ce Parquet.


Par ailleurs, la Commission européenne a publié récemment un premier rapport à l’échelle de l’UE sur l’État de droit couvrant quatre grands domaines : les systèmes de justice nationaux, la lutte contre la corruption, le pluralisme et la liberté des médias, ainsi que des questions institutionnelles liées à l’équilibre des pouvoirs essentiel à un système efficace de gouvernance démocratique.


Source : Sauvons l’Europe, 14 janvier 2021


Dernières nouvelles de la démocratie européenne : les ICE



On ne l’évoque pas souvent, et s’il fallait compter sur les grands médias pour nous en parler, on l’oublierait carrément. Le traité de Lisbonne a donné force de loi à la possibilité, pour un collectif de citoyens, de demander à la Commission européenne de préparer un texte sur un sujet considéré comme non traité, ou mal traité, par la législation en vigueur. Cela porte un nom tout simple : ICE, pour Initiative Citoyenne Européenne (article 11-4 du Traité sur l’Union européenne).


Bien sûr, des conditions sont requises : le nombre de pétitionnaires (au moins un million de signatures de citoyens européens), leur représentativité (au moins un quart des pays membres, avec un nombre minimum de signataires pour chaque pays, par exemple 55 700 pour la France) ; et surtout, la question doit impérativement porter sur une compétence européenne.


Les modalités de mise en œuvre de ces ICE ont été définitivement arrêtées par le Parlement européen le 15 décembre 2010 (par 628 voix sur 751 !), et ses modalités définitives arrêtées le 15 avril 2012. La Commission a depuis pris certaines mesures pour les simplifier. Ce dispositif va donc bien au-delà d’un simple droit de pétition, lequel continue d’exister tout à fait normalement : le Parlement européen a notamment vocation à recueillir des pétitions et à les transmettre à la Commission (article 227 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne).


Il convient de préciser qu’une Initiative Citoyenne Européenne, même recevable (par son objet) et régulière (par sa constitution), et donc « enregistrée » (c’est le terme utilisé), n’oblige pas automatiquement la Commission à élaborer des propositions. C’est fort heureux, car on trouvera inévitablement des initiatives pouvant conduire, si elles étaient suivies d’effet, à des régressions (exemple : l’initiative « Un de nous », à laquelle la Commission a refusé de donner suite après l’avoir quand même enregistrée et examinée. Cette initiative était en fait portée par des milieux et des groupes anti-avortement).


Pour tout savoir sur les ICE déposées, rejetées, en cours de collecte, en cours d’examen, taper « Initiative citoyenne européenne » sur n’importe quel moteur de recherche, toute l’information est disponible. Le volet dédié aux ICE du site de l’Union européenne donne directement toutes ces informations et permet très facilement de signer pour soutenir les ICE qui sont en cours de collecte des signatures : https://europa.eu/citizens-initiative/_fr





Mais restons dans l’actualité brûlante, pour signaler la dernière venue dans ce paysage : l’initiative citoyenne « Droit aux vaccins et aux traitements » (site Internet : noprofitonpandemic.eu) est en début de collecte des signatures pour soustraire la fabrication et la diffusion des vaccins contre le Covid-19 aux lois du marché et de la propriété industrielle ; l’idée serait, pour ce vaccin-là en tout cas (il ne s’agit pas de révolutionner tout le système), de renoncer au monopole des brevets en permettant aux laboratoires du monde entier de produire des vaccins localement.


En l’état actuel, les pays riches posséderont dans quelques mois assez de doses pour vacciner trois fois leur population, alors que de nombreux pays dits à revenus faibles ou intermédiaires n’en auraient même pas assez pour vacciner leurs soignants. La People’ Vaccine Alliance, à l’origine de la démarche (regroupement de grandes organisations humanitaires), a lancé la collecte des signatures le 30 novembre 2020. Au 1er février 2021, seulement 57 559 signatures ont pu être recueillies (c’est en France qu’il y en a eu le plus, mais en proportion de la population ce sont de loin les citoyens de la Belgique qui ont été les plus actifs).


Mais la règle prévoit que les promoteurs de cette ICE disposent encore de quatorze mois pour obtenir les 942 441 signatures manquantes. Nous en reparlerons.


La politique de cohésion en Occitanie et en Lozère : un dossier réalisé par la Maison de l'Europe

« La politique de cohésion européenne en Lozère : bilan 2014 – 2020 et perspectives 2021 - 2027 »

Le webinaire du 19 janvier sur Zoom et Facebook Live de la Maison de l’Europe de Nîmes


La politique européenne de cohésion reste largement méconnue et les citoyens sont peu conscients de l’apport de cette politique dans leur région.

Cela bien que l’Union européenne soit très présente dans notre quotidien avec la libre circulation, la monnaie unique, la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique, ou plus simplement la carte européenne d’assurance maladie ou le numéro d’urgence 112.


C’est pour faire mieux connaître cette politique de cohésion que la Maison de l’Europe de Nîmes, Centre d’information Europe Direct Bas Rhône – Cévennes, a organisé ce webinaire en collaboration avec le Département de la Lozère et la Région Occitanie, avec le soutien de la Direction générale Régio de la Commission européenne.




Après une courte introduction de Guillaume Delorme, directeur de l'ingénierie, de l'attractivité et du développement du Département de la Lozère sur les 4 fonds qui financent la politique de cohésion européenne et sur le bilan en Lozère sur les 7 dernières années (voir aussi l’interview plus loin), trois responsables de structures ou de projets en Lozère ont présenté les projets qu’ils ont pu réaliser grâce aux financements européens :

v Richard Scherrer, délégué territorial Massif Causses Gorges du Parc national des Cévennes a présenté la rénovation de l'éclairage public sur le territoire du Parc pour obtenir le label Réserve Internationale de Ciel Étoile. Résultat : moins de pollution lumineuse (qui perturbe les animaux et… les amateurs d’astronomie) et une importante économie d’énergie.

v Herminie Gravier, chargée de mission Pôle pleine nature Mont Lozère au syndicat Mixte d'Aménagement du Mont Lozère a présenté les travaux réalisés pour ce Pôle pleine nature au bénéfice d’une fréquentation touristique respectueuse de l’environnement, grâce au FEDER (Fonds européen de développement régional) « Massif central », qui couvre plusieurs régions.

v Dominique Jeux, Directeur du Greta de la Lozère ainsi que deux de ses collègues ont ensuite présenté l’École numérique qui a vu le jour en Lozère grâce au financement du Fonds social européen. Un projet dont les aspects innovants ont été soulignés par Vincent GATIN, responsable de Lozère Développement.

Ces trois témoignages ont montré comment la politique de cohésion européenne est un levier financier important pour soutenir une dynamique territoriale.


En deuxième partie du webinaire, nous avons accueilli Stéphane N’Guyen, Directeur de la Direction Europe de la Région Occitanie. Il a notamment présenté les perspectives du nouveau cadre budgétaire 2021 – 2027 en Occitanie. Une grande partie de son interview a été transcrite dans le dossier qui suit.

Un grand merci à tous les participants pour la qualité et la clarté de leurs présentations et le bon déroulement technique de ce webinaire, alors qu’ils intervenaient depuis plusieurs lieux.


Vous pouvez retrouver ce webinaire sur https://www.youtube.com/watch?v=z6K6Bw8iSrw


Pour télécharger et consulter le dossier « L'Europe en Occitanie » :


Dossier Europe en Occitanie et Lozère
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Partir en balade autour du Canigou grâce au programme européen Interreg




«Les balcons du Canigó», itinéraire qui traverse les balcons nord du Canigou, de Millas à Prades. Au fil du chemin, le Canigó raconte l’histoire de cette terre habitée et des paysages traversés.



EMbleMatiC : un projet européen exemplaire autour du tourisme durable


En 2013, suite à l’accueil de délégations grecque, bulgare, italienne, espagnole et française sur son territoire dans le cadre d’un programme LEADER, le Grand Site de France du Massif du Canigó a initié, en lien avec le Grand Site de France Concors Sainte Victoire, un réseau regroupant des sommets emblématiques méditerranéens. L’objectif était de travailler sur des problématiques communes : préservation de l’environnement, valorisation du patrimoine, mobilité douce, développement touristique durable…


Ce réseau s’est ensuite renforcé et structuré avec le projet EMbleMatic « Les montagnes emblématiques méditerranéennes comme destinations côtières d'excellence », financé dans le cadre du programme européen Interreg-Med, avec le massif du Canigó -ou Canigou- comme chef de file.

Les équipes de neuf sites de montagnes emblématiques réparties sur 5 pays du pourtour méditerranéen (avec le massif du Canigó et la Montagne Sainte Victoire en France, les montagnes Olympe et Ida en Grèce, Bergueda et Serra de Tramuntana en Espagne, Etna et Gran Sasso en Italie, et enfin Cika en Albanie) se sont ainsi régulièrement retrouvées entre 2016 et 2019 lors de rencontres et ateliers de travail, s'attachant à relever un défi commun : mettre en place et tester une nouvelle offre touristique basée sur la singularité de ces montagnes d'exception, en intégrant les questions de préservation de l’environnement, valorisation du patrimoine et mobilité douce.



Ces neuf sites ont d’abord effectué un travail sur la définition de leurs valeurs communes et de ce qui faisait leur singularité. L’idée étant ensuite d'œuvrer à un rééquilibrage des flux touristiques depuis les zones littorales ou les sommets très fréquentés, vers les arrière-pays des montagnes, et d’améliorer les retombées économiques pour les territoires, en impliquant les habitants et les acteurs locaux.


Le projet a permis d’expérimenter une nouvelle forme d'offre de tourisme durable avec la création d’éco-itinéraires. Tout au long de ces circuits de découverte, les visiteurs sont ainsi invités à découvrir les singularités des territoires traversés et les activités proposées par les habitants et les prestataires locaux.


Chaque éco-itinéraire propose un itinéraire ou un groupe d’itinéraires à travers l’arrière-pays de ces montagnes. Au cours de ce parcours à pied, à vélo ou à cheval, ou en utilisant les transports en commun, le promeneur a la possibilité d’explorer les singularités des lieux et de découvrir des activités, des créations et des festivités proposées par leurs habitants. Tous les itinéraires sont parfaitement intégrés dans les paysages.


Les balcons du Canigó


Le Canigó impose naturellement sa silhouette, accrochant les regards et les imaginations des hommes au cours des siècles et depuis des points très éloignés, des confins de Barcelone jusqu'à Marseille. Il s'est imposé si profondément dans l'imaginaire des peuples qu'on l'a longtemps considéré comme la plus haute montagne des Pyrénées. Cette implantation géographique particulière explique le pouvoir symbolique et la fascination qu'il exerce encore aujourd’hui. Si sa situation de montagne littorale en fait la boussole des marins, il fédère, par-delà les frontières, les habitants de tout un peuple, le peuple catalan, qui le considère comme sa montagne sacrée.


La randonnée catalane permet de parcourir les balcons nord du Canigó, de Millas à Prades, sur 68 kilomètres. Le parcours propose un itinéraire principal, l’Itinéraire des Belvédères, enrichi par la possibilité de réaliser neuf boucles reliant différentes communes de la vallée de la Têt. Des belvédères aménagés ponctuent la balade. Chacun peut composer sa randonnée en fonction de ses envies, de son niveau et du temps dont il dispose, pouvant ainsi découvrir des paysages différents, des lieux chargés d’histoire, des savoir-faire ancestraux.


Au fil du chemin, le Canigó raconte l’histoire de cette terre habitée et des paysages traversés. De nombreux petits villages de caractère et ayant préservé une esthétique et une cohérence locale ponctuent ces lignes panoramiques (Eus, Marcevol, Belesta, Coustouges, St Laurent-de-Cerdans, …). Peu étendus et peuplés, ils sont le support d’un patrimoine, d’une culture et de savoir-faire.

Signalétique, guides topographiques et offres de service permettent au voyageur de découvrir toutes les facettes des balcons du Canigó.


Coût total du projet, chiffres clés


Programme EMbleMatic « Les montagnes emblématiques Méditerranéennes comme destinations côtières d'excellence » :

Coût total : 2 975 600 €

Financement FEDER : 2 402 200 €


Les balcons du Canigó

Coût total :115 900 € (dont 49 700 € d’investissement)

Financement UE (Interreg-MED) : 98 500€


Le Programme Interreg MED est un programme européen de coopération transnationale réunissant 13 pays. Il est très majoritairement financé par le FEDER et complété par les Etats partenaires. Il finance des projets de coopération développés et gérés par des organismes publics, et dans certains cas par des entités privées, dans les régions du nord de la Méditerranée. Ainsi, les projets cofinancés par le Programme doivent porter sur les thématiques suivantes : croissance bleue, croissance verte, innovation sociale et industries créatives et culturelles, efficacité énergétique dans les bâtiments publics, transports à faibles émissions de carbone, énergies renouvelables, tourisme côtier et maritime durable, protection de la biodiversité.


Vidéo « Les balcons du Canigó » : https://www.youtube.com/watch?v=E6FJjDGrNfM


Maison de l'Europe de Nîmes - Agenda février 2021


Mercredi 3 février, 13h30 – 16h30

Formation au départ en stage Erasmus en Grèce

En préparation du départ de 9 jeunes des Missions Locales Jeunes Grand Avignon et Comtat Venaissin en Grèce fin février, nous animons une formation sur la Citoyenneté européenne et travailler à l’étranger.

  • Mission locale du Grand Avignon, 2 Rue François Ier, Avignon


Vendredi 5 février 9h00

Vers une défense européenne commune ?

Intervention au Collège Feuchères dans le cadre du contrat Kiosque Europe avec ce collège

  • 3 Avenue Feuchères, Nîmes


Mardi 9 février, 18h00

Réunion d’information : Bouger en Europe

La Maison de l’Europe invite chaque mois tous les jeunes du département du Gard à une réunion d’information sur les dispositifs européens pour les mobilités des jeunes (échanges, études, stages, volontariat, ...)

  • Solidarités Jeunesses, 8 rue de la Chapelle, Beauvoisin


Jeudi 11 février, 11h00

Ecole ambassadrice du Parlement européen : Lycée Paul Langevin à Beaucaire

Le Bureau de liaison du Parlement européen en France invite les centres Europe Direct à collaborer davantage avec les Écoles ambassadrices du Parlement européen. Réunion de travail pour organiser cette collaboration.

  • 21 rue de la Redoute, Beaucaire


Vendredi 12 février, 10h-17h

Mobilité européenne : Lycée Emmanuel d'Alzon

Quatre interventions au Lycée Emmanuel d'Alzon (classes de première et seconde Bachibac, et deux classes de terminale) dans le cadre du contrat Kiosque Europe.

  • 11, rue Sainte-Perpétue


Mardi 16 février, 18h

Réunion d'information : Partir à l'étranger

Réunion sur les possibilité de départ à l'étranger dans le cadre du volontariat européen, de projets de solidarité, de stages, emplois...

  • Zoom, Inscription obligatoire : volontaire@maison-europe-nimes.eu


Samedi 27 février

Stage Erasmus, départ en Grèce des 9 jeunes des Missions locales Grand Avignon et Comtat Venaissin


Jeudi 4 mars, 10h30

Eco - citoyen européen

Rencontre en visio entre lycéens allemands et français au sujet du développement durable, juste un an après la proposition du projet de loi Climat pour l’Union européenne, avec pour objectif la neutralité carbone en 2050.

  • Zoom, les professeurs intéressés peuvent inscrire leurs classes ou leurs élèves : info@maison-europe-nimes.eu


Jeudi 4 mars 16h00

Conseil d’administration de la Maison de l’Europe de Nîmes

  • Maison de l’Europe de Nîmes, 46 rue de la République, Nîmes

Groupes de langues : une préparation à toutes les éventualités de contraintes sanitaires


Un nouveau confinement n’est pas exclu par les autorités : la Maison de l’Europe est prête et proposerait alors des cours en distance aux groupes de langues.


Des formations à l’outil informatique choisi pour des cours en distance ont été faites pour nos formateurs ainsi que des échanges sur les divers supports pédagogiques disponibles. Pour le moment notre structure et nos locaux nous permettent de continuer les cours en présentiel grâce à un nombre limité de participants par groupe. Nous avons pu réorganiser les horaires de presque tous les cours pour qu’ils se terminent bien avant le couvre-feu et nous sommes très heureux d’accueillir chaque jour les participants. D’autres associations n’ont pas eu cette chance et ont dû se résoudre à suspendre leurs cours.


Nous espérons évidemment pouvoir continuer dans ces conditions mais nous nous sommes organisés pour pouvoir offrir aux participants une bonne continuité dans la formation quelles que soient les évolutions des contraintes sanitaires.


En novembre et décembre, face au confinement nous avions opté pour un arrêt complet des cours, en réduisant leur nombre annuel de 30 à 25 séances. La formation ainsi interrompue a été reprise dès début janvier mais cette pause forcée n’a pas été favorable à la continuité de la progression : les formateurs ont dû faire un certain retour en arrière.

Les cours à distance permettront, même en cas de confinement, de poursuivre la formation, dans une atmosphère « démasquée » et sans la contrainte de l’heure limite du couvre-feu, deux éléments positifs à ne pas négliger.




Maria-Francesca vient d'arriver à la Maison de l'Europe en Service civique


Je suis Maria-Francesca Cini, étudiante italienne de 24 ans. Je suis arrivée à Nîmes il y a quelques semaines, après presque 5 ans passés à Paris, où j’ai fait mes études universitaires. Après une licence en Langues étrangères appliquées (anglais, allemand et russe), je suis actuellement en Master 2 Études européennes à l’Université Sorbonne-Nouvelle.



Dans le cadre de mes études, je suis ravie de pouvoir me joindre à l’équipe européenne de la Maison de l’Europe jusqu'en juillet ! Faire un service civique dans cette structure représente pour moi une occasion parfaite non seulement d’appliquer concrètement les cours de l’université, mais aussi de combiner tous mes intérêts : la passion pour les langues étrangères, les voyages, l’éducation et l’Union européenne !


Ayant moi-même profité des chances offertes par l’Union européenne en étudiant dans différents pays, je souhaiterais rester dans le domaine européen dans ma vie professionnelle future, pour apporter ma petite contribution au rapprochement entre l’action européenne et les citoyens et les jeunes.



Nos volontaires européens témoignent de leurs expériences à Nîmes






Depuis plusieurs années la Maison de l’Europe de Nîmes accueille des volontaires européens qui ont des missions dans le cadre du Corps européen de solidarité, auprès d’établissements d’enseignement ou de formation ou auprès d’associations, à Nîmes ou aux environs.

Cinq d’entre eux témoignent de leurs expériences. Greta, venue de Lettonie, a témoigné de ses premières semaines à Nîmes dans notre Lettre Europe de janvier ; cette fois elle témoigne oralement dans une émission de radio.


Maria : c’est quoi être volontaire ?


Quand je me pose cette question, plusieurs réponses me viennent à l’esprit, car ça dépend aussi de la personne à qui tu demandes. Je suis María, j’ai 23 ans et je vais essayer de vous expliquer mes sentiments à ce sujet.


« Granadina » (de Grenade) de naissance, je suis nîmoise depuis presque 5 mois. Pendant ce temps, j’ai ri et j’ai aussi pleuré, mais je peux dire qu’être ici est l’une des meilleures expériences que j’ai eues. Si un de mes amis lit ces mots, il me dira que je suis une menteuse, car j’aime me plaindre de tout (du temps, à quel point la ville est vide, que les bars sont fermés...). Et c’est vrai, je suis non-conformiste par nature, je veux toujours plus, mais après, quand je m’arrête pour penser à ma vie ici, j’ai seulement de bonnes pensées et émotions.


Quand je m’assois le soir et que je parle de notre journée avec mes colocataires, Igor et Giada, en buvant une bière, à ce moment-là, je pense, María tu as de la chance. En premier avec eux deux, mais aussi avec les autres volontaires, je pense qu’ici j’ai connu des belles personnes, qui me soutiennent (c’est déjà beaucoup) mais aussi qui m’apprennent des choses tout le temps.


Par ailleurs, j’ai un projet qui me plaît. Je suis volontaire au Lycée de la CCI Gard, où je fais beaucoup de choses différentes, comme aider avec les cours d’espagnol et d’anglais, organiser des projets Erasmus, des journées thématiques...mais je collabore aussi avec le Maison de l’Europe de Nîmes, où les volontaires se réunissent le mercredi pour préparer des ateliers ou activités dans la ville, parmi d’autres choses. Ces types d'activités m'ont beaucoup aidée à me sentir mieux, mais aussi à savoir travailler en équipe et avoir constamment des opinions et des points de vue différents.


Ensuite, j’ai amélioré mon français. Je me rappelle que, quand je suis arrivée à Nîmes, je ne pouvais pas comprendre ce que ma tutrice, Sophie, voulait me dire ; je la regardais, je souriais et j’acquiesçais de la tête, en faisant semblant de comprendre.... Maintenant, je suis très heureuse de pouvoir avoir des conversations intéressantes et donner mon point de vue.


Toutefois, c’est vrai que tout ce qui brille n'est pas de l'or. Vivre dans une pandémie loin de sa famille et dans un pays différent, peut être quelquefois compliqué. Moi qui viens du sud de l'Espagne, j'ai l'habitude de socialiser, de rencontrer de nouvelles personnes, d'aller dans des bars, des lieux publics, des concerts, et ça, ça me manque beaucoup... mais pour être honnête je ne peux pas me plaindre, en étant en bonne santé et sachant que, sans cette situation, je ne me serais pas arrêtée pour rencontrer les gens autour de moi avec autant d’attention, pour passer des heures avec eux à parler, manger, danser, inventer de nouveaux plans et rencontrer une autre culture.


C’est pour ça que je ne peux pas demander grand-chose à 2021. Je veux comme tout le monde, que le COVID disparaisse, mais, si je pouvais ajouter quelque chose, ça serait l’ouverture des bars et restaurants en France (oui je marque à nouveau qu’ils me manquent), et évidemment pouvoir faire quelques voyages !


Finalement, et pour en revenir à ma question, chaque personne répondrait d'une manière différente, et il est vrai que moi-même je change d'avis à ce sujet toutes les cinq minutes. Pour moi, faire partie d'un projet comme celui-ci et être volontaire, c'est évoluer personnellement, être plus ouverte, c'est avoir un avenir plus clair, une idéologie plus claire, c'est partager, c'est savoir être seule loin de ma famille, et finalement c'est être très heureuse !!



Témoignage de Giada


Voilà, je m’appelle Giada. C’est un nom qui est souvent difficile à prononcer pour les étrangers et en fait, il est rare de l’entendre correctement prononcé. Mais franchement ça ne me dérange pas ; au contraire, il y a quelque chose d’exotique à entendre mon nom prononcé avec un accent différent, j’ai ainsi l’impression d’être une autre personne à chaque fois que je l’entends.


Pendant que j’écris ces mots, je me trouve en France, dans la ville de Nîmes, dans la région de l’Occitanie. La raison pour laquelle je me trouve ici dans ce petit coin du sud de la France au lieu de ma ville natale est très simple. À partir d’un certain moment de ma vie, j’ai commencé à avoir besoin de quelque chose de plus que la vie que j’avais menée jusqu’alors. Un seul pays, une seule langue, un seul point de vue ne me suffisaient plus ; une seule vie ne me suffisait plus. J’avais besoin de nouveaux endroits à découvrir, d’autres personnes à qui parler ; j’avais littéralement soif de diversité, de découvrir d’autres façons de parler, de discuter et de faire les choses : il y en a une multitude en plus de celles auxquelles j’étais habituée. Je voulais toucher du doigt ce que j’avais étudié à l’université mais que je n’avais jamais eu l’opportunité de voir avec mes propres yeux ; je voulais être consciente du fait que tout autour de nous coexistent une variété de personnes, de cultures et de communautés qui vivent côte à côte, qui évoluent dans le temps et qui s’influencent mutuellement sans même s’en rendre compte. Et j’ai décidé qu’il était temps de sortir de ma zone de confort et de vivre une véritable aventure.


Après avoir obtenu mon diplôme, voilà que je trouve une annonce qui semble me convenir. Je la trouve sur une page consacrée aux opportunités réservées aux jeunes Italiens : elle décrivait un projet très intéressant de volontariat européen prévoyant l’accompagnement des élèves d’un lycée français dans la découverte des opportunités sur le territoire européen. Je dois être honnête : quand j’ai vu qu’il s’agissait d’un projet de onze mois, j’avais des doutes. Dans le contexte dans lequel j’ai vécu, le fait d’arrêter les études pour aller voyager autour de l’Europe serait plutôt mal vu. Quand on a 22 ans, le seul but qu’on devrait avoir – pas selon tous, mais selon la majeure partie des personnes - est celui d’obtenir le diplôme de Master, trouver un bon travail et gagner assez d’argent pour pouvoir s’offrir une belle voiture et un joli appartement : bref, être indépendant et se mélanger discrètement dans le reste de la société. En toute franchise, je n’étais pas du tout d’accord avec cette façon de concevoir mon propre destin. Voilà pourquoi au bout d’un réflexion approfondie, j’ai décidé d’accepter la mission pour laquelle j’avais postulé et de me laisser guider par mon instinct.


Maintenant, j’ai la chance de dire que tout ce que j’ai trouvé dans cette expérience – les autres volontaires avant tout - est en train de me changer d’une manière qu’au départ je n’aurais pas pu espérer. Je partage ma vie quotidienne avec deux des meilleures personnes que j’ai jamais rencontrées, dans un appartement, que, malgré tous ses défauts, on appelle le « Dream flat » (« L’appartement de rêve »). Bien sûr, il y a plein de différences entre nous et c’est vrai que parfois j’ai un peu de mal à comprendre certaines de leurs blagues, mais tout ce que je suis en train de recevoir est beaucoup plus important que quelques différences insignifiantes , surtout quand il s’agit de jeunes passionnés, ouverts et qui ont la même envie de changer ce monde pour qu’il soit meilleur.


Pour conclure, j’ai encore quelques mois devant moi pour penser à quelle direction donner à ma vie. Je sais qu’à leur tour, les prochains mois vont passer trop vite, comme les mois passés l’ont déjà fait. Ce que je me propose de faire dans cette nouvelle année qui vient de commencer est de ne jamais oublier le temps que j’ai passé ici et tout ce que j’ai appris – y compris les blagues terribles d’un autre volontaire – pour porter avec moi un souvenir inoubliable de cette aventure, jusqu’à la fin de ma vie.



Témoignage de José Miguel



Bonjour, je m’appelle José Miguel Peña Sevilla, j’ai vingt-sept ans et je viens d’un petit village du sud de l’Espagne qui s’appelle Cazorla, en Andalousie. C’est un village entouré de montagnes et d’oliviers. J’ai fini mes études d’enseignant en école primaire dans l’année 2019. Mais, depuis le 17 octobre 2020 je suis à Nîmes en train de faire un volontariat européen et je vais rester ici jusqu’à septembre 2021.


Je travaille avec la Maison de l'Europe de Nîmes qui est une association à but non lucratif créée en 1966 et a pour but d'informer la population locale sur le fonctionnement de l'Union européenne. Depuis 2013, la Maison de l’Europe de Nîmes est labellisée Centre d'Information Europe Direct (CIED) Occitanie Bas Rhône – Cévennes par la Commission européenne.


L’année dernière j’ai été assistant de langue à Beaucaire et Uzès pour le ministère français de l’éducation nationale. C’est pour cela que je suis revenu à Nîmes. Pendant cette année, j’avais connu beaucoup de gens, dont certains volontaires qui m’avaient parlé de la Maison de l’Europe dont le travail est très connu à Nîmes.

À la fin de mon séjour comme assistant, je suis retourné en Espagne pour commencer à préparer mon concours pour travailler comme enseignant dans l’école publique espagnole, mais le concours a été reporté à 2022. J’ai donc décidé de chercher quelque chose pour partir à l’étranger. J’ai trouvé une annonce dans une page Facebook : « La Maison de l’Europe de Nîmes cherche un volontaire de langue maternelle espagnol, pour l’école culinaire de santé et tourisme de Marguerittes. Je n’ai pas hésité à poser ma candidature.


Les missions de mon volontariat sont très variées, je travaille comme assistant des professeurs d’espagnol de l’école, et avec l’assistant d’anglais nous devons préparer certains projets sur l’Europe pour tout le centre de formation. En outre, avant les vacances de Noël, tous les volontaires de la Maison de l’Europe ont préparé et animé des ateliers sur Noël en Europe pour les élèves de différentes écoles primaires de Nîmes et des environs; de plus, chaque mois nous faisons deux types de cafés-rencontres afin d’encourager tous les publics à parler une langue différente de sa langue maternelle ou à connaître les cultures d’autres pays. Avant le COVID ces activités se faisaient dans un café dans le centre-ville mais en ce moment nous les faisons en ligne.


J’habite avec trois volontaires qui viennent de différents pays d’Europe : Roumanie, Slovaquie et Espagne comme moi. Avant mon arrivée, ils parlaient en anglais mais maintenant on parle en français et parfois en anglais. Au total nous sommes onze volontaires, les autres que mes colocataires viennent de : Grèce, Allemagne, Lettonie, Italie et Pologne. J’ai amélioré mon niveau en français depuis que je suis là, parce que chaque fois que je parle avec eux, je dois le faire dans cette langue. C’est une grande expérience pour moi, parce que j’aime bien connaître les différentes cultures et habitudes des autres pays, ainsi que les sonorités quand je les écoute parler dans leur langue maternelle. Toute cette expérience de connaître les habitudes de pays différents du mien, c’est une richesse pour moi. Chaque fois que nous nous rassemblons, je peux apprendre quelque chose ou quelque mot nouveau.

En plus, j’ai des amis à Nîmes que j’ai connus pendant l’année dernière, comme la prof avec qui j’ai travaillé comme assistant de langue, sa fille, un groupe de jeunes qui viennent de l’Argentine, une fille colombienne, deux filles d’Espagne ou d’autres assistants de langues qui habitent à Nîmes.


Ce que me plaît le plus en France, c’est la culture du pays et la politesse avec laquelle les élèves s’adressent à un professeur. En plus, les horaires des repas, différents de l’Espagne, permettent de mieux profiter des heures de soleil. Vraiment, rien ne me manque, mais je pense beaucoup aux repas de ma mère parce qu’elle est une cuisinière merveilleuse. Je pense beaucoup ausii à mes nièces et neveux. Une grande différence que j’ai remarquée par rapport à l’Espagne : en France les gens mangent souvent du fromage pour finir le repas, alors qu’en Espagne on termine par un fruit.


En conclusion, je conseille à toutes les personnes qui en ont la possibilité de voyager et de découvrir une autre culture ou un autre pays, parce que c’est une grande expérience pour la vie. Et pour finir, je souhaite pour 2021 que la pandémie du COVID finisse le plus tôt possible : pouvoir embrasser les personnes qui me sont les plus proches me manque beaucoup.



Témoignage d’Igor


Igor a écrit son témoignage en anglais, vous trouverez d’abord la traduction en français, puis en italique son texte en anglais.


« Je m’appelle Igor, j’ai 29 ans. C’était donc pour moi la dernière année où je pouvais être candidat pour partir en Corps européen de solidarité, je suis réellement heureux d’avoir réussi malgré le Covid19 !


Je suis polonais, je suis arrivé à Nîmes le 1er septembre : avion de ma ville de l’ouest de la Pologne, Poznan, jusqu’à Paris-Beauvais, une nuit à Paris puis le TGV Paris-Nîmes. Pendant les 3 heures en TGV j’ai vu les couleurs de différentes régions françaises.



J’avais entendu parler du volontariat européen par un ami qui en avait fait un en Italie, et par ma colocataire : elle est française, elle est venue en volontariat en Pologne et elle s’y est installée. Pendant 2 ans j’ai regardé les projets proposés, j’ai été candidat à certains. Et j’ai obtenu celui qui me semblait le mieux me convenir !!


Comme je l’ai dit, j’ai 29 ans, j’ai été diplômé de l’université il y a 5 ans, en 2015. J’ai fait des études culturelles, licence puis master. J’ai passé 6 mois en Turquie, à Istanbul, en mobilité Erasmus. Pendant mes études, j’ai travaillé comme réceptionniste et dans trois cafés. Après l’université, j’ai travaillé à plein temps dans plusieurs sociétés : un groupe britannique, une banque, un aéroport et enfin un bureau de tourisme, où après 2 ans je suis devenu manager. Je connaissais le volontariat européen et je savais que je voulais faire quelque chose de nouveau, de différent. Je voulais aussi apprendre une nouvelle langue. Le français était pour moi un choix évident, car depuis mon adolescence j’ai aimé la culture française : les films, les chansons, la littérature, la philosophie… Je peux vous le dire : c’est formidable de faire des choses nouvelles quand vous avez déjà travaillé quelques années !!


Apprendre le français est très probablement le défi le plus important de mon séjour en France. Mais c’est une grande satisfaction quand j’entends les élèves dire entre eux que j’ai fait des progrès. Des élèves, parce que je travaille dans un établissement scolaire, comme assistant d’anglais. A part ça, avec d’autres volontaires je participe à créer des événements liés à différents pays et différentes langues, à la Maison de l’Europe qui est notre organisation d’accueil. L’organisation polonaise qui m’a envoyé est Jeden Swiat à Poznan. Je suis aussi en contact, sur le conseil de Jeden Swiat, avec une organisation polonaise qui peut m’aider pour l’assurance santé, ça a a permis de résoudre très vite une difficulté.


Au fur et à mesure que je progresse en français, je prends de plus en plus de plaisir à être en France. Ce que j’adore c’est le mode de vie. La pause du déjeuner est une chose sacrée, 1 ou 2 heures pour tout le monde. Incomparable avec la pause de 15/20 minutes pour un sandwich en Pologne. Ce qui me manque ce sont les cafés, les pubs : ils étaient ouverts en septembre et octobre mais ils sont fermés depuis novembre, c’est un grand changement. J’essaie de me souvenir, en Pologne ils étaient aussi fermés, donc c’est encore préférable d’être dans le sud de la France ! J’adore ici le climat et l’attitude calme des personnes.


Mes projets pour 2021? Je veux parler réellement bien le français, ce sera un grand avantage pour moi, que je reste en France après mon volontariat ou que je retourne en Pologne, ou encore que j’aille dans un autre pays. Et en plus c’est important pour moi-même, à titre personnel, de connaître cette langue difficile mais si belle !! »


“ My name is Igor, I’m 29. So this is the last year I could go for an European Solidarity Corps project, I’m really glad it has succeeded despite of Covid19!


I’m from Poland, I’ve came to Nimes on the 1st of September. I had the flight from my city in Western Poland, Poznań to Paris Beauvais. After one night in the capital of France I went to Nimes by the very fast train. During 3 hours of trip I saw all the colours of different French regions.

I heard about European Volunteering from a friend who did it in Italy, and from previous flatmate. She is French, she went to volunteer in Poland and then she stayed there. For two years I was checking the available projects, I applied for a couple of them. The one which I thought suited me the most, was the one that I was also accepted.


As I mentioned I’m 29, so I graduated university 5 years ago, in 2015. I studied cultural studies, both BA and MA degree. I stayed in Istanbul, Turkey, for 1 semester of Erasmus programme. During my studies I worked as a receptionist and in three coffee houses. After the graduation I also had many full-time jobs. I worked in British corporation, bank, airport and finally tourist office. After two years of working there I became a manager. I knew about European volunteering and I knew I want to do something new, something different. I also wanted to learn a new language. French was an obvious choice for me, as I had loved French culture since my teenage years. Cinema, songs, literature and philosophy. I can tell you – it is great to do something new when you worked for a couple of years already.


Learning French is probably the most challenging part of my staying in France. But it’s a great satisfaction when I hear students saying to each other I progressed. Students, because I work at school, assisting English classes. Apart of that, together with other volunteers I create European events connected to different countries and languages at Maison de l’Europe which is my hosting organisation. My sending organisation is Jeden Świat in Poznań, Poland. I’m in contact with the worker from the Polish organisation, the director of Jeden Świat (“One World”) advised me also what to do in case of problems with health insurance. We solved the issue fast.


The more I learn French language, the more I enjoy being in this country. What I love is the way of life. Lunch break is a sacred thing here, one or two hours for everyone. It is even hard to compare with the breaks employees have in Poland: 15/20 minutes for a sandwich. I miss bars, pubs, coffee houses. They were open in September and October, but have been closed since November. It changes a lot. I just try to remember, they are also closed in Poland, so still it’s better to spend time in the South of France. I love the weather here and the calm attitude of citizens.


My plans for 2021? I want to speak French really good, it will be a great advantage if I will stay in France after the volunteering or if I will go back to Poland or if I will move to another country. Moreover, it’s important just for myself, to know this difficult, but beautiful language.”



Greta au micro de Radio Système à Vauvert