Lettre Europe Juillet-Août 2020


"L’art du compromis consiste à partager un gâteau de telle sorte que chacun croie avoir la plus grosse part." * Le 1er juillet, l'Allemagne a pris la présidence semestrielle du Conseil de l'Union européenne. Nous avons déjà eu l'occasion d'expliquer ce qu'il fallait attendre -ou pas! - de cette présidence tournante. En 6 mois, on ne peut pas espérer transformer l'Union en profondeur ! Par contre, le pays qui exerce la présidence cherche en général à faire avancer les dossiers laissés par ses prédécesseurs ; il s'agit, pour les dirigeants du pays concerné, de se présenter avec un bilan flatteur au moment de passer le témoin à la présidence suivante (ce sera le Portugal). Or, il y a un énorme dossier au centre de la table : celui du plan de relance de 750 milliards d'euros qui permettrait à l'U.E. de relancer la machine économique en panne pour cause de COVID 19. Il reste quatre pays dit « frugaux » (Autriche, Danemark, Pays-Bas, Suède) qui sont effrayés par des perspectives de transferts budgétaires au profit des « cigales » de l'Europe du Sud. C'est là que l'Allemagne a un rôle important à jouer ; en effet, elle a fait partie jusqu'à une date récente du camp des « frugaux » réticents vis-à-vis de ce plan. Mais Angela Merkel a pris récemment conscience que dans le marché européen les fournisseurs (allemands, notamment...) ne pouvaient pas retrouver la prospérité sans des clients (français, italiens, espagnols, portugais, grecs...) en bonne santé ! Donc, elle défend désormais ce plan de relance sans vouloir imposer en contrepartie des règles d'octroi des soutiens financiers qui soient trop drastiques et humiliantes. Malheureusement, la France n'est guère crédible pour plaider le plan de relance auprès des « frugaux » car sa gestion des finances publiques la classe dans leur esprit dans la catégorie des cigales ! Par contre, l'Allemagne aura beaucoup plus l'oreille des « frugaux » car elle en fait partie avec son budget excédentaire jusqu'à la veille de la crise ! De plus, elle a acquis un poids politique en Europe que l'on peut peut-être regretter mais qui est incontestable. Souhaitons donc un grand succès à Angela Merkel avec l'appui du coq gaulois ! Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, le gouvernement des États-Unis avait bien compris qu'il devait fournir aux Européens, avec le plan Marshall, les moyens d'acheter des marchandises américaines. Preuve, s’il en était besoin, que tout le monde a intérêt à être solidaire.


- Frédéric Bourquin, président de la Maison de l'Europe de Nîmes *Henry Kissinger, diplomate américain né en 1923


Au revoir à nos volontaires européens!

Le début de l’été est là et la fin des projets des volontaires européens aussi….

Cette année aura été spéciale pour nous mais également pour elles et pour eux. Confinés dans un appartement dans un pays étranger, loin de leur famille et ne sachant pas pour combien de temps, cela n’a pas été facile tous les jours mais ils ont toutes et tous choisi de rester à Nîmes...

Mais ne parlons plus de cette période ! Nos volontaires garderont sans nul doute le souvenir de leur lieu de travail, de leurs collègues, de leur vie en colocation et des rues ensoleillées de Nîmes !

Nous tenons à les remercier pour leur engagement dans leurs structures d’accueil (Maison de l’Europe, Lycée CCI Gard, Lycée St Vincent de Paul et Centre de Formation d’Apprentis de Marguerittes), leur dynamisme pendant l’animation des cafés linguistiques et des cafés multi-kulti ainsi que leurs sourires lors de leurs passages à la Maison de l’Europe.

Quels projets pour l’avenir ? A titre d’exemples : Suzanna, de Belgique, souhaite reprendre ses études, Elena, de Russie, souhaite faire une nouvelle expérience de mobilité (peut-être au Canada ?) ou chercher du travail dans son pays, Zurine, d’Espagne, souhaite revenir en France pour continuer ses études dans le design graphique…mais nous en saurons plus à la rentrée quand ils nous auront envoyé leurs témoignages.

Afin de finir l’année et leur expérience française sur une impression plus joyeuse, nous les emmenons les 3 et 4 juillet visiter les Carrières de Lumières aux Baux de Provence et découvrir la Côte bleue (de Marseille au débouché de l’étang de Berre dans la Méditerranée) !

Bon vent à toutes et à tous et à la rentrée pour accueillir de nouvelles et nouveaux volontaires !


Au revoir Floriane!



Une page se tourne mais l’histoire continue !


A vous qui lisez chaque mois cette Lettre Europe que j’ai réalisé mensuellement avec une fierté et un plaisir sans faille. A vous dont j’ai pu observer la progression chaque semaine à votre cours de langue hebdomadaire. A vous tous chers bénévoles que j’affectionne tout particulièrement. Et à vous mes chers collègues, avec qui j’ai adoré travailler chaque jour et auprès desquels j’ai grandi quotidiennement !

Merci énormément, je vous aime,


à très bientôt,

Floriane Cabrol-Bruyère…


Ateliers de langues pour nos adolescents de 12 à 18 ans

A la Maison de l'Europe de Nîmes, nous sommes de plus en plus convaincus de l’utilité de développer pendant les vacances scolaires l'activité d’ateliers de langues pour nos jeunes collégiens et lycéens en leur donnant la possibilité d'échanger, converser dans une langue étrangère avec nos jeunes volontaires étrangers, sans barrières d’âge, en jouant, en découvrant d'autres pays, d'autres modes de vie.

Souvent il suffit d'une étincelle, d'un coup de pouce, d'une ambiance propice pour déverrouiller des blocages, pour libérer la parole et constater que les notions apprises à l'école se transforment en phrases, dialogues, échanges et créent des liens. Liens qui pourront être prolongés tout au long de l'année scolaire lors des cafés linguistiques et des cafés multi culturels animés chaque mois par nos jeunes volontaires européens, qui, pour la plupart sont assistants de professeurs de langues dans des lycées ou autres organismes de formation.

Prenez vite contact avec nous pour juillet ou bien pour les vacances de la Toussaint.

Nous avons besoin d’un minimum de 4 participants pour mettre en route un atelier.


Euroformation III les stages Erasmus continuent !




Les stages Erasmus continuent! “Euroformation III – la mobilité professionnelle accessible à toutes et tous” Le 12 juin , l’agence Erasmus a publié les résultats des candidatures pour des actions de mobilité professionnelle en Europe. Le projet déposé par la Maison de l’Europe de Nîmes en février 2020, « Euroformation III – la mobilité accessible à toutes et tous », a été retenu ! Nous pouvons donc continuer notre mission d’envoi de jeunes en stages Erasmus professionnels à l’étranger pour les 2 ans à venir. L’enveloppe de 64 000 € qui nous a été accordée nous permettra d’organiser l’envoi d’une cinquantaine de jeunes pendant ces 2 ans.

Dans le cadre de sa mission de sensibilisation à la citoyenneté européenne, la Maison de l'Europe de Nîmes développe depuis plusieurs années une offre de mobilité professionnelle pour les jeunes habitants de sa région, leur donnant ainsi de meilleures perspectives d'insertion professionnelle. Pour ce projet, nous avons créé un consortium rassemblant 7 établissements de deux Régions administratives, l'Occitanie et la Région Sud (PACA):

- Lycée Albert Camus, Nîmes

- Lycée Ernest Hemingway, Nîmes

- Lycée Jacques Prévert, St Christol-les-Alès

- L’Institut régional de formation sanitaire et sociale (Nîmes)

- Centre de formation d’apprentis de la CCI du Gard à Marguerittes, tout près de Nîmes

- La Mission Locale Jeunes du Grand Avignon

- La Mission Locale Jeunes du Comtat Venaissin

Les départements du Gard et du Vaucluse sont des territoires où les opportunités professionnelles pour les jeunes sont assez restreintes. Le chômage des jeunes y est supérieur à la moyenne nationale. Or, l’impact positif de la mobilité internationale sur le parcours personnel et professionnel est tout à fait avéré : meilleure employabilité des jeunes, d’où une réduction du chômage.

Notre consortium Euroformation en est à sa 3ème génération, il s’appuie donc sur une expérience bien établie. Notre réseau d’associations partenaires dans d’autres pays européens est un acquis important pour permettre aux jeunes en formation et demandeurs d'emploi de faire un stage dans un de ces autres pays. Nos activités s'adressent surtout à un public de jeunes ayant moins d'opportunités : les jeunes des lycées professionnels sont souvent issus de milieux moins favorisés et un grand nombre d'inscrits dans les Mission locales jeunes ont des difficultés économiques et sont à la recherche d'un emploi. Une telle expérience permettra à ceux qui en bénéficieront de développer leurs compétences professionnelles dans leur domaine de formation ou de découvrir un autre domaine professionnel. Ils pourront en outre accroître leurs compétences linguistiques et interculturelles tout en développant leur autonomie et leur confiance en soi, qualités essentielles dans une perspective d’insertion professionnelle et de développement personnel. Grâce au travail des années récentes avec les projets Euroformation I et II, nous avons élargi notre réseau de partenaires à l’étranger et Euroformation III permettre aux jeunes de réaliser un stage en Allemagne, Espagne, Finlande, Grèce, Hongrie, Italie ou Pologne. L’éventail des possibilités s’est beaucoup élargi depuis Euroformation I…



Retour de volontariat en Lettonie : Tom témoigne…


Nom de l'organisation d'accueil avec laquelle Tom est parti: BJMK

Tom, 22 ans, est parti en septembre 2019 pour 9 mois de volontariat en Lettonie grâce au programme Corps Européen de Solidarité. Accompagné dans son projet par la Mission locale jeunes d’Alès et la Maison de l’Europe de Nîmes, il avait commencé par un volontariat de court terme en groupe (1 mois en juillet 2019) en Lettonie à Jelgava avec l’organisation d’accueil BJMK (école de musique pour les jeunes). Puis BJMK lui a proposé de continuer son projet en long terme, pour 12 mois. Malheureusement, cette mission a été écourtée à cause des incertitudes sur la durée de la crise sanitaire.

Voici son témoignage, en réponse à nos questions…

Bonjour Tom ! Ton volontariat s’est terminé il y a quelques semaines, permets-moi de te poser quelques questions. Est-ce tu avais des craintes avant de partir en projet de volontariat ?

Non…à part la langue.

Peux-tu me parler de tes missions, de ce que tu as fait pendant ton volontariat ?

C’était super-varié ! Je faisais un peu le concierge (je devais fermer l’école, je m’occupais de l’équipement des élèves tel que les guitares, je faisais de l’élagage en forêt, un peu de rénovation de bâtiment… et je préparais les installations de concerts (je posais le matériel, répartissais les câbles et montais la scène)

Tom au travail

Et tout ça tu savais le faire avant ?

Non

En quelle langue tu communiquais principalement ?

En anglais

Tu n’as pas appris un peu de letton ? Un peu de russe ?

Le russe oui un peu mais le letton non (rire).

Est-ce qu’il t’est arrivé aussi de parler français durant ton volontariat ?

Oui, j’ai rencontré deux Français. Ils faisaient des études complexes autour des arbres. J’ai aussi connu une Française d’origine lettone, elle a été adoptée en France mais est originaire de Lettonie.

Un quai de gare en Lettonie où le soleil se couche très tôt!

Tu aurais des anecdotes à nous raconter sur ton séjour ?

Oui, le jour où je suis arrivé, je voulais faire la bise à une collègue de musique et elle m’a fait un câlin. C’est un peu la tradition là-bas, quand on est bons amis on se fait des câlins pour se dire « bonjour », je dois dire que j’ai été quelque peu surpris (rire).

Tu en aurais une autre… ?

Je me suis fait arrêter par la police, c’est assez drôle je dois l’avouer. J’étais allé acheter à manger au MacDo (le S Burger, c’est un peu l’équivalent du MacDo là-bas) et comme que je n’avais pas de vélo pour rentrer, je me suis mis à courir pour que mon repas reste chaud jusque chez moi. Je traverse la route au niveau du passage piétons, j’avais les écouteurs et j’entends quelqu’un me dire derrière « héhé », j’avais la musique, je faisais semblant de ne rien entendre puis je m’arrête quand même et le monsieur me dit « il faut traverser là ». Tout s’est bien passé finalement.

As-tu pu remarquer quelques différences avec la culture française ?

Oui, les Lettons sont plus « froids » si je puis dire, ce n’est pas de l’impolitesse, c’est juste que pour eux c’est normal. Par exemple à la caisse, le client d’avant ne met pas le petit séparateur pour le client d’après. C’est simplement normal. Au début, ça surprend mais au bout de quelque temps on s’habitue et ça devient normal.

Qu’est-ce que t’a apporté ce projet, personnellement ?

Ça m’a permis d’en apprendre plus sur moi-même, de trouver un domaine qui me plaît et de m’affirmer dans mes choix !

Recommanderais-tu de réaliser un volontariat européen à d’autres jeunes dans le cadre du Corps Européen de Solidarité ? Et pourquoi ?

Oui c’est sûr ! Ça permet de voyager tous frais payés ou presque et d’en apprendre plus sur soi-même ! C’est cool !

Pour finir, si tu devais retenir…

Une image : une tempête de neige

Un son : la musique classique

Une odeur : le chapati (pain originaire d’Inde)

Un goût : la bière

Une personne : Waibhav

Un lieu : Riga

Un mot : « Labdien » (bonjour en letton)

Quelque chose de bizarre : la nourriture

Quelque chose de beau : Riga, Sigulda

Merci à Tom, nous lui souhaitons beaucoup de réussite pour ses projets futurs…



Les Missions locales Jeunes de la Région se remobilisent pour des stages en Europe

Puisque la majorité des frontières intérieures européennes sont à nouveau ouvertes, la Maison de l'Europe de Nîmes a déjà commencé le travail sur la nouvelle saison de stages Erasmus + pour le compte de la Région Occitanie (en plus de son propre programme Euroformation III). Une fois l'été terminé, de nombreux projets de stages se concrétiseront, pendant l'automne et l'hiver 2020-2021 ! Agissant en prestataire de services pour la Région Occitanie, qui a obtenu de très nombreuses bourses Erasmus+ pour des stages professionnels en Europe, la Maison de l'Europe de Nîmes organise et coordonne des projets de stages Erasmus+ pour des jeunes demandeurs d’emploi inscrits dans des Missions Locales Jeunes (MLJ) de la Région et des Ecoles Régionales de la Deuxième Chance. Après le report de certains stages dû à l’épidémie de Covid 19 et au confinement associé, plusieurs partenaires se remobilisent pour des départs quand les conditions sanitaires le rendront possible. Un groupe de 12 jeunes de la MLJ Alès Pays Cévennes et de la MLJ du Gard Rhodanien - Uzège fera un stage dans des entreprises ou associations à Brescia, en Italie. Le groupe devrait partir fin octobre 2020 pour 4 semaines. 9 jeunes de la MLJ Aveyron doivent faire un stage de 6 semaines à Barcelone en novembre et décembre 2020. Dans la même période, un groupe de la MLJ Nîmes Métropole et de la MLJ Petite Camargue partira à Prague, en République Tchèque et un autre de la MLJ Lozère partira en Italie.


En janvier et février 2021, nous prévoyons d'envoyer un groupe en Finlande et un autre en Grèce.

Comme pour son propre programme Euroformation III (voir l’article qui lui est consacré), la Maison de l'Europe organise avec ses partenaires en France la sélection et la préparation des participants avant le départ, ainsi que la logistique et l’accompagnement des stages Erasmus + en collaboration avec ses partenaires à l'étranger (transport, hébergement, recherche d'entreprises, suivi du déroulement et bilan des stages). Nous organisons plusieurs sessions de formation avant le départ, y compris des cours de langues (anglais et initiation à la langue du pays). Avant, pendant et après le projet de stage, un tutorat et un soutien sont fournis aux participants. La Région Occitanie s’est pour le moment dite très satisfaite des prestations de la Maison de l'Europe de Nîmes.

Confinement et frontière à Francfort-sur-Oder

LE CONFINEMENT A FRANCFORT-SUR-ODER : UN TÉMOIGNAGE

© Assenmacher / CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)

La ville de Francfort-sur-Oder (Frankfurt-an-der-Oder) est l’une des deux villes allemandes jumelles de Nîmes. Située sur la frontière avec la Pologne, le long du fleuve Oder, sa situation est bien particulière. En effet jusqu’en 1945 la ville polonaise de Słubice faisait partie intégrante de Francfort-sur-Oder en tant que faubourg oriental de Francfort, de l’autre côté de l’Oder. De nos jours ces deux villes sont toujours étroitement liées car de nombreux habitants passent la frontière soit pour travailler en Pologne ou en Allemagne, soit pour faire leurs courses. Comment deux villes avec une telle relation ont-elles pu gérer le confinement et la fermeture des échanges quotidiens? Sören Bollmann, Chef du Centre de coopération Francfort- Słubice et du Bureau de l'éducation, consultant pour la coopération internationale, a répondu à nos questions.

- Comment avez-vous connu la Maison de l'Europe de Nîmes? Que vous inspire le jumelage entre Frankfurt/Oder et Nîmes?

Sören BOLLMANN : J’ai connu la Maison de l’Europe de Nîmes par un projet de Michael STANGE. Il cherchait des endroits en Europe pour accueillir des jeunes aides-soignants de Nîmes pour un stage ERASMUS. Le premier échange a eu lieu il y a 4 ans et cela avait bien fonctionné. Des jeunes de Francfort sont allés à Nîmes pendant une semaine et j’ai rencontré Michael sur place.



- Des jeunes de Nîmes envoyés par la Maison de l'Europe en stages professionnels ont été accueillis à Frankfurt/Oder dans les années récentes. Seriez-vous prêt à poursuivre cette expérience ? Que vous a-t-elle apporté?

Sören BOLLMANN : J’ai trouvé très intéressant de voir comment ces jeunes gens se débrouillaient dans la ville et aussi de voir ce qu’ils souhaitaient découvrir chez les personnes habitant Francfort, au-delà de certaines idées préconçues. Au début c’est toujours difficile pour les jeunes Français qui parlent très peu allemand mais quand la volonté est là les jeunes s’adaptent très facilement. C’est une expérience européenne de voir que malgré la barrière de la langue on peut travailler ensemble. En plus j’ai des liens avec la France et la langue française, donc avoir l’occasion d’accueillir des Français me plaît toujours beaucoup !

- Vous formez une agglomération commune avec votre ville voisine et jumelle de Słubice, qui est en Pologne. Quelles sont les populations respectives des deux villes? Comment décririez-vous les rapports entre ces deux villes frontalières?

Sören BOLLMANN : Normalement, sans confinement, ces deux villes ont une relation intime très proche, comme si c’était une seule ville comme avant la deuxième guerre mondiale. Dans les dix dernières années s’est établie une coopération très forte sur tous les niveaux : société, administration et politique. Il y a un bureau commun entre les deux villes dont je suis le directeur et qui organise la coopération dans les infrastructures de tourisme et éducation. C’est un groupe constitué de 7 personnes, des Polonais et des Allemands dont le travail est d’organiser des projets communs, des rencontres, des projets pour le conseil municipal, etc. Il y a un plan de coopération pour 10 ans. Le plus récent a commencé l’année dernière 3 mois avant le COVID-19.

- Est-ce que la crise du COVID-19 a impacté ces relations? Comment a été géré le passage de la frontière pendant la période de confinement?

Sören BOLLMANN : Dans notre région le COVID-19 n’était pas aussi fort que dans d’autres pays d’Europe. Les problèmes liés au virus étaient assez mineurs mais le gouvernement polonais a décidé de fermer la frontière donc la ville a été coupée en deux pendant 4 semaines pour tout le monde sauf pour la police, le transport et les gens qui travaillent sur la frontière. La frontière ne s’est ouverte qu’à partir du 4 mai pour les travailleurs frontaliers et le 13 juin pour tout le monde. Les deux maires se sont contactés une fois par semaine. Toutes les autres activités habituelles étaient devenues impossibles.

- Quelle est à peu près la proportion des personnes qui habitent Słubice (qu'ils soient allemands ou polonais) et travaillent à Frankfurt/Oder? La fermeture de la frontière a-t-elle été pour eux une grande difficulté?

Sören BOLLMANN : Je n’ai pas les chiffres exacts, mais la moitié environ des gens qui travaillent à Słubice sont dépendants des clients allemands qui viennent acheter à Slubice. 20% des gens qui habitent à Słubice travaillent en Allemagne. Il faut imaginer que la plupart des gens vivent d’une façon ou d’une autre en traversant la frontière plusieurs fois par jour. Pour faire leurs courses, pour aller à l’école ou chez le médecin. Ils ont une partie de leur vie dans l’autre pays. Il y a eu un moment où en Allemagne les écoles ont repris, mais elles étaient fermées en Pologne. C’était donc compliqué pour les étudiants polonais habitant en Pologne qui devaient aller étudier en Allemagne. Nous avons donc organisé pour eux le passage de la frontière et avons réservé des places dans des hôtels en Allemagne afin qu’ils puissent habiter sur place.

- Il y a probablement d'autres villes allemandes qui ont une situation semblable à la vôtre (par exemple Görlitz): avez-vous partagé vos expériences avec ces villes?

Sören BOLLMANN : A vrai dire les échanges avec d’autres villes dans cette situation sur la frontière polonaise n’étaient pas très intenses. Nous avons beaucoup échangé en revanche avec les villes sur les frontières d’Espagne, Suède, Finlande, Portugal.



Agenda Lettre Europe juillet - août 2020

  • Jeudi 2 juillet, 14h00 – 15h30

Réunion du comité de pilotage des Erasmus Days dans le Gard

Première rencontre de travail pour décider le format des Erasmus Days dans le Gard en 2020, alors qu’en octobre il y aura probablement encore des précautions sanitaires à prendre.

  • Maison de l’Europe, 46 rue de la République, Nîmes

Vendredi 3 juillet, 12h – 19h Les Baux de Provence : Sortie de fin d’année avec les volontaires du Corps européen de solidarité et leurs tuteurs

  • Rendez-vous à 12h à la Maison de l’Europe de Nîmes

Lundi 6 juillet, 9h – 16h Séminaire des animateurs des collectifs départementaux de mobilité en Région Occitanie Les 13 animateurs/trices des collectifs départementaux en Occitanie se réunissent pour préparer la rentrée 2020 en tenant compte des nouvelles exigences du programme Erasmus+ 2021 - 2027

  • Réunion à distance avec Gotomeeting

Samedi 25 juillet – Dimanche 9 août

  • Fermeture d’été de la Maison de l’Europe


Samedi 5 septembre 9h – 18h Forum des Associations de la Ville de Nîmes

  • Centre-ville de Nîmes (habituellement ce Forum est sur l’Esplanade Charles de Gaulle)

Vendredi 11 septembre, 17h00 – 18h30 Webinaire : “Le Pacte vert européen, projet, promesse ou programme ?” Avec la participation de Sandrine Buresi de l’association GEFOSAT, d’un/e député/e européen/ne et d’un représentant de la Région Occitanie En partenariat avec Mouvement européen du Gard, le Mouvement européen des Pyrénées orientales et le Centre d’information Europe Direct Pyrénées et le soutien du Parlement européen

  • Plateforme Zoom


L'EUROPE EN REGION


L’Europe soutient une association très sociale dans le Lot !

Dans les Lettres Europe précédentes nous avons parlé de la série de vidéos "Bonjour tandem en Occitanie": la Région Occitanie propose une série de vidéos courtes (moins de 6 mn chacune) sur des projets sur son territoire financés en partie par l'Union européenne.


Ces réalisations, de natures très diverses, sont visitées par deux garçons qui se déplacent sur un tandem original. Lien pour voir ces vidéos: https://www.europe-en-occitanie.eu/Webserie-Bonjour-tandem-en-Occitanie


Après un atelier de confection de jeans à Florac, l'Urban Parc à Alès et la conchyliculture MarNostra à Frontignan, au bord de la Méditerranée, nous allons dans le Lot à Figeac, à l’association REGAIN.



L’association REGAIN est née de la volonté collective de mener de front des actions en faveur de l’environnement et en faveur des publics éloignés de l’emploi. L’association mène des projets visant l’amélioration de la qualité de l’environnement et la création d’emplois pour des personnes rencontrant des difficultés particulières.


Regain développe ainsi un projet économique à vocation sociale (créateur d’emplois et de richesses pour tous). Elle initie et promeut des démarches visant la qualité de l’environnement par des actions d’information, de sensibilisation et de formation ou des actions très concrètes (nettoyage de rivières, par exemple) et participe à la mise en œuvre d’activités dans les services aux collectivités, aux entreprises et aux particuliers.


Guidée par le principe de reconnaissance par le travail, Regain accompagne ses salariés dans la construction de leurs parcours professionnels et développe leurs compétences et aptitudes professionnelles. Regain favorise l’accès aux droits et à la reconnaissance, le développement de liens sociaux. Elle offre ainsi l’occasion à des personnes éloignées du travail ou des formations, ou qui pour certaines ont un passé très lourd, de donner une nouvelle orientation à leur vie, dans un cadre de collaboration et de respect de chacun.


Récemment Regain a bénéficié de deux subventions européennes :


200 000 € du Feader (Fonds européen pour l’agriculture et de développement rural) pour la construction d’une nouvelle recyclerie (vente à prix très bas d’objets, vêtements, meubles donnés à l’association qui trouvent ainsi une nouvelle vie en rendant un service économique aux acheteurs). La subvention du Feader représente presque 25 % du coût total du projet, 815 000 €.


17 900 € du FSE (Fonds social européen) pour des actions de réinsertion et formation, dont le coût global est 36 000 €.



Pas du tout sociale l’Union européenne ?...

Certains de ses détracteurs reprochent au Fonds social européen d’avoir dans ses objectifs l’insertion ou réinsertion de personnes dans le marché du travail, « cela montrant bien que l’UE est au service des entreprises » … nos lecteurs apprécieront cet argument très artificiel, venant certainement de personnes bien installées dans leur emploi… mais y a-t-il mieux que l’emploi pour sentir qu’on appartient à la société avec le sentiment de lui être utile, avec fierté ?


Exemple d'aide européenne à une entreprise de la santé à Nîmes: APPI


Le projet SaTie-PR, développé par l’entreprise nîmoise APPI-TECHNOLOGY, est un système de télé-suivi innovant adapté à la PR (Polyarthrite Rhumatoïde). Il a reçu en 2016 un label d’excellence par la Commission européenne, dans le cadre du programme européen Horizon 2020.

Le fonds FEDER (Fonds européen de développement régional) lui a attribué une aide de 141 000 euros, soit 45 % du montant total du projet, 314 000 euros. Le projet s’inscrivait dans la période 2015-2020.


APPI (Active Protection Personal Instrument) – TECHNOLOGY est spécialisée dans la mise au point et la fourniture de solutions de communication et de sécurité fiables et complètes aux professionnels (l’industrie, la sécurité civile et militaire) et pour les activités en zones non couvertes par les réseaux et éventuellement en zones à risques.

L’entreprise nîmoise est liée au groupe américain du même nom, dont le siège est près de Boston… et du prestigieux Massachussetts Institute of Technology (MIT).


Le projet collaboratif SaTie-PR avait pour objectif de créer et tester un système de télé-suivi innovant, nommé OveRA, adapté à la PR (Polyarthrite Rhumatoïde), avec un suivi personnalisé des thérapies et une évaluation hebdomadaire des aspects fonctionnels, sociaux et psychologiques.


L'ESPACE DU MEF30


Le Pacte vert européen : projet, promesse, ou programme ?


(À l’initiative du MEF-30, et en partenariat avec les Centres Europe Direct de Nîmes et Prades et le MEF-66, une visio-conférence-débat se tiendra en septembre sur ce même thème avec la participation de professionnels et d’élus concernés par la question. D’autres informations suivront sur les modalités de cette manifestation et la manière de s’y inscrire).


Le 11 décembre 2019, quelques jours à peine après avoir été élue (de justesse) par le Parlement européen comme présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen prend tout le monde de vitesse en publiant une communication sobrement intitulée « Le Pacte vert européen » (titre original the European Green Deal). Les europhiles sont ravis, les écologistes, qui n’ont pas voté pour elle n’en croient pas leurs yeux, quant aux europhobes et autres euro-destructeurs, ils commencent à manger leur chapeau - exercice qu’ils devront réitérer quelques mois plus tard, mais c’est une autre histoire.



Dans un premier temps, la presse a salué assez unanimement l’ambition courageuse de Mme von der Leyen, non sans considérer parfois que cette ambition même, peut-être démesurée, vouait le projet à l’échec. Au cours des mois suivants, la crise sanitaire a éclipsé tous les autres sujets, dont celui-là, et la Commission elle-même a semblé avoir d’autres chats à fouetter pour parer au plus pressé.


Or, surprise : comme la présidente s’y était engagée, la Commission européenne présente le 20 mai 2020 un premier paquet de propositions liées au Pacte vert. On y trouve la réforme de la PAC avec son fameux programme « From farm to fork », qu’on pourrait traduire en français « de la fourche à la fourchette » (ce serait plus joli que « De la ferme à la fourchette »), complétées par un volet sur la préservation de la biodiversité. Dès lors, on commence à se dire que ce Pacte vert européen est sans doute une affaire sérieuse.


Mais de quoi s’agit-il exactement ?


Plutôt que de le comprendre à travers les articles qui en parlent, le plus simple est de se reporter au texte même de la communication du 11 décembre 2019 quitte à se résigner à une lecture un peu laborieuse. Pour ce faire, rien de plus simple, cliquer sur ce lien : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:52019DC0640&from=EN


En fait, on est vite récompensé de l’effort de lecture, car le texte exprime en termes simples, sur une trentaine de pages serrées, une ambition posée d’emblée comme nécessairement transversale à tous les secteurs, à toutes les préoccupations. Au final, il ne s’agit ni plus ni moins que d’atteindre en 2050 la neutralité carbone en Europe ! Est-ce une utopie ? Peut-être, mais le fait est que de plus en plus de voix, et d’expériences concrètes, montrent que la chose est réalisable. Il y faut une volonté politique. La voilà.



Au passage, une autre bonne surprise : loin du jargon européen habituel (mais il est vrai qu’il ne s’agit pas d’un texte juridique), ce texte concret et précis fourmille de concepts nouveaux et très parlants qu’il faudra veiller à faire entrer dans le langage courant, tant ils peuvent réconcilier techniciens et décideurs, rêveurs et artisans, angoissés des fins de mois et de la fin du monde. Économie circulaire, transformation numérique, transition juste, vague de rénovation, verdissement des villes, économie bleue, diplomatie du pacte vert : autant de termes qui ne sont pas de simples pétitions de principe, mais qui s’adossent à des outils et des dispositifs existants (InvestEU), à relancer (comme le projet de directive « Eurovignette »), à consolider (comme le semestre européen, sur lequel nous reviendrons), à créer (comme le Fonds pour une transition juste) ou en cours de création (comme la Convention des Maires de l’UE pour le Climat et l’Énergie). Bref, dans cette communication d’Ursula von der Leyen, aucun secteur (de la mobilité aux pesticides en passant par la chimie), ni aucune dimension (sociale, éducative, technologique) n’est oubliée.


En fin de texte, une feuille de route thème par thème, avec un calendrier de réalisation serré (la plupart des actions devront voir le jour avant la fin de 2021) crée pour la Commission von der Leyen une obligation au moins de moyens, sinon de résultats.


Il ne reste plus qu’à penser, et à espérer fortement, que cette Commission, comme une célèbre agence de pub des années 80, tiendra ses promesses, et autrement qu’en nous tournant le dos (les moins jeunes comprendront).


DES NOUVELLES DE L'EUROPE

Racisme et Europe


À peine étions-nous sortis du confinement que notre pays, avec bien d’autres, a vu fleurir de nombreuses manifestations contre le racisme. Au-delà de manifestations de rue, sans doute respectables - malgré quelques amalgames qui peuvent laisser perplexe -, c’est l’occasion de rappeler que l’Europe est aussi un espace où l’action contre le racisme et toutes les discriminations prend tout son sens. Plus : le refus des discriminations est dans l‘ADN du projet européen. Il suffit de se reporter aux différents textes, du Traité de Rome à celui de Lisbonne, sans oublier la Charte des Droits sociaux fondamentaux, pour en trouver la marque.


Mais au-delà des pétitions de principe, l’Union européenne s’est aussi dotée d’outils opérationnels pour agir concrètement sur ce terrain. Ainsi s’est créé en 1997 l’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC), devenu en 2007 l’Agence des droits fondamentaux de l’UE (FRA), qui siège à Vienne (Autriche). Cette transformation a étendu le mandat de l’Observatoire ; l’Agence est en effet chargée non plus d’«observer», mais bien de protéger les droits fondamentaux des personnes qui résident dans l’UE, par un travail de collecte, d’analyse, de diffusion et d’évaluation des informations concernant les droits humains, et de publication des conclusions et avis rendus sur la base de ces analyses.


En complément de l’Agence, l’IEDDH (Instrument européen pour la Démocratie et les Droits de l’Homme) a vu le jour en 2014 et a été doté de1,25 milliard d’euros sur la période 2014/2020 en vue d’agir contre le racisme et la xénophobie (en Europe et ailleurs dans le monde). De nombreuses actions relevant de son champ de compétences peuvent être co-financées, voire financées directement, à commencer par des rencontres de jeunes (Erasmus+ notamment), dont il est fréquent que l’intitulé rencontre les objectifs de l’IEDDH.


Pour en savoir plus : https://www.europedirectpyrenees.eu/wp-content/uploads/2014_2020_fiche_pratique_EIDHR_IEDDH_democratie_droits_homme_20200410.pdf, fiche réalisée par le CIED de Prades dans les Pyrénées-Orientales (et partenaire de la Maison de l’Europe de Nîmes).


Connaissez-vous les corridors européens ?






Même quand on se pense bien informé sur la construction européenne, on en découvre chaque jour de nouveaux aspects, souvent peu connus. La communication est-elle en cause ? Non, sans doute, mais plutôt la richesse et l’étendue de ces réalisations.

En voici un exemple.



Ici, il ne s’agit pas de corridors humanitaires, un terme sans équivoque, qui nous est malheureusement familier depuis une trentaine d’années.


Au cas présent, c’est de transport qu’il s’agit, plus précisément de transport de biens. C’est tout simplement (façon de parler…) la concrétisation - certes tardive - des ambitieuses propositions de Jacques Delors, alors président de la Commission européenne. L’idée a commencé à voir le jour dans les années 2000, pour éclore enfin en 2010 et 2013 sous la forme de deux Règlements (n°913/2010 et n°1316/2013).


Rappelons qu’un Règlement européen, contrairement à une directive, est dit d’applicabilité directe, sans nécessité d’être transcrit, parfois adapté, dans chaque État-membre. Il comporte en outre l’avantage de déclencher quasi-automatiquement des financements européens pour accompagner sa mise en œuvre. Financements indispensables ici, comme on va le voir.



Un corridor européen, à quoi ça sert ? Concrètement, c’est un itinéraire dessiné sur la carte de l’UE, visant à faciliter au maximum le transport de biens entre les États-membres, principalement par le chemin de fer - on en voit tout l’intérêt en ces temps de transition écologique. Au-delà du rail, il vise à combiner tous les modes de transport : routier, ferroviaire, fluvial et maritime (l’aérien est donc exclu même si les aéroports sont concernés comme plateformes de chargement/déchargement de fret). Faciliter au sens matériel, en évitant tous les goulots d’étranglement, qui sont parfois synonymes de rupture de charge (changement de mode d’acheminement), source de délais et de surcoûts. Il va de soi que les obstacles administratifs (douaniers et autres) entrent dans cet effort de facilitation, mais ils ont été pour la plupart réglés bien en amont.


On imagine mal la somme de contraintes techniques qu’il faut dépasser pour parvenir à une telle harmonisation, laquelle est d’ailleurs loin d’être acquise puisque cet achèvement est fixé à l’horizon 2030, au prix d’un effort d’investissement global qui avoisine les 750 milliards d’euros. Pour se faire une idée de ce que tout cela représente, voit : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/territoires-europeens-regions-etats-union/rte-t/corridor-ferroviaire-rhin-alpes. Cet article un peu technique, mais très documenté illustre le projet à partir du corridor « Rhin-Alpes », qui part des Pays-Bas pour aboutir à Gênes. Un trajet qui présente la particularité de traverser la Suisse, ce qui n’a pas dû faciliter les négociations - même si les Suisses ont depuis longtemps l’habitude d’être, si l’on peut dire, « traversés », et disposent pour ce faire du réseau le plus opérationnel du mode.



Et parlant de négociations compliquées, pensons à la tâche à laquelle sont confrontés les négociateurs du Brexit ; d’autant que si le Royaume-Uni doit logiquement sortir du corridor « Mer du Nord-Méditerranée » (cf ci-dessous) l’Irlande, elle, lui reste liée.


Neuf « corridors européens » (on parle parfois de corridors de fret, puisqu’il ne s’agit que de biens et non de personnes) ont ainsi été retenus, ainsi qu’on peut les voir matérialisés sur la carte ci-dessous.


Notons au passage que si la France n’est traversée que par trois de ces corridors (peut-être du fait de la taille du territoire, à vérifier), Nîmes est située sur l’un des 9, à savoir le tracé « Méditerranée » qui relie Séville à Budapest.


Budapest, et au-delà devrait-on dire, car cette première réalisation ouvre la voie à un autre projet, au moins aussi ambitieux : celui des corridors « paneuropéens », au nombre de 10 cette fois, qui intéressent certains pays de l’ex-URSS (Ukraine, Biélorussie, Russie, Moldavie) ainsi que les États des Balkans non membres de l’UE. Pour en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Corridors_paneurop%C3%A9ens.




Le télétravail en Europe


Le saviez-vous ? L’Europe protège aussi les télétravailleurs !







Un spectre hante l’Europe : le télétravail. Et cela ne date pas d’aujourd’hui, car on pourrait considérer que le travail à façon, effectué à domicile tout au long du XIXe siècle par des travailleurs supposés indépendants en était déjà une forme très répandue. La réalité est évidemment plus complexe, car ces façonniers dépendaient en fait de donneurs d’ordre qui leur imposaient des prix et des délais et qui, de plus, les obligeaient à utiliser et entretenir leurs propres machines. En fin de compte, le regroupement de ces producteurs sur un même lieu, qu’on l’appelle atelier ou usine - plus rarement bureau - a constitué de fait un énorme progrès social, en modifiant l’équilibre des forces au profit des travailleurs.


Dès lors, dira-t-on, n’en est-il pas de même avec le télétravail qui a pris en peu de temps, alors même que personne ne s’y attendait, une place si importante dans notre système productif, et cela partout en Europe ? Après tout, le télétravailleur est, lui aussi, pris dans un lien de subordination, et la relative souplesse dont il jouit dans son organisation personnelle s’échange contre d’autres obligations -dont celle d’être rentable pour son employeur- sur lesquelles il n’a pas de prise.



Il se trouve que dans cette situation nouvelle, le télétravailleur de 2020 jouit d’une protection équivalente - et même, à certains égards, supérieure- à celle du travailleur « sur site », et cela grâce à une initiative prise dès 2002 par la Confédération européenne des syndicats (CES). L’histoire mérite d’être rappelée car, comme souvent, elle est largement méconnue.



En 2002 donc, les dirigeants de la CES ont jugé opportun de prendre les devants, et d’amener les représentants du monde patronal (Centre européen des entreprises publiques ou CEEP, et Union des Industries de la Communauté européenne ou UNICE) à la table de négociation afin de convenir d’un statut du télétravailleur. De ces discussions est sorti un accord autonome des acteurs sociaux mis en œuvre par eux-mêmes au niveau national et sectoriel ; la procédure était prévue par le Traité européen (à l’époque des premières discussions, le Traité d’Amsterdam de 1997).


Entre autres dispositions, l’accord prévoyait un alignement des conditions d’emploi du télétravailleur sur le statut classique, avec notamment des exigences en matière d’égalité salariale et de respect des temps de travail, un contrôle de la production proportionné et non inutilement intrusif, et surtout le respect intangible du volontariat.


La mise en œuvre de l’accord s’est ensuite faite de manière différenciée selon les pays, mais de fait cette forme d’emploi a continué de progresser en douceur, et ce d’autant plus qu’elle était encadrée par cette nouvelle norme juridique. À la veille de la pandémie, la proportion de télétravailleurs stables (on dénombre également les télétravailleurs « occasionnels », ce qui double ce chiffre) était d’environ 5% pour l’ensemble de l’UE, allant de 0,5% en Bulgarie à 14% en Finlande et aux Pays-Bas. En France même, ce chiffre était de 7%, supérieur aux statistiques allemandes qui s’établissaient à 5%.



Puis, le COVID-9 est arrivé et ces chiffres ont explosé. Aucune donnée européenne n’est encore disponible, mais on estime qu’un quart de la population active française est passée en télétravail. De manière très différenciée selon les secteurs, pour d’évidentes raisons.


Ce qu’on retiendra surtout, c’est qu’une fois encore, même sur une question sociale qui échappe en partie à la compétence européenne, c’est bien l’Europe qui s’est montrée productrice de normes nouvelles, qui tirent vers le haut le niveau de protection des travailleurs. Cela contredit comme toujours les prédictions des esprits chagrins qui soutiennent, envers et contre tout, que tout effort d’harmonisation des règles sociales conduit nécessairement à un alignement par le bas.



Pour en savoir plus :


https://www.touteleurope.eu/actualite/le-teletravail-en-europe.html


https://www.sauvonsleurope.eu/teletravail-leurope-la-france-et-les-autres-quelle-reglementation/


Le texte de l’accord européen de 2002 peut être retrouvé sous : http://resourcecentre.etuc.org/linked_files/documents/Telework%20-%20ETUC%20interpretation%20guide%20FR.pdf

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