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Lutte contre les incendies : les pays européens se serrent les coudes

L’an dernier la France envoyait ses pompiers et ses avions lutter contre les incendies en Grèce et dans plusieurs pays méditerranéens dans le cadre du mécanisme de protection civile de l’UE. Cette année nous avons appelé à l’aide par deux fois, le 14 juillet puis le 9 août.


Source : Parlement européen


La situation en France et en Europe

Outre la France, la Slovénie, le Portugal ou encore l’Albanie ont eux aussi déclenché le processus d’aide durant l’été. « Le mécanisme de protection civile de l’UE a été activé neuf fois par cinq pays, avec un degré de solidarité manifesté par les États membres de l’UE sans précédent », s’est félicité le commissaire européen chargé de la gestion des crises Jansez Lenarčič.

29 avions, huit hélicoptères, près de 400 pompiers et plus de 100 véhicules ont ainsi pu être déployés à destination des pays de l’Union dont les moyens nationaux étaient insuffisants. En France, au plus fort de la crise en Gironde, un tiers des pompiers luttant contre les feux et la moitié de la flotte de Canadairs provenaient de pays étrangers. La France a en effet bénéficié de 6 des 12 avions Canadairs de la réserve européenne RescUE.

« Il faut noter la forte et rapide mobilisation des pompiers européens. Les Roumains sont arrivés en 15 heures sur le théâtre des opérations ! » Cela montre un aspect concret et humain de l’Europe. Sans compter qu’il n’y a eu aucune perte de vie humaine » souligne Adina Revol, porte-parole de la Commission européenne en France.

« Merci aux équipes qui se sont mobilisées avec courage ... Des communes à l’Union européenne, c’est toute la chaîne de solidarité qui a fonctionné » a déclaré Laurence Boone la Secrétaire d’État chargée de l’Europe.

Les pompiers européens en renfort dans les incendies des Landes Source SDIS33


Des moyens de lutte et de prévention au niveau européen

Cet été, l'Union européenne a mobilisé des avions, du personnel et des hélicoptères de lutte contre les incendies pour aider les États membres et les pays voisins à faire face aux incendies de forêt dévastateurs via le mécanisme de protection civile et RescEU.

Grâce à ce mécanisme, la Commission européenne joue un rôle essentiel dans la coordination de la réaction aux catastrophes en Europe et au-delà, et prend en charge au moins 75 % des coûts liés au transport et/ou aux opérations de déploiement.

Source : Commission européenne


En mettant en commun les capacités et les compétences de protection civile, ce mécanisme permet une réponse collective plus forte et plus cohérente. Outre les États-membres de l’UE, sept États (Islande, Norvège, Serbie, Macédoine du Nord, Monténégro, Turquie et Royaume-Uni) participent actuellement au mécanisme. Depuis sa création en 2001, le mécanisme de protection civile de l’UE a répondu à plus de 330 demandes d’aide à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union européenne.

Le dispositif RescEU, issu de la dernière réforme du mécanisme de protection civile de l’Union européenne entrée en vigueur en mars 2019, permet la mise en place d’une nouvelle réserve européenne de ressources (la «réserve rescEU»), qui comprend une flotte d’avions et d’hélicoptères bombardiers d’eau, des avions d’évacuation médicale, ainsi qu’une réserve de matériel médical et des hôpitaux de campagne pour faire face aux urgences sanitaires et aux incidents chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires.

Pour lutter contre les feux de forêt, 7 pays mettent à disposition des autres Etats-membres 13 avions et 6 hélicoptères bombardiers d’eau : Chypre, la Croatie, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Italie et la Suède. Prête à intervenir à tout moment si les capacités nationales sont insuffisantes pour faire face au feu, la flotte RescEU est cofinancée par la Commission européenne. La France contribue avec l’engagement d’un Dash, prêt à être mobilisé du 15 juin au 30 octobre 2020, s’il n’est pas déjà engagé sur le territoire national. La Commission européenne a déjà promis de doubler sa flotte d'ici 2029.

Le service de cartographie d’urgence par satellite Copernicus de l’UE : Des images très précises ont pu aider les autorités à identifier les zones brûlées, les foyers actifs ou encore les zones d’habitations à protéger. Le service a été activé 46 fois par 15 pays, dont la France.


Une réflexion sur l’avenir


L’Europe met en place de nombreux projets de recherche et de partage de méthodes pour affronter les incendies qui devraient s’accentuer dans les années à venir.

"Avec la hausse des températures globales et la baisse des précipitations, les incendies battent des records sur le plan de la vitesse de propagation, de l’intensité, de l’impact. La zone à risque va s’étendre vers le nord de l’Europe et en altitude" prévient Eric Maillé, ingénieur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). Dans ce contexte, les services de luttes nationaux auront du mal à tenir. Une force d’action plus européenne est nécessaire.

Afin de mieux prévenir, lutter, et encaisser ces incendies, l’Union européenne mise sur des transferts de pratiques.

La culture du feu, c’est-à-dire les brûlages dirigés, encore présente dans certaines régions transalpines ou au Portugal, manque cruellement à la France. En Toscane, le débroussaillage est pratiqué de façon collective, une pratique encore difficile à imposer aux Français. À l’inverse, la France est performante sur l’information des usagers des espaces naturels (touristes, visiteurs).

Des travaux de recherche portent actuellement sur le transfert d’espèces végétales dans de nouveaux territoires. Comme le climat se déplace très vite, les plantes locales n’ont pas le temps de s’adapter. Des expérimentations ont lieu sur du chêne vert, une essence méditerranéenne particulièrement résiliente face aux incendies, que nous pourrions aider à s’installer dans les régions plus septentrionales.

D’autres projets européens de recherche sont en cours, comme FIRE-RES, qui court de 2021 à 2025 : 34 partenaires scientifiques dans de nombreux pays tentent de rendre les territoires plus résilients aux feux extrêmes. De son côté, l’Inrae développe un système de prévision grâce à des images satellites en Europe du Sud.

La Commission vient de présenter la première évaluation pan-européenne des risques d'incendie de forêt (Wildfire Risk Assessment). Le nouvel outil fournit des données harmonisées et permet une évaluation comparable des risques d'incendie de forêt dans les pays de la région paneuropéenne. En utilisant des données des 20 dernières années, il donne un aperçu des risques structurels actuels. Il est le résultat de la collaboration entre la Commission et des spécialistes des incendies venant de 43 pays.

Source : mécanisme européen de protection civile


Si les incendies sont des évènements traumatisants et dévastateurs, les populations et les collectivités territoriales ne sont pas seules pour lutter et tenter de prévenir ces catastrophes, la solidarité européenne n’est pas un vain mot.

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