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Nouvelle carte géopolitique de l’Europe : des enjeux politiques forts pour l’UE

De septembre à novembre, six élections nationales se déroulent dans les Etats membres de l'UE, certaines à haut risque pour l'EU.

Après les élections en Suède et en Italie, d’autres scrutins législatifs et présidentiels auront lieu en Lettonie, Bulgarie, Autriche et Slovénie - Crédits : Toute l’Europe


  • 11 septembre : élections législatives en Suède

Les premiers scrutins de la rentrée européenne se sont déroulés en Suède : le 11 septembre le bloc formé par trois partis de droite et le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède bien mal nommé est arrivé premier d’une courte tête. Avec 20,5 % des voix en seconde place, les Démocrates de Suède apparait comme le grand vainqueur du scrutin. Issu d’un groupe néonazi et mené par Jimmie Åkesson ce parti a marqué la campagne électorale par ses thèmes de prédilection : l’insécurité et l’immigration. Son leader ne sera sans doute pas au gouvernement, mais un accord de coalition lui donnera le dernier mot sur la stratégie de Stockholm. Sa priorité : "Il est temps de faire passer la Suède d'abord." Pas un mot sur l'Europe et ses crises, pas un mot sur l'Ukraine et la guerre. La Suède se détache de l'unité européenne, alors qu'elle en prendra la présidence tournante en janvier.


  • 25 septembre : élections générales en Italie

L’Italie est entrée dans le petit groupe des pays membre de l’UE désormais dirigés par l’extrême droite et qui, outre la Suède, compte déjà la Pologne et la Hongrie.


Le parti postfasciste Fratelli d’Italia (Frères d’Italie) est arrivé en tête du scrutin avec plus de 26 % des voix. Issu en 2012 du Mouvement social italien, fondé par des adeptes de l’ancien dictateur Benito Mussolini, il est aujourd’hui mené par Georgia Meloni. L’alliance conclue par cette dernière avec Forza Italia, formation dirigée par l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi (environ 8%), et la Ligue de Matteo Salvini (environ 9 %) totalise plus de 44 % des suffrages, s’assurant la majorité des sièges à la Chambre des Députés ainsi qu’au Sénat. Georgia Meloni va devenir la première femme présidente du Conseil italien, au terme de négociations sur la composition du futur gouvernement.


Les milieux européens s’inquiètent de la politique que pourrait mener ce trio marqué par l’euroscepticisme et ses accointances (pour Salvini et Berlusconi) avec la Russie de Vladimir Poutine.


Pour la première fois, l’un des pays fondateurs de l’Union européenne va être gouverné par l’extrême droite.


Mais en Italie, l’instabilité gouvernementale est chronique, les experts s’accordent déjà sur la courte espérance de vie de la coalition victorieuse, « un mariage de raison entre trois alliés aux ambitions concurrentes », selon L’Obs. Il ne sera pas chose aisée de gouverner pour Giorgia Meloni entourée d’un Matteo Salvini décrit par ABC Internacional comme “un leader incontrôlable en chute libre, perdant le leadership de son parti et manquant de crédibilité internationale”, et d’un Silvio Berlusconi “au crépuscule de sa carrière politique”.


De plus, Le futur gouvernement devra gérer la crise causée par la flambée des prix, alors que l’Italie croule sous une dette représentant 150 % du PIB, le ratio le plus élevé de la zone euro derrière la Grèce. Elle ne peut pas faire l’impasse sur les 192 milliards d’euros du plan de relance de l’UE dont elle est la première bénéficiaire.


Si la coalition a promis de respecter les alliances internationales de l’Italie, ses engagements vis-à-vis de l’Otan ainsi que son soutien à l’Ukraine face à la Russie, sa campagne a mis aussi particulièrement en avant “l’intérêt national” du pays.


De leur côté les partis européens d’extrême droite se sont réjouis.


Akesson (Suède) - Meloni (Italie) - Orban (Hongrie) - Morawiecki (Pologne)

Crédits : Politikerveckan Almedalen - Wikimedia Commons Conseil européen - Montage : Toute l’Europe


« Nous avons plus que jamais besoin d’amis partageant une vision et une approche communes de l’Europe », s’est réjoui Viktor Orbán. « L’Europe devient une Europe des vraies valeurs », se félicite pour sa part Mateusz Morawiecki, le Premier ministre polonais. Même son de cloche du côté de Santiago Abascal, leader du parti d’extrême droite espagnol Vox : «Giorgia Meloni a ouvert la voie à une Europe fière, libre et souveraine, capable de coopérer pour la sécurité et la prospérité de tous.»


  • 1er octobre : élections législatives en Lettonie

Le 1er octobre, les Lettons éliront leur Parlement (Saiema) pour quatre ans. Selon les derniers sondages, de nombreux partis en lice (sur un total de 19) sont susceptibles d’obtenir plus de 5 % et donc au moins un siège, rendant impossibles des prévisions sur la composition du futur gouvernement. Avec 19 % des intentions de vote, le parti Unité du Premier ministre sortant Krišjānis Kariņš (conservateur) mène actuellement la course en tête.


  • 2 octobre : élections législatives en Bulgarie

Les Bulgares choisiront quant à eux leurs députés le 2 octobre. Il s’agit de la quatrième élection depuis avril 2021, le pays étant en proie à une importante crise politique. A la mi-septembre, le parti conservateur Gerb, mené par l’ancien Premier ministre Boïko Borissov, était en tête des sondages avec 26 % des intentions de vote, devant le parti de Kiril Petkov (19 %).

La question du positionnement du pays vis-à-vis de la Russie est un enjeu important de la campagne. Si les deux partis favoris sont pro-européens, les principales forces pro-Kremlin cumulent un peu plus de 20 % des intentions de vote.


  • Octobre et novembre : élections présidentielles en Autriche et en Slovénie

Deux élections présidentielles doivent également se tenir, en Autriche le 9 octobre et en Slovénie en octobre-novembre. Si dans les deux Etats la fonction présidentielle est essentiellement honorifique, l’actuel président autrichien Alexander Van der Bellen, écologiste élu en 2016 face à l’extrême droite, a joué un rôle important lors de la crise politique qu’a connu son pays en 2019. Il avait pris la décision de nommer l’ex-présidente de la Cour constitutionnelle Brigitte Bierlein à la tête d’un gouvernement indépendant. Face à une extrême droite en hausse dans les sondages, M. Van der Bellen est candidat pour un second mandat.


  • Mai 2024 : élections européennes

Il reste encore un peu de temps pour se préparer à l’élection, dans les 27 Etats membres, des 705 députés du Parlement européen. Dans les différents pays, les partis s’y préparent déjà.


Isabelle ROUSSY



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