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Quatre brèves d'Europe




Mise en place du parquet européen, « un moment historique » pour l’UE


Le parquet européen, nouvelle instance destinée à lutter contre la fraude et la corruption affectant les fonds de l’UE, est officiellement entré en fonction le 1er juin 2021, a annoncé sa cheffe, Laura Kövesi, saluant « un moment historique ».

« Notre succès est une question de crédibilité pour notre Union », a déclaré l’ancienne magistrate du parquet anticorruption roumain, soulignant que la mise en place de cette instance avait nécessité « plus de deux décennies de discussions » et « des négociations politiques difficiles ».


L’une de ses premières missions sera de surveiller l’utilisation des dizaines de milliards d’euros du plan de relance qui vont être distribués pour aider les pays de l’UE à faire face aux conséquences de la crise sanitaire.


Cette instance supranationale, basée à Luxembourg, est chargée d’enquêter, de poursuivre et traduire en justice les auteurs d’infractions portant atteinte au budget de l’UE. C’est un pouvoir tout à fait inédit.

Vingt-deux pays de l’UE participent à cette coopération judiciaire renforcée, seuls la Hongrie, la Pologne, l’Irlande, la Suède et le Danemark n’y participent pas et la Slovénie n’a toujours pas nommé de procureur délégué.

Mme Kövesi a dénoncé « un manque de coopération sincère » de la part de ce dernier pays (dont le premier ministre s’inspire beaucoup des méthodes qui étaient employées par Trump - NDLR), tout en assurant que « personne ne va empêcher » le parquet européen de travailler.




Robert Schuman reconnu « vénérable » par le pape : c’est fait !


Le mois dernier nous vous disions : Le Vatican s’apprêterait (dès cette année?) à déclarer Robert Schuman « vénérable ». Hé bien c’est fait, depuis le 19 juin !

Étape vers une éventuelle béatification puis peut-être canonisation, la reconnaissance par l’Église catholique d’une personne comme « vénérable » suppose l’examen approfondi de sa vie et de ses écrits.


Né à Luxembourg en 1886, avec la nationalité allemande, Robert Schuman devient français à la fin de la 1ère guerre mondiale. Élu député de la Moselle, il est ministre des affaires étrangères de 1948 à 1952 et le 9 mai 1950 il fait sa célèbre déclaration : «... Le gouvernement français propose de placer l’ensemble de la production de la France et de l’Allemagne de charbon et d’acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe. …. ». Cette déclaration pose les fondements de ce qui deviendra par étapes l’Union européenne.


Ayant vécu deux guerres mondiales, Robert Schuman a su faire coïncider son action politique avec le pardon aux anciens ennemis : la volonté de réconciliation l’a emporté sur la tentation de la vengeance.




La « cerise des coteaux du Ventoux » labellisée « IGP » par l’Union européenne


Le 11 juin 2021, la « cerise des coteaux du Ventoux » a rejoint le registre des Indications géographiques protégées (IGP) de l’UE, qui totalisera ainsi 1762 produits alimentaires protégés. Elle est la première cerise française à être labellisée IGP. Outre des avantages économiques, ce label est une reconnaissance du savoir-faire des producteurs.

L’IGP distingue des produits alimentaires dont la qualité ou la réputation a un lien précis avec une aire géographique déterminée. Leur production, leur transformation ou leur élaboration doivent être faites dans cette aire géographique.

Pour cette cerise, le label impose une maturité optimale, un calibre supérieur à 24mm, une couleur rouge homogène et une récolte à la main. 6 variétés sont autorisées, dont la burlat, à l’intérieur d’une zone géographique qui s’étale du nord du Mont Ventoux jusqu’au sud du Luberon, en passant bien sûr par les Monts de Vaucluse. Le Vaucluse est le 1er département français pour la récolte de cerises.


Les labels de l’UE qui protègent les produits alimentaires


L’IGP n’est pas le seul label européen qui protège les produits alimentaires de qualité. Il y a aussi l’AOP et la STG.

Le signe AOP (appellation d’origine protégée) est encore plus restrictif que l’IGP.

La STG (spécialité traditionnelle garantie) marque les produits fabriqués avec une méthode ou une composition traditionnelle, sans lien avec le lieu de la production.

Ces labels protègent à la fois les producteurs et les consommateurs. Les producteurs sont protégés contre les imitations (terminée la feta danoise au lait de vache : la feta AOP doit être faite en Grèce à partir de lait de brebis ou de chèvre) et cela préserve des emplois non-délocalisables. Les consommateurs sont certains d’acheter un produit de qualité.


Les accords commerciaux internationaux négociés récemment par l’UE permettent d’étendre cette protection hors de l’UE.


En route vers une IGP pour la grenade cultivée en Occitanie ?

La grenadine est bien connue par des sirops aromatisés, appréciés des enfants, mais la grenade en fruit l’est moins. Il n’y en a d’ailleurs pas ou très peu dans les sirops aromatisés. Ce fruit typique du sud, longtemps limité dans notre région à ce que voulait bien donner un petit arbre dans un coin de jardin (les fleurs rouges sont magnifiques), est actuellement en plein essor, en particulier en Occitanie, surtout dans les départements bordés par la Méditerranée. Conséquence de l’envie de la population de retrouver des goûts authentiques ? Des producteurs se sont regroupés et ont décidé d’organiser cette filière, avec l’objectif d’une marque collective pour à la fois les fruits et un véritable jus de grenade, et en ligne de mire plus lointaine un label européen IGP.



Le saviez-vous ?

Avec l’Europe, les voitures seront encore plus sûres dès 2022


C’est souvent comme ça : sans tambours ni trompettes, l’Union européenne prend des décisions qui améliorent notre vie quotidienne. Des décisions certes frappées au coin du bon sens, mais qui ne sont pas si faciles à prendre. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elles doivent aussi franchir un obstacle majeur : la résistance des producteurs, qui ne voient jamais d’un très bon l’œil l’arrivée de nouvelles normes, de nouvelles exigences, bref, de nouvelles règles. Et pourtant…

Un exemple. Année après année, les normes imposées aux constructeurs de voitures se font de plus en plus contraignantes. Et cela pour le bien-être de tous, passagers, conducteurs, et même citoyens en général. On n’en finirait pas de lister toutes les dispositions qui ont fini par voir le jour malgré la résistance des marques, lesquelles ont bien dû s’adapter, bon gré mal gré.

Voici qu’une nouvelle batterie de mesures voit le jour, après plusieurs années d’une élaboration difficile -quoi de plus normal : à la multiplicité des acteurs aux intérêts souvent contradictoires s’ajoute l’obligation d’arracher une majorité au Conseil de l’UE, puis l’accord du Parlement européen. Un vrai parcours du combattant.


De quoi s’agit-il ?

De rien moins que d’obliger les fabricants d’automobiles à doter tous les véhicules neufs à partir du 1er janvier 2022 - c’est demain - d’une série d’équipements qu’on croyait jusqu’ici réservés soit aux voitures de grand luxe, soit aux gros utilitaires. Citons les plus importants :

  • éthylomètre antidémarrage,

  • systèmes d'avertissement en cas de somnolence et de perte d'attention du conducteur,

  • signaux d'arrêt d'urgence,

  • enregistreurs de données d'événement (l’équivalent des boîtes noires des avions),

  • système automatique de surveillance de la pression des pneumatiques,

  • systèmes avancés de freinage d'urgence,

  • systèmes d'urgence de maintien de trajectoire,

  • etc

L’Europe protège, nous le rappelons inlassablement : en voila un nouvel exemple.



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