Tribune : Quand on veut, on peut, on doit. (Napoléon Bonaparte)

Un des effets collatéraux de la pandémie de la COVID 19, est indubitablement bénéfique pour l’Europe : très vite, les politiques se sont rendu compte que les réponses à un tel tsunami ne pouvaient être que coordonnées.



La mise en place d’un vaccin est vitale pour l’Europe et le monde.

Une alliance éphémère entre l'Allemagne l’Italie, les Pays-Bas et la France (05/06/2020) a très vite été supplantée par une initiative de la Commission européenne, aboutissant à le « Stratégie de l’Union européenne concernant les vaccins contre la COVID-19 (17/06/2020) ».

Son but est :

- Assurer une production suffisante de vaccins dans l’UE et, ce faisant, un approvisionnement suffisant des États membres au moyen de contrats d’achat anticipés conclus avec des producteurs de vaccins par l’intermédiaire de l’instrument d’aide d’urgence.

- Adapter le cadre réglementaire de l’UE à l’urgence actuelle et mettre à profit la souplesse réglementaire existante pour accélérer la mise au point, l’autorisation et la disponibilité de vaccins, dans le respect des normes de qualité, d’innocuité et d’efficacité applicables aux vaccins.


A ce jour, l’UE s’est assurée de disposer en pré-commande de presque 2 milliards de doses (à rapprocher de sa population de 437 millions d’habitants). Les règles de répartition sont fixées au prorata de la population, une adaptation en fonction des circonstances épidémiques étant possible. L’Agence Européenne du Médicament (EMA) a mis sur pied une procédure accélérée, qui lui permet d'examiner les données de sécurité et d'efficacité des vaccins au fur et à mesure de leur parution, avant même qu'une demande formelle d'autorisation soit déposée par le fabricant. Oxford/AstraZeneca, Pfizer/BioNTech et Moderna sont les trois projets de vaccin soumis à cet « examen continu ». L’EMA est en cours de validation de plusieurs candidats vaccins.


Objectivement, c’est un miracle ! Jamais jusqu’à présent en Europe une politique européenne efficace ne s’est mise en place en quelques mois, avec un financement ad hoc, des règles de négociations internationales avec les producteurs, des aides aux industriels candidats, etc… Comme quoi quand on veut on peut !

Autre petit miracle, la Commission a aussi levé près de 16 milliards d'€ dans le cadre de la réponse mondiale au coronavirus, l'action mondiale pour l'accès universel aux tests, aux traitements et aux vaccins contre le coronavirus ainsi que pour la relance mondiale. Team Europe* mobilise plus de 870 millions d'€ pour le mécanisme COVAX**, dont 100 millions d'€ de subventions de l'UE et 400 millions d'€ de garanties d’emprunts.


Certes, la transparence des négociations financières avec les fournisseurs posent question. Mais peut-on faire autrement ? D’autres questions techniques restent en suspens: les vaccins sont-ils capables de stopper l’épidémie, sont-ils capables d’éviter que l’homme ne soit porteur sans être malade par exemple ?

Au vu même des effets sur les bourses mondiales, la disponibilité prochaine de vaccins est le premier vrai rayon de soleil qui traverse le nuage COVID qui nous entoure depuis début 2020.


Reste à savoir si les uns et les autres se vaccineront ? En tout cas, pour moi c’est clair : c’est OUI !!!


Charles-Antoine Roussy, président de la Maison de l’Europe de Nîmes


* : voir l’article sur ce sujet

** : Le COVAX est co-dirigé par l'Alliance Gavi, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) et l’OMS. Son objectif est d’accélérer la mise au point et la fabrication de vaccins contre la COVID-19 et d'en assurer un accès juste et équitable, à l’échelle mondiale.

à l'affiche
Posts récents
Lettres Europe