LETTRE EUROPE
Mars 2026
SOMMAIRE
Le mot du président
Le 24 février 2022, le monde a changé !
Après avoir subrepticement envahi la Crimée en 2014, les troupes russes entrent en Ukraine le 24 février 2022 et veulent en finir avec le « régime nazi » de Kiev en quelques heures, du moins en quelques jours. Mais les Ukrainiens ne se sont pas laissé faire et ont merveilleusement résisté à des envahisseurs beaucoup plus nombreux. Quatre ans plus tard, ils résistent toujours courageusement. Quels enseignements en tirer ?
- Une fois de plus, une super puissance militaire est mise en échec par un peuple déterminé : la France puis les Etats-Unis face aux Vietnamiens, l’U.R.S.S puis les Etats-Unis face aux Afghans, les Etats-Unis face aux Irakiens…
- Les soutiens militaires ne changent pas le résultat final : les Etats-Unis ont soutenu la France en Indochine, certains pays européens ont appuyé les Américains en Irak puis en Afghanistan, la Chine et la Corée du Nord aident la Russie en Ukraine…
- Chercher à amadouer un dictateur n’aboutit à rien : nous avons lâché la Tchécoslovaquie à Munich en 1939 pour satisfaire Hitler, nous n’osons pas livrer des armes offensives à l’Ukraine de peur de fâcher Poutine…
- Les grandes puissances retournent les alliances en fonction de leurs intérêts immédiats : Hitler et Staline se sont entendus en 1939 pour dépecer la Pologne, les Etats-Unis ont lâché la France et le Royaume-Uni lors de la nationalisation du canal de Suez par l’Egypte en 1956 , les Etats-Unis ont reconnu la Chine communiste en 1971 au détriment de leur allié, Taiwan ; la Russie a abandonné le dictateur syrien Bachar el Assad en 2024, les Etats-Unis lâchent l’Europe face à la Russie dans le conflit ukrainien…
L’Union européenne se définit comme une puissance de paix, promotrice du « doux commerce » et du droit international. Mais, depuis le 24 février 2022, nous avons changé de monde : menacés par la Russie, trahis par les Etats-Unis, nous devons changer notre approche des relations internationales.
Ceux qui croient que l’Alliance atlantique les protégera éternellement, que les États-Unis seront toujours dans le même camp que nous s’illusionnent et mettent la tête dans le sable.
L’Union européenne ne peut compter que sur elle-même et doit assumer sa défense, veiller à ses intérêts et mener une politique étrangère commune indépendante.
F. Bourquin, président de la Maison de l’Europe de Nîmes
L'Agenda
Agenda
02 février
Réunion d’information- Comment partir à l’étranger
🕕 18h | Maison de l’Europe de Nîmes, 46-48 rue de la république Nîmes
Ouverte à toutes et à tous qui souhaitent découvrir et se familiariser avec les programmes et dispositifs pour découvrir l’Europe (Corps européen de solidarité, Discover EU, stages Erasmus, échange de jeunes,…)
🎟️ Entrée libre
05 février
Café Multi Kulti – spécial Brésil, Portugal, France
🕕 18h | Café Olive, Bd Victor Hugo, Nîmes
Rendez-vous au Café Olive à partir de 18h, pour un voyage dans les pays en Europe et dans le monde. Venez découvrir des personnes de pays différents et leurs cultures.
🎟️ Entrée libre.
12 février
« Stammtisch allemand » rencontre Réunion Franco-allemande
🕔 18h30 | Bar le Prolé – 20 Rue Jean Reboul, Nîmes
C’est la rencontre mensuelle des germanophiles et germanophones du département. Moment convivial pour parler l'allemand, découvrir le pays et échanger sur les convergences et divergences culturels.
🎟️ Entrée libre sur réservation : s.civique@maison-europe-nimes.eu
Cagnotte participative

Café Multi-Kulti Evénement linguistique et culturel devenu une référence à Nîmes, le Café Multi Kulti organisé tous les deux mois par les volontaires européens permet la découverte d’autres cultures autour de témoignages et de spécialités culinaires. Organisé au Café Olive, le prochain Café Multi Kulti sera aux couleurs du Carnaval, événement mondial célébré chaque année par de nombreuses cultures ! Les pays à l’honneur pour cette édition sont le Portugal, le Brésil et la France et l’événement se déroulera le 5 février à partir de 18 heures. L’événement est gratuit et ouvert à tout le monde ! (à condition de prendre une consommation) Café multi kulti – 18h - Café Olive – 5 février 2026
Actualité de l'Europe

Le Groenland est-il en Europe ?
Les déclarations tonitruantes de Donald Trump ont attiré l’attention sur ce territoire glacé et ignoré par la majorité des Européens et qui a la particularité d’être la plus grande île du monde (2 166 000 kilomètres carrés).
Est-ce que le Groenland est en Europe ? Géographiquement non, il appartient au continent américain en raison de sa proximité avec le Canada (seulement 30 km au point le plus proche).
Est-ce que le Groenland fait partie de l’Union européenne ? Oui et non !
Quelques explications et un peu d’histoire.
Le Groenland a été découvert en 982 par les Vikings menés par Erik le Rouge ; ils s’installèrent sur les côtes de la grande île. De là, ils ont poussé jusqu’au Markland (Labrador) puis au Vinland (Terre Neuve) : les Vikings ont été les premiers découvreurs de l’Amérique, cinq siècles avant Christophe Colomb !
Le Groenland (Terre verte, ce qui est vrai dans le sud en été !) a attiré des colons scandinaves mais, en raison d’un « petit âge glaciaire » au XVe siècle, ces colonies disparurent. Quant aux Inuits, les spécialistes sont partagés : étaient-ils présents lors de l’arrivée des premiers Vikings ou se sont-ils installés postérieurement ?
L’île a appartenu à la Norvège mais celle-ci a été absorbée par le royaume du Danemark en 1380 et les deux pays sont devenus des possessions danoises.
La fin des guerres napoléoniennes (1814) a rebattu partiellement les cartes ; le Danemark a perdu la Norvège au profit de la Suède mais a gardé le Groenland.
Dès 1867, les Etats-Unis avait déjà ait une offre d’achat du Groenland et de l’Islande, rejetée par le Danemark.
À la suite d’un différend avec la Norvège, la souveraineté du royaume sur l’île a été confirmée par un arrêt de 1933 de la Cour permanente de justice internationale, ancêtre de la Cour internationale de justice.
Mais, pendant la Seconde guerre mondiale, le Danemark a été envahi (1940) par les Allemands ; de peur que l’île tombe sous la coupe nazie, l’ambassadeur du Danemark aux Etats-Unis a fait appel à leurs forces pour la protéger. Les Etats-Unis ont établi plusieurs bases militaires dans l’île et ont renouvelé leur offre d’achat en 1946, de nouveau repoussée par le gouvernement danois.
Le Danemark (et donc le Groenland) fait partie des membres fondateurs de l’OTAN (1949).
En 1973, le Danemark et le Groenland à sa suite adhèrent aux Communautés européennes, ancêtres de l’Union européenne, alors que la population groenlandaise avait voté à 70% contre lors d’un référendum.
Après des décennies de revendications, l’île a obtenu en 1979 une autonomie presque complète. En 1983, les Groenlandais décident par référendum de quitter les Communautés (retrait effectif en 1985) ; en effet, les règles de la politique commune de la pêche (principale ressource de l’île) les auraient obligés à ouvrir leurs eaux aux pêcheurs européens.
Depuis, le Groenland est classé parmi les « pays et territoires d’outre-mer de l’Union européenne (P.T.O.M.)», statut hybride qu’il partage avec, entre autres, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Wallis et Futuna, St Pierre et Miquelon, St Barthélémy et les Terres australes et antarctiques françaises. En pratique, les Groenlandais sont citoyens européens mais sans droit de vote aux élections européennes (contrairement aux autres P.T.O.M.) ; l’île ne fait pas partie du territoire douanier européen (mais les produits groenlandais ne sont pas soumis aux droits à l’import) ni de l’espace Schengen de libre circulation des personnes et le droit européen ne s’y applique pas (sauf exception); la monnaie est la couronne danoise, le Danemark n’ayant pas adopté l’euro.
Vis-à-vis du Danemark, le Groenland bénéficie d’une très large autonomie, ayant son drapeau, sa justice, sa police et sa langue (le danois est également utilisé) et ayant même la possibilité de traiter avec les pays étrangers ; il peut décider de son indépendance moyennant un référendum mais 60% de son budget est encore supporté par le Danemark.
Donc, en résumé, un pied dedans et un pied dehors, aussi bien vis-à-vis du Danemark que de l’Union européenne !
Dès son premier mandat (2017-2021), Donald Trump a eu l’obsession d’acheter le Groenland ; il a renouvelé ses menaces en 2025 au début de son second mandat. Les richesses supposées de son sous-sol fait briller ses yeux avides ; néanmoins, l’exploitation de celles-ci se heurterait au climat rigoureux, au manque d’infrastructures et de main d’œuvre (l’île n’a que 60 000 habitants). Quant au risque pour la sécurité nationale des Etats-Unis, il apparaît hypothétique puisque les Etats-Unis ont déjà une base au nord de l’île. Une éventuelle invasion américaine serait donc facile techniquement mais, politiquement, ce serait une déflagration : un pays de l’OTAN envahissant le territoire d’un autre membre de l’OTAN, voilà ce que même Poutine n’avait pas envisagé dans ses rêves les plus délirants !
Et sinon, qu’en pensent les Groenlandais ? La question n’effleure pas le cerveau de Trump mais, d’après les sondages et les manifestations publiques, le peuple n’a nulle envie d’échanger la tutelle du Danemark contre celle des Etats-Unis et souhaite plutôt l’indépendance ! En attendant, il vaut mieux un maître faible et lointain qu’un maître trop puissant et trop proche dont l’intention est de piller les ressources naturelles de l’île en sacrifiant l’environnement exceptionnel de ce bloc de glace !
La mobilisation de la plupart des pays de l’U.E semble avoir dissuadé temporairement Trump de mener à bien son projet d’annexion brutale ; une négociation a eu lieu par l’intermédiaire du secrétaire général de l’OTAN mais comme rien de concret n’a filtré, le pire reste possible !
F. Bourquin

QUELS SONT LES PRINCIPAUX PRODUCTEURS D'ÉNERGIE NUCLÉAIRE EN EUROPE ?
En 2024, près de 650 000 gigawattheures ont été produits à partir de l'énergie nucléaire dans l'Union européenne. La France représente plus de la moitié de la production totale.
Les centrales nucléaires ont généré 23,3 % de l'ensemble de l'électricité produite dans l'Union européenne en 2024. Derrière ce chiffre, la réalité est très différente d'un État membre à l'autre.
La France est, de très loin, la plus grande contributrice au sein de l'UE. L'Hexagone a enregistré plus de la moitié (58,6 %) de la production d'énergie nucléaire en 2024. Plus de 380 000 GWh ont été générés par les réacteurs nucléaires français.
Loin derrière, l'Espagne arrive en seconde position avec plus de 54 500 GWh, soit sept fois moins que la France. Viennent ensuite la Suède (50 665 GWh) et la Finlande (32 599 GWh). Tandis que la Belgique dépasse également la barre des 30 000 GWh produits en 2024.
Au total, 12 pays (sur 27) ont produit de l'énergie nucléaire en 2024 (voir la liste détaillée en fin d'article). D'après les données du World Nuclear Industry Status Report, 98 réacteurs nucléaires étaient actifs dans l'Union européenne en février 2025, dont 57 situés sur le territoire français.
Eurostat définit le gigawattheure (GWh) de la manière suivante : "une unité d’énergie correspondant à mille millions (1 000 000 000) de watts heure ou un million de kilowattheures. Le gigawattheure est souvent utilisé pour mesurer la production des grandes centrales électriques. Un kilowattheure est équivalent à une puissance continue d’un kilowatt pendant une heure, soit 3,6 millions de joules ou 3,6 mégajoules".
Une tendance à la baisse depuis 20 ans, mais une relance des programmes nationaux
Ces dernières années, le recours à l'énergie nucléaire en Europe a largement diminué, au profit des renouvelables. En 2025, pour la première fois, l'UE a produit plus d'électricité avec le solaire et l'éolien qu'avec des énergies fossiles, selon le think-tank britannique Ember. L'énergie éolienne et solaire représentait 30,1 % de l'électricité produite dans l'UE en 2025 (841 TWh), tandis que l'ensemble des sources d'énergie fossiles en représentait 29,0 % (809 TWh).
Entre 2004 et 2024, la production d'énergie nucléaire a diminué de 30 % (Eurostat). Après la catastrophe de Fukushima (Japon) survenue en 2011, de nombreux pays ont mis en place des programmes de réduction, voire d'arrêt total, de leur production nucléaire. La Lituanie a par exemple définitivement fermé ses installations nucléaires en 2009. Tandis que l'Allemagne a arrêté ses dernières centrales au cours de l'année 2023.
La tendance est sur le point de s'inverser. En 2024, la production d'énergie nucléaire totale a augmenté de 4,8 % par rapport à l'année précédente et devrait continuer de croitre. Depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, de nombreux pays ont fait le choix de relancer (ou simplement de lancer pour certains) leurs programmes nucléaires. À l'image de la Pologne, dont la production d'énergie dépend aujourd'hui à 51 % du charbon. En septembre 2023, Varsovie a signé un accord pour la construction de la première centrale du pays qui devrait entrer en service en 2033. Elle devrait être suivie de deux autres, pour générer à terme 30 % de la production énergétique du pays. Son voisin tchèque veut également construire deux nouveaux réacteurs d'ici 2036. L'objectif pour Prague est de se détourner plus rapidement du charbon, mais aussi de s'affranchir du pétrole et du gaz russes.
Pour des raisons similaires, la Suède et la Finlande ont exprimé récemment leur volonté de relancer la production d'énergie nucléaire, évoquant chacune de nouveaux projets de centrales. Tandis qu'en mai 2025, la Belgique a abrogé une loi prévoyant la sortie de l'atome cette même année.
Quels pays produisent de l'énergie nucléaire en dehors de l'Union européenne ?
Ailleurs en Europe, d'autres États produisent de l'énergie nucléaire. D'après le Global Electricity Review et son Electricity Data Explorer, réalisé par le think tank Ember, le Royaume-Uni a généré environ 40 600 GWh d'électricité à partir du nucléaire en 2024. C'est un peu moins que l'Ukraine, qui enregistre 62 200 GWh (en 2022, dernières données disponibles pour ce pays), mais plus que la Suisse qui culmine à 24 000 GWh en 2024.
Deux autres pays du continent européen ont également produit de l'électricité à partir d'énergie nucléaire en 2024 : la Russie (216 000 GWh) et la Biélorussie (15 700 GWh), selon Ember.
Production d'énergie nucléaire/ pays (en GWh, 2024)
Belgique 31 255
Bulgarie 15 777
Espagne 54 532
Finlande 32 599
France 380 451
Hongrie 16 017
Pays-Bas 3 574
République tchèque 29 696
Roumanie 10 912
Slovaquie 18 232
Slovénie* 5 836
Suède 50 665
Union européenne 649 546
*production partagée avec la Croatie
Source : Eurostat
Source Toute l'Europe
La Hongrie sous le feu des projecteurs : la CJUE pourrait invalider une décision européenne en sa faveur"
La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pourrait annuler une décision de la Commission européenne favorable à la Hongrie. Et la Hongrie fait encore parler d’elle.
La Cour de justice de l'UE pourrait annuler la décision de la Commission européenne de débloquer en décembre 2023 le versement de plus de 10 milliards d’€ de fonds européens à la Hongrie, le trublion de l’Union européenne qui 4 ans après le début de la guerre en Ukraine bloque des aides à l’Ukraine et des sanctions contre la Russie.
Qu’est-ce que la CJUE ?
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), basée à Luxembourg, interprète la législation européenne afin d'en garantir l'application uniforme dans tous les pays de l'UE et statue sur les différends juridiques entre les États membres et les institutions de l'UE. Elle peut être saisie par une institution européenne, un État membre, ou exceptionnellement par un citoyen de l'UE. Elle peut aussi être interrogée par une juridiction d'un pays membre sur l'interprétation ou la validité du droit de l'UE.
La CJUE ne doit pas être confondue avec la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) du Conseil de l’Europe (46 États membres), installée à Strasbourg, dont le rôle est de veiller au respect de la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales, un texte dont l'objectif est de garantir des droits et libertés individuels, la démocratie et l’État de droit.
Pourquoi la CJUE pourrait-elle annuler une décision de la Commission européenne de 2023 ?
En 2022, l’exécutif européen avait identifié des défaillances de la Hongrie sur l’indépendance de la justice, la liberté académique, la loi sur la protection de l’enfance et le droit d’asile. La Commission européenne avait donc gelé le versement de certains fonds européens destinés à la Hongrie jusqu’à ce que cet État corrige ses manquements.
En décembre 2023, elle a conclu que la Hongrie avait satisfait aux exigences de la Charte en matière d’indépendance de la justice et a levé la suspension du versement de ces fonds européens : un peu plus de 10 milliards d’€ (6,5 milliards de subventions et 3,9 milliards de prêts).
La décision de décembre 2023, avait été prise à la veille d’un Conseil européen pour lequel les dirigeants des 26 autres États de l’UE avaient besoin de l’accord de Viktor Orban, premier ministre hongrois, pour l'octroi d'aides à l'Ukraine (rappelons qu’au cours de ce Conseil européen Viktor Orban s’était absenté au moment du vote, situation inédite…). Cette décision a suscité des interrogations.
En mars 2024, le Parlement européen a introduit auprès de la CJUE un recours en annulation, reprochant à la Commission “d’avoir commis des erreurs manifestes d’appréciation, ainsi que d’avoir manqué à son obligation de motivation des décisions et commis un détournement de pouvoir”.
Le 12 février 2026, l’avocate générale de la CJUE dans l’affaire a estimé que la Commission avait autorisé le versement alors que la Hongrie n’avait pas encore appliqué les réformes exigées. Elle a donc donné en partie raison au Parlement européen. Elle estime que certaines conditions fixées par la Commission n’étaient "pas encore remplies" au moment de la levée de la suspension, notamment celles liées à l’indépendance de la Cour suprême hongroise et à la nomination des juges constitutionnels. Elle estime aussi que la Commission n’a pas justifié sa décision. Toutefois elle ne retient pas le grief de détournement de pouvoir.
Elle propose à la Cour d’annuler la décision de décembre 2023. L’arrêt de la CJUE, si cette dernière suit l’avis de l’avocate générale, pourrait obliger la Commission à réexaminer la situation et par conséquent la Hongrie devrait rembourser les fonds reçus.
On n’imagine pas la présidente de la Commission européenne faire comme le président Trump qui a traité « d’idiots et de caniches de pays étrangers » les juges de la Cour suprême des USA parce qu’ils ont jugé illégaux une grande partie des droits de douane qu’il avait décidés unilatéralement… Les institutions européennes peuvent certes déposer un recours contre les décisions de la CJUE, mais elles sont très respectueuses de la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et juridique, base importante de l’État de droit !
Février 2026, Viktor Orban fait encore parler de lui !
Sanctions contre la Russie, prêt à l'Ukraine :la Hongrie s’oppose à ces deux décisions européennes et paralyse ainsi l'UE, provoquant la colère des autres dirigeants européens... sauf le premier ministre slovaque qui suit la Hongrie dans cette opposition.
A la veille du 4ème anniversaire de la guerre en Ukraine, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne et Antonio Costa, président du Conseil européen, sont donc arrivés à Kiev sans le 20ème paquet de sanctions contre la Russie, et sans la garantie que le prêt de l’UE de 90 milliards d'€ promis à l'Ukraine pourra être versé rapidement.
En effet, le même jour, à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères ont échoué à adopter le 20ème paquet de sanctions contre la Russie : les décisions du Conseil des affaires étrangères sont prises à l’unanimité. Le coupable : Viktor Orban, qui est en pleine campagne pour les législatives du 12 avril en Hongrie et semble en difficulté d’après les sondages.
Son ministre des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, l'a dit avec insistance: pas question d'approuver tant que le pétrole russe ne recoulera pas vers la Hongrie par l'oléoduc Droujba (Amitié…) qui traverse l'Ukraine et a été endommagé fin janvier en Ukraine… par une frappe russe. Pour la Hongrie, et son alliée la Slovaquie qui importe elle aussi du pétrole russe par l'oléoduc, les réparations ont été faites et c’est l'Ukraine qui bloque délibérément les livraisons de pétrole pour exercer un « chantage » sur la Hongrie, qui est hostile à l’adhésion de l’Ukraine à l'UE. L'Ukraine, elle, rétorque que ce sont les attaques russes qui ont endommagé l'infrastructure et ralentissent les réparations.
Qui fait le plus de chantage ?…
La Slovaquie et la Hongrie pourraient importer du pétrole par l’oléoduc Adria, qui relie le port croate d'Omisalj à l'Europe centrale. Mais ce serait plus coûteux, le pétrole (venu d'Arabie saoudite, notamment) est plus cher que le brut russe, que Moscou doit vendre avec un gros rabais depuis l'instauration des sanctions. A noter : la République tchèque, elle, ne consomme plus de pétrole russe.
En plus la Slovaquie menace de couper les lignes électriques qui la relient à l’Ukraine, au moment où la Russie s’acharne à priver les Ukrainiens d’électricité.
Chantage et cynisme absolu, sans une once d’humanité....
Viktor Orban ne s'est pas limité à s’opposer aux sanctions contre la Russie. Il menace aussi de bloquer le prêt de 90 milliards d’€ destiné à l'Ukraine, pourtant approuvé en Conseil européen en décembre 2025. Un revirement spectaculaire, bien que Budapest ait été exempté de participer à la garantie du remboursement de ce prêt. Et il faut l'unanimité pour autoriser l'UE à emprunter...
Réponse cinglante d’Antonio Costa : « Une décision prise par le Conseil européen doit être respectée », « toute violation d'engagement constitue une violation du principe de coopération sincère », sommant Budapest de tenir sa promesse. « Les engagements donnés au dernier Conseil européen seront tenus. Il ne peut en être autrement », a martelé Emmanuel Macron.
Le ministre polonais Radoslaw Sikorski a été plus virulent : « Les Hongrois savent ce que c'est qu’être envahis, Budapest l’a été deux fois ». Le ministre lituanien Kestutis Budrys a, lui, carrément déclaré qu'« à long terme, l'UE devrait se demander si elle a vraiment besoin de 27 membres ».
L'UE reste cependant le premier soutien de l'Ukraine : 195 milliards d'€ depuis 2022, dont 70 milliards d'aide militaire.
Interrogée sur des solutions de substitution au prêt de 90 milliards d’€, décidé faute d’accord sur l'utilisation des actifs russes gelés en Europe, Kaja Kallas, Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, a expliqué que « le travail continue » pour convaincre Budapest.
L'UE peine toujours à empêcher qu'un seul État membre tienne en otage le soutien à un pays en guerre. Et Vladimir Poutine, depuis le Kremlin, observe sans doute ce spectacle avec satisfaction.
De façon plus générale, exiger l’unanimité donne à un des votants la possibilité d’empêcher tous les autres de décider : est-ce démocratique et est-ce efficace ? La réponse semble être non pour les deux questions. Il faut donc continuer à restreindre les domaines dans lesquels les décisions de l’UE doivent être prises à l’unanimité, et cela d’autant plus qu’à 27 la probabilité qu’il y ait au moins un opposant est plus élevée qu’à 6 ou à 15. Les majorités qualifiées sont faites pour éviter ces blocages, utilisons-les plus largement…
Jean-Jacques Smedts, 24 février 2026 .
Sources principales : touteleurope.fr et lesechos.fr. Crédits photos : UE Office et Conseil européen.

Maison de l'europe

Journée internationale des femmes
🌍✨ Et si on célébrait celles qui ont osé changer le monde ?
À la Maison de l’Europe de Nîmes, la Journée internationale des droits des femmes n’est pas qu’une date dans le calendrier : c’est un appel à l’action, une célébration des combats passés et présents pour une société plus juste, inclusive et solidaire. Parce que l’égalité ne se décrète pas, elle se vit au quotidien, à travers nos choix, nos engagements et nos inspirations
.
Cette année, nous avons donné carte blanche à 11 volontaires internationaux du Corps Européen de Solidarité, venus des quatre coins de l’Europe pour partager avec nous leurs regards et leurs énergies.
Leur mission ? Mettre en lumière des femmes exceptionnelles de leur pays, ces héroïnes trop souvent oubliées des livres d’histoire, mais dont les actions ont marqué l’éducation, les droits des femmes et la société tout entière.
🔍 Découvrez leurs portraits : Des scientifiques audacieuses aux militantes intrépides, en passant par des artistes visionnaires ou des pionnières sociales, ces femmes ont brisé les barrières, défié les préjugés et tracé la voie pour les générations futures. Leurs histoires, parfois intimes, toujours universelles, nous rappellent une vérité simple : le changement commence par celles et ceux qui osent.
💡 Pourquoi ce projet ? Parce que connaître ces parcours, c’est s’armer pour agir. Parce que chaque histoire est une étincelle – une raison de croire que, ensemble, nous pouvons construire un monde où l’égalité n’est pas un idéal, mais une réalité.
#EllesOntOsé #InspironsNous #ÉgalitéEnAction

Prix du festival européen Lux
Chaque année, le Prix LUX du Parlement européen met en lumière des films qui captivent, interrogent et inspirent. Plus qu’une simple récompense cinématographique, ce prix est une célébration de la diversité culturelle européenne et un outil puissant pour sensibiliser les citoyens aux enjeux de notre temps.
Un prix unique, une mission ambitieuse
Créé en 2007, le Prix LUX se distingue par son approche résolument européenne. Contrairement aux autres récompenses cinématographiques, il ne se contente pas de couronner des œuvres d’exception : il les rend accessibles à tous. Les trois films finalistes, sélectionnés parmi les productions des 27 États membres, sont sous-titrés dans les 24 langues officielles de l’UE et diffusés dans toute l’Europe. Une initiative qui permet aux spectateurs de découvrir des histoires souvent méconnues, mais toujours universelles.
Un choix politique et citoyen
Ce qui rend le Prix LUX encore plus singulier, c’est son jury : les députés européens. Leur vote final souligne l’importance du cinéma comme vecteur de dialogue et de réflexion. Les films primés abordent des thèmes aussi variés que les migrations, les droits humains, l’environnement ou encore la mémoire historique. En 2025, c’est le film "La Ligne" du réalisateur français Ursula Meier qui a remporté le prix, pour son portrait poignant des frontières, à la fois géographiques et humaines.
Un tremplin pour les cinéastes
Pour les réalisateurs, le Prix LUX est bien plus qu’une reconnaissance : c’est une vitrine internationale. Les lauréats bénéficient d’une visibilité accrue, tant auprès du public que des professionnels du secteur. Certains films, comme "Ida" (Pologne, 2014) ou "Toni Erdmann" (Allemagne, 2016), ont même connu un succès mondial après leur passage par le Prix LUX.
Et cette année ?
La compétition pour l’édition 2026 s’annonce déjà passionnante. Parmi les favoris, on murmure le nom d’un drame italien sur la crise climatique et d’une coproduction franco-belge explorant les fractures sociales en Europe. Les finalistes seront dévoilés au printemps, et le gagnant sera connu en décembre 2026, lors d’une cérémonie organisée à Strasbourg.
Le Prix LUX rappelle une chose essentielle : le cinéma n’est pas qu’un divertissement, c’est aussi un langage commun, capable de transcender les frontières et de nous unir autour d’histoires qui nous parlent, où que nous vivions en Europe.
Pour en savoir plus sur les films en compétition ou revivre les éditions passées, rendez-vous sur le site officiel du Parlement européen.
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ERASMUS +
Stage Erasmus : Cap sur Malte : une mobilité réussie pour 8 jeunes du Gard !

Du 24 janvier au 21 février 2026, 8 jeunes accompagné·es par les Mission Locale Alès Pays Cévennes et la Mission Locale Gard Rhodanien Uzège ont vécu une expérience professionnelle et humaine intense à Malte, dans le cadre de notre projet de mobilité porté par la Maison de l’Europe de Nîmes, financé par l’Agence Erasmus+ et la Région Occitanie.
Pendant un mois, les participant·es ont intégré des structures locales dans des domaines divers : communication et marketing, administration et gestion de projets, restauration, travail en café et en floristerie.
Cette diversité de stages a permis à chacun·e de découvrir un environnement professionnel concret, d’acquérir de nouvelles compétences et de gagner en autonomie.
La première semaine a été consacrée, en partie, à des cours d’anglais sur place. Une étape clé : elle a permis aux jeunes de prendre confiance rapidement au même temps que leur entrée en stage. Résultat ? Une progression linguistique visible et surtout une aisance nouvelle dans la communication au quotidien.
Au-delà du stage, c’est toute une ouverture culturelle que les jeunes ont vécue. Nouveau pays, nouvelles habitudes, nouvelles responsabilités. Ils et elles reviennent ravi·es, plus mûr·es, et avec une vision élargie de leurs possibilités professionnelles.
Comme pour chacune de nos mobilités, nous avons sécurisé le projet à chaque étape :
· Une visite préparatoire en janvier, avec la participation de deux Missions Locales partenaires, pour rencontrer les structures d’accueil et le partenaire Travoyage Malta, visiter le logement et finaliser l’organisation.
· Une visite d’accompagnement les premiers jours du séjour, assurée par l’équipe de la Maison de l’Europe de Nîmes, pour installer un cadre rassurant et poser les bases d’un bon déroulement.
Le bilan approfondi et le retour d’expérience auront lieu le lundi 16 mars à la Mission Locale d’Alès. Ce temps est essentiel : il permet d’ancrer les apprentissages et de valoriser l’expérience dans les parcours professionnels.
Et la suite ?
Nous préparons déjà un nouveau départ à Malte au mois de mai. La dynamique est lancée et les candidatures des MLJ Garrigue et Cévennes et MLJ Rhône Argence suscitent déjà beaucoup d’intérêt.
Quatre jeunes du Gard et de l’Hérault s’apprêtent à partir le 14 mars pour une mobilité de 4 mois à Lund et Malmö. Une expérience immersive ambitieuse, qui va leur permettre de franchir un cap important dans leur projet professionnel.
Un nouveau départ est également prévu à Kalamata pour 6 jeunes des E2C de Nîmes et de Montpellier Port Marianne, pour des stages de 3 semaines.
Nous sommes particulièrement fier·es de cette collaboration : en 2024, nous avons porté l’unique projet de mobilité avec les E2C en Occitanie. Leur confiance renouvelée et leur envie de repartir en Europe avec leurs élèves témoignent d’un partenariat solide et engagé.
Merci à nos partenaires
Ces projets n’existeraient pas sans :
· La confiance et le soutien constant de la Région Occitanie
· Notre réseau de partenaires internationaux
· L’engagement des équipes des Missions Locales et des E2C
L’année 2026 démarre fort à la Maison de l’Europe de Nîmes. Et une chose est claire : la mobilité européenne reste un levier puissant d’insertion, de confiance et d’ambition pour les jeunes que nous accompagnons.
Nous avons hâte de vivre cette nouvelle année riche en départs, en réussites et en parcours transformés !
Cours de langues
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Contacte Charlène notre coordinatrice des cours de langues au
04 66 21 77 50 pour t’inscrire ou
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Nous sommes parvenus à mi-parcours de l’année scolaire 2025-2026 et de l’enseignement des langues à la Maison de l’Europe.
Petit zoom sur nos groupes de langues à l’association. Comme chaque année, nous avons diffusé le mois dernier notre questionnaire de satisfaction tant attendu et nous sommes heureux de pouvoir partager avec vous les retours qui en découlent.
Nous remercions tous les participants qui ont pris le temps de répondre. Vous êtes globalement satisfaits et avez répondu favorablement à notre questionnaire, avec 98% de personnes qui recommandent notre association.
Vous êtes 71% à suivre nos cours pour enrichir vos connaissances personnelles et 65% dans l’objectif de voyager, enfin vous êtes 79% à trouver les thèmes abordés durant la formation adaptés à vos attentes.
C’est dans cette atmosphère que nous venons d’achever la 1ère session des cours de FLE à la Maison de l’Europe de Nîmes.
Une 2eme session d’inscription est désormais ouverte pour un nouveau package de 13 séances de 1h30 qui commenceront le 30 mars 2026.
Florence, notre formatrice de FLE, sera là pour t’accueillir, évaluer ton niveau et t’accompagner dans l’apprentissage de cette belle langue. Nous te rappelons que les cours de FLE se déroulent tous les lundis à 11h30 pour le niveau B1/B2 et à 14h pour le A1/A2. Alors n’hésite plus et libère le français qui est en toi !
Cette année, nous proposerons également une édition spéciale pour les professionnels du tourisme. Anglais, Espagnol, Allemand, Italien et FLE seront les langues mises à l’honneur à partir du 02 mars et durant un mois. Le package comprend 2 séances de 1h30 par semaine, via zoom, durant 5 semaines. De quoi parfaire ta pratique de la langue depuis chez toi et avec des formateurs natifs.
Alors rejoins nous !
Plus d’informations sur www.maison-europe-nimes.eu
Europe en Région
L’amitié franco-allemande à l’occasion de l’anniversaire du Traité de l’Elysée le 22 janvier 2026

Célébrez l’Europe avec nous !
À l’occasion de la Fête de l’Europe 2026, la Maison de l’Europe organise une journée spéciale dédiée aux collégiens et lycéens le jeudi 7 mai à Nîmes et le mardi 19 mai à Alès.
(Inscription obligatoire) : https://forms.gle/eFkFkWkjsCmtimYy5
Au programme :
🌍 Visite de l’exposition européenne pour découvrir l’histoire et les valeurs de l’Union Européenne.
📚 Stands d’information pour en savoir plus sur les opportunités offertes aux jeunes.
🎯 Ateliers « Bouger en Europe » pour explorer les possibilités de mobilité et d’échanges. 🎲 Jeux de simulation pour s’immerger dans le fonctionnement des institutions européennes.
Cette journée est ouverte aux lycéens et apprentis en CFA (200 places disponibles). Ne manquez pas cette occasion unique de vivre une expérience enrichissante et conviviale !
Date limite d’inscription : 27 mars 2026
Ensemble, célébrons l’Europe et ses valeurs de paix, de diversité et de solidarité !

