Lettre Europe Avril 2021

Tribune : La Maison de l’Europe poursuit sa mission de CIED (Centre d’information Europe Direct) jusqu’en 2025

Très bonne NOUVELLE !!! Et ce n’est pas un poisson d’avril !

Mardi 30 mars, nous avons reçu l’information que nous attendions avec une pointe d’anxiété : la Maison de l’Europe de Nîmes est reconduite comme CIED jusqu’en 2025*.


L’aventure CIED a commencé pour nous en 2013 sous l’impulsion d’Isabelle Roussy, elle a été poursuivie par Frédéric Bourquin pendant plus de 7 ans, avec au passage un premier renouvellement d’agrément en 2018. Elle est maintenant prolongée au moins jusqu'en 2025. Le travail de toute l’équipe, salariés, volontaires européens et bénévoles est donc reconnu et valorisé par les services de la Commission européenne et c’est pour nous une énorme satisfaction ! Un grand MERCI à toutes et tous !!!


Être CIED a été pour notre Maison de l’Europe un levier extrêmement important pour le développement spectaculaire de ses actions au service des habitants et des collectivités de sa zone d’intervention (Gard, Lozère et partie rhodanienne du Vaucluse), avec un véritable « changement de braquet » depuis 2013, date de l’arrivée de son directeur Michael Stange.


Au fait, un CIED c’est quoi ?

Au niveau local, un CIED est un relais d’information entre les institutions européennes et les citoyens. Il permet la diffusion d'informations sur les politiques menées par l’Union européenne, tout en encourageant activement le débat local. Il offre un service d'information gratuit et est à même de donner des conseils et de répondre aux questions sur l'Union européenne, son fonctionnement, ses actions ainsi que ses financements. Dans l’autre sens il informe les institutions européennes sur les réactions exprimées sur l’UE. Il est hébergé par une structure-hôte, ici la Maison de l’Europe de Nîmes, 46 rue de la République à Nîmes.

Le CIED propose également tout au long de l'année des interventions dans les établissements scolaires, les associations ou les collectivités (médiathèques, comités de jumelages,…) sur les sujets touchant à l'Europe (citoyenneté européenne, mobilité...). Il peut donner ou transmettre de la documentation et prêter des expositions sur différentes thématiques européennes en fonction des attentes et des besoins exprimés.


Pour en savoir plus sur ce que sont les CIED, n’hésitez pas à vous rendre sur le site de la Commission européenne (https://ec.europa.eu/france/services/contact-points_fr). Le réseau Europe Direct compte aujourd’hui 49 centres d’information en France et près de 500 centres dans les 27 pays de l’Union européenne. N’hésitez pas à nous contacter !


Charles-Antoine Roussy, président de la Maison de l’Europe de Nîmes


*Ce renouvellement d'agrément entrera en vigueur à la signature de la Convention correspondante

Agenda


Vendredi 09 avril, 9h – 11h

Parcours du Citoyen européen

Deuxième atelier sur quatre avec la Classe passerelle du lycée Albert Camus sur la citoyenneté et l’interculturalité européenne

  • Lycée Albert Camus, 51 Avenue Georges Pompidou, Nîmes


Mardi 13 avril 18h – 19h

Réunion d’information sur les dispositifs européens pour les jeunes


Jeudi 15 avril, 9h – 12h

Parcours du jeune citoyen européen avec les Missions locales jeunes du Gard

2 ateliers avec les groupes de la Garantie Jeunes

  • Mission locale Rhône-Argence, 24-26 rue Ledru Rollin, Beaucaire


Vendredi 16 avril 10h30 – 17h

Préparation au départ en stage Erasmus

Formation avec les jeunes de la Mission locale de Lozère avant leur stage Erasmus en Italie, prévu en juin 2021

  • Mission locale jeunes de Lozère, 14 boulevard Henri Bourrillon, Mende


Mardi 20 avril 19h30 – 20h

Bilan et évaluation des stages Erasmus en Grèce qui viendront alors de se terminer

Bilan des stages Erasmus en Grèce des 8 jeunes des Missions locales du Grand Avignon et du Comtat Venaissin.

  • Chambre de Commerce et de l’Industrie du Vaucluse, 46 cours Jean Jaurès, Avignon


Mercredi 21 avril

Émission « Coucou l’Europe ! » animée par des volontaires européens de Nîmes sur Radio Système.


Lundi 26 avril 19h30 – 20h

La Roumanie d'Eduard. Regards et perspectives

Entretien avec Eduard Rotariu, volontaire roumain à la Maison de l'Europe de Tours sur la situation actuelle en Roumanie.

Vendredi 30 avril 12h30- 14h00

L’Europe e(s)t mon territoire – spécial Gard

« La politique de la cohésion européenne dans le Gard : bilan 2014 – 2020 et perspectives 2021 – 2027 »

Webinaire en collaboration avec le Département du Gard et la DG Régio de la Commission européenne. Témoignages de projets et présentation des perspectives européennes dans le Gard.

Le projet de Certificat vert numérique européen

Le Certificat vert numérique est une proposition de la Commission européenne (*) faite le 12 mars 2021 visant à faciliter les déplacements entre les pays de l’UE et ainsi indirectement à soutenir la reprise économique.


Afin de se conformer aux mesures visant à limiter la propagation du coronavirus, les personnes qui voyagent dans l'UE doivent actuellement produire des documents de natures diverses : certificats médicaux, résultats de test, déclarations... L'absence de normalisation a entraîné des problèmes pour ces déplacements entre des pays de l'UE. Des rapports ont aussi fait état de documents frauduleux ou falsifiés.


La Commission espère pouvoir rendre le Certificat vert numérique opérationnel pour l’été 2021. Cela suppose un accord rapide du Parlement européen et du Conseil de l’UE. Le Conseil de l’UE votera à la majorité qualifiée.


En pratique, ce Certificat sera un QR code sécurisé précisant le nom, la date de naissance et la situation de la personne vis-à-vis de la COVID. Il pourra exister sur papier ou sur support numérique.

Si la personne est vaccinée contre la COVID, le code portera le type de vaccin, les dates de vaccination, le nom de l’autorité vaccinante.

Si la personne est guérie de la COVID : date de l’examen diagnostique positif et type d’examen, date de déclaration de guérison, autorité validante.

Si la personne est testée vis-à-vis de la COVID : date et type du test, résultat, autorité validante.



L’UE mettra à disposition un système permettant de vérifier en ligne la sécurité et la signature de chaque pays via un portail numérique. Chaque pays étant responsable de la sécurité de sa signature électronique.


Les questions que pose ce Certificat sont de deux types :

- Les aspects de sécurité informatique, de signature électronique et d’architecture des systèmes. Ceux-ci font l’objet d’un document de définition déjà communiqué aux États (**).

- Les aspects juridiques qui font l’objet d’une proposition de règlement soumise au Parlement et au Conseil (***).


Le certificat sera GRATUIT, dans la langue du pays d’origine et en anglais.

Il sera ouvert à tous les citoyens de l’UE et leur famille, à ceux qui résident dans l’UE légalement, et à la Norvège, l’Islande, le Liechtenstein et la Suisse


Notes et références

(*) https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/qanda_21_1187

(**) https://ec.europa.eu/commission/presscorner/api/files/attachment/868508/Digital%20Green%20Certificate_en.pdf.pdf

(***) https://eur-lex.europa.eu/resource.html?uri=cellar:38de66f4-8807-11eb-ac4c-01aa75ed71a1.0008.02/DOC_1&format=PDF


Accord UE - Chine sur les investissements…vers une autonomie stratégique de l’UE ?

Un accord de libre échange de plus ? Non, l’accord entre l’UE et la Chine signé le 30 décembre 2020, après 7 ans de négociations, ne concerne que les investissements et pas le commerce des marchandises.



Cet accord, le Comprehensive agreement on investments (CAI, en français AGI, Accord global sur les investissements) est le plus important jamais conclu par la Chine avec un marché tiers dans ce domaine.

Il est aussi un élément important de la stratégie de l’UE dans le Pacifique, où le retrait des Etats-Unis du Transpacific Partnership (TPP) en 2017 a créé un vide dans la présence occidentale dans la région économique la plus dynamique du monde.


L’accord AGI a été signé entre le président chinois et trois représentants de l’UE : Charles Michel, président du Conseil européen, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, et Angela Merkel, en tant que présidente du Conseil de l’UE pour le 2ème semestre 2020. Cet accord doit encore être ratifié et ce ne sera pas une simple formalité car il soulève beaucoup d’objections et même d’oppositions. D’ailleurs le trio européen des signataires était accompagné d’Emmanuel Macron, au titre de la présidence tournante de la France à venir au 1er semestre 2022, qui aura la charge de faire aboutir la ratification. A noter l’absence du Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), Josep Borrell, de l’acte le plus important de la politique étrangère de l’UE en 2020, ce qui est contestable : continuer à séparer la politique commerciale de la politique étrangère semble aujourd’hui obsolète.


La stratégie de l’UE, caractérisée par la négociation de traités commerciaux, de traités d’investissements et d’accords politiques, a débuté après le constat de l’impossibilité à court-terme de la signature d’accords globaux dans le cadre de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Ont été négociés avec succès les accords avec la Corée du Sud (2015) puis le Vietnam (2018) et le Japon (2019). Des négociations sont en cours avec l’ASEAN, l’Australie et la Nouvelle Zélande, ainsi qu’avec d’autres régions du monde, notamment les Amériques (Canada, Mexique, Mercosur… ) ; le protectionnisme «America first» de Donald Trump a gelé la négociation du TTIP (ou TAFTA) entre l’UE et les États-Unis.

Ce gel du TTIP n’est probablement pas une simple opposition entre libre-échange et protectionnisme. En effet, l’UE propose à ses partenaires, depuis plusieurs années, une deuxième génération d’accords, allant nettement au-delà du libre-échange traditionnel : ces accords incluent des dispositions concernant les niveaux de vie des populations, les marchés publics, les indications géographiques protégées, le numérique, les aspects sociaux et environnementaux, le développement durable, les droits de l’homme...

La signature de l’accord AGI avec la Chine a créé une nouvelle tension entre l’UE et les États-Unis, qui ont critiqué cet accord, reprochant notamment à l’UE de ne pas les avoir consultés avant de signer. Le fait que l’Europe puisse conduire comme elle l’entend sa politique chinoise rompt avec le modèle passé par lequel l’Europe s’alignait sur la stratégie globale des États-Unis.


La ratification européenne de l’accord s’annonce complexe et risque d’alimenter de nombreuses controverses, qui pourraient pousser l’exécutif européen à clarifier certains aspects essentiels de sa politique commerciale, et plus généralement de sa politique étrangère, permettant ainsi d’ouvrir un vrai débat entre États membres sur l’autonomie stratégique européenne. Selon le traité de Lisbonne, cet accord de nature commerciale relève de la compétence exclusive de l’UE : il devra simplement être approuvé par les 27 gouvernements nationaux, et être ratifié à la majorité au Parlement européen, où le débat entre les groupes politiques s’annonce vif..


1 -Le contenu de l’accord (Le texte est disponible sur : https://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2021/january/tradoc_159342.pdf)

Actuellement il y a un grand déséquilibre entre l’ouverture du marché européen aux investissement chinois et les barrières auxquelles les entreprises européennes sont confrontées pour investir en Chine. L’accord a vocation à corriger ce déséquilibre et établir des règles fondées sur le principe de réciprocité. Toutefois, l’accord ne porte pas seulement sur la libéralisation des investissements. Il lève également les contraintes imposées en Chine : obligation de co-entreprises (pas d’investissement étranger sans participation d’une société chinoise), imposition de transferts de technologie, complications administratives, et ouvre plusieurs secteurs du marché chinois jusque-là fermés aux investisseurs étrangers (transport maritime et aérien, automobile, santé, équipements, services, numérique, finance…). La Chine a fait des concessions importantes dans les négociations, tant sur l’accès à son marché que sur le contrôle préalable de ses investissements en Europe.

Pour le règlement des conflits, les deux parties, comme pour le traité UE-Japon de 2018, sont convenues d’un deuxième tour de négociation sur ce point essentiel. Les textes actuels n’excluent pas la solution européenne d’une nouvelle cour permanente et multilatérale de gestion des conflits entre investisseurs et États.

Même si l’accord est limité aux investissements (il ne porte pas sur le commerce) et ne peut pas régler d’emblée l’immense question des droits humains en Chine, Pékin a pris des engagements concernant la protection de l’environnement, la lutte contre le changement climatique et les droits des travailleurs. L’accord de Paris sur le climat de 2015 y est évoqué explicitement, et la Chine promet « des efforts continus et soutenus en vue de la ratification des conventions de l’OIT (Organisation internationale du travail) en matière de travail forcé et de liberté d’association ». Sur des précédents accords de ce type, avec la Corée et le Vietnam par exemple, l’UE a su rester ferme sur ces questions, menaçant de suspendre l’accord en cas de non-respect des engagements pris.


2- La ratification ne sera pas un fleuve tranquille.

Au Parlement européen, les Verts, une partie des Sociaux-Démocrates, et la GUE (Gauche unitaire européenne) y sont opposés, aux motifs que :

- l’UE ne doit pas négocier avec un pays qui ne respecte pas les droits humains et persécute les Ouïghours au Xinjiang (à noter : l’UE a décidé le 22 mars des sanctions contre des hauts fonctionnaires chinois pour violations des droits de l’homme au Xinjiang ; le Royaume-Uni, les USA et le Canada ont fait de même, de façon concertée avec l’UE);

- au nom de l’alliance transatlantique, l’UE ne doit pas se désolidariser des États-Unis, spécialement au moment de l’arrivée d’une nouvelle administration démocrate;

- l’accord bénéficiera surtout aux industries allemandes, et non à l’ensemble du Marché unique.


Malgré cette opposition, l’ensemble des États membres ont signé l’accord négocié par la Commission en leur nom, selon la méthode communautaire. Le Conseil européen soutient en effet ce traité à l’unanimité, avec les arguments suivants :

- l’économie de la Chine a limité ses pertes en 2020, et affichera une bonne santé en 2021. Le développement rapide de la Chine et l’émergence d’une classe moyenne très nombreuse en font un partenaires commercial essentiel de l’UE. L’UE cherche, par cet accord de libéralisation des investissements, à intensifier ses échanges avec le marché le plus dynamique du monde. De plus, cet accord permet d’accélérer l’initiative de l’UE dans la région Pacifique où la Chine vient de conclure en 2020 un grand accord de libre-échange avec les dix pays de l’ASEAN, ainsi que le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Nouvelle Zélande. Une plus grande intégration de la Chine avec l’UE donnera aussi aux Européens la possibilité de mieux promouvoir leurs valeurs auprès de Pékin.

- il est vrai que les plus grandes entreprises européennes, notamment allemandes, bénéficieront plus que d’autres de cette ouverture chinoise. Toutefois, les entreprises exportatrices françaises, italiennes et néerlandaises devraient également grâce à cet accord pouvoir intensifier leur présence sur le marché chinois. Enfin, l’accord prévoit un volet défensif : les industries stratégiques européennes seront protégées des velléités de rachat chinoises non souhaitées.

- intensifier la coopération avec la Chine sur une base de réciprocité et de respect mutuel est une nécessité pour la paix et le développement durable dans le monde. La signature d’un tel accord peut permettre aux institutions internationales (ONU, OMC, OMS…) de faire progresser le multilatéralisme, cher aux Européens, par l’approfondissement du dialogue avec la Chine.


3- Une relation transatlantique plus équilibrée est-elle possible ?

Le courant protectionniste américain, qui a nourri des guerres commerciales contre l’UE ces quatre dernières années, n’a pas disparu avec la défaite de Donald Trump. La relation transatlantique est également marquée par des divergences d’intérêts évidentes entre les deux alliés (Airbus/Boeing – une trêve vient d’être décidée mais rien n’est définitif -, taxation du numérique – les GAFAM - , tarifs sur l’aluminium et le fer…).

L’hégémonie généreuse et constructive des États-Unis de l’après-guerre a disparu, les Européens doivent donc davantage porter sur leurs épaules leur sécurité et la défense de leurs valeurs. L’UE doit développer son autonomie stratégique, notamment ses politiques commerciales, ses accords interrégionaux et ses aides au développement. Concernant les questions de sécurité, le partage du fardeau (hausse des budgets européens en matière de défense à hauteur de 2% de leur PIB) ne sera acceptable par les Européens qu’à deux conditions : une OTAN comportant deux piliers agissant sur un pied d’égalité et une compatibilité entre l’OTAN et une politique de défense européenne.


Source principale : Confrontations Europe


Vers un nouveau Bauhaus en Europe

« Le Pacte vert pour l’Europe doit être plus qu’un projet environnemental ou économique, il doit aussi être un nouveau projet culturel pour l’Europe, alliant design, accessibilité et durabilité. Ce nouveau mouvement Bauhaus européen jouera un rôle moteur pour concrétiser le Pacte vert d’une manière attrayante, innovante et centrée sur l’humain ». (Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, octobre 2020).


Le Bauhaus d’origine.

Le Bauhaus a d’abord été une école d'architecture et d'arts appliqués, fondée en 1919 à Weimar en Allemagne par Walter Gropius et ses amis. Par extension, le Bauhaus désigne un courant d’art et design des années 20-30 rapidement devenu mondial et concernant, notamment, l'architecture et le design, la modernité, mais également la photo, le costume et la danse. Ce mouvement a posé les bases de la réflexion sur l'architecture moderne, notamment celle du style international. Il a collaboré avec l’industrie pour que les meubles, luminaires et objets qu’il avait conçus, très fonctionnels, soient fabriqués en série pour un coût accessible au plus grand nombre. Un certain nombre de ces réalisations sont toujours fabriquées aujourd’hui.


A l’arrivée de l’extrême-droite à la tête du Land de Thuringe en 1924, l’école Bauhaus quitte Weimar pour Dessau, dans le Land de Saxe-Anhalt, à 120 km au sud-ouest de Berlin. Les nazis ayant conquis la direction de la ville en 1931, l’école de Dessau est à son tour fermée, et après une tentative de reconstitution à Berlin elle disparaît définitivement en 1933. Mies van der Rohe, qui la dirige alors, émigrera en 1938 aux USA où il fera une brillante carrière.

Les sites et les réalisations du Bauhaus à Weimar et à Dessau sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le nouveau Bauhaus européen est un mouvement créatif et interdisciplinaire en devenir, il a pour ambition de :

- Rassembler citoyens, experts, entreprises et institutions et faciliter les échanges entre eux pour rendre les espaces de vie de demain plus abordables et accessibles : simplicité, fonctionnalité, possibilités de recyclage .

- Mobiliser les designers, les architectes, les ingénieurs, les scientifiques, les étudiants et les esprits créatifs dans toutes les disciplines pour réinventer la vie durable en Europe et au-delà.

- Fournir un soutien financier aux idées et produits innovants par des appels à propositions ad hoc et des programmes coordonnés inclus dans le cadre financier pluriannuel 2021-2027.


Le nouveau Bauhaus européen est une initiative créative qui fait disparaître les frontières entre la science et la technologie, l'art, la culture et l'inclusion sociale, afin que la conception puisse apporter des solutions à des problèmes quotidiens. Il doit stimuler le débat sur les nouvelles méthodes et matériaux de construction ou fabrication et apporter des réponses pratiques à une question sociale fondamentale : à quoi peut ressembler pour les Européens une vie du XXIème siècle en harmonie avec la préservation de la nature ?


Sur le site web lancé le 18 janvier qui lui est spécifiquement consacré (https://europa.eu/new-european-bauhaus/index_fr), les artistes, les concepteurs, les ingénieurs, les scientifiques, les entrepreneurs, les architectes, les étudiants et toutes les personnes intéressées peuvent mettre en commun des exemples de réalisations inspirantes pour le nouveau Bauhaus européen, leurs idées sur la manière dont il devrait être conçu et évoluer, ainsi que leurs préoccupations et les difficultés rencontrées.

Dans les mois à venir, la Commission européenne décernera des prix à des exemples existants qui illustrent les valeurs essentielles de l'initiative et qui peuvent inspirer les discussions sur les lieux où nous vivons et leur transformation.


Il y aura trois phases : co-conception, réalisation et diffusion.

- co-conception : d’ici la fin de l’été 2021, des appels à propositions seront lancés par la Commission européenne.

- réalisation : cinq projets pilotes seront mis en place dans différents pays européens afin de co-concevoir de nouvelles solutions combinant durabilité, inclusion et esthétique.

- diffusion (à partir de début 2023): l’objectif est de répandre les idées et les concepts définissant le nouveau Bauhaus européen au moyen de nouveaux projets, du travail en réseau et du partage des connaissances, en Europe et au-delà. Le nouveau Bauhaus européen soutiendra l’émergence de marchés porteurs pour des modes de vie esthétiques, durables et inclusifs.


L’après-Brexit : premières difficultés

Fin 2020 Boris Johnson faisait miroiter aux « sujets de Sa très gracieuse Majesté » un avenir radieux avec « l’air du grand large, sans les entraves et les contraintes de l’UE », et le « moment formidable » de la signature de l’accord d’après-Brexit le 24 décembre 2020.

Les premiers mois après cet accord font déjà apparaître des difficultés et l’avenir ne sera probablement pas aussi radieux qu’annoncé…

Du point de vue de la politique internationale, il n’est pas certain du tout que le Royaume-Uni puisse trouver une place qui compte dans un monde qui voit de plus en plus s’installer des rivalités entre des géants : les États-Unis, la Chine, la Russie et bien sûr l’UE. Le Royaume-Uni a bien conservé (comme la France) un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, mais n’est-ce pas un reste historique de l’après-2ème guerre mondiale ?


Sur le plan économique, les échanges commerciaux avec l’UE ont très nettement diminué (l’Europe des 27 représentait 47 % des exportations du Royaume-Uni). Il est vrai que les entreprises avaient constitué des stocks en 2020 en prévision de l’appari tion possible de droits de douane et d’un acheminement moins facile. Il y a eu quelques manques de fruits et légumes frais dans les étals britanniques. Des chaînes de magasins britanniques réduisent ou suppriment leurs implantations dans des pays membres de l’UE.


Certes les produits britanniques sont importés dans l’UE sans droits de douane, mais à condition que la fabrication ou transformation de ces produits ait été faite pour plus de 50 % au Royaume-Uni. Ce n’est pas forcément le cas des voitures assemblées au Royaume-Uni mais dont la plupart des composants viennent d’autres pays, UE ou pas (par exemple les batteries, les moteurs et l’électronique pour les voitures électriques). Au mois de janvier 2021, les exportations de viande vers l'UE (mouton, bœuf Angus…) étaient au quart de leur niveau de l'an dernier selon les producteurs, et les pêcheurs écossais estimaient avoir perdu plus d'un million d'euros par jour.

Un petit exemple qui montre l’imbrication des économies du Royaume-Uni et de l’UE : le bonbon Percy Pig, tête de cochon rose aux oreilles colorées translucides, très populaire outre-Manche, un classique de Marks & Spencer. Les bonbons sont fabriqués en Allemagne et importés par Marks & Spencer, qui les ré-exporte ensuite vers ses filiales européennes (Irlande, France et République tchèque). La part du Royaume-Uni dans le produit est évidemment minime et des droits de douane vont s’appliquer… y compris pour les bonbons vendus en Irlande du Nord : en effet cette partie du Royaume-Uni reste dans la Marché unique, la frontière UE - Royaume-Uni étant en mer d’Irlande, donc en pratique aux trois ports d’Irlande du Nord. Les médias britanniques se sont emparés de ce sujet très symbolique et le cochon rose a été qualifié de « première victime du Brexit ».


Autre exemple plus pittoresque et moins sucré : les anguilles du Lough (lac) Nead en Irlande du Nord. L’Irlande du Nord étant restée dans le Marché unique européen, les pêcheurs peuvent continuer à les exporter vers les Pays-Bas qui en sont très friands… mais ils ne peuvent plus les exporter vers l’Angleterre car cette anguille (très prisée en gelée à Londres) est une espèce protégée qui ne peut être exportée que vers des pays membres de l’UE. Et pour maintenir la population d’anguilles dans ce très grand lac les pêcheurs achetaient des civelles (très jeunes anguilles, transparentes) presque en face, au Pays de Galles : importation maintenant interdite. Les civelles sont achetées en France, où on les pêche dans les estuaires des fleuves atlantiques ; il faut les faire venir par avion et c’est plus cher… Ces contraintes pourraient évidemment s’arranger mais il faudra des discussions donc du temps. Le diable peut se cacher dans les détails…


La City, principal poumon financier européen et joyau de l’économie britannique, a elle aussi perdu quelques plumes, au profit d’Amsterdam, Bruxelles, Francfort, Luxembourg, Milan ou Paris. Ce n’est certes pas une hémorragie, mais les flux sont dans un seul sens… Exemple très récent : le dépôt et règlement/livraison des titres irlandais (actions, obligations et fonds d’investissement) a migré le 12 mars de Londres vers Euroclear Bank à Bruxelles, c’était prévu depuis longtemps mais ce n’en est pas moins une perte d’activité.

Sur les 9 millions d’habitants de la métropole de Londres, 700 000 seraient partis entre l’été 2019 et l’été 2020. La Covid y est probablement pour quelque chose, mais pas seulement.


Question défense, le Royaume-Uni garde une grande importance et reste un partenaire très apprécié par les armées françaises. La déclaration de Saint-Malo (Jacques Chirac et Tony Blair) en faveur d’une autonomie européenne de défense avait beaucoup rapproché les deux forces et cela subsiste, d’autant plus que les deux pays disposent de l’arme nucléaire – le Royaume-Uni vient d’ailleurs de décider de renforcer son arsenal nucléaire de façon importante. Le Royaume-Uni est évidemment plus que jamais membre de l’OTAN.


Mais c’est peut-être en politique intérieure que les nuages sont les plus menaçants pour le Royaume-Uni.



L’accord de fin décembre 2020 a ravivé les velléités d’indépendance de l’Écosse, qui en juin 2016 avait voté à 62 % contre la sortie de l'Union européenne . « Nous ne voulions pas quitter l’Union et espérons vous rejoindre bientôt en tant que partenaire à part entière », a déclaré dès le 2 janvier sa dirigeante Nicola Sturgeon dans une tribune adressée à des agences de presse de l’UE. Et dans un tweet adressé à l'UE : "L’Écosse sera bientôt de retour, laissez la lumière allumée".

Boris Johnson est fermement opposé à un nouveau référendum en Écosse sur cette question, et l’accord du Parlement britannique est de toute façon nécessaire pour l’organiser. Cependant un sondage mi-décembre 2020 en Écosse donnait 58 % pour l’indépendance, le Parlement écossais sera renouvelé en mai et le Parti national écossais est donné largement en tête. Si cela se confirme il pourrait renforcer la pression sur Londres pour accepter un deuxième référendum.

Un détail amusant, Boris Johnson a déclaré en réponse à Nicola Sturgeon, le 3 janvier : «Je suis opposé à l'organisation d'un nouveau référendum sur l'indépendance écossaise. D'après mon expérience, les référendums dans ce pays ne sont pas des événements particulièrement joyeux »… , effectivement, les Britanniques se mordent peut-être les doigts d’avoir voté « leave » en juin 2016… mais ce n’est probablement pas ce que voulait dire le Premier ministre, ou alors c’est de l’humour british au 3ème degré !!


Du côté de l’Irlande du Nord la situation a aussi de quoi inquiéter Londres. Pas seulement parce que cette partie du Royaume-Uni a voté à 56 % pour rester dans l’UE en juin 2016. mais surtout parce que l’opinion y est de plus en plus favorable à une réunion avec la République d’Irlande, restée dans l’Union européenne. Le statut particulier de l’Irlande du Nord, qui évite toute frontière visible avec la République d’Irlande, est peut-être une des explications à cette évolution. Le parti républicain Sinn Fein (qui milite pour une seule Irlande) a beaucoup progressé dans l’opinion nord-irlandaise et les unionistes (au sens union avec le Royaume-Uni) perdent de l’importance.

Chaque jour 30 000 personnes franchissent la frontière (peu visible puisque non physique) entre les deux parties de l’Irlande, pour travailler, faire des achats… en passant de l’euro en République d’Irlande à la livre sterling en Irlande du Nord.

En dehors des ces questions de politique intérieure, la situation particulière de l’Irlande du Nord « qui n’est plus dans l’UE mais reste dans le Marché unique européen » crispe des tensions entre le Royaume-Uni et l’UE,

La Commission européenne accuse Londres d’avoir violé les règles de l’accord de Brexit, plus précisément les règles douanières vers l’Irlande du Nord. Elle a annoncé le 15 mars avoir envoyé une lettre de mise en demeure au Royaume-Uni, lui donnant un mois pour transmettre ses observations. L’origine de cette procédure est la décision unilatérale de Londres de reporter certains contrôles douaniers en Irlande du Nord. Le gouvernement britannique avait annoncé le 3 mars un report de 6 mois - jusqu'au 1er octobre - de certains contrôles controversés sur l'arrivée de marchandises en Irlande du Nord depuis l'île de Grande-Bretagne.


L’équipe de négociation UE – Royaume Uni dirigée par Michel Barnier a cessé ses travaux début mars, puisque l’accord post-Brexit avait été conclu. Reste que les divergences d’interprétation des 1 300 pages de cet accord donneront probablement de multiples occasions de controverses et de batailles juridiques.


Pour terminer, quelques données surprenantes sur la personnalité de Boris Johnson, né en 1964.

Tout d’abord son vrai prénom est Alex (Alexander), dans sa jeunesse il a adopté Boris, son 2ème prénom, parce que c’était plus original .

Il connaît très bien Bruxelles et les institutions européennes !

- son père, Stanley Johnson, a été fonctionnaire européen de 1973 à 1994. Boris a vécu 2 ans de son enfance à Bruxelles (1973-1975), il a fréquenté l’école européenne de Bruxelles, où il a appris le français. Son père est resté très attaché à l’Union européenne, il aurait voté contre le Brexit et aurait déclaré vouloir demander la nationalité française…

- lui-même a été journaliste, correspondant pour l’Europe à Bruxelles du Daily Telegraph de 1989 à 1994 !! Ses articles se moquaient fréquemment des institutions européennes, souvent pour des motifs qu’il inventait ou au moins déformait ; ses papiers plaisaient à Margaret Thatcher et aux eurosceptiques. Cela l’a fait connaître au parti conservateur.




La Hongrie et la Pologne saisissent la Cour de justice de l’Union européenne

Pour ces deux trublions de l’UE, l’attaque est la meilleure des défenses… Les deux pays dénoncent le mécanisme adopté en décembre par l’Union européenne… avec leur accord, certes résigné et après obtention de concessions. Pour la Pologne, « l’Union n’a pas la compétence pour définir la notion d’État de droit ».


Sans surprise, la Hongrie et la Pologne ont annoncé, le 11 mars, avoir saisi la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) d’une plainte contre le mécanisme conditionnant les versements de fonds européens au respect de l’État de droit. Ce mécanisme avait été adopté lors d’un Conseil européen en décembre 2020, après que ces deux pays aient longtemps bloqué l’adoption du plan de relance et du budget pluriannuel 2021-2027.


« L’UE n’a pas la compétence pour définir la notion d’État de droit. Ce genre de solutions n’a pas de fondement dans les traités européens, est une ingérence dans les compétences des États membres et viole la législation de l’Union européenne», insiste le gouvernement polonais sur son site officiel. La Hongrie a réagi à l’unisson : « Cette législation de l’UE constitue une grave violation de la loi ».


Après avoir bloqué en décembre les négociations sur le plan de relance européen, la Pologne et la Hongrie avaient finalement accepté de lever leur veto, à condition que la validité du dispositif soit soumise à la CJUE en cas de recours en annulation par un État membre. Par cette concession, les autres États de l’UE cherchaient surtout à ne pas retarder encore l’adoption du plan de relance européen (750 milliards d’€) et du budget 2021-2027 (1 074 milliards).


Régulièrement mis en cause pour des atteintes à l’État de droit (atteintes à la liberté de la presse et à l’indépendance de la justice, pour la Hongrie violations persistantes des droits des demandeurs d’asile et des droits des associations), les deux pays bénéficient largement des fonds européens. Ces fonds ont représenté en 2019 environ 3,3 % du produit national brut pour la Pologne et 4,5 % pour la Hongrie.


La saisine de la CJUE a pour effet immédiat de retarder les sanctions. Elles ne seront effectives qu’après la décision de la Cour, qui (d’après ses délais habituels de décision) ne devrait pas intervenir avant l’automne 2022. De quoi éviter à la Hongrie de Viktor Orban, en guerre ouverte avec la Commission européenne sur le respect des valeurs européennes, de voir le sujet interférer avec les élections législatives, prévues mi-2022. La Pologne, elle, pourrait être rattrapée par les sanctions avant ses prochaines élections, prévues en 2023. S’il n’y avait pas eu de saisine, le nouveau mécanisme aurait pu entrer en vigueur dès cette année.

Rappelons que le rôle de la CJUE, à ne pas confondre avec la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), est de statuer sur la validité et l’application des textes européens.

Autre application de « l’attaque est la meilleure des défenses » : début mars le Fidesz, parti au pouvoir en Hongrie, a annoncé que ses 12 députés européens quittaient le groupe politique PPE (centre droit, les partis allemand CDU-CSU et français LR en font partie), qui reste cependant le groupe principal au Parlement européen.

Le Fidesz avait déjà été suspendu du PPE en mars 2019, avant les élections européennes de 2019. Cette fois-ci le PPE avait adopté à une écrasante majorité de nouvelles règles internes permettant la suspension et l'éviction d'un parti membre. Sentant son parti attaqué, Viktor Orbán a devancé l'annonce du PPE qui allait interdire aux 12 députés européens du Fidesz (sur un total de 21 députés européens élus en Hongrie) de s'exprimer au nom du groupe PPE ou de le représenter dans différentes missions.


Source principale : Le Monde


Galileo, le système de géolocalisation européen : où en est-il ?

Galileo, le système européen de géolocalisation par satellites concurrent du GPS américain, est opérationnel depuis décembre 2016, avec 26 satellites en orbite. Il va encore monter en puissance avec une nouvelle génération de satellites.


En janvier 2021 l’Union européenne a confié à ThalesAleniaSpace (Italie) et Airbus Defense and Space (Allemagne) la fabrication de 12 nouveaux satellites (6 pour chaque entreprise). Montant total du contrat pour ces 12 satellites: 1,47 milliard d'€.

Les premiers satellites de cette seconde génération seront placés en orbite d'ici à la fin de 2024. Avec leurs nouvelles capacités, ces satellites amélioreront encore la précision de Galileo. Avec cette seconde génération, Galileo doit se maintenir à la pointe de la technologie par rapport à la concurrence mondiale et contribuer à l'autonomie stratégique de l'Europe.

Plus d'un milliard d’utilisateurs de Galileo dans le monde.


Ce nombre d'utilisateurs correspond en fait à plus de 1 milliard de terminaux qui exploitent ce système, très majoritairement des smartphones. Mi-2018, ils n’étaient que 300 millions.

Ce sont les fabricants de terminaux qui choisissent quel système sera utilisé par défaut pour les besoins de géolocalisation. De plus en plus de marques optent pour le service européen qui affiche une meilleure précision (de l'ordre du mètre) que son concurrent américain, le fameux GPS (une dizaine de mètres), mais les utilisateurs ne savent pas sur quel service repose leur géolocalisation, et GPS est quasiment devenu un nom commun, comme en son temps Frigidaire. Les utilisateurs sont donc comme M. Jourdain qui faisait de le prose sans le savoir...


Les constructeurs privilégient aussi Galileo parce que le GPS est un système conçu par et pour l'armée des États-Unis et sous son contrôle. Le signal pourrait ainsi être dégradé à tout moment si le gouvernement des États-Unis le décidait. Reste que le GPS dispose encore d'une avance considérable en nombre d’utilisateurs.


Outre les smartphones, Galileo entre désormais en force dans les habitacles des automobiles. En Europe, tous les nouveaux modèles de voitures ayant l'autorisation de mise sur le marché sont équipés du système eCall, qui utilise Galileo pour communiquer la localisation du véhicule aux services d'urgence en cas de besoin.


L'enjeu de la géolocalisation est colossal : il y a bien sûr l'écosystème des applications pour smartphones mais aussi le marché très prometteur de la voiture autonome, qui s'appuie évidemment sur les systèmes de géolocalisation de grande précision.


La Représentation en France de la Commission européenne informe les collectivités territoriales

La Représentation est engagée depuis quelques mois dans une démarche d’information des élus locaux, avec la création d’un Pôle territorial qui diffuse à ces élus des dossiers par thèmes. Des informations sont aussi mises sur les sites de La Gazette des communes et du Courrier des maires.


Les maires et les présidents d’agglomérations ou de communauté de communes déclarent en grande majorité connaître peu ou mal le rôle de l’Union européenne et les opportunités qu’elle offre. Les élus souhaitent être mieux informés sur les sujets européens et les possibilités concrètes de financement pour être aidés dans leurs projets locaux. C’est pour répondre à ces besoins que la Représentation de la Commission européenne en France a créé un Pôle territorial, qui est dirigé par Alain Dumort, chef de la Représentation régionale de la Commission, à Marseille.


La 1ère édition du dossier périodique « L'information européenne pour les décideurs des communes » portait sur la rénovation thermique des bâtiments publics et présentait un aperçu du cadre européen, des financements possibles et une orientation sur les modalités d’accès à ces subventions ou prêts pour les décideurs locaux.

Un exemple de réalisation récente y figure. La commune de Lherm, en Haute-Garonne, 3 600 habitants, a rénové son groupe scolaire et centre de loisirs : isolation et meilleure étanchéité des toitures, régulation du chauffage et remplacement des luminaires par des LED. Un sas d’entrée et des menuiseries à double vitrage ont également été réalisés, ainsi que des panneaux photovoltaïques sur un toit-terrasse et une chaufferie au bois. Les travaux ont été achevés en février 2020, sur un total de 692 000 € la subvention FEDER a apporté 89 000 €. L’élu en charge des travaux et de la transition énergétique explique que c’est la Région Occitanie qui a conseillé à la commune de faire un dossier de demande de subvention au FEDER, l’Europe pouvant aider les communes pour la rénovation thermique des bâtiments. Il indique aussi que ce dossier a été assez simple et rapide à monter, contrairement à ce qu’il pensait a priori.


Un webinaire "Quels dispositifs européens pour la rénovation thermique des bâtiments?" s’est tenu le 26 février de 10h à 12h pour aider les communes à saisir toutes les opportunités de ces dispositifs.


La 2ème édition de « L'information européenne pour les décideurs des communes » est titrée : Les communes à l’ère du numérique et à l’heure européenne. Là aussi des conseils pratiques et des exemples de réalisations aidées par l’Europe. Sont citées ainsi, pas loin de Nîmes :

  • L’installation en 2019 de réseaux Wifi gratuits dans 7 espaces publics de Castelnau-le-Lez (34), subvention de 15 000 € dans le cadre du programme WIFI4EU. La subvention couvre à 100 % l’installation, ne reste à la charge de la commune que le fonctionnement, moins de 1 800 € par an.

  • « L’école numérique pour tous » de la Lozère, à Mende, en 2015-2016 subvention de 67 000 € du FSE (Fonds social européen) sur un montant total de 113 000 €.

Pour recevoir régulièrement ces dossiers d’information, faits pour être d’utilisation très pratique par les élus : inscription (gratuite, bien sûr) avec le lien suivant, qui permet même sans inscription de lire les dossiers déjà publiés : https://ec.europa.eu/france/services/communal_fr


En plus de ces dossiers d’information, des articles sont publiés, tous les mois, sur le site de la Gazette des Communes dans un espace dédié au décryptage des politiques européennes au service des communes. Au moment où le nouveau programme « l’UE pour la Santé » entre en vigueur, doté d’un montant historique de plus de 5 milliards d’€, les derniers articles parus sont consacrés à la politique européenne de santé et son impact sur les communes, en mettant l’accent sur la lutte contre les déserts médicaux.


Le Joli Mois de l’Europe – Mai 2021

Le Joli Mois de l’Europe (en rappel du « Joli mois de mai » tant de fois chanté) a été créé en 2010. Il est l’occasion d’organiser un ensemble d’évènements pendant tout le mois de mai, autour de la Fête de l’Europe du 9 mai, date de la commémoration de la déclaration de Robert Schuman, l’un des pères fondateurs de l’Europe, le 9 mai 1950. L’objectif est de placer l’Europe au centre des réflexions et de permettre aux habitants de la région de prendre conscience de la place qu’occupe l’Europe dans leur vie quotidienne. C’est aussi l’occasion de faire connaître les nombreuses actions et réalisations en Région qui ont vu le jour grâce aux financements européens.


La Maison de l’Europe de Nîmes, dont la zone d’action est (principalement) en Région Occitanie et aussi en Région Sud-PACA, aura la chance de pouvoir apporter sa participation aux événements dans les deux régions pour ce Joli Mois de l’Europe.

Cette année, compte tenu des incertitudes sur le contexte sanitaire en mai, le Joli Mois de l’Europe sera prévu sous forme numérique.

Pour connaître notre programmation détaillée, rendez-vous sur notre site Internet : https://www.maison-europe-nimes.eu/joli-mois-de-l-europe-2021

QUI PEUT Y PARTICIPER ?

Toute structure (association, collectivité locale, entreprise, toute structure bénéficiaire de fonds européens, etc.) qui organise une action en lien avec l'Europe pendant le mois de mai 2021, par exemple : des visites virtuelles d’un projet cofinancé par l’Europe, des animations en ligne (jeux, quizz), des web-conférences etc.

COMMENT INSCRIRE VOTRE MANIFESTATION ?

Vous organisez une action en lien avec l'Europe et vous souhaitez la faire connaître ?

Inscrivez-vous en remplissant le formulaire de labellisation sur le site internet :

Région Occitanie : https://jolimois.laregion.fr/Le-Joli-Mois-de-l-Europe

Région Sud : https://europe.maregionsud.fr/joli-mois-de-leurope-2021/


Une fois votre évènement labellisé, vous recevez votre kit de communication et votre évènement est inscrit sur le programme du Joli Mois de l’Europe. Utilisez le kit de communication sur votre site internet et sur vos réseaux sociaux. Parlez du Joli Mois de l’Europe sur vos réseaux sociaux en utilisant #JMEurope.


La Lozère, nouvelle « Silicon valley » ?

La Lozère se transforme peu à peu en mini - Silicon Valley