"Cette expérience m’a profondément influencé": Loic, 11 mois en SVE en Roumanie

La première question que je me pose en commençant à écrire, est «Comment je vais faire pour résumer 11 mois en quelques lignes ?».

Il ne s’agit pas de 11 mois quelconque, Il s’agit d’une expérience de Service Volontaire Européen (EVS) en Roumanie. Cette expérience m’a profondément influencé, car il s’agit peut-être de la période la plus riche et challengeant que j’ai eu à vivre jusqu’à présent. Les raisons du pourquoi sont nombreuses mais laissais-moi vous présenter le cadre.

J’ai donc pris un avion le 1er Novembre 2017 à Marseille pour arriver à Bucarest. Et c’est ici que j’ai rencontré mes comparses volontaires avec qui j’allais partager plus que ce que j’imaginais. Nous avons rejoint la ville/village de Baile Tusnad, au nord. C’était ici que nous allions vivre… .

Les premiers temps : La découverte.

Les premières semaines et mois, mes ressources ont surtout était focalisées dans la découverte de mon nouvel environnement. La ville et ses spécificités culturelles, rencontrer les locaux, prendre contact avec les enfants avec qui j’allais travailler, apprendre la langue… . Beaucoup de nouveautés en somme ! Et puis tisser des liens avec les autres volontaires. Personnellement, pendant cette période, tout a été très nouveau, alors le temps passe, on s’amuse, puis vient le temps des premières activités et travaux de groupes et on se met à créer et échanger nos idées. Evidemment la barrière de la langue et les différences de culture rendent ces processus un peu plus compliqués mais il est intéressant de vivre cela et de voir comment nous déjouons tous ces pièges.

Finalement dans ces premiers temps j’ai pris possession de ma nouvelle vie. Je crois que la nouveauté a caché un peu les aspects les moins bien. Et c’est qu’un peu plus tard qu’ils m’ont rattrapés…

Winter is coming…

Et donc l’hiver finit par arriver… Tout se couvre d’un très joli manteau blanc qui par endroit pouvait atteindre un peu plus d’un mètre d’épaisseur. Les températures s’abaissent et la vie se fige. Cette période a été plus difficile pour moi car en plus de la fin de l’euphorie de l’arrivée, sortir est devenu plus compliqué. Avec des températures pouvant descendre jusqu’à -18 ou -20 tout devenait un peu différent, et j’ai souvent répété en ces moments : « Je vis mon premier hiver de ma vie ».

Et puis l’euphorie des rencontres disparaît un peu et les personnalités de chacun sont devenues un peu plus compliquées à accepter, les habitudes de vies différentes ne sont plus seulement vécues comme une extraordinaire richesse, mais aussi comme quelque chose pouvant être irritant.

Les premières discussions pour rétablir l’équilibre du groupe apparaissent et ce n’est pas facile. L’anglais n’est pas maîtrisé par tout le monde. Et personnellement il m’a était difficile de parler avec émotion dans une langue peu maîtrisée. Mais les progrès sont nets.

De l’autre côté, mon travail. Volontaire assez libre, je devais organiser évènements et activités pour les locaux. Avec beaucoup de bonne volonté j’essaye d’organiser beaucoup de choses et m’investis un peu partout. Mais en m’éparpillant je perds beaucoup d’énergie et je rencontre peu de résultats. J’organise cependant pendant plusieurs mois des ateliers théâtre, des cours de français, des ateliers jonglage… . Alors dans un élan un peu de la dernière chance je me recentre sur ce que j’aime par-dessus tout. L’environnement et la nature.

La fin de l’hiver et le nature club :

C’est donc sur la fin de l’hiver que je commence à travailler avec un ami biologiste local. J’organise des randonnées avec des enfants, enseignants, touristes, locaux, avec une petite activité pendant la sortie sur l’environnement. Ces activités sont un succès et je me reconnecte à ce que j’aime le plus. Je prendrais beaucoup de plaisir à organiser ces activités régulièrement. En parallèle j’interviens dans l’école locale pour parler de thèmes environnementaux.

De l’autre côté, ma vie personnelle. Je tisse des liens avec des locaux et notre groupe de volontaires arrive à surmonter tant bien que mal les embûches de la communication.

La fin de l’hiver marque pour moi une deuxième période d’euphorie.

Je me souviens du premier jour de beau temps et de l’allégresse que j’ai ressenti.

Les doutes reviennent :

La joie des premières chaleurs passées, c’est notre groupe de volontaire qui a été ébranlé par de nombreux conflits. La communication difficile, les différences de personnalités peut-être trop grandes, les attentes et doutes de chacun, a créé un schisme. Nous avons donc évolué dans une ambiance un peu tendue et compliquée. Pendant de longs mois nous avons presque coupé la communication entre nous. Cela nous a fait du bien, je crois. Car en faisant cela nous avons aussi retrouvé qui nous étions individuellement.

Avec du recul cette perte de contact n’est pas négative. Nous avons tissé des liens avec des personnes différentes. Nous avons exploré des choses différentes.

Personnellement, c’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à travailler sur un projet très ambitieux : un documentaire vidéo de 2 heures sur le thème de l’environnement. Cela a occupé la très grande majorité de mon temps.

La fin approche :

Sur la fin du projet, nous avons réussi à retrouver un esprit de groupe. Nous avions accepté que nous étions différents et nous avons réussi à passer du temps ensemble. Riche de nos expériences différentes, tout le monde avait trouvé des attaches. Nous étions impliqués dans la communauté et nous faisions partie de Baile Tusnad.

Se dire au-revoir n’a pas été facile mais nous avons trouvé l’énergie nécessaire, et peut-être nous retrouverons-nous ailleurs.

Sur les derniers temps de cette expérience un mélange de fierté et d’accomplissement m’a envahi. Malgré les nombreuses difficultés, les moments de doutes, la tristesse, j’ai réussi à trouver ma place, et aussi un peu de moi dans cette belle expérience. J’y ai rencontré des gens bons et y ai vécu des moments forts, que je n’oublierai pas.

En terminant ce témoignage, je me rends compte que j’aurais pu parler de mes voyages en Roumanie, de la découverte de la culture du pays, des rencontres avec les autres volontaires, et de mille autres choses. Mais ce qui me semble le plus important, c’est la richesse de cette expérience et de sa difficulté. Car en effet c’est un moment de vie que j’ai aimé et qui a été riche, mais c’est aussi une expérience compliquée ou l’on apprend à se connaitre un peu plus et où l’on évolue beaucoup.

Bonne chance pour toi qui est intéressé(e)(e) par cette expérience de vie, mais fonce si tu en as l’envie.

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