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De l’Elysée à Nancy, l’art du « deal » à l’européenne !

  • 27 mai 2025
  • 2 min de lecture

En son temps, le traité de l’Élysée, signé le 22 janvier 1963 entre Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, avait sanctifié la réconciliation franco-allemande. Il a été amplifié par le traité d’Aix-la-Chapelle, signé le 22/01/2019. Ce type de document a un objet très large et ne couvre pas seulement des aspects diplomatiques, mais tout un ensemble de domaines concernant l’économie, la défense, la culture, les échanges entre Français et Allemands, etc. Des sommets périodiques réunissent les dirigeants des deux pays. Les deux réalisations les plus tangibles pour le citoyen sont l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) et le Fonds citoyen franco-allemand. Cette coopération approfondie a servi de modèle pour des traités avec nos autres voisins : le traité du Quirinal a été signé le 26 novembre 2021 entre les dirigeants français et italiens, puis celui de Barcelone le 19 janvier 2023 avec les dirigeants espagnols.

Même si ces traités ne sont pas des copier/coller de ceux de l’Élysée et d’Aix, ils ont comme caractéristiques communes d’avoir un champ d’action très large.

Jusqu’ici, ces accords de coopération ne concernaient que les relations avec nos voisins. Tout récemment, un traité a été signé à Nancy le 9 mai 2025 entre la France et la Pologne.

Ces différents traités cherchent à compenser le manque de dynamisme des relations franco-allemandes ces dernières années, sans remplacer leur importance stratégique.

Il faut remarquer que nos relations avec le Royaume-Uni ont donné lieu à des traités qui ne couvrent que les aspects militaires (traité de Londres du 2 novembre 2010) ou le contrôle des frontières face aux migrations (traité du Touquet du 4 février 2003).

Aucun accord de ce type ne couvre nos relations avec les pays du Benelux.

S’agit-il de contourner l’Union européenne, qui est fondée, elle aussi, sur des traités ?

Non, car ceux signés avec nos voisins et la Pologne abordent des domaines qui ne sont que marginalement de la compétence de l’Union, comme la culture, la défense, etc.

Ils renforcent la communauté d’intérêts entre pays européens et tendent plutôt à fortifier l’Union en créant des réseaux de solidarité très serrés et souvent au plus près des citoyens, comme les deux fonds franco-allemands.


Frédéric Bourquin, président de la Maison de l’Europe de Nîmes.

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