Lettre Europe Septembre 2020

Un moment hamiltonien » pour l'Europe ?



Qui était Alexander Hamilton (1757-1804)? C'était un homme politique états-unien, fondateur du parti fédéraliste. Il participa à la rédaction de la constitution des États-Unis et fut le premier secrétaire du Trésor (1789-1795) du nouvel État. Il préconisa la création d'une dette fédérale, l'instauration de taxes fédérales, la garantie des dettes des États fédérés et la création d'une banque nationale. On peut affirmer qu'il a contribué à faire en sorte que les États-Unis deviennent une fédération plutôt qu'une confédération.


Les décisions qui ont été prises en juillet par les pays membres de l'Union européenne semblent correspondre à un moment « hamiltonien », c'est-à-dire jeter les bases d'un État fédéral par la création d'une dette commune pour financer le plan de relance de 750 milliards d'euros et l'instauration d'impôts communs pour la rembourser.

Donc, ne boudons pas notre plaisir : l'U.E réagit massivement et unie (après de chaudes discussions) au désastre économique provoqué par la pandémie et semble avoir changé de braquet. Les sommes en cause s'ajoutent aux facilités offertes par la Banque centrale européenne, même si elles ne sont pas de même nature. Vous pourrez lire ci-après un article qui décrit le compromis auquel les États membres sont arrivés.


Néanmoins, soyons conscients que l'évolution vers une fédération sera beaucoup plus longue qu'aux États-Unis. Ce qui distingue l'Union européenne d'aujourd'hui des États-Unis du XVIIIe siècle, c'est que dans le premier cas il s'agit d'unir des États centenaires et même millénaires pour certains (France, Danemark, Pologne, Hongrie...), avec leurs langues, leurs traditions ; dans le deuxième cas, il s'agissait d’États nouvellement indépendants qui n'avaient que quelques décennies, avec une langue et une culture communes. N'oublions pas que la Suisse a mis 557 ans pour se transformer de confédération (1291) en fédération (1848) et qu'elle continue a être désignée traditionnellement par le premier terme !


Frédéric Bourquin, président de la Maison de l'Europe de Nîmes


L'après Brexit : deal or no deal ?


Le temps passe, et le ton monte entre Londres et l'UE

Le Royaume-Uni a formellement quitté l'UE le 31 janvier, après presque 50 ans d'appartenance à l'UE. Mais il reste régi par la réglementation européenne jusqu'à la fin de cette année, tandis que les deux parties tentent de conclure un accord de libre-échange pour régler leurs relations commerciales futures.

Faute d'accord en vigueur avant le 31 décembre, fin de la période de transition post-Brexit, les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)s'appliqueraient, avec leurs droits de douane élevés et leurs contrôles douaniers poussés, le Royaume-Uni étant alors considéré comme n’importe quel pays extérieur à l’UE. De quoi affaiblir encore des économies déjà frappées de plein fouet de part et d’autre de la Manche par la Covid 19.

Les négociations butent notamment sur la pêche et les conditions de concurrence équitable, mais plus largement sur la volonté de Boris Johnson, premier ministre conservateur, de montrer à ses électeurs qu’il met au-dessus de tout la souveraineté absolue du Royaume-Uni, qui doit par exemple ne « plus être soumis aux décisions de Cour de justice de l’UE ». En outre le Royaume-Uni veut négocier domaine par domaine, alors que l’UE veut une négociation sur l’ensemble des sujets. L’UE aurait volontiers donné un peu plus de temps aux négociations, mais Boris Johnson a d’emblée écarté cette possibilité. Il ne reste donc qu’un peu plus de 3 mois pour conclure un accord et le faire ratifier. Récemment Boris Johnson a déclaré que « si un accord n’était pas trouvé avant le 15 octobre - date d’une réunion du Conseil européen -, le Royaume-Uni passerait à autre chose », puis que s’il n’y avait pas d’accord « Londres pourrait ne pas appliquer pleinement le traité sur sa sortie de l'UE ». Le négociateur britannique, David Frost, a prévenu que le Royaume-Uni ne deviendrait pas « un Etat-vassal » de l'Union européenne quel que soit l'accord commercial post-Brexit conclu avec les 27 :« Nous n'allons pas accepter des clauses qui leur donneraient le contrôle sur notre monnaie, ou sur notre façon d'organiser les choses ici au Royaume-Uni, et ça ne devrait pas être sujet à polémique », a-t-il précisé. « C'est ce que signifie être un pays indépendant, c'est ce pourquoi le peuple britannique a voté et c'est ce qui se produira à la fin de l'année, quoiqu'il arrive ».

Cette remise en cause éventuelle pourrait porter notamment sur la situation particulière de l’Irlande du Nord, une des quatre composantes du Royaume-Uni. En effet l'accord de divorce conclu avec l'UE contraint Londres à notifier à la Commission européenne toute aide d'Etat qui affecterait le marché des marchandises nord-irlandais. Il oblige aussi les entreprises de cette province à remplir des formulaires douaniers lorsqu'elles expédient des biens vers le reste du Royaume-Uni. Ces obligations ont du mal à passer dans l’opinion britannique, car elles enfoncent un coin dans l'unité entre les quatre nations composant le Royaume (Angleterre, Écosse, Irlande du Nord, Pays de Galles).

Réplique immédiate de Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE : « tout ce qui a été signé dans le passé doit être respecté, c’est le gage de la confiance pour l’avenir ».

Qu’en est-il réellement ? Attitudes théâtrales de Boris Johnson pour satisfaire son parti et pour impressionner le camp d’en face ? Ou est-il réellement prêt à ce qu’il n’y ait pas d’accord ?

Difficile à discerner… Boris Johnson ne manque pas une occasion de déclarer que son pays « sera prospère en cas de no deal ». Pense-t-il que l’UE aura plus envie que lui d’aboutir positivement et de faire pour cela une concession, premier pas vers un accord commercial ? Dans une négociation, tout le monde cache son jeu et ses intentions. Pour le moment, le temps passe et on se rapproche de la « fin de partie ». Les deux camps font un peu penser aux coureurs de vitesse à vélo sur piste, dans les épreuves où ils ne sont que deux : il s’agit d’arriver sur la ligne avant l’adversaire, mais cela commence généralement par un long moment de sur place (petits mouvements avant-arrière, c’est possible avec ces vélos à pignon fixe), chacun guettant un moment d’inattention de l’autre, si ce moment d’inattention est trop court celui qui démarre le premier est vite rattrapé, l’autre se met dans son sillage et le dépasse sur la ligne. La route vers un accord pour l’après-Brexit est décidément une course d’obstacles !


Un nouveau projet : "My Soft City", un Partenariat stratégique Erasmus+ Jeunesse



La Maison de l’Europe est le porteur d’un projet de « Partenariat stratégique » qui a été récemment accepté. Notre projet est un des 6 projets seulement qui ont été acceptés pour la France et seront subventionnés par l’Agence nationale Erasmus+ Jeunesse, dans le cadre de son Action-clé n° 2 « Innovation ».

C’est pour nous une nouvelle catégorie de projets Erasmus+, en plus des projets de volontariat, de stages et d’échanges de jeunes. Nous progressons ainsi vers devenir un centre de ressources en mobilités européennes auprès de professionnels. C’est l’idée des partenariats stratégiques.

« My Soft City – From flaneur to entrepreneur » est un projet entre 8 partenaires de 4 pays différents (France, Portugal, Roumanie, Suède). Il s’étalera sur une longue durée, 34 mois, de novembre 2020 à août 2023. Le projet vise à améliorer la dimension jeunesse des villes partenaires : Nîmes, Funchal (à Madère), Constanţa (Roumanie) et Lund (Suède). Une des chevilles ouvrières de la proposition de ce projet est une jeune roumaine, Deea, qui a passé une année à Nîmes comme volontaire européenne en 2016-2017.

Les objectifs du projet : sensibiliser les jeunes à leur patrimoine culturel ; les inciter et les aider à constituer une communauté de jeunes unie et proactive, consciente de son patrimoine culturel, intéressée à le préserver ; encourager les jeunes à devenir eux-mêmes des entrepreneurs culturels et sociaux ; favoriser l'employabilité, l'inclusion sociale et la cohésion par une approche éducative, participative, inclusive et interculturelle du patrimoine culturel européen.

Les activités prévues dans le projet :

- 5 ateliers pour les travailleurs de jeunesse sur : l’inclusion sociale, l’illustration et la cartographie, la « gamification » (utiliser des jeux pour favoriser une participation active), l’écriture créative, l’entreprenariat et leurs applications dans le travail avec les jeunes

- 5 ateliers pour les jeunes (16-22 ans, la moitié de participants étant des « JAMO », Jeunes ayant moins d’opportunités) sur les mêmes sujets

- Production d’un livre numérique de témoignages des entrepreneures sociaux des 4 pays partenaires – partage des histoires de réussites et échanges de bonnes pratiques

- Production de 4 cartes virtuelles de 4 villes partenaires élaborées par les jeunes pour les jeunes

- Production d’un livre « 8 jeux pour les ambassadeurs culturels » pour les jeunes

- Production de 4 jeux de cartes illustrés des monuments des villes partenaires.


La Biélorussie, dernier vestige soviétique

Les empires laissent toujours des vestiges derrière eux ; habituellement, il s'agit de monuments, de statues... Mais l'empire soviétique a laissé derrière lui des pays entiers, dont la Biélorussie.


Peu de choses y ont changé depuis l'ère soviétique : culte de la personnalité du dirigeant, élections truquées, répression de l'opposition, musellement de la presse, économie étatisée peu performante, proximité politique avec Moscou, statue de Lénine devant le siège du gouvernement. Même le vocabulaire de Loukachenko (le « batka », le père) est digne de la langue de bois soviétique ! Il est au pouvoir depuis 1994 avec un score qui est toujours de 80%, quel que soit le scrutin ! La conséquence est un isolement du régime dans un face-à-face avec la Russie : la Biélorussie est une paria et aucune organisation européenne (mise à part l'O.S.C.E.*) ne l'a admise dans ses rangs, même le Conseil de l'Europe pourtant peu regardant face aux dérives anti-démocratiques de certains de ses membres !

Un retour en arrière est nécessaire pour comprendre ce pays.


Jusqu'en 1918, la Biélorussie (ou Bélarus) n'a pas d'existence autonome ; elle appartient successivement à la principauté de Kiev (XIIe siècle), au grand-duché de Lituanie (XIIIe siècle), au royaume de Pologne (XIVe siècle) puis est annexée par l'empire russe (XVIIIe siècle). Lors de l'effondrement de celui-ci, la Biélorussie est brièvement indépendante (1918-1919) mais elle est absorbée par l'U.R.S.S. L'implosion de cette dernière en 1991 lui permet de proclamer son indépendance. Elle connaît une très brève période démocratique jusqu'à l'arrivée de Loukachenko au pouvoir en 1994. Dans un premier temps, son régime autoritaire est accepté par la population car, comparativement à la Russie, il offre une relative stabilité et lui évite les douleurs de la conversion au capitalisme, en ne menant aucune réforme. En échange de leur docilité, les salariés bénéficient d'un emploi à vie avec une protection sociale sauvegardée.


La société, longtemps tétanisée par la répression, commence à bouger à partir de 2010 ; des entreprises privées sont désormais tolérées moyennant une contribution à la corruption ambiante.

De son côté, Loukachenko ne s’aligne plus systématiquement sur Moscou. En effet, il louvoie en permanence entre la Russie et l'Union européenne, selon le camp qui accepte de le sauver de la faillite économique. Moscou le fournit en hydrocarbures à prix cassés et le renfloue périodiquement mais exige que le projet d'union politique, économique et monétaire entre la Russie et la Biélorussie avance (serpent de mer depuis 1997!) et que Minsk reconnaisse les républiques fantoches que Moscou a créées en Géorgie et Ukraine. L'Union européenne serait prête à l'aider financièrement mais exige la libération des prisonniers politiques et une ouverture démocratique du régime.

Loukachenko godille entre les deux pour ne jamais donner complètement satisfaction ni à l'un ni à l'autre. Des rétorsions sont périodiquement décrétées des deux côtés : embargo sur les produits alimentaires biélorusses et hausse du prix des hydrocarbures côté russe, sanctions financières visant Loukachenko et son entourage du côté européen.


Nous avions connu les révolutions de couleurs diverses dans l'espace post-soviétique contre les potentats inamovibles: révolutions en Géorgie (2003), en Ukraine (2004), au Kirghizistan (2005). En Biélorussie, il y a désormais la révolution des femmes !



En effet, Loukachenko pensait qu'en emprisonnant les maris, il aurait le champ libre mais c'était sans compter sur trois femmes de prisonniers ou exilés politiques qu'il a eu l'imprudence de laisser libres ! Elles ont osé former un trio pour présenter l'une d'entre elles, Svetlana Tsikhanovskaïa, comme candidate à l'élection présidentielle de 2020 ! Mais, heureusement pour Loukachenko, le « résultat » des urnes a été sans appel et le batka a été réélu pour la sixième fois à 80%. Mais des « agitateurs », « télécommandés » (sic) par Moscou, à moins que ce soit par l'Occident, ont fait descendre le peuple dans la rue ! Cette fois-ci, la mascarade des élections truquées ne passe plus et, malgré les menaces, les arrestations, le peuple ne veut plus de son dirigeant « bien-aimé ».

Que va-t-il se passer maintenant ? Le pourrissement ? Le départ du président ? La répression ? L'intégration à la Russie ? Une intervention musclée de Moscou au profit de Loukachenko ?

Malgré ses mauvaises relations avec lui, Poutine préfère le batka plutôt qu'un pouvoir pro-occidental qui pourrait demander à terme son adhésion à l'OTAN et à l'Union européenne (la Biélorussie n’est qu’à 500 km de Moscou!). D'un autre côté, la Russie a-t-elle intérêt, à long terme, à soutenir à bout de bras un régime honni et un pays en faillite ? Quant à l'Occident, entre la timidité de certains pays européens et les incohérences de la politique de Trump, les Biélorusses ont intérêt à ne compter que sur eux-mêmes !


* L'Organisation pour la sécurité et la coopération eu Europe (O.S.C.E.) est héritière des accords d'Helsinki (1975) signés par presque tous les pays européens (plus les États-Unis et le Canada) des deux blocs ; ils marquaient la détente est-ouest et une relative reconnaissance des droits de l'Homme par le camp communiste. La Biélorussie s'est retrouvée membre en tant qu’un des États successeurs de feu l'U.R.S.S.


Les têtes de Turcs d'Erdogan



Depuis quelque temps, la Grèce et la France sont devenues les « têtes de Turcs » du président Erdogan. Une frégate française a été menacée et des démonstrations militaires ont eu lieu au large d’îles grecques. Comment en est-on arrivé là avec un pays qui, il y a quelques années, était sur le chemin de l'adhésion à l'Union européenne ? Un pays laïc et modernisé vigoureusement par Atatürk ? Un membre de presque toutes les organisations européennes et un allié au sein de l'OTAN ? Un signataire de la Convention européenne des droits de l'Homme ? Pour comprendre, il faut revenir sur quelques événements symboliques qui expliquent cette évolution sans la justifier.


L'humiliation du traité de Sèvres (1920) 


Dès le XIVe siècle, l'empire turc ottoman devient une grande puissance européenne, ce qu'illustre la prise de Constantinople (1453). Il règne sur les Balkans, dans la plaine danubienne jusqu'aux portes de Vienne, sur toutes les rives sud de la Méditerranée et sur le Moyen-Orient. Rappelons que le roi « très chrétien » François Ier n'avait pas hésité à nouer une alliance de revers avec le sultan turc contre Charles-Quint !

Au XIXe siècle, les puissances européennes ont attisé les nationalismes dans les Balkans, ce qui a favorisé progressivement la déliquescence de l'empire ottoman qui perd ses possessions en Europe. Allié des Allemands et des Autrichiens lors de la Première guerre mondiale, il commet le génocide des Arméniens, accusés d'être une « 5ème colonne ». L'empire sera vaincu et les Alliés le dépècent par le traité de Sèvres (1920) ; une partie de l'Anatolie et Istanbul sont occupés par les Grecs, les Italiens et les Français. Il est prévu la création d'un Kurdistan et d'une Arménie indépendants. La Turquie n'a plus alors que 3% de son territoire en Europe et a perdu toutes ses possessions moyen-orientales au profit de la France (mandats sur le Liban et la Syrie) et du Royaume-Uni (mandats sur l'Irak et la Palestine). Certes, grâce à un sursaut militaire mené par Kemal Atatürk, les troupes étrangères sont chassées, le Kurdistan ne verra pas le jour et le traité de Sèvres est corrigé par le traité de Lausanne (1923). Des échanges (en fait des expulsions) de populations ont lieu entre la Grèce et la Turquie. Le souvenir de l'ancien empire ottoman, qui a duré 7 siècles, hante encore aujourd'hui les esprits ; cette nostalgie est exploitée par Erdogan pour flatter la frange la plus nationaliste de son électorat et faire oublier la crise économique.


Une « européanisation » à marche forcée (1920-1938)


Kemal Atatürk a tiré une leçon de la défaite de la Turquie : pour compter parmi les puissances européennes, il faut adopter leurs codes et leurs usages. Au cours de son long mandat de président (1923-1938), il impose à son pays une européanisation à marche forcée : suppression du califat, proclamation de la république, adoption de l'alphabet latin, laïcité, droit de vote et éligibilité des femmes, mariage et divorce civils, adoption de codes civil et pénal européens, réforme vestimentaire ... La Turquie devient un pays apparemment moderne et européen.

Au cours de la Seconde guerre mondiale, la Turquie n'a pas commis l'erreur de s'allier avec les Allemands. Dès la paix revenue, face à l'Union soviétique, elle s'est clairement placée dans le camp ouest-européen, adhérant à l’O.E.C.E (*) en 1948, au Conseil de l'Europe en 1950 ; elle est alors une alliée fidèle des États-Unis et adhère à l'OTAN En 1952.

Mais cette européanisation a été trop brutale et rapide pour toucher les populations rurales de l'Anatolie qui, oubliées par la modernisation économique, sont restées très conservatrices et très pratiquantes. La perspective d'une entrée dans l'U.E s'évanouissant, Erdogan sous la pression des mouvements islamistes, veut revenir aux fondamentaux asiatiques de son peuple: le vernis européen de la Turquie est en train de se craqueler avec l'instrumentalisation de la religion et la relégation de la laïcité au musée des souvenirs de l'époque d’Atatürk.

L’ambiguïté de l'accord d'Ankara (1963)


A peine la C.E.E est-elle créée que la Turquie demande (1959) à y être associée. L'accord d'association est signé à Ankara en 1963 ; comme à l'époque la C.E.E. N'était qu'un marché commun, les Six pays membres accordent à la Turquie une possibilité d'adhésion à terme. Cela n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd et, en 1987, la Turquie demande formellement son adhésion aux Communautés européennes. Les pays membres pensent s'en tirer en proposant une union douanière, mise en place en 1996. Mais, devant l'insistance de la Turquie, l'U.E lui reconnaît en 1999 la qualité de pays candidat.

Or les Européens ne cessent de traîner les pieds pour de bonnes raisons et d'autres moins avouables. Les bonnes raisons sont multiples :

Une propension aux coups d’État militaires (environ un tous les dix ans!), vieille tradition héritée des janissaires ottomans.

Des violations répétées des droits de l'Homme, notamment des droits des minorités kurde et alévi.

Une économie minée par la dépréciation monétaire.

Des tensions récurrentes avec ses voisins et partenaires, problèmes que les pays membres de l'U.E ne souhaitent pas récupérer dans la politique extérieure commune en cas d'adhésion !

L'Arménie : négation du génocide commis par les Turcs en 1915-1916, soutien turc à l'Azerbaïdjan dans le conflit du Haut-Karabagh.

L'Irak : problème du partage de l'eau du Tigre et de l'Euphrate pour l'irrigation, incursions turques dans le Kurdistan irakien.

La Syrie : incursions turques contre les Kurdes et occupation du nord de la Syrie, partage conflictuel des eaux du Tigre et de l'Euphrate.

Chypre : occupation du nord de l'île depuis 1974 avec implantation de colons anatoliens pour renforcer l'importance numérique des Chypriotes turcs, création d'une République turque de Chypre Nord, spoliation des propriétés chypriotes grecques dans la zone d'occupation, revendication de zones d'exploration des hydrocarbures en mer, interdiction des ports turcs aux navires chypriotes grecs.

La Grèce : contestation des frontières maritimes entre les deux États, certaines îles grecques n'étant qu'à quelques kilomètres des côtes turques ; transformation en mosquée de Ste Sophie, symbole de l'art byzantin dont Atatürk avait fait un musée

Israël : appui turc aux Palestiniens.

La Russie : intérêts contradictoires avec la Turquie dans les conflits libyen et syrien.

L'Union européenne : chantage aux réfugiés syriens : « de l'argent ou je leur ouvre mes frontières vers l'Europe! ».

Les États-Unis : achat d'un système de missiles à la Russie, non compatible avec celui de l'OTAN.


Le camouflet de l'élargissement de 2004


Les raisons peu avouables pour faire échouer l'adhésion sont multiples : la Turquie est un pays quasi-totalement musulman avec une démographie très dynamique ; une fois membre, elle serait le pays le plus peuplé de l'U.E, donc avec un poids important au Conseil et au Parlement. La libre circulation des personnes entraînerait probablement un accroissement de l'immigration turque en Europe occidentale. Cela serait insupportable à une partie de l'opinion publique européenne qui considère l'U.E comme un club d’États aux racines chrétiennes.

Donc, nous sommes dans une partie de poker menteur : la Turquie pense utiliser ses positions de force acquises dans certains conflits pour obtenir une adhésion en ne menant que des réformes cosmétiques. De l'autre côté, les pays membres de l'U.E remontent la barre des exigences pour ne pas avoir à dire franchement non à la Turquie.

Mais, alors que la Turquie est candidate depuis 1987, elle a été doublée dans la course à l'adhésion par les États d'Europe centrale et orientale qui n’étaient candidats que depuis le milieu des années 90 ! Les négociations démarrent néanmoins en 2005 mais sont suspendues suite au coup d’État manqué de 2016 contre Erdogan qui réagit par une attitude autoritaire et liberticide.

Résultat, le rêve européen de la Turquie s'est envolé tant l'adhésion devient improbable. Erdogan cherche à offrir à son peuple des rêves de remplacement :

Le rêve néo-ottoman de puissance (interventions militaires dans les États de l'ancien empire : Chypre, Libye, Syrie, Irak ; présence économique et prosélytisme religieux dans les pays des Balkans à forte population musulmane : Bosnie-Herzégovine, Albanie, Kosovo).

Le rêve pan-turc d'influence : constituer une zone économique et culturelle qui regrouperait les pays d'Asie centrale turcophones (Azerbaïdjan, Turkménistan, Ouzbékistan, Kirghizstan, Kazakhstan).


Ces rêves impérialistes flattent l'électorat nationaliste mais supposent, pour montrer la grandeur du nouveau sultan, une politique agressive vis-à-vis des voisins : pendant que l'on montre ses muscles et que l'on désigne des ennemis, on ne parle plus de l'économie délabrée ni des droits de l'Homme piétinés ni des élections municipales perdues dans les grandes villes.


Les Européens qui, pour certains, se croyaient dans une grande Suisse retirée des affaires du monde, découvrent avec effroi ce monde de brutes et réagissent en ordre dispersé : attendre que l'orage passe ou montrer les dents ?

Il devient urgent que l'Union européenne ait enfin une politique extérieure commune !


(*) L'Organisation européenne de coopération économique (O.E.C.E.) est la première organisation européenne qui a tenté de mettre en place une zone de libre échange en Europe. La création de la Communauté économique européenne (C.E.E.) créant un marché commun entraînera sa transformation en une simple organisation de coopération économique transatlantique, l'O.C.D.E. (Organisation de coopération et de développement économique).


Covid-19 en Europe : où en est-on ?



Il est courant, encore aujourd’hui, d’entendre, ou de lire, que l’Europe n’a pas su « coordonner » la réponse à l’épidémie, et que chaque pays fait face à sa manière. Nous avons déjà démontré que la première partie de cette phrase est inexacte, et que des formes de coordination des réponses et d’harmonisation des données ont été mises en place dès les premières semaines ; mais bien entendu ce ne sont pas les informations les plus attractives, ni les plus faciles à expliquer par les médias : elles passent donc souvent à la trappe.

Quant à la deuxième idée, elle n’a pas grand sens. En effet, comment pourrait-il en être autrement ? Et que n’aurait-on pas dit si des mesures générales et uniformes avaient été décrétées pour l’ensemble des 27 pays par une quelconque « autorité sanitaire européenne », (qui du reste n’existe pas) alors même que les situations étaient si différentes, à la fois dans le temps et dans l’espace ?

Donc, oui, les États ont fait face chacun à leur manière, tout en s’inspirant fortement de ce qui marchait ailleurs, mais pour l’essentiel à partir de trois séries de facteurs :

- l’état du système de santé, son organisation, et la « culture sanitaire » de chaque pays ;

- les choix des gouvernants, reflets de leurs orientations politiques et du système institutionnel ;

- le degré effectif de propagation du virus, qui a pu varier dans des proportions importantes d’un pays à l’autre, voire d’une région à l’autre, sans explication probante.

Aussi, même si l’heure n’est pas au bilan, lequel supposerait que l’épidémie soit terminée et exigerait bien d’autres compétences, n’est-il pas sans intérêt de voir comment ces différents éléments se sont combinés en Europe, et ce qui en résulte en termes de nombre de décès. Nous savons que ce chiffre ne rend pas compte à lui seul ni de la réalité de l’épidémie à l’instant T, ni de sa dynamique. Il donne néanmoins une photographie de la situation, et permet peut-être de se faire une idée de son évolution ici ou là dans les semaines à venir.

Nous avons la chance de pouvoir nous appuyer pour ce faire sur un outil qui n’a pas fini de démontrer son utilité, et qui préfigure une Europe de la santé certes balbutiante, mais qui, de fait, existe déjà ; cet outil, c’est le Centre européen de Prévention et de contrôle des maladies (en anglais ECDC (European Centre for Disease Control) dont il a déjà été question dans la Lettre Europe.

Ce Centre, basé à Stockholm, nous donne entre autres des statistiques fiables et régulièrement actualisées sur la propagation du virus, dont le nombre de décès spécifiquement liés à l’épidémie. Avec un petit effort de calcul, on peut rapporter ce chiffre à la population totale du pays et en tirer un indicateur : celui du nombre de décès par million d’habitants au 1er septembre. Cela donne le tableau suivant (source : https://www.ecdc.europa.eu/en/geographical-distribution-2019-ncov-cases) :

Ce tableau peut d’ailleurs être rendu encore plus parlant sous forme de graphique (établi par nos soins) :


On le voit, la situation est très contrastée et si plusieurs pays ont été gravement affectés (dont la France), d’autres, où on se serait parfois attendu à une catastrophe majeure, sont passés entre les gouttes ; jusqu’à présent en tout cas : précision indispensable.

Ainsi de la Grèce, de la Croatie, de Malte, où les arrivées régulières de migrants n’ont sans doute pas manqué d’impacter le système sanitaire ; sans parler des flux touristiques, qui n’ont été que partiellement réduits pendant l’été (voir l’exemple de la Croatie : https://www.rtbf.be/info/societe/detail_coronavirus-en-pleine-periode-touristique-la-croatie-impose-de-nouvelles-restrictions?id=1056252); et pourtant…

Il en va sans doute autrement des États riverains de la Baltique, peu touchés (sauf la Suède) parce que plus éloignés des grands courants de circulation du virus au début de la pandémie ; même si, à l’évidence, les mesures rigoureuses et précoces prises dans ces pays ont aussi joué leur rôle.

En Italie même, l’épidémie a surtout frappé les régions du Nord, épargnant plus ou moins l’ensemble du Sud de la botte et la Sicile, pourtant très exposées, comme on le voit sur cette carte (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pand%C3%A9mie_de_Covid-19_en_Italie) même s’il ne s’agit que des cas confirmés cumulés au 1/9 et non des décès:


Tous ces éléments apparaissent clairement sur cette autre carte ci-dessous, elle aussi régulièrement mise à jour, et autre donnée précieuse fournie par le Centre européen de Stockholm : le nombre de cas de COVID 19 pour 100 000 habitants déclarés en Europe au cours des deux semaines 31 et 32 (27 juillet au 9 août); les différences régionales dans un même pays y apparaissent clairement.


(Source : https://www.ecdc.europa.eu/sites/default/files/styles/is_large/public/images/w31_32_COVID_subnational_Last_2week.png?itok=xiSe5zSV)

Partant de cette situation contrastée, lorsqu’on poursuit sa recherche pays par pays, on découvre des choses assez surprenantes qui, dans l’ensemble, pourraient conduire à « relativiser » la pandémie -réflexe sans doute dangereux et donc à exclure.

On découvre ainsi que deux pays au moins ont carrément « décrété » la fin de la pandémie.

La Slovénie d’abord, et cela dès le 15 mai, ce qui peut sembler après coup un peu hasardeux. Mais le fait est que le faible chiffre semble, 3 mois et demi plus tard, donner raison aux autorités… pour l’instant du moins : précision de rigueur (source : https://www.lci.fr/international/coronavirus-covid-19-pandemie-la-slovenie-decrete-la-fin-de-l-epidemie-sur-son-sol-une-premiere-au-sein-de-l-ue-2153908.html).

La République Tchèque ensuite, sous une forme un peu différente, a « célébré » la fin (sic) de l’épidémie dès le 30 juin (source : https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-un-banquet-geant-en-republique-tcheque-malgre-l-epidemie_4029721.html). Là encore, annonce peut-être un peu précipitée puisque le Gouvernement rétablit l’obligation du masque au 1er septembre, ce qui semble indiquer que même ce pays, relativement peu touché (au prix d’une fermeture rapide et presque brutale de ses frontières dès le mois de mars, on s’en souvient) n’est quand même pas complètement tiré d’affaire.

Continuer ce tour d’horizon européen serait certainement passionnant mais dépasse le cadre de cet article. L’idée était seulement de rendre disponibles des informations à caractère général qui pourraient presque nous rassurer, puisque la mortalité générale en Europe représente, extrapolée sur 12 mois, 0,54/1000, soit le vingtième de la mortalité habituelle : à peine plus que l’épaisseur du trait. Mais nous avons aussi appris à nous méfier de ce virus qui a plus d’un tour dans son sac.

Pour en revenir à la question de départ, qui est celle d’une coordination à l’échelle européenne des réponses à la pandémie, réputée insuffisante ou même absente, notons avec satisfaction mais sans surprise, la connaissant, cette information toute récente : Angela Merkel veut précisément proposer aux 27 pays membres d’harmoniser dans l’Union européenne les restrictions liées à la pandémie, et ce sur la base d’une « carte sanitaire » européenne pour laquelle le Centre européen de Stockholm aura, n’en doutons pas, tout son rôle à jouer (voir: https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/covid-19-l-allemagne-souhaite-harmoniser-les-restrictions-dans-l-union-europeenne-6954345). Gageons qu’elle sera suivie !

Qui a dit que l’Europe était impuissante ?


"The future is Europe", le plan de relance économique de l'UE



Cet article a été écrit par notre volontaire européenne Teofana Ungureanu, avec l’appui d’un bénévole de la Maison de l’Europe.

« The future is Europe », c’est ce qu’on peut lire sur un bâtiment à Bruxelles. « The future is Europe », c’est vrai aujourd’hui peut-être plus que jamais, vu la crise de la Covid-19 qui a mis à l’épreuve l’unité de l’Union Européenne. Face à cette situation tendue, un Conseil européen extraordinaire s’est tenu à Bruxelles du 17 au 21 juillet afin d’aboutir à un accord de tous les chefs d’État ou de gouvernement sur un plan de relance économique européen proposé par la Commission. Un Conseil qui n’a ressemblé à aucun autre et dont la durée a dépassé celle du Conseil européen de Nice, organisé en décembre 2000 pour modifier les traités européens.

Se reconstruire après avoir subi une crise, se réinventer dans des temps instables ? Voilà une question à laquelle les dirigeants des pays européens ont longtemps réfléchi. C’est sans aucun doute un défi, vu qu’il faut presque tout repenser pour redémarrer.

Charles Michel, président du Conseil européen, a déclaré à la fin de ce Conseil européen que, malgré les difficultés rencontrées lors des négociations, les États membres de l’Union s’étaient finalement mis d’accord sur le budget pluriannuel et sur le plan de relance. Un regard plutôt optimiste du président, qui voulait ainsi rassurer les citoyens européens sur les choix faits par les dirigeants politiques*.

Que faut-il retenir de ce qui s’est passé à Bruxelles et comment comprendre la multitude des chiffres qui ont été donnés, sans en être néanmoins accablé?

Ursula von der Leyen (présidente de la Commission européenne) et Charles Michel (président du Conseil européen) affichent leur joie après l'accord sur le plan de relance européen obtenu le 21 juillet 2020


Tout d’abord, le cadre financier pluriannuel, le « CFP », qui est un budget européen établi à long terme, par périodes de 7 ans : le CFP qui était en discussion couvrira la période de 2021 à 2027. Au total il s’élèvera à 1074 milliards d’€. A noter : ce budget est réparti entre 7 domaines : « Marché unique, innovation et numérique », « Cohésion, résilience et valeurs », « Ressources naturelles et environnement », « Migrations et gestion des frontières », « Sécurité et défense », « Voisinage et monde », et pour finir « Administration publique européenne ».

Mais surtout, innovation majeure, le budget du CFP sera renforcé par l’instrument Next Generation EU, véritable plan de relance de l’économie européenne, dont le montant est de 750 milliards d’€. Face au contexte exceptionnel auquel la société européenne est confrontée, la Commission n’a pas hésité à proposer que, pour la première fois, l’Union européenne puisse emprunter jusqu’à 750 milliards d’€ sur les marchés de capitaux, le remboursement étant prévu pour se terminer au plus tard le 31 décembre 2058. Tout comme le Cadre financier pluriannuel, Next Generation EU a une structure qui vise 7 programmes différents : Facilité pour la reprise et la résilience (672,5 milliards), REACT–EU (programme de rétablissement de l’économie européenne, 47,5 milliards), Horizon Europe (recherche et innovation, 5 milliards), Invest EU (investir dans des entreprises de demain, 5,6 milliards), Développement rural (7,5 milliards), Fonds pour une transition juste (10 milliards) et RescEU (réserve européenne d’équipements de protection civile : inondations, incendies de forêts, et d’équipements de » santé : respirateurs, masques, futurs traitements et vaccins, 1,9 milliard).

Très important, comment va-t-on gérer ces 750 milliards d’€ ? 390 milliards seront donnés sous forme de subventions (initialement la Commission avait proposé 500 milliards d’€), tandis que les 360 autres milliards seront accordés sous forme de prêts aux États que chaque État devra rembourser individuellement.

Les négociations pour aboutir à un accord ont été longues et difficiles, certains pays se montrant hostiles à l’égard des fonds distribués en subventions, qui ne doivent donc pas être remboursés. Ce groupe de pays, qu’on a qualifiés de « frugaux », rassemblait : Autriche, Danemark, Pays-Bas et Suède. La France et l’Allemagne (qui s’était longtemps rangée du côté des « frugaux ») sont beaucoup intervenues au cours des négociations, avec tout leur poids, pour que les négociations aboutissent à un compromis équitable accepté par les 27.

Les fonds seront accordés aux pays et aux secteurs qui ont eu le plus à souffrir de la crise du Covid 19. 70% des subventions seront données en 2021-2022, les 30% restants en 2023. C’est la Commission européenne qui établira la répartition entre les États, qui dépendra pour chaque État de l’impact de la crise sur sa situation, du niveau de vie et du taux de chômage.

Que doivent faire les États membres afin d’en bénéficier ? Soumettre à la Commission européenne des plans pour la reprise et la résilience pour la période 2021 – 2023, des plans ciblés notamment sur la création d’emplois, tout en intégrant aussi les transitions verte et numérique qui sont un objectif majeur pour l’Union Européenne. Ainsi 30% des dépenses du Cadre financier pluriannuel et de Next Generation EU devront concerner des actions et projets aidant à préserver le climat. Ce n’est donc pas « open bar » !

La France, qui vient d’annoncer un plan de relance national de 100 milliards d’€, prévoit que sur ces 100 milliards l’Union européenne apportera 40 milliards.

Autre question importante: comment seront remboursés les montants empruntés par l’Union européenne, alors qu’aucune création « d’impôt européen » n’est prévue? Les dirigeants européens et la Commission ont décidé d’introduire plusieurs sources nouvelles de financement au niveau européen : un nouveau prélèvement sur le plastique non recyclé, qui sera appliqué dès 2021 - une redevance sur les activités numériques (souvent appelée « taxe GAFAM », les géants américains du numérique étant les premiers concernés) et des mesures d’ajustement carbone aux frontières (taxe carbone en fonction de leurs émissions de CO2 résultant de leur fabrication et transport), qui pourraient s’appliquer à partir de 2023. Une taxe européenne sur les transactions financières sera également envisagée. Ces nouvelles sources de financement vont compléter les sources actuelles de l’UE : les ressources propres traditionnelles (droits de douane et une fraction de la TVA perçue par les États membres) et surtout la contribution des États fondée sur leur revenu national brut.

La relance économique ne doit évidemment pas se faire en oubliant les valeurs fondamentales de l’Union européenne, parmi lesquelles le respect de l’État de droit. Les aides européennes pourraient être à l’avenir conditionnées au respect de l’État de droit… ce qui inquiète des États comme la Hongrie ou la Pologne.

Toujours dans le cadre du Conseil européen extraordinaire de juillet, les dirigeants ont abordéaussila question des rabais sur la contribution annuelle au budget européen de 5 pays : l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, les Pays-Bas et la Suède. Ces rabais – certes moins importants que le fameux « rabais britannique » obtenu par Margaret Thatcher en 1984 avec « I want my money back » – seront maintenus.

Outre les nombreux sujets évoqués ci-dessus, ce qu’il faudrait retenir de ce Conseil européen extraordinaire de juillet 2020 pourrait peut-être se résumer dans trois mots clés, autour desquels ce Conseil européen s’est organisé: résilience, convergence et transformation. Qu’est-ce que cela veut dire exactement ? Charles Michel l’explique : « […] réparer les dégâts causés par la crise de la COVID-19, réformer nos économies et définir de nouveaux modèles de sociétés »**.

En guise de conclusion, ce qui s’est passé à Bruxelles en juillet, toutes ces subventions sur lesquelles les dirigeants se sont mis d’accord, créent l’image d’une Europe fédérale, d’une Union Européenne bâtie autour de la solidarité et de la résilience, d’une Union prête à subir une métamorphose après avoir vécu une telle crise. Pourrait-on alors croire que « au centre de la difficulté se trouve l’opportunité ? », comme le disait Albert Einstein ?*** Cela reste à confirmer …

Pour plus de détails, vous pouvez cliquer sur le lien suivant :

https://www.consilium.europa.eu/fr/meetings/european-council/2020/07/17-21/

* Charles Michel, Conférence de presse du Conseil européen, Le Conseil Européen – Consilium [en ligne]. URL: https://www.consilium.europa.eu/fr/meetings/european-council/2020/07/17-21/. Site consulté le 7 septembre 2020. ** Charles Michel, Conférence de presse du Conseil européen, Le Conseil Européen – Consilium [en ligne]: https://www.consilium.europa.eu/fr/meetings/european-council/2020/07/17-21/. Site consulté le 7 septembre 2020. *** Albert Einstein, Citation du jour [en ligne], http://ww.citation-du-jour.fr/citation-albert-einstein/centre-difficulte-trouve-opportunite-112380.html. Site consulté le 7 septembre 2020.

#UEavecLeTour : Mieux comprendre l'Union européenne en suivant le Tour de France !


Du 29 août au 20 septembre, le Tour de France, troisième évènement sportif le plus médiatisé au monde, traverse une grande partie de la France. La « grande boucle » nous donne l’occasion de découvrir de nombreux paysages et territoires soutenus financièrement par l’UE. Le réseau des Centres Europe Direct français s’est mobilisé collectivement pour relier cet événement sportif aux réalisations financées par l’UE sur le territoire français et donner de la visibilité au réseau Europe Direct.

Avec ses collèges de Valence, la Maison de l’Europe de Nîmes – Centre d’information Europe Direct Bas Rhône – Cévennes a couvert la 6ème étape, le 3 septembre, entre Le Teil et le sommet du Mont Aigoual. Avec nos partenaires locaux et notamment avec le Groupe d’actions locales Alès-Cévennes du programme européen Leader (soutien à l’aménagement des zones rurales) nous avons choisi de mettre en avant 6 projets locaux qui n’auraient pas pu voir le jour sans un co-financement européen. En fonction des horaires de passage des coureurs, les illustrations ci-dessous ont été « postées» sur les comptes de nos réseaux sociaux : Twitter, Facebook et Instagram. Dans une seule journée, nous avons enregistré quasiment autant d’interactions que pendant un mois. Rien que sur Twitter, 11 nouvelles personnes se sont abonnées à notre compte et une trentaine de partages et retweets ont été faits.


Voici une petite sélection des projets :





Agenda de septembre 2020



Jeudi 3 septembre, 18h – 19h30

Webinaire : en vue du « Discours sur l’état de l’Union », baptême du feu pour Ursula Von der Leyen

Avec la participation d’Isabelle Coustet, cheffe du Bureau du Parlement européen en France et Baudouin Baudru, chef de la Représentation en France de la Commission européenne. Organisé par le Bureau du Parlement européen en France et animé par Europe Direct Clermont-Ferrand – Puy de Dôme et Europe Direct Pyrénées

  • En vidéo-réunion sur Zoom

Vendredi 4 septembre, 10h – 12h

Réunion du collectif départemental de la mobilité internationale dans le Gard

Depuis 2020, la Maison de l’Europe assure la coordination du collectif départemental et donne rendez-vous à toutes les structures gardoises intéressées par la mobilité internationale à se préparer aux opportunités et aux exigences du futur programme Erasmus 2021 - 2027

  • Maison de l’Europe, 46 rue de la République à Nîmes

Lundi 14 septembre, 10h – 12h30

Entretien collectif pour sélectionner 12 candidats pour un stage Erasmus en Italie en novembre

Tous les jeunes, inscrits à la Mission locale Uzège Gard Rhodanien ou Alès Cévennes, peuvent se porter candidats pour partir en Italie en novembre pour une expérience professionnelle

  • MLJ Uzège Gard Rhodanien, 5 rue des Jardins du Souvenir, à Bagnols-sur-Cèze

Lundi 14 – Vendredi 18 septembre, 17h30 – 18h30

Réunions d’information sur les groupes de langues de la Maison de l’Europe

Chaque soir de la semaine, langue par langue, les formateurs d’une langue se tiennent à la disposition des personnes intéressées pour présenter leur langue, leur cours et le programme de l’année et évaluer le niveau de connaissance de ces langues pouyr que ces personnes se joignent au groupe approprié. Voir le programme de ces réunions dans l’article sur les cours de langues.

  • Maison de l’Europe, 46 rue de la République à Nîmes

Mercredi 16 septembre, 9h00

Discours sur l'état de l'Union !

Baptême du feu pour la Présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, qui dressera un premier bilan des réalisations de l'année écoulée et présentera les priorités pour l'année à venir devant le Parlement européen.


Mardi 22 septembre, 18h

Réunion d’info : Partir à l’étranger ? Comment, pourquoi, les différents programmes européens de mobilité

Volontariat européen, projets de solidarité, stages, emplois, autres…

  • Maison de l’Europe, 46 rue de la République à Nîmes

Jeudi 24 septembre, 10h30 – 12h30

Réunion du collectif départemental de la mobilité internationale en Lozère

Depuis 2020, la Maison de l’Europe assure la coordination du collectif départemental et donne rendez-vous à toutes les structures lozériennes intéressées par la mobilité internationale à se préparer aux opportunités et aux exigences du futur programme Erasmus 2021 - 2027

  • DDCSPP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations), 9 rue des Carmes à Mende


Lundi 28 septembre, 16h – 18h

Assemblée générale de la Maison de l’Europe de Nîmes

Rendez-vous à tous les adhérents de la Maison de l’Europe de Nîmes. Présentation du rapport d’activité et des comptes 2019, présentation des activités à venir. Élection du Conseil d’administration.

  • Salle des délibérations, Maison du Département, 2 rue Guillemette.

Le même jour, à la suite de l’assemblée générale, dans la même salle, 18h30 à 20h : Présentation-débat sur la Convention européenne des droits de l’Homme et la Cour européenne des droits de l’Homme, par Frédéric Bourquin, président de la Maison de l’Europe de Nîmes.

Mardi 29 septembre, 9h – 19h

En lien avec la Journée européenne des langues, traditionnellement célébrée les 26 septembre dans toute l’Europe, nous organisons le Café des langues et un programme spécifique « langues européennes » dans des établissements scolaires. Programme disponible sur www.maison-europe-nimes.eu


Les projets de stages en Europe reprennent


Avec le soutien de la Région Occitanie, la Maison de l’Europe organise et coordonne les projets de stages Erasmus+ pour les jeunes demandeurs d’emploi inscrits dans des Missions Locales Jeunes d’une partie de la Région (Gard, Lozère, une partie de l’Aveyron). Les premiers stages seront en Italie (MLJ Alès Pays Cévennes, MLJ du Gard Rhodanien - Uzège, MLJ Lozère) et en République Tchèque (MLJ Nîmes-Métropole et MLJ Petite Camargue).

La Maison de l’Europe commence aussi une nouvelle collaboration avec le Pôle Emploi Occitanie. Ce sera notre premier projet de stage de longue durée. Des jeunes demandeurs d’emploi de notre région partiront en Pologne pour un stage de 3 mois.

La Maison de l’Europe est également le porteur du projet de stages Erasmus+ « EuroFormation », dont l’édition III a été très récemment acceptée, les stages de l’édition II n’ayant pas encore tous été faits (ils ont dû être décalés) à cause du Covid 19. Grâce à ce financement de l’UE un groupe d’étudiants du lycée Jacques Prévert de St Christol-les-Alès partira en Grèce et un autre groupe, de l’Institut Régional de Formation Sanitaire et Sociale Occitanie (Croix-Rouge), partira en Allemagne.

Pour tous ces stages, la Maison de l’Europe de Nîmes s’appuie sur un réseau d’associations partenaires dans les villes européennes, réseau qu’elle consolide et élargit au fur et à mesure des projets.

Ci-dessous un exemple de notre communication sur les projets de stages, le flyer proposant des stages à Brescia, en Italie.



26 septembre, Journée européenne des langues !



Créée par le Conseil de l'Europe en 2001, elle a lieu chaque année le 26 septembre.

Elle est l'occasion de sensibiliser le public à l'importance de l'apprentissage des langues et de promouvoir la richesse culturelle de l'Europe.

Pourquoi une Journée européenne des langues ?

La Journée européenne des langues a été créée par le Conseil de l’Europe lors de l'Année européenne des langues en 2001 qui a réussi à fédérer des milliers de personnes dans les 47 États participants. La diversité linguistique est une voie vers une meilleure compréhension interculturelle. C'est pourquoi le Conseil de l'Europe a décidé de poursuivre l'action en faveur des langues pour mettre en avant :

· la riche diversité linguistique de l'Europe, qui doit être maintenue et encouragée

· la nécessité de diversifier la gamme des langues apprises (incluant des langues moins répandues), qui se traduit en « plurilinguisme »

· l'importance de développer les compétences en langues vivantes pour une pleine participation à la citoyenneté démocratique en Europe.

Qu’est ce qu’on fait à Nîmes ?

  • C’est la semaine de la reprise des cours de langues à la Maison de l’Europe. En petits groupes (maximum 10 personnes) vous pouvez apprendre et pratiquer 8 langues européennes à la Maison de l’Europe de Nîmes

  • Exposition : Les langues en Europe ! Du lundi 21 septembre au vendredi 2 octobre, à la Maison de l’Europe, 46 rue de la République, 9h – 13h / 14h – 17h, entrée libre

Savez-vous combien de langues existent dans l’Union européenne ou dans le monde ? Quelle est la langue maternelle la plus parlée en Europe ? Vous trouverez les réponses à ces questions et bien plus d’informations sur les avantages d’apprendre les langues


  • Café linguistique : A l’occasion de la Journée européennes des langues, les volontaires européens venant de Roumanie, Espagne, Italie, Pologne, Slovaquie et Grèce vous invitent à un Café des langues tout particulier pour que vous puissiez découvrir et pratiquer leurs langues

-> Jeudi 24 septembre à 18h / Maison de l’Europe 46 rue de la République à Nîmes


  • Les langues, mon passeport en Europe ! Mardi 29 septembre, les lycées Saint Vincent de Paul, de la CCI et le Centre de formation d’apprentis à Marguerittes organisent en collaboration avec la Maison de l’Europe une journée consacrée au multilinguisme en Europe. Plus de 300 jeunes vont participer aux ateliers et conférences co-animés avec les volontaires européens.

Discours sur l'état de l'Union européenne

Tracer la voie pour l’année à venir,

mercredi 16 septembre à 9h

Chaque année, en septembre, le président de la Commission européenne prononce devant le Parlement européen un discours sur l'état de l'Union européenne, dans lequel il dresse le bilan des réalisations de l'année écoulée et présente les priorités pour l'année à venir.

Il y expose également la manière dont la Commission européenne s'attaquera aux défis les plus pressants de l'Union, ainsi que ses idées pour façonner l’avenir de celle-ci.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, prononcera son discours le 16 septembre 2020. Ce discours sera suivi d’un débat au Parlement européen avec les députés qui seront en session plénière.

Transmission en direct autour d’un café à la Maison de l’Europe, mercredi 16 septembre 8h45 – 10h30 La Maison de l’Europe organise une transmission en direct autour d’un petit déjeuner. Toute l’équipe, les volontaires européens, les administrateurs et les adhérents de l’association sont cordialement invités pour partager ce moment de démocratie européenne avec nous. Inscription obligatoire auprès de Michael Stange : m.stange@maison-europe-nimes.eu

Et pour aller plus loin, voici les 6 priorités qui ont été fixées au début du mandat de la Commission européenne nommée en 2019 :


1. Un Green deal (Pacte vert)européen 2. Une Europe adaptée à l’ère du numérique 3. Une économie au service des personnes 4. Une Europe plus forte sur la scène internationale 5. Promotion de notre mode de vie européen 6. Un nouvel élan pour la démocratie européenne

Bienvenue à Teofana Ungureanu !


Je m’appelle Teofana. Même si presque tout le monde aime mon prénom, pendant mon enfance j’ai parfois eu du mal à l’accepter. « On veut que tu sortes du commun et fasses quelque chose d’important dans ta vie, c’est pour cela qu’on t’a donné ce nom », disaient mes parents. Maintenant, à l’âge de 25 ans, je commence à comprendre de plus en plus leur choix.

Je viens de Roumanie et j’ai une formation littéraire. Je suis une jeune assez idéaliste parfois, passionnée par la littérature, les langues étrangères et les voyages, toujours à la recherche du soleil et de la mer tout comme Albert Camus, qui est mon écrivain préféré.

Après des stages réalisés à l’étranger dans l’enseignement du français langue étrangère (FLE), j’ai décidé de me lancer dans une autre aventure, vu que j’aime les expériences qui me font connaître le monde et sortir de ma coquille, et cette fois-ci me voilà en France, que je connaissais déjà un peu. Pendant une année, j’apporterai ma contribution aux activités de la Maison de l’Europe de Nîmes et ferai un travail qui a du sens et pour moi et pour la société.

Sans aucun doute, ce sera une année pleine de découvertes, de belles rencontres, une année pendant laquelle j’espère être à la hauteur et pouvoir accomplir le mieux possible les missions proposées par la Maison de l’Europe. J’apprends déjà bien des choses et j’ai l’impression que chaque jour vient avec son défi… c’est ce que je cherche d’ailleurs dans la vie !


Les nouveaux volontaires européens sont arrivés


La rentrée est arrivée à grands pas et c’est le moment pour nous d’accueillir les nouveaux volontaires européens, qui sont comme toujours en majorité des nouvelles volontaires !

L’incertitude était encore grande il y a quelques mois, notamment sur l’envie des jeunes de continuer à voyager et d’aller à l’étranger, mais au vu du nombre de candidatures que nous avons reçues, l’engouement pour la mobilité ne semble pas avoir trop diminué.


C’est donc avec joie et en prenant toutes les mesures sanitaires nécessaires que nous souhaitons la bienvenue à Teofana de Roumanie (projet de 12 mois à la Maison de l’Europe, voir l’article où elle se présente elle-même), Myrto de Grèce (projet de 6 mois à l’Institut de Formation des Métiers Éducatifs), Adrian d’Espagne et Giada d’Italie (projet de 11 mois au Lycée St Vincent de Paul), Maria d’Espagne et Michal de Slovaquie (projet de 11 mois au lycée de la CCI du Gard) et Igor de Pologne (projet de 11 mois à l’Ecole Culinaire Santé Tourisme au CFA de Marguerittes).

Nous sommes encore en attente d’un ou une volontaire pour rejoindre Igor au CFA et d'un ou une autre pour l’association RIVES à Vauvert.


Toutes et tous vont effectuer des missions d’intérêt général grâce au programme Corps Européen de Solidarité, financé par l’Union européenne. Que ce soit dans un établissement scolaire ou dans une association, ces projets ont plusieurs objectifs : permettre aux jeunes de notre département qui partent dans ce cadre de découvrir d’autres cultures, d’oser parler une langue étrangère, donner l’envie d’aller à la rencontre de l’autre et de notre belle Europe (et au-delà !) et de tendre toujours plus vers la compréhension et le respect entre les peuples, la tolérance et le sentiment de citoyenneté.


Rentrée pour les cours de langues à la Maison de l'Europe



La Maison de l'Europe reprend ses cours de langues européennes en petits groupes de niveaux et séances de 1h30, en respectant bien sûr les mesures sanitaires en vigueur. Les cours sont au local de l’association, 46-48 rue de la République à Nîmes, qui dispose de plusieurs salles. Ils reprendront dans la semaine du 21 septembre.

Dans la semaine du 14 au 18 septembre : réunions d'information pour les personnes intéressées, qui pourront échanger avec les formateurs, évaluer leur niveau, etc. Venez librement, sans inscription préalable.

Renseignements : sur place (9h-13h et 14h-17h lundi au vendredi), par téléphone au 04 66 21 77 50, par courriel à info@maison-europe-nimes.eu ou sur le site Internet : maison-europe-nimes.eu.


Programme des réunions d’information, 46-48 rue de la République à Nîmes :

- FLE (Français langue étrangère, pour les personnes souhaitant apprendre ou mieux maîtriser le français) : lundi 14 septembre – 17h30

- Espagnol : mardi 15 septembre - 17h30

- Anglais ; mercredi 16 septembre – 17h30

- Allemand : jeudi 17 septembre – 17h30

- Italien : jeudi 17 septembre – 17h30

- Grec (moderne ou ancien) – Latin : vendredi 18 septembre – 17h30

- Espéranto : vendredi 18 septembre – 17h30


Un changement parmi les professeurs : Diana, qui animait les groupes d’espagnol, a mis fin à ses activités professionnelles. C’est Raquel, une jeune espagnole qui a été volontaire européenne à Nîmes en 2018-2019, qui lui succède ; nous lui souhaitons la bienvenue. Nous remercions beaucoup Diana pour sa compétente gentillesse et lui souhaitons de trouver du plaisir dans ses temps devenus plus libres.




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46-48 rue de la République
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+33 (0) 4 66 21 77 50
info@maison-europe-nimes.eu

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de 9h00 à 13h00 et de 14h00 à 17h00

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