top of page

Lettre Europe Avril 2022

Résilience ! vous avez dit résilience ?




Voilà un mot qui fait fureur dans les médias : la « résilience ». Celle-ci est mise à toutes les sauces pour vanter la capacité des Ukrainiens à se relever malgré le traumatisme de la guerre. Peu nombreux savent qu’il s’agit en physique du degré de résistance d’un métal au choc, que cela représente aussi la capacité des écosystèmes à se régénérer, ou la tolérance aux pannes d’un système complexe.


Suis-je résilient ? Nous nous posons tous la question : et si c’était moi qui étais à Kiev ou à Karkhiv, comment me comporterai-je ? Partirais-je au combat ? C’est cette angoisse qui, s’ajoutant à d’autres générées par les images violentes et les commentaires répétitifs, engendre chez la plupart des européens une culpabilité sourde et une anxiété de plus en plus grande en face de cette guerre insupportable.


L’Union européenne a été créée pour éviter les guerres qui émergeaient régulièrement entre nos peuples jusqu’au milieu du XX° siècle. Nous vivons donc cette guerre en Ukraine comme un échec patent, une verrue dans un XXI° siècle mondialisé et presque en paix sur notre continent.

Nous avons naïvement cru que Donald TRUMP était le champion du monde des « fausses nouvelles ». Mais Vladimir POUTINE est très bien placé pour le titre, lui qui réussit à fait croire à la grande majorité de ses concitoyens que les nazis ukrainiens vont les attaquer, et que donc des « opérations militaires préventives » sont légitimes.

Mais une autre guerre se développe depuis des années, aux USA comme en Russie, en Chine comme au Liban, au Mali comme en Corée du Nord. Elle est plus pernicieuse. Elle fait rage quotidiennement sur Facebook, Twitter, CNN, BFMTV, RUSSIA Today ou le Quotidien du Peuple…

C’est la guerre de l’information.


Nous devons admettre que la diffusion continue de désinformation est capable de créer des affrontements violents, des guerres interminables conventionnelles ou non, mais avec autant de violence et de morts. L’objectif est de déstabiliser l’adversaire en versant de l’huile sur le feu à chaque incident, de saper la confiance des citoyens dans leurs institutions et surtout d’affirmer haut et fort n’importe quoi pourvu que cela déstabilise la population adverse. Tout ce qui peut affaiblir l’autre et le fragiliser est bon à prendre. Cette guerre, qui ne dit pas son nom, a fait des centaines de milliers de morts au cours de révolutions plus ou moins spontanées, de coups d’états télécommandés, de manipulations éhontées des cours des matières premières, entraînant des émeutes de la faim, des exodes de population et des génocides plus ou moins téléguidés. Et le plus beau c’est que nous finançons cette guerre nous-mêmes en grande partie.

L’Europe ne doit pas se tromper de guerre. Un missile de 20 kg détruit aisément un avion ou un char de plusieurs millions d’euros. Une petite armée motivée peut tenir en respect un certain temps l’ours de l’armée rouge. Mais la mise en cause de notre espace démocratique pourra se faire sans armes par le détournement de nos valeurs et la corruption de nos cultures. Tout cela sera organisé par d’autres, grâce à la manipulation performante et itérative de l’information.

L’Europe doit se défendre plus énergiquement, contre les mots comme contre les armes. Elle en a les moyens, il est temps de les prendre.

Charles-Antoine ROUSSY

Président de la Maison de l’Europe de Nîmes


Agenda avril 2022


Jeudi 7 avril, 16h

Conférence de presse & remise des Europass Mobilité Nîmes

8 jeunes des Missions locales de Nîmes Métropole et de la Petite Camargue sont partis travailler dans des entreprises à Kalamata en Grèce grâce au programme Erasmus. Une conférence de presse et la remise des Europass mobilité sont organisées à 16h à la Maison de la Région.

  • 3 Place des Arènes, Nîmes


Lundi 11 avril, 16h

Les langues – ton passeport en Europe, Collège Feuchères

Dans le cadre de la semaine internationale des langues, le collège Feuchères invite la Maison de l’Europe pour une conférence sur le multilinguisme en Europe.

  • 3 Avenue Feuchères, Nîmes


Lundi 11 avril, 18h

Réunion d’info : Partir à l’étranger ?

Présentation des dispositifs européens pour les jeunes et des missions du Corps européen de solidarité.

Volontariat européen, projets de solidarité, stages / emploi, autres…

  • Maison de l’Europe, 46 Rue de la République, Nîmes


Mercredi 13 avril, 9h30 – 12h

  1. Invitation - 2ème anniversaire du Fonds citoyen franco-allemand à Paris

  2. C'est le 2ème anniversaire du Fonds citoyen franco-allemand ! L’équipe du fonds citoyen et son référant Occitanie, Michael Stange vous invitent à célébrer cela le 13 avril 2022 et à oser ensemble l’ « utopie » : celle d’un engagement citoyen et franco-allemand pour l'Europe.


Mardi 19 avril, 16h

Les langues – ton passeport en Europe, collège La Galaberte

Dans le cadre de la semaine internationale des langues, le collège la Galaberte invite une équipe de 3 animateurs et volontaires européens de la Maison de l’Europe pour des ateliers sur le multilinguisme en Europe.

  • 4 Bd du Temple, 30170 Saint-Hippolyte-du-Fort


Jeudi 21 avril, 18h30

Café linguistique

Envie de vous entraîner à parler des langues étrangères avec des locuteurs natifs ? Alors, venez le 21 avril à partir de 18h30 au Spot et profitez de la présence des jeunes de tous les coins de l'Europe !

  • Le Spot, 8 Rue de l'Enclos Rey, Nîmes


Vendredi 22 avril, 9h30

Les langues – ton passeport en Europe, collège Feuchères

Dans le cadre de la semaine internationale des langues, le collège Feuchères invite une équipe de 3 animateurs et volontaires européens de la Maison de l’Europe pour des ateliers sur le multilinguisme en Europe.

  • 3 Avenue Feuchères, Nîmes


Mercredi 27 – Vendredi 29 avril

Point Info Office franco-allemand pour la jeunesse

La Maison de l’Europe participe au séminaire annuel des Points info OFAJ à Aix-la-Chapelle.

  • Forum M, Buchkremerstraße 1-7, Aix-la-Chapelle


Jeudi 28 avril 9h – 17h

Salon Travail – avenir - formation

La Maison de l’Europe sera présente au salon Travail Avenir Formation à Alès.

  • Parc des expositions, Alès


Mardi 3 mai, 11h

Conférence de presse : Le Joli mois de l’Europe dans le Gard et en Lozère

Les régions françaises organisent autour de la Journée de l’Europe, le 9 mai, le dispositif Joli Mois de l’Europe – une belle occasion de parler d’Europe. Mardi 3 mai, nous vous invitons à une conférence de presse collective à la Maison de la Région à Nîmes pour s’informer sur les évènements autour de l’Europe dans les départements du Gard et de la Lozère.

  • 3 Place des Arènes, Nîmes


Qu’apporte la directive européenne de protection temporaire aux réfugiés ukrainiens ?


La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré : « L’Europe se tient aux côtés de ceux qui ont besoin d'une protection. Toute personne qui fuit les bombes de Poutine est la bienvenue en Europe. Nous fournirons une protection à ceux qui cherchent un refuge et nous aiderons ceux qui cherchent à rentrer chez eux en toute sécurité. »

source : vie-publique.fr


Dès les premiers jours de l’invasion, une fois la sidération passée, il a été clair que c’est l’ensemble des pays européens, y compris des non-membres de l’UE comme le Royaume-Uni et la Suisse qui allaient se mobiliser pour offrir aux millions d’Ukrainiens fuyant leur pays un premier refuge. Les populations ukrainiennes ne laissaient d’ailleurs pas d’autre choix, se pressant en masse aux frontières extérieures de leur pays, dans un de ces grands mouvements de foules terrifiées tels qu’on les a connus entre le Cambodge et la Thaïlande en 1979, entre la Macédoine du Nord et le Kossovo en 1999 et, plus près de nous, dans les Balkans ou aux frontières de la Syrie.

Or, voici que devant la soudaineté et l’ampleur d’une situation que personne n’avait vraiment imaginée, l’Europe invente une réponse adaptée. Et elle le fait sans atermoiements ni discussions interminables, comme on peut parfois les déplorer lorsque l’urgence ne l’exige pas. Justement, il y avait urgence, et il fallait répondre tout de suite. L’Europe l’a fait, le 3 mars, une semaine à peine après l’invasion de l’Ukraine.

Il a tout d’abord été dit qu’il s’agissait de dispositions dérogatoires, appliquées spécifiquement au cas des Ukrainiens fuyant la guerre. Vérification faite, les mesures proposées par la Commission et immédiatement adoptées par le Conseil le 3 mars sont à la fois beaucoup plus simples et beaucoup plus ambitieuses. Elles sont un parfait reflet d’un certain fonctionnement de l’Union européenne, avec ses failles et ses vertus. En effet, il s’agit en réalité d’une directive adoptée le 20 juillet 2001 (pour être précis : la directive CE/55/2001) et jamais utilisée depuis.

Les deux points les plus intéressants à souligner à ce sujet sont les suivants.

D’abord, il faut rappeler que cette directive a été adoptée après la guerre du Kosovo de 1999, qui a abouti à l’indépendance de ce pays, jusque-là province de la Serbie. Elle a été adoptée sous un intitulé qui lui est resté, à savoir celui de protection temporaire. C’est en effet très exactement l’objectif qu’elle poursuit, à savoir : assurer une protection temporaire en cas d’afflux massif de ressortissants étrangers contraints de quitter leur pays. Or les discussions traînaient déjà depuis plusieurs années, la question avait été soulevée au cours des guerres de l’ex-Yougoslavie, mais sans qu’aucun texte aboutisse. L’expulsion de centaines de milliers de Kosovars de leur pays par l’armée serbe (yougoslave à l’époque) a été si brutale et si soudaine, presque autant que celle qui pousse aujourd’hui les Ukrainiens à l’exode, que le Conseil ne pouvait faire moins qu’aboutir à un accord pour le cas où une telle situation se reproduirait. Ce qui fut fait, sous la forme de cette directive, restée depuis lettre morte.

Lettre morte ? Pas tout à fait, et c’est le deuxième point qui mérite d’être expliqué. En effet, lorsque des migrants ont commencé à affluer par les mers, avant même le printemps arabe et les évènements de Syrie, l’Italie et Malte, qui se trouvaient en première ligne, ont demandé que la directive 55/2001 soit activée. Nous étions en 2011. Or la Commission (alors présidée par Barroso) n’a pas souhaité donner suite à cette demande, et le Conseil n‘a manifestement pas jugé utile de la pousser dans ses retranchements. Cela peut paraître choquant aujourd’hui, mais les raisons invoquées par la Commission pouvaient s’entendre : il s’agissait alors de mettre sur pied un véritable Régime d’asile européen commun (RAEC), qui devait, en voyant le jour, inclure les dispositions de la directive « protection temporaire ».

Objection, donc, relativement louable, d’autant que ce RAEC connaissait déjà un début de réalisation. D’abord à travers la création de l’EASO (Bureau européen de Soutien à l’Asile), une agence basée à Malte qui devait, par son assistance technique, faire converger les systèmes de traitement des demandes d’asile des différents États-membres. Puis par la mise en place d’un Fonds spécifique dit « Asile, Migration et Intégration », doté de plusieurs centaines de millions d’euros, qui devait faire en sorte que ce RAEC ne soit pas qu’un vœu pieux.



Ensuite ? Ensuite, comme on sait que les choses en Europe vont à la fois très vite et très lentement, ce fut la pitoyable procession de dizaines de milliers de réfugiés syriens et moyen-orientaux déferlant à travers les Balkans, et la tentative louable mais vaine de Jean-Claude Juncker, nouveau président de la Commission élu en 2014, de faire appliquer une des mesures de la directive 55/2001 sans laquelle elle perdait tout son sens, à savoir : « assurer un équilibre entre les efforts consentis par les États membres pour accueillir ces personnes et supporter les conséquences de cet accueil ». On se souvient que malgré l’attitude honorable d’Angela Merkel, cet équilibre ne put jamais être atteint.

Et les choses sont alors restées en l’état jusqu’à ce qu’Ursula von der Leyen succède à Juncker et relance une nouvelle fois, avec l’énergie et le volontarisme qu’on lui reconnaît désormais, l’idée du RAEC. Cette fois, l’impulsion prit la forme du Pacte européen sur l'immigration et l'asile, adopté par le Conseil le 23 septembre 2020, et qui devait déboucher sur un paquet législatif reprenant, amplifiant et consolidant tous les acquis précédents en matière d’asile et d’immigration. C’était, en quelque sorte, la dernière ligne droite, même si elle promettait d’être longue : du moins pouvait-on augurer de ce sur quoi, après des débats à coup sûr houleux, elle déboucherait un jour.

Et voici que Poutine envoie son armée envahir l’Ukraine. Cette fois, il n’est plus temps de tergiverser : il faut appliquer immédiatement la directive 55/2001, seul moyen de montrer à la fois la solidarité qui s’impose envers une population martyre et de prouver à Poutine qu’en défiant l’Europe, il la renforce.

C’est pourquoi, à ces millions d’Ukrainiens qui, au mieux doivent quitter leur province envahie (et dans ce cas on parle de personnes déplacées, dont les besoins devront aussi, tôt ou tard, être pris en charge) ou, au pire se réfugient à l’étranger, on applique immédiatement les dispositions de la directive 55/2001 : droit à une protection complète, avec accès aux soins médicaux et aux aides sociales, accès à l’éducation et à la formation pour les adultes et les enfants, et bien sûr droit à être hébergés et nourris et, surtout, c’est cela qui est le plus remarquable, le droit d’occuper un emploi.


Par la suite, ceux qui le souhaitent pourront demander l’asile politique, mais on sait que ce n’est pas le souhait le plus souvent exprimé : tous ces gens veulent rentrer chez eux dès que ce sera possible.

Voilà donc des personnes, des familles, plus exactement des familles incomplètes -puisque, on le sait, beaucoup d’hommes sont restés en Ukraine pour se battre- à qui on offre immédiatement une solidarité concrète et complète, et cela, dans tous les pays de l’Union européenne puisque, cette fois, la répartition ne pose aucun autre problème que celui de sa mise en œuvre pratique.

Une fois encore, constatons que l’Europe est forte lorsqu’elle est confrontée à une crise. Au cas présent, c’est bien plus qu’une crise, c’est un drame. Mais la réponse de l’Europe est à la hauteur du drame.


Jean-Luc BERNET


L'élargissement de l'UE : pourquoi l'adhésion de l'Ukraine n'est pas pour demain


Poussées par la guerre, l’Ukraine suivie par la Géorgie et la Moldavie ont récemment envoyé leur candidature d’adhésion à l’UE en demandant une intégration « sans délai » via « une procédure spéciale ».


Source : Touteleurope.fr


C’est la première fois que des pays souhaitent intégrer l’UE pour des raisons de sécurité.

En effet, il existe une clause de défense mutuelle. Selon l’article 42 (paragraphe 7) du traité sur l’Union européenne, les Etats membres de l’Union doivent aider un pays membre si celui-ci est victime d’une « agression armée sur son territoire ».

Le Sommet de Versailles qui a réuni, les 10 et 11 mars derniers, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne, la Présidente de la Commission européenne et le Président du Conseil européen a tranché : accueillir l’Ukraine, avec 41 millions d’habitants, n’est pas une décision qui se prend dans la précipitation, de plus une procédure d’adhésion ne mettra pas fin à la guerre. Par ailleurs, les 27 chefs d’Etat et de gouvernement l’ont rappelé : il n’existe aucune procédure rapide d’adhésion à l’UE.

Nécessitant l’accord unanime des 27 pays membres, cette intégration est un processus particulièrement long car il faut rapprocher la législation du pays candidat du droit européen. Leur éventuelle entrée dans l’Union s’annonce donc complexe.

Pour exemple, les délais entre le dépôt de candidature et l’adhésion officielle à l’UE pour les derniers entrés ont été :

Pour la Hongrie et la Pologne, 10 ans de 1994 à 2004 ;

La Roumanie et la Bulgarie, 12 ans entre 1995 et 2007 ;

Et la Croatie : 10 ans, 2003 - 2013.


Aujourd’hui quels sont les pays candidats ?

Cinq pays sont des candidats officiels :

La Turquie est officiellement un pays candidat depuis 1999. Les négociations d’adhésion ont démarré le 3 octobre 2005. En 2019, elles étaient officiellement au “point mort” selon le Conseil de l’UE.

La Macédoine du Nord est devenue officiellement candidate en décembre 2005. Le 26 mars 2020, le Conseil européen donne son feu vert pour l’ouverture des négociations d’adhésion.

Le Monténégro s’est vu accorder le statut de candidat le 17 décembre 2010. Les négociations se sont ouvertes en juin 2012.

La Serbie a la qualité de pays candidat depuis mars 2012 et a entamé les négociations en janvier 2014.

L’Albanie est officiellement candidate depuis juin 2014. Le 26 mars 2020, le Conseil européen donne son aval pour l’ouverture des négociations, à la même date que pour la Macédoine du Nord.


Quatre pays ont déposé leur candidature mais n’ont pas encore le statut de candidat:

La Bosnie-Herzégovine (15 février 2016)

L’Ukraine (28 février 2022)

La Géorgie (3 mars 2022)

La Moldavie (3 mars 2022)

La Bosnie-Herzégovine ainsi que le Kosovo, qui n’a pas déposé de demande d’adhésion mais a exprimé sa volonté d’adhérer à l’UE à terme, sont considérés en tant que “candidats potentiels” (depuis respectivement 2003 et 2008) par les institutions européennes.

Un pays a décidé d’abandonner les négociations d’adhésion :

L’Islande : les négociations en vue de l’adhésion de l’Islande à l’Union européenne ont été ouvertes le 26 juillet 2010, cette dernière a finalement retirer sa candidature le 12 mars 2015.



Source : touteleurope.fr


La procédure d’entrée dans l’Union européenne

La Commission européenne doit d’abord rendre un avis sur chacune des demandes d’adhésion après les avoir examinées. Une fois l’avis rendu par l’exécutif européen, les candidatures doivent être acceptées à l’unanimité lors d’un vote au Conseil de l’UE, sous réserve d’approbation du Conseil européen. Le pays obtient alors le statut de candidat à l’adhésion. Le processus d’intégration donne ensuite lieu à des négociations longues et complexes, qui ne peuvent aboutir à une adhésion à l’UE qu’avec l’accord unanime des 27 états membres.


Pour obtenir le statut de candidat à l’adhésion, le pays doit satisfaire aux critères d’éligibilité de l’UE. Il doit respecter trois critères (les “critères de Copenhague”) :

• Des institutions stables garantissant la démocratie, l’état de droit, les droits de l’homme et le respect et la protection des minorités ;

• Une économie de marché viable et la capacité de faire face à la concurrence et au marché de l’Union européenne ;

• L’acquis communautaire, c’est-à-dire la capacité de mettre en œuvre les obligations découlant de l’adhésion, et notamment de souscrire aux objectifs de l’Union politique, économique et monétaire.


Quels sont les freins à l’intégration pour l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie ?

Plusieurs freins importants existent en ce qui concerne ces trois nouvelles candidatures.

Pour l’Ukraine, il s’agit en premier lieu de la guerre qui l’oppose à la Russie. Il apparaît particulièrement difficile de garantir des institutions stables et une économie viable lorsqu’un pays est en proie à un conflit armé.

En outre, les pays de l’ex-URSS subissent une forte corruption.

Enfin, un autre frein encore est celui de la pauvreté. La Moldavie, notamment, apparaît comme l’un des pays les plus pauvres d’Europe.


Pourquoi élargir l’UE ?

L’élargissement permet à l’Union européenne d’agrandir son territoire, sa population, peut l’aider à s’imposer sur l’échiquier géopolitique face aux autres acteurs majeurs mondiaux, mais rend inévitablement le processus décisionnel au sein de ses institutions plus complexe, le nombre de participants aux réunions du Conseil augmente également, tout comme la liste des commissaires européens et des eurodéputés. Deux positions s’affrontent alors : faut-il accélérer l’adhésion de nouveaux États membres ou approfondir l’union déjà créée ?

L’agrandissement constant de l’UE, ne permet pas qu’une véritable cohésion s’établisse entre les Etats membres. De l’autre côté, le gel de cette politique, voulue par Jean-Claude Juncker au cours de son mandat (2014-2019), a provoqué un sentiment de frustration dans les Balkans, contribuant à déstabiliser la région et, indirectement, à rendre plus attrayantes les promesses de la Russie aux yeux de certains pays candidats, notamment la Serbie. Comment faut-il alors gérer l’élargissement et jusqu’où vont les frontières de l’UE ? Les réponses à ces questions définissent le sens même du projet européen.

Source principale : toute l’Europe


Isabelle ROUSSY



Irlande du Nord : qu’en est-il de l’identité nationale ?


Le 10 avril, c’est le 24e anniversaire du « Good Friday agreement ». Cet accord a mis fin aux années de guerre entre unionistes et nationalistes. Aujourd’hui, la société nord-irlandaise évolue, les idéologies aussi. “C’est comme si elle n’existait pas”. Qu’ils soient du Nord ou du Sud, les Irlandais parlent ainsi de la frontière.

Source : Wikipedia


L’une des conséquences des Accords du vendredi saint, signés le 10 avril 1998, est la libre circulation entre l’Irlande du Sud, indépendante, et l’Irlande du Nord, sous l’égide de la couronne britannique. Ce principe perdure alors même que le Royaume-Uni ne fait plus partie de l’Union européenne. Le Brexit a d’ailleurs réveillé des tensions et des craintes vis à vis de la paix entre les deux Irlande. D’ailleurs, un des enjeux cruciaux dans les négociations était de préserver les accords du vendredi saint, et de ne surtout de ne pas revivre les “troubles” des dernières décennies du XXe siècle.

Si ces tensions historiques se sont apaisées depuis 1998, des oppositions politiques sont toujours présentes. D’un côté, les unionistes, favorables au maintien du territoire dans le Royaume-Uni. De l’autre, des nationalistes revendiquent l’indépendance vis à vis de la Couronne britannique. Des différences confessionnelles s’y ajoutent : les unionistes sont majoritairement protestants et les nationalistes catholiques. Sharon C., originaire d’une ville frontalière en Irlande du Nord, affirme : « je me sens britannique car je suis protestante. » Une étude du Northern Ireland life and times survey, menée sur plus de 2000 sujets, confirme cette tendance. En 2019, 69% des protestants se considéraient comme britanniques et 2% se considéraient comme irlandais. Chez les catholiques, la tendance est inversée : 5% se définissent comme britanniques alors que 62% des catholiques se voient comme irlandais.


L’émergence d’une identité nationale spécifique

Le choix nord-irlandais a commencé à être inclus dans les sondages à partir de 1989. Selon une étude politique administrative sur le territoire, le nombre de personnes s’identifiant comme “nord irlandaises” augmente au début des années 2000, puis stagne à partir de 2011.

Jon Tonge, professeur de politique britannique et irlandaise à l’université de Liverpool, pointe que « les identités nationales auraient besoin de temps pour se cristalliser ». Dans l’étude du Northern Ireland life and times survey, les données de 2019 n’indiquent pas d’augmentation significative du sentiment d’identité nord-irlandaise, exprimé par 27% des plus de 1200 sujets. En revanche, 42% des personnes interrogées ne se considèrent ni unionistes ni indépendantistes. Si l’identité nord-irlandaise est variable et complexe, elle est marquée d’une certaine neutralité politique, selon Jon Tonge.

Cette tendance est plus souvent observée chez le jeunes. À l’université Queens à Belfast, Roisin Muir, responsable de la commission “Égalité et diversité” au bureau des étudiants, le confirme. Comme grand nombre de ses camarades, elle se sent plutôt nord-irlandaise. Dans son université, des étudiants venant d’Irlande, du Royaume-Uni et du monde se côtoient et beaucoup ignorent les tensions passées. Roisin qualifie le campus de plutôt « cosmopolite et nationaliste », malgré quelques petites controverses sur le nom “Queen’s university”.



Implications pratiques du “Good Friday agreement”

Cette référence à la couronne britannique ne serait qu’une apparence. Au niveau administratif, il n’y a aucune différence de traitement entre les étudiants britanniques et irlandais. Ailbhe R., étudiante venant d’Irlande du Sud, a pu s’inscrire à Queens sans frais supplémentaires. Elle avoue toutefois qu’elle n’oserait pas divulguer qu’elle est catholique. « Il y a encore du chemin à faire en ce qui concerne la paix entre les catholiques nationalistes et les protestants unionistes. » confie -t-elle. Les Nord-irlandais sont éligibles aux passeports des deux nations, conséquence de l’accord de paix signé en 1998. En 2019, le département des Affaires étrangères en République d’Irlande enregistre un essor des demandes de passeports. Fait singulier, en milieu d’année 2021, le nombre de résidents d’Irlande du Nord et du Royaume Uni, ayant fait une première demande de passeport irlandais, dépasse celui des citoyens irlandais…de presque 20 000.

Une question d’ordre pratique, surtout depuis l’avènement du Brexit, semble-t-il.


Alexandra PORTLOCK



Rencontre solidaire avec le peuple ukrainien à la Maison de l’Europe


La Maison de l’Europe de Nîmes condamne l'agression meurtrière dont l'Ukraine est victime, alors que L’Union européenne s’est construite sur la paix entre les peuples. Samedi 26 mars, elle a organisé une rencontre solidaire à Nîmes pour donner la parole aux Ukrainiens, entendre les personnes bénévoles qui s’engagent en Hongrie et en Pologne auprès des réfugiés et pour faire connaître les services mis en place pour les Ukrainiens qui arrivent à Nîmes.


En effet, depuis début mars, nous proposons aux réfugiés d’Ukraine dans notre région de participer gratuitement à nos cours de français langue étrangère ou d’autres langues européennes (contact : info@maison-europe-nimes.eu), afin de faciliter leur intégration, même temporaire dans la région. Nous proposons également des services de traduction et d’interprétariat aux ressortissants ukrainiens. La Maison de l’Europe propose son aide et se montre ouverte à d’autres actions pour venir en aide au peuple ukrainien.

Sur son site Internet, elle commence à recenser les actions locales de soutien avec les Ukrainiens : https://www.maison-europe-nimes.eu/aux-cotes-du-peuple-ukrainien


Rencontre solidaire avec l’Ukraine le samedi 26 octobre :

Nous avons accueilli une trentaine de personnes à la Maison de l’Europe. Après l’ouverture par le président Charles-Antoine Roussy, Monsieur Remy Chatel, professeur d’histoire à Bruxelles a débuté cette réunion en présentant en visioconférence l’histoire et la géographie de l’Ukraine.



Ensuite, Jean-Luc Bernet, vice-président du Mouvement européen Gard a fait un exposé sur la directive 2005 de protection temporaire des réfugiés qui permet aux réfugiés ukrainiens de séjourner, travailler et se former dans tous les pays de l’UE (voir l’article du même nom dans la rubrique « Nouvelles d’Europe »).


Ensuite, nous étions connectés à distance avec Pascal Besson, Consul honoraire de Hongrie et Erőss Orsolya, enseignante et bénévole pour l’accueil des réfugiés à Budapest.


Pascal Besson, Consul honoraire de Hongrie et Erőss Orsolya, enseignante.


Puis Igor et Maria qui vivent à Cracovie ont présenté la situation désespérante de la Pologne qui accueille actuellement jusqu’à 100 000 réfugiés par semaine et nous ont expliqué comment ils accueillaient chez eux des familles de réfugiés. Salomea Pamula, polonaise et membre du Conseil d’administration de la Maison de l’Europe assurait la traduction dans nos locaux.


Afin de partager avec vous le vécu des réfugiés, nous vous présentons le retour de Salomea sur son séjour du 28 mars au 3 avril dans le Centre Multiculturel de Cracovie ainsi que le récit poignant des trois familles qu’Igor et Maria ont hébergé dans leur famille.

La collecte de fonds organisée à la fin de la réunion a été remise à Salomea pour des familles polonaises qui accueillent actuellement des réfugiés ukrainiens.


Et aussi pour comprendre le dramatique conflit en Ukraine et suivre l’action de l’Union européenne, nous vous conseillons le dossier thématique, mis en place par le Centre EUROPE DIRECT Pyrénées : https://www.europedirectpyrenees.eu/dossier-thematique/ukraine-union-europeenne-information


Salomea Pamula a partagé le quotidien d’une ONG de Cracovie

pendant une semaine


A Cracovie, le Centre Multiculturel apporte une aide concrète aux réfugiés. Salomea Pamula, membre du Conseil d’administration de la Maison de l’Europe y a passé une semaine. Voici son témoignage :

« Aujourd’hui il y a plus de 4 000 000 réfugiés ukrainiens en Europe, dont plus de 2 500 000 ont été accueillis par la Pologne et plus de 100 000 sont hébergés à Cracovie.

Le Centre Multiculturel est une fondation qui, en temps normal, aide à l’insertion des personnes en difficulté ; mais aujourd’hui c’est la plus importante organisation qui aide les réfugiés à Cracovie.

Les réfugiés qui franchissent la frontière polonaise vont là où ils connaissent quelqu’un pour être hébergés, sinon, pour dormir, ils sont accueillis par les municipalités dans divers lieux : salles de sport, écoles, hôtels, bureaux etc. La plupart des réfugiés sont des femmes, des enfants et des personnes âgées, souvent sans moyen financier pour les achats de première nécessité.


La Fondation a mis en place plusieurs points d’information et d’accueil pour les réfugiés :

  1. Un point d’information général (ouvert 7/7, 9h - 19h) où les réfugiés rencontrent un bénévole parlant ukrainien ou russe qui les aide dans leurs démarches pour obtenir le statut de réfugié, voir un médecin, inscrire son enfant à la crèche ou à l’école polonaise, etc. A la pharmacie, les réfugiés peuvent rencontrer un pharmacien ou/et un médecin aidé d’un interprète pour les problèmes de santé et éventuellement la prescription d’un médicament.


2. Un point de distribution de nourriture (ouvert 7/7, 9h-19h), de produits d’hygiène, de couches pour les enfants et d’articles de puériculture.


3.« Une Bonne Garde-Robe » (ouverte lundi-samedi, 9-19) a été organisée dans un centre commercial fermé, où les réfugiés peuvent trouver des vêtements. Elle est organisée comme n’importe quel magasin de vêtement triés selon le type, la taille et la saison sur des portants avec des cabines d’essayage. Mais il n’y a pas de caisse, tout est gratuit.