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Lettre Europe décembre 2021 - janvier 2022

L’Allemagne, nouveau moteur de l’Europe fédérale ?

Jeudi dernier, le contrat de 177 pages de la coalition de gouvernement allemande composée du SPD, des Verts et des libéraux a été publié. Il a été traduit dans la nuit en français, italien et espagnol par « le Grand Continent », une initiative que nous saluons.


Bien entendu je me suis intéressé d’abord à la vision européenne de ce texte et notamment « La responsabilité de l’Allemagne pour l’Europe et le monde » (pp. 130-158). Là, une surprise nous attend : « La conférence (COFOE) devrait déboucher sur une convention constituante et conduire à l’évolution de l’UE vers un État fédéral européen, organisé de manière décentralisée selon les principes de subsidiarité et de proportionnalité et sur la base de la Charte des droits fondamentaux. Nous voulons renforcer le Parlement européen (PE), par exemple en ce qui concerne le droit d’initiative ; de préférence dans les traités, sinon de manière interinstitutionnelle ».


Suit un peu plus loin : « Nous soutenons un droit de vote européen unique avec des listes en partie transnationales… » et encore : « Nous utiliserons et étendrons le vote à la majorité qualifiée au Conseil ».


Côté défense et géostratégie : « Nous voulons accroître la souveraineté stratégique de l’Europe. Cela signifie en premier lieu établir sa propre capacité d’action dans le contexte mondial et être moins dépendant et moins vulnérable dans des domaines stratégiques importants, tels que l’approvisionnement énergétique, la santé, les importations de matières premières et la technologie numérique…. Nous protégerons mieux les technologies et les infrastructures critiques, nous adapterons les normes et les marchés publics en conséquence et nous lancerons un consortium européen open source 5/6 G».


Concernant le Pologne et la Hongrie : « Nous approuverons les propositions de la Commission européenne concernant les plans du fonds de reconstruction si des conditions (d’état de droit) telles qu’une justice indépendante sont garanties. » et aussi : « Nous nous engageons et soutenons le fait qu’à l’avenir, la Commission européenne fasse également avancer les procédures contre les violations systémiques des traités, en regroupant les procédures individuelles contre un État membre en cas de violation de l’État de droit ».


Il y en a dans cette lignée une vingtaine de pages, semble-t-il largement inspirées par les Verts allemands qui soutiennent une telle vision depuis plus de 20 ans de « fédéralisation » de l’Europe. Sans doute le poids de Daniel Cohn-Bendit est-il encore présent dans cette orientation politique. Il semble aussi que les « verts » devraient obtenir le portefeuille des Affaires étrangères.


Pour ma part, je dis « Chapeau bas aux responsables allemands » d’oser écrire dans un programme de gouvernement des éléments aussi précis sur leur vision de l’avenir de l’Europe.


Quel candidat aux présidentielles en France aura le courage d’en dire autant ?


Charles-Antoine Roussy, président de la Maison de l’Europe de Nîmes


Agenda Lettre Europe décembre 2021- janvier 2022



  • Mercredi 8 décembre

Interview à la Radio Sommières 102.9

L'actualité européenne, la Conférence sur l'Avenir de l'Europe et la mobilité seront les thématiques abordées.


  • Jeudi 9 décembre

Journée européenne du Rail en gare de Nîmes

Pour découvrir la politique européenne en faveur du développement ferroviaire, le réseau d’information Europe Direct en Occitanie vous accueille dans les gares de la Région du 7 au 10 décembre 2021.

Jeudi 9 décembre, venez retrouvez notre stand d’information et nos animations ludiques en gare de Nîmes

Hall d’accueil, Gare SNCF, 1 Bd sergent Triaire - Nîmes

  • Vendredi 10 décembre, 14h00

Bilan 4e Forum de la mobilité internationale Nîmes-Alès

Lors des Erasmus Days 2021, le 4e Forum de la mobilité internationale s’est tenu le 14 octobre à la CCI du Gard avec plus de 300 participants. Tous les organisateurs sont invités à participer au bilan de l’édition 2021 afin de préparer d’ores et déjà l’évènement 2022 à l’occasion des 35 ans du programme.

Maison de l’Europe de Nîmes, 46 Rue de la République


  • Vendredi 10 décembre, 18h00

« Comment l’Europe a aidé la Grèce à sortir de la crise »

Conférence-débat par Danielle LECOINTRE, professeur d’économie actuellement enseignante au CADREF à Nîmes

Maison de l’Europe de Nîmes, 46 Rue de la République


  • Lundi 13 décembre, 14h30

Rencontre du Collectif départemental de la mobilité à St Chely d’Apcher en Lozère

Vous êtes travailleur de jeunesse ou membre d’un organisme intéressé par la mobilité européenne et les dispositifs européens pour les jeunes ? Venez participer au collectif départemental de la mobilité pour échanger avec des professionnels et vous faire accompagner

St-Chely d’Apcher (inscription obligatoire : m.stange@maison-europe-nimes.eu)


  • Mardi 14 décembre, 18h00

Café Multi Kulti

Rendez-vous au Café Olive à partir de 18h, pour un voyage autour de pays européens. Venez rencontrer les volontaires européens et découvrir leur culture !

Le Café Olive, 22 Bd Victor Hugo, 30000 Nîmes


  • Fermeture annuelle du mercredi 22 décembre 2021 au dimanche 2 janvier 2022

Bonnes Fêtes à vous tous !


  • Vendredi 7 janvier, 18h

L’Europe et la défense

Conférence-débat par Françoise Dumas, Députée et présidente de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées.

Maison de l’Europe de Nimes, 46 Rue de la République


  • Jeudi 13 janvier, 9h00

Café CoFE « Les Mille Couleurs »

Dans le cadre du projet « la CofE pour tous en Occitanie », porté par Europe Direct Pyrénées, nous organisons un temps d’échange interactif pour la Conférence sur l’avenir de l’Europe à l’association « Les Mille Couleurs »

21 Pl. Léonard de Vinci, Nîmes

Jeudi 13 janvier, 14h00

Café Europe « Unis-Cité »

Organisation d’un temps d’échange interactif entre jeunes du service civique et jeunes du Corps européen de solidarité à Unis-Cité pour la Conférence sur l’avenir de l’Europe

Parc Kennedy, 285 Rue Gilles Roberval Bat. C, Nîmes


  • Mardi 18 janvier, 14h – 16h

Anim CoFE « Mission locale jeunes Lozère »

Dans le cadre du projet « la CofE pour tous en Occitanie », porté par Europe Direct Pyrénées, nous organisons un temps d’échange interactif avec des jeunes lozériens à la Mission locale Lozère.

14 Bd Henri Bourrillon, 48000 Mende



La Banque centrale européenne lance son projet d’Euro numérique ou e-euro

Pressée par les Etats dont la France et la Suède, en compétition avec la Chine et les USA et sous la menace du Bitcoin et des crypto monnaies*, la Banque centrale européenne (BCE) entre dans l’ère des monnaies numériques.


« Un euro numérique serait un symbole de progrès et d’intégration européenne », a déclaré Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, lors de la présentation du rapport sur l’euro numérique.


L'euro « numérique » serait une forme électronique de monnaie de banque centrale. Il existerait toujours en parallèle des pièces et des billets. Une monnaie numérique est une unité de compte (un fichier électronique) qui se transmet sur un réseau informatique (Internet), d'utilisateur à utilisateur. Les participants au réseau créent des échanges entre eux en-dehors de toute monnaie physique. L'euro numérique permettait donc à tous, ménages comme entreprises, d'effectuer des paiements quotidiens rapidement, facilement et en toute sécurité, affirme la BCE. Le mécanisme de « l'euro numérique » pourrait par exemple reposer sur la technologie blockchain**, un protocole informatique réputé infalsifiable, sur laquelle s'appuient déjà des monnaies virtuelles comme le bitcoin.

La BCE vient de publier une analyse complète de sa consultation*** publique sur un euro numérique. Cette analyse confirme les premiers constats s’agissant d’un euro numérique : la protection de la vie privée est la principale préoccupation du public et des professionnels (43 %), suivie de la sécurité (18 %), de la possibilité de payer dans toute la zone euro (11 %), sans frais supplémentaires (9 %) et hors ligne (8 %).


Pourquoi un Euro « numérique » ?


En fait, La BCE veut accompagner l'explosion des paiements dématérialisés, qui s'est amplifiée avec la pandémie de Covid-19. Même en Allemagne, pays où le liquide a longtemps été roi, les consommateurs ont, en 2020, pour la première fois, dépensé plus d'argent par carte qu’en papier. La BCE craint que cet engouement ne profite à des monnaies virtuelles privées ou à des devises étrangères. En 2019, le projet de Facebook de créer une monnaie virtuelle, le Libra, "a précipité la réflexion des banques centrales", affirment les experts du secteur.

Le président du groupe de travail, Fabio Panetta, estime ainsi qu'un euro numérique renforcerait la souveraineté financière de l'UE. Cet euro numérique serait également un nouveau canal pour les politiques monétaires de la Banque centrale qui disposerait d'un accès direct aux citoyens pour gérer facilement la création de monnaie (exit la planche à billets !).


Deux gros problèmes restent à régler :


Le principal risque est la fuite des épargnants vers cette nouvelle forme de monnaie, qui permet d'éviter les frais d'un compte de dépôt classique, ce qui fragiliserait les banques. Un risque important "en période de crise", où les épargnants, pourraient convertir leurs comptes courants, selon la BCE. Pour éviter cet écueil, la BCE propose notamment de limiter le nombre d'euros numériques que chacun pourrait posséder ou échanger, ou d’imposer un taux négatif d’intérêt annuel sur les dépôts d’euros « numériques ».

En outre, "quel est le degré d'anonymat**** souhaité ? On touche à la fois au respect de la vie privée et à la lutte contre le blanchiment, qui sont des objectifs légitimes de la société. Il faudra donc une discussion politique au niveau européen.

L’urgence est bel et bien à l’innovation. Si l’UE n’avance pas sur ce sujet rapidement, elle en paiera le prix dans quelques années, probablement en perdant du terrain face aux Etats-Unis ou à la Chine ou même au Bitcoin en termes de souveraineté monétaire. Nous risquons en effet d’être - encore une fois - soumis aux politiques d’extraterritorialité juridique américaines, ou à la jungle des crypto-monnaies.




* Selon l'Institut national de la consommation (INC), une crypto-monnaie désigne « une monnaie virtuelle qui repose sur un protocole informatique de transactions cryptées et décentralisées, appelé blockchain ou chaîne de blocs »., Plus largement, les crypto-actifs représentent « des actifs virtuels stockés sur un support électronique permettant à une communauté d’utilisateurs les acceptant en paiement de réaliser des transactions sans avoir à recourir à la monnaie légale. » La plus connue est le Bitcoin, mais il en existe plus de 10 000, avec une valeur boursière supérieure à 2 500 milliards de $.


**Selon Bercy la blockchain est une technologie qui permet de garder la trace d'un ensemble de transactions, de manière décentralisée, sécurisée et transparente, sous forme d'une chaîne de blocs ? Vous n’y comprenez toujours rien ? Pas de panique, on vous explique tout ! https://www.economie.gouv.fr/entreprises/blockchain-definition-avantage-utilisation-application


***La consultation a été lancée le 12 octobre 2020 et s’est achevée le 12 janvier 2021, avec plus de 8 200 réponses, une participation record à une consultation publique de la BCE. La grande majorité des participants ont été des particuliers (94 %). Les autres étaient des professionnels, notamment des banques, des prestataires de services de paiement, des commerçants et des sociétés technologiques.


****Même le Bitcoin n’est pas en réalité anonyme, car la totalité des échanges sont conservés dans un journal, cependant l’architecture elle-même permet facilement de s’anonymiser pour les fraudeurs, raison pour laquelle les malfrats de tous genres se font de plus en plus payer en Bitcoin.


L'Europe et la conquête spatiale

Thomas Pesquet de retour sur Terre le 9 novembre, après six mois dans la station spatiale internationale, nous a fait rêver avec ses photos de la planète bleue vue de l’espace.

Quelle est la position de l’UE dans la course aux étoiles ?



Depuis son entrée en vigueur en 2009, le traité de Lisbonne attribue à l'Union européenne une compétence directe pour tout ce qui a trait à l’espace via l’article 189 du Traité, compétence qu’elle partage avec ses Etats membres. Ce fut l'occasion d'harmoniser les programmes nationaux et européen qui coexistent aujourd'hui en un véritable programme spatial européen fédéré, et de lui donner l'élan dont l'Europe a besoin.


Le Parlement européen est parvenu en décembre 2020 à un accord qui trace les grandes orientations du spatial de l’UE pour les prochaines années. Pour la période 2021-2027, une enveloppe de 14,8 milliards d’euros a été votée au budget de l'Union pour le programme spatial, soit presque 4 milliards supplémentaires par rapport à la période précédente (2014-2020).


L’accord renforce les programmes phares de l’Union européenne : Copernicus pour l’observation de la Terre, Galileo et EGNOS pour le positionnement par satellite (le « GPS européen »), GovSatCom pour les télécommunications sécurisées, ou le programme de surveillance de l'espace (SSA) pour suivre les débris spatiaux. De plus, il est prévu de développer et mettre en œuvre la constellation européenne de satellites quantiques qui permettra de rendre les télécommunications européennes plus sécurisées.


Une Agence européenne du programme spatial, EUSPA (European Union Space Programme Agency), basée à Prague, remplace l’ancienne agence « GSA » chargée de l'exploitation du système GPS et des applications pour les utilisateurs. La nouvelle agence sera de plus chargée de coordonner certains programmes financés par l’Union européenne, notamment les plus sensibles comme les télécommunications sécurisées.


De son côté, l'Agence spatiale européenne ESA (créée en 1975) conserve ses programmes gouvernementaux, notamment les lanceurs Ariane, les missions scientifiques d'astronomie et d'exploration du système solaire, l'exploration robotisée de la planète Mars, l'observation de la Terre, les satellites de télécommunication, la coopération avec la NASA pour la station spatiale internationale et pour la future station orbitale lunaire.


L'Union se doit de définir un programme à l'échelle européenne, avec les agences nationales et l'Agence spatiale européenne, en fonction de ses politiques communautaires, afin de veiller à la cohérence d'ensemble. Il incombera à l'Union de définir la politique spatiale européenne, qui ne serait plus seulement la juxtaposition de ses programmes nationaux, qui idéalement cesserait d'être une expression intergouvernementale portée par l'ESA uniquement, pour devenir une expression transnationale porté par une entité forte de 500 millions de citoyens.

Source : Lettre du ME-F Gironde, avril 2021



La lutte contre les violences faites aux femmes, un long chemin

« Ne détournons pas le tête ! Écoutons les victimes et travaillons ensemble à tous les niveaux pour que les femmes puissent vivre de manière autonome et sans violence ! » Evelyn Régner, présidente de la Commission des droits des femmes du Parlement européen.


Pour la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, Euractiv publie un article intitulé:

Viols : selon la police slovaque, les femmes ne devraient pas « provoquer » les hommes

Les femmes doivent éviter les endroits sombres après le coucher du soleil et les fêtes où l’on consomme de l’alcool ou des drogues, car ils peuvent « susciter des comportements violent », selon les recommandations de la police slovaque pour la prévention du viol publiées sur son site officiel. Les femmes ne doivent pas non plus « donner des signaux sexuels contradictoires et provoquer inutilement ».

Contacté par EURACTIV Slovaquie sur ce que sont les « signaux sexuels ambigus », le porte-parole a répondu que « ce terme peut être compris comme le comportement d’une victime potentielle, que l’agresseur potentiel peut expliquer de différentes manières, comme le flirt, le sourire, le clignement des yeux, etc. ».

Au-delà du caractère hallucinant de cette déclaration, cette prise de position exclut la prise en compte des violences commises par un proche.

Zuzana Očenášová du Centre de coordination et de méthodologie pour la prévention de la violence à l’égard des femmes (KMC) a confirmé que la plupart des violences subies par les femmes sont perpétrées par leur partenaire ou des personnes qu’elles connaissent. Dans 12% des cas seulement, les femmes ne connaissaient pas l’auteur des violences.

Mme Očenášová a ajouté que la police transfère la responsabilité aux femmes et remet finalement en question la violence elle-même et ses victimes.

Source: Michal Hudec | EURACTIV Slovaquie 25 nov. 2021


Le Parlement européen a participé à l'initiative des Nations Unies « Orange the World » et se pare d’orange. La campagne de cette année accorde une attention particulière au viol.


Le 25 novembre marque la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. A cette occasion, le Parlement exhorte les sept État-membres qui n’ont pas encore ratifié la Convention d’Istanbul à le faire sans délai. Les députés demandent en outre que les violences contre les femmes soient ajoutées au catalogue des crimes reconnus par l'UE.

Dans son discours annuel sur l’état de l’Union mercredi, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a promis d’ici la fin de l’année de proposer une loi de lutte contre les violences faites aux femmes, permettant des poursuites efficaces et des mesures de prévention et de protection. Dans l’Union européenne, un tiers des femmes ont subi des violences physiques ou sexuelles et environ 50 meurent chaque semaine à la suite de violences domestiques, selon des données communiquées par le Parlement.


Qu'est-ce que la Convention d’Istanbul ?

C'est une convention du Conseil de l'Europe pour la prévention et la lutte contre les violences faites aux femmes. Elle a été signée le 11 mai 2011 à Istanbul, en Turquie par tous les États membres du Conseil de l'Europe, sauf l'Azerbaïdjan et la Russie. L'Union européenne l’a signé le 13 juin 2017.


Il s'agit du premier instrument légalement contraignant. La Convention établit un arsenal de mesures pour prévenir les violences faites aux femmes, soutenir les victimes et punir les auteurs de violence.

Mais certains pays de l’Union européenne sont particulièrement réticents : la Bulgarie, la République tchèque, la Hongrie, la Lituanie, la Lettonie, la Slovaquie (et le Royaume Uni) ne l’ont pas ratifiée. De plus, la Cour constitutionnelle de Bulgarie l’a jugée inconstitutionnelle. En Pologne, le Premier ministre a également saisi la Cour constitutionnelle à ce sujet. En mars 2021, la Turquie, premier pays à avoir signé et ratifié la Convention en 2011 s’est retirée en juillet dernier.


La violence à l’égard des femmes continue d’être un obstacle à la réalisation de l’égalité, au développement, à la paix et à la réalisation des droits fondamentaux des femmes. Si un arsenal juridique commence à prendre forme au niveau européen, on constate à quel point le chemin est encore long avant que les textes ne deviennent réalité.


« De flâneur à entrepreneur » : Rencontre entre les partenaires du projet My Soft City

My Soft city : Partenariat stratégique Erasmus+ entre les villes de Lund en Suède, Constanza en Roumanie, Funchal à Madère (Portugal) et Nîmes, ce projet se déroule sur 3 ans. Après une première prise de contact à Lund, la Maison de l’Europe de Nîmes est heureuse d’accueillir ses partenaires.



La Maison de l’Europe de Nîmes a accueilli fin novembre, en collaboration avec le lycée de la CCI du Gard, des travailleurs de jeunesse provenant des pays partenaires suédois, portugais et roumains sous forme d’une formation de 3 jours axée sur la découverte de la ville de Nîmes et l’acquisition de compétences à travers des ateliers d’illustration et de cartographie. L’objectif final de cette formation était de doter les travailleurs de jeunesse des connaissances et compétences nécessaires pour apprendre aux jeunes de leurs pays à réaliser la carte illustrée de leur ville d’origine.


Jour 1: Notre matinée a débuté par la rencontre des partenaires au lycée de la CCI du Gard et la présentation des 3 jours de formation suivie d’une animation pour renforcer notre esprit d’équipe.

A l’Office du Tourisme de la ville de Nîmes, Bettina Célié, responsable du pôle patrimoine de la Ville de Nîmes et Xavier Labaune, directeur de l’Office de Tourisme nous ont présenté un outil remarquable développé en collaboration avec le Centre d’Interprétation de l’architecture et du patrimoine :

Il s’agit d’un film projeté pendant une dizaine de minutes sur une maquette en 3D animée par de superbes illustrations qui reconstitue l’histoire de Nimes des romains jusqu’à nos jours. Cet atelier nous a donné l’occasion de voir différents types de carte mais aussi de comprendre comment une carte peut raconter une histoire. Cela peut être une source d’inspiration pour la réalisation de la carte My Soft City.

À travers cet atelier, il était important pour Bettina de transmettre à nos jeunes participants locaux et internationaux l’envie de s'intéresser à leur cadre de vie.

Les jeunes ont tendance à vivre dans leurs villes sans forcément la connaître. Ils pratiquent leurs villes en sortant, en allant à l’école, voir des spectacles, dans les bars, etc. La ville dans laquelle on grandit, on la prend telle quelle est. On ne fait pas de démarche de recherche et de compréhension. Mais en ajoutant une approche historique, le jeune se sentira plus concerné parce qu’il comprendra mieux sa ville.

A travers l’exemple de Nîmes, les jeunes européens pourront ajouter une dimension historique à leurs connaissances, se forger un nouveau regard, être plus réceptifs. Puisqu’ils auront mieux compris comment et pourquoi les lieux qu’ils aiment sont là, ces derniers auront plus d'intérêt à leurs yeux. Car mieux on connaît sa ville, mieux on s’y sent.

Bettina Célié, responsable du pôle patrimoine de la Ville de Nîmes


Impliquer la jeunesse dans la valorisation du patrimoine est une force”, explique Bettina. “Mon rôle dans cet atelier My Soft City a été de faire la transition entre connaître sa ville superficiellement pour ce qu’elle représente dans notre quotidien et l'apprécier à travers son impact historique. Avec cette approche, les jeunes peuvent aussi découvrir de nouveaux métiers. Ils peuvent se poser la question “comment des bâtiments de 2000 ans peuvent-ils encore exister et être entretenus ?"


« Ils ont l'occasion de découvrir des métiers dont on n’a pas l’habitude de parler au quotidien. Si nous n’avions plus de tailleurs de pierre ou de ferronniers, ces monuments anciens ne pourraient pas être entretenus. C’est une couche en plus dans la découverte de sa ville qui peut leur donner l'envie de travailler pour pouvoir la conserver. Par conséquent, les pousser à être acteur dans sa ville comme l’indique le slogan My Soft City “De flâneur à Entrepreneurs”.


Valentin Enderle, étudiant aux Beaux-arts de Nîmes a animé un atelier sur le thème du dessin : nous avons pu nous familiariser avec la technique du pastel comme outil de travail et la transcription sur le papier de notre perception du monde et des personnes qui nous entourent.

Notre ressenti peut varier grandement selon différents facteurs (le milieu social, les quartiers de la ville que l’on fréquente le plus, etc.), ce travail de transcription était très important pour la réalisation d’une carte par les jeunes.

Le service du patrimoine de la ville de Nîmes a présenté les ateliers artistiques menés avec les écoliers de la ville. Les participants et les responsables du service ont échangé sur les méthodes utilisées avec les enfants pour les sensibiliser au patrimoine architectural et culturel. L’échange sur les outils ludiques nous a donné plein d’idées pour les outils à créer dans le projet My Soft City.


Jour 2:

Découverte de la ville à travers une « déambulation » photographique, afin de déterminer quels lieux seront représentés sur la carte de My Soft City. Ils sont choisis par de jeunes Nîmois, pour la signification emblématique qu’ils leur attribuent.


Nous nous sommes attardés devant l’Eglise St Paul où les jeunes aiment faire du skateboard, nous avons exploré le quartier Gambetta à la recherche des graffitis réalisés par des artistes de l’Expo « de Ouf » (à l’initiative du Spot), les friperies prisées des jeunes, la terrasse du bar Le Prolé où ils aiment s’attabler aux beaux jours, la Maison Carrée comme lieu de rencontre, etc…

Après le déjeuner, les participants ont fait une visite guidée des Arènes et de la Maison Carrée offerte par l’Office de tourisme. Ils ont ainsi pu en apprendre davantage sur l’histoire de la ville et ses monuments romains.


Jour 3:

Pendant cette dernière journée de formation, le travail d’illustration s’est poursuivi à partir des photographies prises la veille. Les travailleurs de jeunesse ont pu réinventer les lieux nîmois à l’aide de couleurs pastel, laissant libre cours à leur créativité. Grâce à l’Office de tourisme les œuvres ont pu être imprimées et ensuite retravaillées grâce à l’utilisation du logiciel Illustrator. La professeure Mylène Dallenbach spécialiste en design graphique, nous a enseigné les bases du programme afin de vectoriser les travaux d’illustration du matin et de placer nos « œuvres » sur la carte de My Soft City.

Une fois acquises les compétences de bases, les travailleurs de jeunesse vont pouvoir les mettre à profit avec leurs jeunes et poursuivre le travail une fois rentrés dans leur pays respectif.


Pour clore cette première formation à Nîmes, les illustrations réalisées pendant la formation et les premiers résultats du projet ont été présentés au public et à la presse à l’Office de Tourisme. Xavier Douais, adjoint délégué au Tourisme et Charles-Antoine Roussy, président de la Maison de Nimes ont remis des souvenirs de la part de la Ville, du lycée de la CCI et de la Commission européenne. Pour clôturer ces 3 journées riches en échanges et apprentissages, nous avons partagé le verre de l’amitié en nous donnant rendez-vous sur l’île de Madère en 2022 pour la prochaine rencontre !


Quinzaine franco-allemande : Exposition Echangé/Ausgetauscht et visite des animateurs Mobiklasse.de

Dans le cadre de la Quinzaine franco-allemande en Occitanie, la Maison de l'Europe de Nîmes a organisé l’accueil de l'exposition itinérante de l'OFAJ « Echangé – Ausgetauscht - 10 ans de certificats OFAJ pour animatrices et animateurs » au Centre d’Information et d’Orientation (Bagnols-sur-Cèze) et au Centre social Emile Jourdan (Nîmes).


« Échangé - Ausgetauscht » sensibilise toutes les personnes concernées par l'apprentissage de l'allemand et les relations franco-allemandes sur les contenus de ces formations, sur les perspectives qu'elles ouvrent, et plus généralement sur l'intérêt pédagogique, culturel et même professionnel de s'approprier les outils élaborés et pratiqués dans le cadre des activités de l'OFAJ.


Autour de cette exposition, le 18 novembre, la Maison de l’Europe de Nîmes a organisé des événements franco-allemands.


Une cinquantaine d’élèves ont pu découvrir la culture et la langue allemande avec les animateurs du dispositif Mobiklasse.de. Paulina et Frieder, originaires respectivement de Leipzig et de Stuttgart, facilitent l’apprentissage interculturel en Nouvelle Aquitaine et en Occitanie, en se déplaçant dans le territoire avec une voiture aux couleurs d’Allemagne et avec du matériel informatif.

Paulina et Frieder, animateurs Mobiklasse dans la cour du Lycée Saint Vincent de Paul, avec le proviseur, l'adjointe de direction et Sarah, volontaire de l'OFAJ


A Nîmes, les animateurs allemands ont proposé des ateliers à l’école élémentaire Marie Soboul et au Lycée Saint Vincent de Paul, avant d’assurer une permanence au Centre Social Emile Jourdan avec Sarah et Benjamin, volontaires allemands de l’Ofaj à Nîmes.


Team-Allemagne !

Paulina et Frieder, animateurs Mobiklasse.de,

avec Benjamin et Sarah, volontaires de l'OFAJ

respectivement au Lycée Camus et au Lycée Saint Vincent de Paul


C’était l’occasion de parler allemand, d’approfondir les connaissances sur le pays et la culture en compagnie des deux animateurs Mobiklasse et des deux volontaires allemands ! Une super rencontre !


Vielen Dank und bis bald !


Plus d’informations sur le programme Mobiklasse.de : mobiklasse.de | Accueil



Café Multi Kulti en novembre !

Comme chaque mois, la Maison de l’Europe a organisé un Café Multi Kulti le mardi 24 novembre. Une quarantaine de personnes se sont retrouvées au Café Olive à Nîmes.


A gauche, les participants suédois du projet My Soft City avec des snacks suédois

Au centre, la volontaire ukrainienne Yulia

A droite, Claudia, assistante de langue au Lycée Camus, présente son pays, les Etats-Unis.


Des volontaires européens et internationaux étaient là pour parler de leurs pays, de leur culture et de leur langue. Cette fois-ci, c’étaient des volontaires de Rouma