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Editorial juillet 2023



Une échéance importante va nous mobiliser l'année prochaine : les élections européennes.

Nous aurons à combattre deux tendances : l'hostilité à l'Union européenne et le désintérêt. Nous n'aurons pas trop de dix mois pour convaincre.

L'hostilité à l'U.E atteint des degrés différents : au mieux, l'euroscepticisme, au pire, l’anti-européisme.

Quitter l'Union ? Quel bonheur ! On va enfin reprendre notre liberté !

Demandez aux Britanniques, ce qu'ils en pensent : aux exportateurs et importateurs noyés sous la paperasse pour commercer avec le continent, aux étudiants, interdits d'échanges Erasmus, aux agriculteurs sevrés de subventions européennes, aux employeurs privés de main d’œuvre européenne, aux soignants qui ne voient toujours pas venir les milliards « économisés » grâce au Brexit.... De plus, l'immigration illégale devait se tarir en reprenant le contrôle des frontières ; elle n'a jamais été aussi importante !

Abandonner l'euro ? Quelle chance ! On va pouvoir faire des dévaluations « compétitives » !

Demandez aux Turcs, aux Libanais ce qu'ils pensent d'une monnaie fondant comme neige au soleil, avec l'évaporation de l'épargne, la hausse de l'énergie importée, les restrictions de change...

Désobéir aux règles de l'Union et contester les arrêts des tribunaux européens ? Quelle liberté ! On va pouvoir reprendre le contrôle !

Nous refuserons d'appliquer les règles qui ne nous plaisent pas donc, en rétorsion, nos partenaires en feront de même et à la fin il n'y aura plus de règles communes.

C'est comme jouer au football, refuser les règles du jeu et rejeter l'arbitre et ses décisions.... Ce ne sera plus du football mais du pugilat ! La vie internationale a besoin de règles communes reconnues et respectées sinon nous reviendrons à l'état de nature !

L'Union est imparfaite, comme toute construction humaine, inachevée comme toute œuvre commencée il y a peine 70 ans, alors que nos États-nations ont nécessité un ou deux millénaires pour arriver à émerger du chaos de l'histoire.


Nous entendrons aussi que l'U.E ne fait pas rêver avec ses directives, son fonctionnement institutionnel abscons, ses subventions complexes à obtenir...

Non, effectivement, ce n'est pas cela qui nous fait rêver mais le fait d'avoir réuni pacifiquement pour la première fois dans l'histoire du monde 27 États ayant, pour la plupart, une longue tradition de guerres sanglantes dont les deux dernières ont ravagé le continent et exterminé des populations entières. Aucune période historique n'a réussi à réunir pacifiquement autant d’États, aucun continent n'est arrivé à une union aussi large et aussi profonde. La guerre entre nous paraît non seulement improbable mais aussi impossible.

Des générations d'Européens, ravagés par les guerres incessantes, en ont rêvé depuis des siècles et cela nous laisse indifférent maintenant ?

D'ailleurs, cette Union qui semble si peu désirable à certains de nos concitoyens fait rêver au-delà de nos frontières européennes ; il n'y a qu'à voir le nombre de pays souhaitant rejoindre l'U.E, le nombre de migrants prêts à se déchirer sur les barbelés et à sombrer en Méditerranée pour atteindre cette Europe qui les fait rêver, eux !

Oui, l'Union européenne est désirable ! Faisons-la désirer à nos concitoyens !


F. Bourquin, président de la Maison de l'Europe.

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