CETA : Pourquoi tant de haine ?


De tous côtés, on salue le courage et la détermination de Paul Magnette, ministre-président de Wallonie qui, seul contre tous, s’est opposé au CETA, cet accord commercial Canada-UE auquel jusqu’ici on reconnaissait de nombreuses vertus ; et ce surtout en comparaison du très controversé projet de TAFTA ou TTIP avec les États-Unis, auquel le gouvernement français a manifesté son opposition dans son état actuel. Pour tout savoir sur ce point : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/ article/2016/10/18/tout-comprendre-du-ceta-le-petit-cousin-dutraite-transatlantique_5015920_4355770.html.

Certes, on peut toujours se réjouir que des responsables politiques, même régionaux (la Wallonie, c’est quand même 4,2 millions d’habitants), s’intéressent de près à des textes qui les engagent. Pour autant, on peut s’interroger sur le bien fondé de certaines réticences. Un exemple : celui des 32 fromages français dont l’ineffable José Bové a fait un étendard de la résistance, ce qui lui a valu d’être refoulé à son arrivée à Montréal.

Selon José Bové, ces 32 fromages, dont le Bleu du Vercors/Sassenage, le Saint-Marcellin ou la Tomme des Pyrénées, auraient été bradés sur l’autel du commerce international en ne bénéficiant d’aucune protection d’appellation.

Qu’en est-il réellement ?

En bref, rappelons qu’Il n’existe aujourd'hui (sans CETA, donc) aucune protection, les Canadiens pouvant copier les fromages français si l’envie leur en prend, ce qu’ils ne font pas, d’ailleurs ;  il y a en Europe 1510 appellations d’origine ; 173 seraient protégées dans cette première phase d’application du CETA (le Canada n’en ayant, de son côté, exigé aucune), dont de nombreux produits français, fromages et autres ; mais pas encore les 32 fromages en question, qui ne sont pas, reconnaissons-le, les plus répandus – les vins et spiritueux font l’objet d’une autre protection hors CETA ;

 les 32 fromages continuent de bénéficier des protections existantes en Europe : pas de changement de ce côté-là ;

 le texte du CETA prévoit une actualisation régulière, donc la possibilité de protéger de nouvelles appellations par la suite.

Dans l’absolu, tout vaut donc mieux que la situation actuelle, marquée par l’absence totale de protection d’un côté comme de l’autre.

Et sans entrer dans un plaidoyer un peu naïf pour un Traité qui mériterait sans doute d’être encore amélioré, précisons que le CETA n’a pas retenu la procédure d’arbitrage qui fait systématiquement hurler (pas toujours à raison) les alters et les antis de tout poil.

Que va-t-il se passer ?

Aucune hypothèse n’est à exclure pour la suite, d’autant que la Wallonie n’a pas été la seule à soulever des difficultés, d’autres pays ou régions sont dans une démarche similaire. Des renégociations sur des points jugés bloquants par le ministreprésident de la Wallonie ont d’ores et déjà été revus, ce qui a permis au CETA d’être signé le 30 octobre au lieu du 27 (et à Paul Magnette de ne pas perdre la face). Faute de quoi, une occasion d’avancer encore un peu vers une régulation intelligente de la mondialisation aurait été manquée… Cela dit, l’histoire est loin d’être terminée, nous en reparlerons.

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