Lettre Europe Mars

Tribune: Le rat des villes et le rat des champs



Y-a-t-il deux Europe ? Celle des villes et celles des champs ? Quelques élections emblématiques récentes semblent montrer une divergence croissante des votes entre les électeurs des grandes villes et les autres. En Europe centrale et orientale, Prague, Varsovie, Budapest, Bratislava ont voté contre les partis populistes au pouvoir ou associés à celui-ci. Cela va jusqu'à la constitution d'une « Alliance des villes libres » s'opposant aux gouvernements de leurs pays (voir dans cette Lettre l'article « Vers un bloc contre-populiste centre-européen?», qui développe ce sujet). A Moscou et à Istanbul, l'opposition a remporté les élections municipales en 2019 au détriment des partis nationalistes qui soutenaient respectivement Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdoğan. Londres a voté massivement contre le Brexit en 2016. Bien sûr, il faut se garder de toute généralisation hâtive mais les grandes villes européennes semblent plus hermétiques au nationalisme; elles profitent d'une économie ouverte et s’accommodent d'une société multi-culturelle. Mais cela montre aussi que certaines banlieues, petites villes et campagnes n'ont pas assez profité de l'Europe et ont souffert de la concentration de l'activité économique et culturelle dans les grandes métropoles. Les habitants de ces « zones périphériques » ne reconnaissent plus leur pays qui change trop rapidement et dans un sens qu'ils ne souhaitent pas toujours; ils ont l'impression d'être exclus du festin. La tentation est alors grande d'écouter les tenants d'une fermeture, d'un retour vers le passé. Or, il existe des petites villes qui tirent leur épingle du jeu grâce à la mise en valeur de leurs atouts. Faire en sorte que le rat des villes et le rat des champs puissent rester ensemble autour de la même table, tel est l'un des défis des prochaines années! #agenda Frédéric Bourquin, président de la Maison de l'Europe de Nîmes


Stages de professionnalisation en Europe: la Maison de l'Europe agit!

1 - La Maison de l'Europe de Nîmes candidate pour poursuivre son action "Euroformation – la mobilité accessible à tous !" La Maison de l’Europe de Nîmes propose une 3ème saison pour cette action. Elle vient en février de déposer un dossier à l’agence Erasmus+ pour demander 100 bourses de mobilité professionnelle pour les années 2020 à 2022 Les deux demandes de 2016 et 2018 avaient été acceptées et les stages correspondants se sont bien déroulés. Pour le dossier de cette année le cercle des partenaires s'est élargi avec trois lycées, deux centres de formation d’apprentis, deux Missions locales jeunes du Vaucluse ainsi que le service des relations internationales et européennes de la Région Occitanie: Lycée Jacques Prévert à Saint Christol les Alès, Lycées Ernest Hemingway et Albert Camus à Nîmes, CFA de la CCI du Gard à Marguerittes, IRFSS (Institut de formation en soins infirmiers et aides-soignants) de la Crois-Rouge à Nîmes, Missions locales jeunes Comtat Venaissin et Grand Avignon) Ensemble nous demandons 76 bourses pour les jeunes et 24 bourses pour les accompagnateurs et organisateurs, pour la période septembre 2020 à août 2022. Si l’agence Erasmus nous fait confiance pour une troisième fois, les participants pourront partir en stages dans un des pays suivants, où la Maison de l'Europe a trouvé des associations partenaires pour trouver des entreprises d'accueil des jeuens stagiaires: Allemagne, Espagne, Finlande, Grèce, Hongrie, Italie, Pologne. Nous saurons fin mai si le dossier est accepté ! 2 - Remise de diplômes Europass Mobilité au lycée Ernest Hemingway à Nîmes En janvier 2020, 8 élèves du lycée Ernest Hemingway sont partis 4 semaines en stage Erasmus à Prague, où ils ont travaillé dans des entreprises de mode. Le 25 février, le lycée Hemingway a organisé au lycée une "cérémonie" de remise de diplômes Europass mobilité, en présence du proviseur Franck Ourtial, du chef de travaux Samir Hammouchi, et d'Amina Zaim Wadghiri, chargée des relations internationales. Le séjour s’est très bien passé et les élèves, certains mineurs, ont surtout apprécié les lieux de stages et la ville de Prague. 3 - Jeudi 19 mars, 17h30 : Soirée de remise de diplômes et témoignages des mobilités professionnelles en Europe Jeudi 19 mars, la Maison de l’Europe de Nîmes et la Région Occitanie invitent 27 jeunes à une cérémonie de témoignages et de remise de diplômes Erasmus Europass Mobilités, en présence de représentants de la Région Occitanie, du Département du Gard et de responsables des lycées professionnels ou des Missions locales jeunes qui suivent les stagiaires. Les jeunes présenteront leurs expériences de mobilité professionnelle et recevront leur diplôme Europass mobilité, qui attestera de cette expérience. Les 27 jeunes viennent: - pour 10 d'entre eux, partis à Prague en décembre 2019, Mission locales jeunes Gard Rhodanien et Alès Agglomération. - pour 4 d'entre eux, partis en janvier 2020 à Kecskemét en Hongrie., du lycée Jacques Prévert à St Christol-les-Alès - enfin, pour les 13 autres partis à Barcelone en février 2020, des Missions locales Petite Camargue et Nîmes Métropole.

"La géopolitique de l'euro" à la Maison de l'Europe

L'euro a été adopté par 19 États de l'Union européenne; il est depuis sa création en 1999 la monnaie de 340 millions d'Européens. mais a-t-il pour autant un rayonnement international ? Olivier Lenoir, expert en géopolitique au Groupe d'études géopolitiques de l'Ecole Normale Supérieure (la fameuse rue d'Ulm à Paris) est venu à la Maison de l'Europe vendredi 28 février pour présenter ses réflexions sur cette question, sous le titre "La géopolitique de l'euro". Le Groupe d'études géopolitiques est un groupe de réflexion fondé à l'École Normale Supérieure (Paris) en avril 2017 pour penser l'Europe à l'échelle pertinente. Il publie quotidiennement des informations sur son site, Le Grand Continent (https://legrandcontinent.eu/ ), ainsi que deux lettres hebdomadaires, celle du dimanche et celle du lundi. Une trentaine de personnes étaient réunies à la Maison de l'Europe pour l'écouter. Très intéressées, elles ont posé beaucoup de questions auxquelles le conférencier a répondu avec la simplicité que permet la bonne maîtrise d'un sujet. En préliminaire, Olivier Lenoir a défini le terme de géopolitique et ce qu'est une monnaie. La géopolitique est l'étude des effets de la géographie (humaine et physique) sur la politique internationale et les relations internationales. C'est comprendre, expliquer et prédire le comportement politique international en prenant en compte les caractéristiques géographiques (climat, topographie, ressources naturelles, population, voisinage...). Il a rappelé les trois fonctions d'une monnaie : outil d'échange, unité de compte (pour remplacer le troc), réserve de valeur. L'euro a certes un rôle international: c'est la 2ème monnaie pour les échanges mondiaux (36% contre 40% pour le dollar). Elle constitue 20% des réserves de change des banques centrales contre 60% pour le billet vert. Néanmoins ce n'est, pour le moment, qu'une réussite partielle. Sa part dans le total cumulé des échanges, dettes et réserves mondiales a régressé de 27 à 21% depuis la crise de 2008 (ces % sont ceux d'un indicateur multi-critères mis au point par la BCE - Banque centrale européenne). Les échanges entre les USA et l'UE se font très majoritairement en dollars. Les Etats de l'Union européenne eux-mêmes se soumettent au tout puissant dollar: 80% des importations européennes d'énergie sont réglées en dollars US (alors que les USA ne représentent que 2 % de ces importations), les Airbus sont vendus en dollars (même quand ce sont Air France ou Lufthansa qui les achètent!)... Les USA interdisent aux entreprises européennes de commerce avec l'Iran, parce que toute entité utilisant le dollar US ou ayant une activité aux USA devient une « US person », soumise aux tribunaux américains qui peuvent lui infliger d'énormes pénalités, sous la menace que le marché américain lui soit fermé. Il y a là une véritable perte de souveraineté pour l'Union européenne, d'autant plus que le système Swift qui trace les échanges en devises est ... américain! Il faudrait créer un Swift européen. Les États-Unis abusent de la position dominante du dollar, qui jouit d'un privilège exorbitant: ils consomment et investissent plus qu'ils n'épargnent et rehaussent régulièrement le plafond de leur dette, mais le dollar étant la monnaie dominante le niveau de cette dette n'est pas un problème puisqu'ils trouvent toujours des investisseurs pour souscrire aux emprunts en dollars. La Commission européenne et la Banque centrale européenne commencent à prendre conscience que l'UE ne peut pas être une grande puissance commerciale sans une monnaie ayant un rôle géopolitique. Quelles sont les conditions pour qu'une monnaie devient réellement internationale ? Deux hypothèses sont à considérer : l'hypothèse de Mercure (dieu romain du commerce), et celle de Mars (dieu romain de la guerre). Dans la première hypothèse, qui correspond bien à la situation de l'UE, il suffirait d'être une grande puissance commerciale pour que sa monnaie ait un rôle majeur. Dans la deuxième hypothèse, une super-puissance militaire créerait autour d'elle un cercle de pays "obligés" car dépendant de sa protection et plus ou moins tenus d'acheter les équipements militaires du protecteur ; c'est le cas des États européens qui pour la plupart sont membres de l'OTAN, bénéficiant ainsi du "parapluie américain"... même si ce parapluie a aujourd'hui tendance à quelque peu se refermer. En réalité (et des simulations de situations passées le montrent bien) il faut absolument les deux, Mercure et Mars. La Chine est une des grandes économies du monde, mais le Yuan renminbi ne représente que 3 % des réserves de change mondiales. Benoït Coeuré, un des dirigeants de la BCE, a récemment déclaré: "L'internationalisation de l'€ passe par le marché mais pas seulement, il faut aussi une stratégie, des accords militaires et politiques". Jean-Claude Juncker lui-même a dit, quand il présidait la Commission européenne, vouloir développer une "diplomatie économique européenne", sans donner de précisions sur en quoi elle pourrait consister. Or l'Union européenne, géant économique, est un nain militaire car, pour le moment, elle n'a pas de réel budget européen de défense. Certes, la France a un vrai potentiel militaire, une tradition de projection à l'extérieur et détient l'arme atomique mais, pour le moment, ces moyens ne sont pas mutualisés à l'échelon européen. Pour le conférencier, cette situation n'est pas près de changer pour différentes raisons : - une longue tradition d'utilisation du dollar par les États européens, le conservatisme des marchés financiers, de l'énergie et des matières premières habitués à compter en billets verts, - les règles de comptabilisation dans les grands groupes mondiaux, qui sont les règles américaines, - le pouvoir extra-territorial de la justice américaine et l'absence de volonté politique des gouvernements européens. Face à ce constat amer, le directeur de la Banque de France, M. Saigne-Vialleix, a cependant souligné que l'euro est une réussite en Europe car il nous a protégés des conséquences de la crise de 2008 grâce à la politique habile de la Banque centrale européenne; en outre il n'a jamais été attaqué par les marchés, alors que le franc ou la lire étaient très régulièrement attaqués avant la création de l'euro.. Quelques mesures pourraient être envisagées pour développer le rôle international de l'euro : - les pistes proposées par les institutions européennes: achever l'Union monétaire et l'Union bancaire; créer un vaste marché unique de la dette publique en euro (actuellement, il y a 19 marchés avec des taux et des taxations différents!) en émettant des bons du Trésor européens; fortement inciter les Etats de l'UE à utiliser l'euro et non le dollar dans leurs échanges intra-européens - les pistes auxquelles pense en plus Olivier Lenoir: développer une diplomatie de l'euro en s'appuyant sur le Service d'action extérieure de l'UE, qui pourrait montrer aux pays avec lesquels il est en contact les avantages d'avoir recours à l'euro dans les échanges; au moins évoquer, voire imposer l'utilisation de l'euro dans les accords commerciaux avec les pays tiers (du type CETA)... Mais il ne faut pas oublier que l'internationalisation d'une monnaie a ses contreparties : la difficulté de contrôler la masse monétaire, les responsabilités dans la gestion du système monétaire international... Un petit succès récent: le pétrolier russe Rosneft vendra du pétrole aux Européens en euros. A une question sur la création éventuelle de crypto-monnaies par la BCE, il est répondu par le directeur de la Banque de France que la BCE a très clairement rejeté cette éventualité: en effet les crypto-monnaies ne sont pas des monnaies puisqu'il leur manque (faute d'un émetteur fiable avec une garantie) la fonction de réserve de valeur. par contre la block-chain est utilisée par les banques centrales européennes. Une personne estime (opinion développée par plusieurs économistes) que la zone euro n'est pas optimale au point de vue économique, à cause des très grands écarts entre les situations économiques de ses Etats membres. Pour compenser il faudrait que le marché du travail européen soit très fluide, ce qui n'est pas le cas.

Témoignages de jeunes sur des périodes de volontariat en Grèce

La Grèce est un des pays européens vers lesquels partent des jeunes de notre région en volontariat européen (Corps Européen de Solidarité - ex-SVE) grâce à la Maison de l'Europe de Nîmes. Voici le témoignage d'un jeune parti en novembre 2019, Abel, 19 ans : 1 - Combien de temps a duré ton volontariat et dans quel pays (+ ville/village) es-tu parti? Mon volontariat a duré 28 jours, il était en Grèce dans le village de Xylokastro, sur la rive sud du golfe de Corinthe. 2 - Avec quel organisme d’envoi et quel organisme d’accueil? Je suis parti avec le programme Corps Européen de Solidarité et la Maison de l’Europe de Nîmes. L'organisme qui m’a accueilli là-bas était la municipalité de Xylokastro. 3 - Comment as-tu connu le volontariat et ce projet en Grèce ? Je l’ai connu grâce à une annonce sur Facebook. 4 - Que faisais-tu avant de partir en volontariat? J'étais à la fac mais ça ne me plaisait pas. 5 - Quelques appréhensions avant de partir … ? Non, aucune, j'avais hâte. 6 - Peux-tu nous parler des missions de ton volontariat? Nous avons planté des pousses d'arbres, nettoyé les plages et les rues du village ainsi que rangé des dossiers administratifs de la mairie. 7 - En quelle(s) langue(s) as-tu communiqué? En anglais, et nous avons appris quelques mots de grec et de turc. 8 - Dans quel type d’hébergement étais-tu logé? Tu vivais seul ou avec d’autres jeunes ? De quelle(s) nationalité(s) étaient tes colocataires? Je vivais dans un appartement avec trois chambres, durant ce mois nous étions 8, dont 6 français et 2 turcs. 9 - Tu as rencontré d’autres personnes en Grèce ? Oui, il y avait des volontaires longue durée avec qui nous avons fait connaissance, et les employés de la municipalité. 10 - As-tu une anecdote à nous faire partager … ? Je me suis tordu la cheville en Grèce, l’hôpital m'a dit que ce n'était rien de grave. En France j'ai refait des radios et j'ai un ligament déchiré (qui ne se reconstruira pas) et deux tendinites. Mais je le vis bien donc ça va. 11 - Qu’est-ce qui t’a le plus plu dans ton séjour ? Et le moins ? Le plus: mon week-end à Athènes et ce qui ne m’a pas plu c'est mon retour en France. 12 - As-tu remarqué quelques différences avec la culture française… ? Les hommes en Grèce sont macho je trouve, les horaires de travail sont différents et le prix des choses est moins cher. 13 - Partir, ça t’a permis de… ? (état d’esprit, changement, découvertes…) De grandir et de savoir me débrouiller seul, de rencontrer de nouvelles personnes formidables ainsi que d'avoir une expérience inoubliable. 14 - Recommanderais-tu le volontariat à d’autres jeunes et pourquoi? As-tu des conseils à donner? Oui partez dès que vous pouvez je pense c'est l'une des meilleures choses qu'un jeune peut faire. Ça nous ouvre l’esprit et ça complète notre CV. 15 - Pour conclure … Tu reviens à peine de Grèce, as-tu déjà quelques projets pour le futur? J'ai quelques idées pour le futur comme rentrer en école de mode mais ça parait très compliqué vu mon parcours, donc on va voir. Cassandra, 20 ans, inscrite à la Mission Locale de Mende en Lozère, et Théo, 24 ans, inscrit à la Mission Locale d'Alès dans le Gard. Tous les deux viennent d'arriver hier à Xylokastro, sur le golfe de Corinthe en Grèce, là où était Abel. Ils sont partis pour vivre 1 mois en Grèce en tant que volontaires européens grâce au programme Corps Européen de Solidarité. Leurs missions: protection de l’environnement et plus spécifiquement dans la pinède de Xylokastro, en bordure de plage. Ils planteront des pousses de jeunes pins, soigneront les arbres malades, nettoieront les sentiers et répareront les bancs. Ils pourront également collecter les déchets de plastiques échoués sur la plage et collaborer avec l’école primaire de la commune. Ils vont vivre en colocation avec d’autres volontaires turcs, espagnols, français et chypriotes. Ce projet est un partenariat à plusieurs : les Missions Locales d'Alès, de Mende et la Maison de l’Europe qui recrutent les volontaires et les préparent au départ ; ORFEAS, organisme de coordination, qui a monté le projet et qui soutient les volontaires sur place, en collaboration avec la municipalité de Xylokastro, qui est l’organisme d’accueil des volontaires. Nous leur souhaitons un excellent volontariat et nous les retrouverons à leur retour en France pour un témoignage de leur expérience ! Αντίο ! La Maison de l'Europe de Nîmes participe à une formation régionale sur le CES

Le 25 février a eu lieu à Narbonne une rencontre régionale sur le Corps Européen de Solidarité - CES (ex - Service Volontaire Européen) et sur l’accompagnement des publics JAMO (Jeunes Avec Moins d’Opportunités... oui c'est comme ça qu'on dit administrativement, c'est plus compliqué mais plus positif que "défavorisés"). Cette rencontre organisée par la DRJSCS (Direction régionale Jeunesse et Sport et Cohésion sociale) Occitanie, l’Agence ERASMUS + France Jeunesse et Sport et le CRIJ (Centre régional d'information pour la jeunesse) Occitanie était destinée aux associations, aux établissements scolaires, aux communautés d’agglomération, aux Missions locales jeunes, centres sociaux, MJC..etc. L'objectif était de faire largement connaître toutes les possibilités de mobilités en Europe pour les jeunes et, pour que ce soit plus vivant, de partager des témoignages de porteurs de projets de mobilité. La Maison de l’Europe de Nîmes a participé à cette journée. Léonie Ritter, notre chargée des questions de mobilité européenne, est intervenue (voir la photo) sur le volet "Emploi" du programme Corps Européen de Solidarité, grâce auquel une association lozérienne accueille actuellement pendant 12 mois une jeune allemande. Ces rencontres sont l’occasion d’échanger avec des acteurs de la mobilité sur les opportunités de projets. Elles sont proposées régulièrement afin de développer la mobilité européenne et internationale dans la région Occitanie.

Séjour linguistique en Angleterre pour 25 jeunes d'Alès et Nîmes

Pour la 4ème année consécutive, des jeunes de plusieurs établissements scolaires et universitaires des agglomérations de Nîmes et d'Alès ont fait un séjour linguistique de 2 semaines au Royaume-Uni... juste après le Brexit. Ils sont partis le 10 février et rentrés le 23. Ils ont donc passé les vacances scolaires de février au Royaume-Uni. C'est le Pôle métropolitain Nîmes - Alès qui a financé ce séjour. Les 25 jeunes participants ont été choisis par leurs établissements. Une fois de plus le Pôle métropolitain Nîmes-Alès a confié à la Maison de l'Europe le rôle d'opérateur pour ce séjour. Contrairement aux trois années précédentes, le séjour n'était pas Preston (ville jumelle de Nîmes) mais la grande ville de Bristol (environ 500 000 habitants), jumelée entre autres à Bordeaux. Bristol est au sud-ouest de l'Angleterre, au bord de la rivière Avon .. qui n'est pas celle de Stratford-upon-Avon, ville natale de Shakespeare (le mot "avon" signifie rivière en "brittonique", langue celtique insulaire ancienne, et 4 rivières anglaises portent ce nom!). Bristol est très proche de la rive sud du vaste estuaire de la Severn, qui sépare la Cornouaille anglaise du Pays de Galles. Deux personnes ont accompagné cette jeune troupe: Sylvie Abeille, professeur d'économie au lycée St Vincent de Paul à Nîmes et Diana Mihalache, du service des relations internationales d'Unîmes. Les jeunes étaient logés dans des familles d’accueil. Les cours d’anglais étaient proposés par la "Maison internationale de Bristol", une grande école de langue accueillant des personnes du monde entier. (la photo montre une partie du groupe devant cette Maison). Ils ont également fait des visites culturelles dans la ville et la région. Ils sont partis 25 + 2... pas tout à fait puisque pour 4 d'entre eux le vol qu'ils avaient prévu a été annulé à cause de la tempête Ciara! Ils ont rejoint le groupe 2 jours plus tard... et au retour ils étaient au complet. Apparemment les participants étaient très satisfaits de ce séjour et la Maison internationale de Bristol qui les a accueillis s'est dite extrêmement heureuse de les avoir reçus. Notre voyage a été extraordinaire malgré quelques aléas qui ont été imprévisibles. Toutefois, les étudiants ont beaucoup apprécié ce séjour linguistique, car cela a été une bonne occasion pour certains d'entre eux d'améliorer leur niveau de langue. |Diana Mihalache]

Non-discrimination en Europe: rencontre franco-hongroise à la Maison de l’Europe

Mardi 3 et mercredi 4 mars, la Maison de l’Europe a reçu 30 élèves français et hongrois pour travailler avec eux sur "l’Europe dans mon quotidien" et "la non-discrimination dans l’Union européenne". Ils ont été accueillis par Pascal Besson, Consul honoraire de Hongrie à Nîmes et son épouse Viktoria Eröss – Besson, ainsi bien sûr que par l'équipe de la Maison de l'Europe. A l’initiative d'un professeur du lycée Jacques Prévert de St Christol-les Alès, M. Larguier, le projet Erasmus «Comment les lycéens perçoivent-ils l’Union européenne?» a vu le jour. Pendant deux ans, les élèves et professeurs du lycée Jacques Prévert et du lycée hongrois KRK SZILADY AKON GIMNAZIUM ES KOLLEGIUM à KISKUNHALAS ont pu se réunir et travailler ensemble sur l’Union européenne. Lors du séjour en France des élèves hongrois, les deux matinées passées par le groupe à la Maison de l’Europe ont permis d'aborder la citoyenneté européenne, l’Union européenne dans la vie quotidienne et la non-discrimination.


Agenda de la Maison de l'Europe de Nîmes mars 2020



Jeudi 5 – vendredi 6 mars Préparation au départ pour les 9 jeunes des Missions locales de l’Aveyron en stage Erasmus + à Barcelone. > 41-43 Rue Béteille, à Rodez Jeudi 5 mars, 9h – 17h Séminaire de liaison enseignement secondaire- enseignement supérieur. Comment construire une culture commune du lycée jusqu’à l’insertion professionnelle ? La Maison de l’Europe anime l’atelier n° 4 « Dimension européenne et ouverture internationale » > Université de Nîmes, site Vauban Mardi 10 mars, 18h00 Café Multi-Kulti consacré aux Etats-Unis, avec de jeunes Américains assistants d’anglais dans des établissements scolaires de Nîmes. > Café Olive, 22 Boulevard Victor Hugo, Nîmes Jeudi 12 – Samedi 14 mars Rencontre fédérale des Maisons de l’Europe françaises à la Maison de Robert Schuman à Scy-Chazelles > Maison de Robert Schuman, 8 rue Robert Schuman, Scy-Chazelles (à côté de Metz) Mardi 17 mars, 18h00 "Bouger en Europe". Réunion d’information sur les dispositifs européens pour les jeunes. > Maison de l'Europe de Nîmes 46 rue de la République, Nîmes Jeudi 19 mars, 17h30 Soirée de témoignages sur la mobilité professionnelle en Europe. Remise des diplômes Europass aux jeunes des Missions locales venant de faire des stages Erasmus dans des pays européens > Maison de l'Europe de Nîmes, 46 rue de la République, Nîmes Jeudi 19 mars, 18h Café linguistique : pratiquer anglais, russe, espagnol et italien dans un cadre convivial > Le Spot, 8 rue de l'Enclos Rey à Nîmes Vendredi 20 février, 9h00 – 12h30 Comment monter un projet européen ? Journée de formation et d’échange sur le thème de la mobilité européenne et internationale, en collaboration avec le Collectif départemental de la mobilité en Lozère > Espace Evénement Georges Frêche, 8, place du Foirail à Mende Mardi 24 – mercredi 25 février, 9h00 - 17h Salon TAF (Travail-Avenir-Formation) dans le Gard > Parc des expositions, Nîmes Jeudi 26 mars, 9h30 – 17h00 Salon TAF (Travail-Avenir-Formation) en Lozère > Parc des expositions à Mende Vendredi 27 mars, 9h00 – 12h00 Fête de l’Europe au lycée Jean Baptiste Dumas > 1 place de Belgique, à Alès

Le Festival "Ecrans britanniques" à Nîmes

Depuis quelques jours les rues commerçantes du centre ancien de Nîmes sont pavoisées aux couleurs de l'Union Jack. Façon de saluer le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne? De célébrer les 65 ans du jumelage entre Nîmes et Preston ? Il s'agit en fait de la 23ème édition du Festival des Ecrans Britanniques, cette année c'est du 6 au 15 mars. Au programme un thème central “Cinéma et musique”, avec plusieurs lieux: voir l'affiche et voir le programme sur le site https://www.ecransbritanniques.org. Ce Festival prend de l'ampleur, comme les vins de garde il vieillit bien! Une question pour tester vos connaissances sur nos amis de l'autre rive du Channel: sur la théière de l'affiche du Festival, que veut dire E II R? La couronne vous donne un indice et vous savez que la reine est Elizabeth II... cela signifie "Elizabeth II Regina", le dire en latin rend les choses plus solennelles. Cette année les commerçants du centre ville et les étaliers des Halles se sont joints au mouvement (d'où les fanions Union Jack dans les rues) et le week-end des 7 et 8 mars verra de multiples évènements animer les rues de l'Ecusson: ce seront deux "Folles journées britanniques"!

Un Nîmois, Franck Proust, nommé au Comité européen des régions

Franck Proust, premier adjoint au maire de Nîmes, vient d'être nommé au Comité européen des régions. Adjoint au maire de Nîmes depuis 2001, il est bien connu des habitants de Nîmes. Il a été député européen, dans le groupe politique PPE (centre droit) de 2011 à 2019, et connait donc bien les institutions européennes. Avec le Comité européen des régions, où sa nomination a été proposée par François Baroin, président de l'Association des maires de France, il retrouve ainsi un chemin qu'il connait bien, celui des institutions européennes. Il continuera à faire la promotion du Gard, avec certains projets qui lui tiennent à coeur comme faire de la Base de sécurité civile de Nîmes-Garons-St Gilles une base européenne et un lieu européen de formation et d'entraînement. 24 Français siègent au Comité européen des régions. Et l'Occitanie y est fortement représentée puisqu'avec Franck Proust (groupe PPE) il y aura 4 membres de ce Comité venant de notre région. Par ordre alphabétique, - Guillaume Cros, vice-président de la Région Occitanie chargé des questions européennes (la Maison de l'Europe de Nîmes - Centre Europe Direct le rencontre donc assez régulièrement avec les quatre autres Centres Europe Direct de la Région); il a été assistant parlementaire de Gérard Onesta, député européen (écologiste) de 1999 à 2009. Guillaume Cros, lui-même de tendance écologiste, n'est pas affilié à un groupe politique européen - Jean-Paul Pourquier (groupe PPE), très ancré en Lozère dont il a présidé le Conseil départemental; il a été maire du Massegros - André Viola (groupe S&D, socialistes et démocrates), président du Conseil départemental de l'Aude, conseiller municipal à Bram dont il a été le maire. Mais qu'est-ce que le Comité européen des régions? Le Comité européen des régions (CdR), créé en 1994, est un organe consultatif de l’UE composé de représentants élus au niveau local et régional provenant des 27 États membres. Il permet à ces représentants de donner leur avis sur la législation européenne qui concerne directement les régions, les départements et les communes. La Commission européenne, le Conseil de l'UE et le Parlement européen doivent consulter le CdR lorsqu'ils élaborent des propositions législatives sur des domaines concernant les autorités locales et régionales, comme la santé, l'éducation, l'emploi, la politique sociale, la cohésion économique et sociale, les transports, l'énergie et le changement climatique. Si le CdR n'est pas consulté, il peut saisir la Cour de justice de l'Union européenne. Dès la réception d'une proposition législative, il prépare et adopte un avis qu'il transmet aux institutions de l'UE concernées. Le CdR émet également des avis de sa propre initiative. Les membres du CdR sont des représentants élus d'autorités locales ou régionales. Chaque pays désigne les membres de son choix, qui sont nommés par le Conseil de l'UE pour un mandat renouvelable de cinq ans. Le nombre de membres par pays dépend de la taille de la population de ce pays. Au total le CdR compte 329 membres après le départ des Britanniques et autant de suppléants. Ils doivent être titulaires d’un mandat électoral régional ou local, ou être politiquement responsables devant une assemblée élue. Ils ne peuvent pas être membres du Parlement européen. Les membres français du Comité sont donc des responsables politiques municipaux, départementaux ou régionaux élus. Ils sont souvent maires ou présidents ou vice-présidents de régions ou de départements. Ils sont proposés au Conseil de l'UE par le gouvernement, sur proposition de l'AMF (Assemblée des maires de France), de l'ADF (Assemblée des départements de France) ou de l'ARF (Assemblée des régions de France), mais ils agissent en toute indépendance politique. Le Comité des régions comporte six commissions spécialisées dans différents domaines. Pour chaque avis qu'il doit préparer, le CdR désigne parmi ses membres un rapporteur qui consulte les parties prenantes et prépare un avis. Le texte est examiné et adopté par la commission du CdR chargée du domaine politique concerné. Il est ensuite présenté en session plénière à l’ensemble des membres, qui votent en vue de le modifier et de l'adopter. Enfin, l'avis est communiqué aux institutions de l’UE concernées. Chaque année sont organisées jusqu’à six sessions plénières, lors desquelles sont adoptés des avis sur 50 à 80 propositions législatives. Elles se tiennent à Bruxelles, dans le bâtiment Jacques Delors.


L'Europe soutient une fabrication de jeans à Florac (Lozère)

La Région Occitanie propose une série de courtes vidéos (moins de 6 mn chacune) sur des projets sur son territoire financés en partie par l'Union européenne. Ces réalisations, de natures très diverses, sont visitées par deux garçons qui se déplacent sur un tandem original. Le lien pour voir ces vidéos: https://www.europe-en-occitanie.eu/Webserie-Bonjour-tandem-en-Occitanie Un premier exemple: l'Atelier Tuffery à Florac en Lozère. L’Atelier Tuffery est la plus ancienne marque française de jeans: depuis 125 ans et 4 générations, l’atelier de Florac produit des jeans selon un savoir-faire exceptionnel. Grâce à la passion de trois frères tailleurs-confectionneurs, ce patrimoine artisanal français persiste et se redéveloppe sur son territoire historique, avec un nouvel atelier, plus fonctionnel, et une équipe renouvelée, très jeune et motivée, dans laquelle travaille une jeune femme albanaise réfugiée en France. Le nouvel Atelier Tuffery transmet chaque jour des décennies de savoir-faire à cette nouvelle équipe de tailleurs-confectionneurs: "il faut respecter le droit fil, même si on perd un peu de tissu, sinon le pantalon fait une gondole...". En outre, la toile que l'Atelier a contribué à mettre au point et utilise pour ses fabrications inclut 50 % de laine de moutons de Lozère, qui une fois tondue est lavée en Haute-Loire et filée dans le Tarn, en circuit presque court. L'aménagement du nouvel atelier a représenté un coût de 68 100 €, dont 43 600 € (64 %) ont été apportés par le Feader - Fonds européen agricole pour le développement rural (programme Leader). L'Europe aide Théziers (Gard) à se protéger contre les inondations

Théziers est un charmant village du Gard, proche de Remoulins. Il est bordé par le Briançon, petit cours d'eau qui se jette ensuite dans le Gardon, juste avant que ce dernier ne rejoigne le Rhône juste à l'aval du barrage CNR de Vallabrègues. Le Briançon: petit cours d'eau certes, mais très fantasque et pouvant devenir ravageur en cas de très fortes pluies. La commune de Théziers a ainsi été reconnue de nombreuses fois en état de catastrophe naturelle, avec plusieurs dizaines de maisons touchées et sept qui ont dû être reconstruites ailleurs. Le Briançon est pourtant endigué depuis longtemps mais cela est apparu, après étude des crues récentes, insuffisant et même dangereux en cas de brèches dans les digues, dont la stabilité est insuffisante sur plusieurs tronçons. Des travaux viennent de commencer, en janvier, pour supprimer en partie les digues et renforcer les tronçons qui en sont préservés, remodeler les berges (avec plantation de végétaux adaptés), créer un lit de déversement pour le Briançon et modifier les franchissements du cours d'eau par des petites routes qui font obstacle à l'écoulement. Les travaux dureront 7 mois et seront donc terminés avant les fortes pluies d'automne. Le coût des travaux est 4,4 millions d'€, financés par: - l'Agence de l'eau: Rhône Méditerranée et Corse: 50 % - l'EPTB des Gardons (Etablissement public territorial des Gardons): 20,1 % - le Département du Gard: 10,3 % - et enfin, et ce n'est pas le moindre, le FEDER (Fonds européen de développement régional): 19,5 %, soit 860 000 €. Toutes les espèces végétales et animales présentes sur les lieux des travaux ont été soigneusement recensées et par exemple certaines plantes (des aristoloches) seront transplantées pour permettre à un papillon protégé, la Diane, de continuer à vivre et se reproduire sur le site. Protéger les habitants mais aussi la biodiversité, c'est actuellement une exigence et c'est heureux !


Actions locales pour le climat: le 14 mars à Nîmes

Le Pacte Vert européen voulu par la nouvelle Commission européenne ne doit pas être qu'un catalogue de résolutions à l'échelle de l'Union européenne et de ses Etats membres. Il doit se décliner en une multitude d'actions locales et individuelles. A Nîmes comme dans beaucoup de villes (il faudrait que soit dans toutes...) des "collectifs de citoyens pour le climat" se sont constitués dans les années récentes, de façon plus ou moins formelle. Lorsque le 5 décembre 2019 nous avions projeté le film "Woman at war", pris LUX du Parlement européen en 2018, le collectif "Nîmes en transition" s'y était associé compte tenu du thème du film: le combat très individuel d'une femme islandaise pour défendre la nature très préservée de son pays. Le collectif "Citoyens pour le Climat Nîmes" regroupe à la fois des personnes et de nombreuses associations d'orientations très diverses mais pour lesquelles la préservation de l'environnement est un point commun. Il organise samedi 14 mars une "Marche pour le climat" à Nîmes, départ à 14h30 de l'Esplanade Charles de Gaulle. Vers un bloc contre-populiste centre-européen?

Depuis le milieu des années 2010, le groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie et République Tchèque) est passé de l'incarnation du libéralisme pro-Atlantique à une forme de laboratoire du populisme au pouvoir. Mais l’histoire continue. Et si l'Europe centrale expérimentait déjà une résistance sous forme d’un bloc contre-populiste? (…) Illibéralismes En Hongrie Viktor Orban incarne à la perfection le passage du libéralisme politique et économique militant au populisme conservateur. L'ancien diplômé d’Oxford est devenu en août 2014 le théoricien du dépassement de l'État de droit par les valeurs traditionnelles hongroises. « L’orbanisation » est désormais synonyme d'un modèle de démocratie illibérale, alliant identité, souverainisme et pratiques érodant l’État de droit, construisant un nationalisme européen nouveau. En Pologne, le PiS (parti Droit et justice) au pouvoir est régulièrement tancé par les institutions européennes pour le non-respect de l'État de droit, avec des attaques régulières contre la justice et les médias. Ces attaques font l’objet elles-mêmes de vigoureuses manifestations de protestation. La République tchèque, elle, présente une forme de cohabitation originale entre le président Milos Zeman, social-démocrate populiste anti-immigration, plutôt pro-russe et pro-chinois et son Premier ministre Andrej Babis [issu] du centre droit libéral et populiste, incarnant une forme de gouvernance affairiste. Enfin, autre configuration, la Slovaquie a élu en mars 2019 une présidente sociale-libérale européenne écologiste, Zuzana Caputova, mais le Premier ministre Peter Pelligrini appartient au mouvement SMER de Robert Fico, connu pour ses critiques contre les politiques migratoires européennes (Fico, rappelons-le, avait été contraint à la démission suite à l’assassinat du journaliste Jan Kuciak en 2018). Oppositions Les maires des capitales de ces quatre pays, [en signant] en décembre 2019 un « Pacte des villes libres », ont donné explicitement une réponse transnationale aux régimes nationaux populistes:« Ensemble... ...nous sommes bien mieux informés. Nous devons aussi faire cela pour prévenir toute nouvelle vague de populisme qui fournirait des réponses trop simples ou mauvaises à toutes ces questions complexes », expliquait ainsi Zdenek Hrib, le maire de Prague. Début d'un bloc contre-populiste ou simple effet d’annonce momentané et opportuniste ? (…) Face aux régimes divers des États du groupe de Visegrad, l’Alliance des villes libres ne constitue pas un parti. Par-delà la différence des contextes, les signataires, tous nés entre 1972 et 1981, se revendiquent d'un certain nombre de valeurs : la liberté, la dignité, la démocratie, l'égalité, l'État de droit, la justice sociale, la tolérance et la diversité culturelle. Des nuances existent, du fait des particularités des contextes nationaux et locaux, faits d’alternances et de préférences politiques. Leurs tendances politiques sont également différentes: alliance du centre gauche écologiste à Budapest (avec, de manière ambiguë, un soutien du parti nationaliste Jobbik), de centre droit à Varsovie (Plateforme civique), et mouvements moins classables, "pirates" à Prague, indépendants à Bratislava. (…) Faut-il voir dans ce "Pacte des villes libres" le fer de lance d’un nouveau « bloc contre-populiste », se confrontant aux populistes au pouvoir ? Le bloc populiste étant au pouvoir au niveau national, la résistance démocratique ne peut venir que du niveau local, comme le socialisme municipal en France avait précédé l’arrivée au pouvoir au niveau national. Mais les capitales qui ont signé le pacte, et les grandes villes qui ont été perdues par les populistes (le Fidesz en a perdu six en octobre dernier) pourraient aussi apparaître comme le « syndicat des villes gagnantes de la mondialisation », dans des contextes de polarisation entre des centres urbains mondialisés et des territoires périphériques. Enfin, cette démarche des maires des capitales n’est peut-être pas tout à fait désintéressée: cette coalition des capitales peut viser à obtenir plus facilement des fonds européens, contournant les contraintes financières de leurs gouvernements. Extraits d’un article de Florent Parmentier, enseignant-chercheur à Sciences-Po et HEC, paru dans le bulletin Telos. Pour le lire dans son intégralité, voir: https://www.telos-eu.com/fr/politique-francaise-et-internationale/vers-un-bloc-contre-populiste-centre-europeen.html.


Le budget européen 2021-2027

Le terme exact en langage européen est "cadre financier pluriannuel". En effet les dirigeants des Etats de l'Union européenne et le Parlement européen doivent d'abord se mettre d'accord pour définir un montant pour une période de 7 ans, ensuite chaque année le budget est défini pour l'année suivante, en restant à l'intérieur de l'enveloppe qui a été fixée pour 7 ans. 2020 est la dernière année du cadre financier 2014-2020, il faut donc absolument un accord pour la période de 7 ans qui s'ouvre en 2021: période 2021-2027. Pour cela les chefs d'Etat ou de gouvernement se sont réunis en Conseil européen les 20 et 21 février. Mais Charles Michel, qui préside le Conseil européen, n'a pas réussi pour le moment à obtenir un accord entre les membres. Il n'a pas prolongé la réunion, devant les fortes divergences entre les participants. Une ou plusieurs autres réunions seront nécessaires, précédées d'un travail technique de préparation et probablement de nombreux contacts informels. Les Vingt-Sept sont en effet face à une situation difficile. D'un côté, le départ du Royaume-Uni laisse un trou de 75 milliards d'euros (pour 7 ans) dans les recettes, de l'autre les grandes ambitions de l’Union, climatiques notamment, exigent des investissements supplémentaires. Une "ligne de fracture" est ainsi apparue. Les "quatre Etats frugaux" (Autriche, Danemark, Pays-Bas et Suède), soutenus en sous-main par l’Allemagne, considèrent que l’Union doit limiter ses dépenses à 1 % du RNB (Revenu national brut) communautaire, ce qui est le niveau actuel. A l'inverse, 17 pays de l'est et du sud veulent protéger les programmes traditionnels, comme le financement des infrastructures et la politique agricole commune (la PAC). Problème : entre ces deux positions, "les différences sont trop grandes", a reconnu Angela Merkel à l'issue du sommet. Sans compter les autres débats, qui ont constitué autant de lignes de fracture, comme sur la réduction du budget alloué à la politique agricole, la mise en place de nouvelles ressources pour le budget, la suppression des rabais accordés à quelques-uns (hé oui, il n'y avait pas que le Royaume-Uni qui avait obtenu un rabais sur sa contribution au budget européen, même si le sien était le plus important...) ou encore la possibilité de suspendre les aides en cas d'atteintes à l'Etat de droit... La proposition initiale de Charles Michel, fixant le budget européen à 1,074 % du RNB de l'UE, n'a satisfait personne. Vendredi après-midi, il a proposé de l'abaisser à 1,069 % du RNB. Cette version rehaussait les crédits de cohésion et de la PAC, elle s'accompagnait aussi de concessions aux quatre "frugaux" : maintien des rabais, coup de pouce sur le prélèvement européen sur la TVA et ristournes sur le financement du budget de la zone euro. Nouvel échec. Politiquement les Etats "frugaux" s'opposent à la création pour le budget de l'UE de ressources propres autonomes par rapport aux contributions nationales des Etats (qui représentent actuellement 70 % du budget européen): leur crainte serait de perdre le contrôle d'une Union qui deviendrait plus forte. Certains des autres pays sont exaspérés: le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a même défendu, dans la salle de presse du Conseil européen, un budget à 1,3 % du RNB européen, ce qui correspond d'ailleurs aux souhaits du Parlement européen !! Si le nouveau CFP (cadre financier pluriannuel) n'est pas adopté à temps pour entrer en vigueur au début de l'année 2021, les traités européens prévoient de prolonger temporairement la dernière année du CFP actuel, avec les mêmes plafonds. Il y aura donc de toute façon continuité de fonctionnement de l'UE, mais ce serait tout de même bien qu'il y ait un accord entre les 27 et le Parlement européen ! Et la France dans tout ça ? Elle ne fait pas partie des Etats "frugaux", mais elle défend avec vigueur le maintien de la PAC au moins à son niveau actuel. Vue des Pays-Bas ou de Suède par exemple, elle est probablement vue comme un Etat du sud, tout en étant contributeur net au budget européen ... Coronavirus « Covid 19 » : l’agence européenne ECDC

L’ECDC, (European Centre for Disease Prevention and Control - Centre européen de prévention et de contrôle des maladies) est une agence européenne importante et méconnue. Créée en 2005, elle est située à Stockholm. Son but est de renforcer les défenses européennes contre les maladies infectieuses. Les fonctions essentielles couvrent un large éventail d’activités : surveillance, renseignement épidémiologique, riposte, avis scientifique, microbiologie, préparation, formation en santé publique, relations internationales, communication en matière de santé. Voir le site: https://europa.eu/european-union/about-eu/agencies/ecdc_fr Les programmes de lutte contre les maladies de l’ECDC couvrent: la résistance aux antimicrobiens et les infections associées aux soins de santé ; les maladies émergentes et à transmission vectorielle (c'est-à-dire par des "vecteurs" hôtes-porteurs-transmetteurs de bactéries, de virus ou de parasites, par exemple les moustiques pour le paludisme) ; les maladies d’origine alimentaire et hydrique et les zoonoses (maladies qui peuvent se transmettre entre des animaux et l'homme) ; le VIH, les infections sexuellement transmissibles et l'hépatite virale ; la grippe et autres virus respiratoires ; la tuberculose ; et les autres maladies évitables par la vaccination. Dans le cadre de sa mission, le Centre a pour but de :

- rechercher, collecter, rassembler, évaluer et diffuser les données scientifiques et techniques pertinentes;

- fournir des avis scientifiques et une assistance scientifique et technique, y compris la formation;

- fournir des informations en temps utile à la Commission européenne, aux États membres de l'UE, aux agences communautaires et aux organisations internationales actives en santé publique;

- coordonner la mise en réseau européenne des organismes opérant dans les domaines relevant de la mission du Centre, y compris les réseaux issus des activités de santé publique soutenues par la Commission européenne et exploitant les réseaux de surveillance dédiés; - échanger des informations, de l'expertise et des bonnes pratiques, et faciliter les actions conjointes entre les Etats de l'UE. L'ECDC a mis en place une page web de référence dédiée aux mises à jour et aux évaluations des risques de la maladie des coronavirus 2019 (Covid-19) en mettant l'accent sur l'Europe: https://www.ecdc.europa.eu/en/novel-coronavirus-china Il a aussi produit plusieurs courts-métrages éducatifs sur le Covid-19. Les films abordent les contre-mesures liées au voyage, ainsi que les contre-mesures non pharmaceutiques telles que la protection personnelle, les contre-mesures environnementales et sociales. Tout est accessible par le lien: https://www.eva.ecdc.europa.eu/totara/catalog/index.php?catalog_cat_browse=16005&orderbykey=text&itemstyle=narrow L’ECDC publie une revue en ligne très bien faite et reconnue: EUROSURVEILLANCE, qui est une revue scientifique européenne à comité de lecture consacrée à l'épidémiologie, la surveillance, la prévention et le contrôle des maladies transmissibles, avec un accent sur des sujets qui présentent un intérêt pour l'Europe. Cet hebdomadaire en ligne, publié le jeudi, propose des communications rapides, des articles de recherche approfondis, des rapports de surveillance et d'épidémie, des revues et des documents de perspective. La publication de courts articles faisant autorité sur les épidémies en cours ou d'autres événements de santé publique est l'un des principaux atouts de la revue. Lorsque des événements doivent être communiqués d'urgence aux lecteurs pour une action rapide de santé publique, des alertes électroniques peuvent être publiées en dehors du calendrier normal de publication. Des compilations thématiques d'articles sélectionnés et de numéros spéciaux sont également publiées sur papier avec un nombre limité d'exemplaires. Accès libre par: https://www.eurosurveillance.org/about Le futur avion de combat européen: les études sont lancées

Après des mois de discussions politico-industrielles entre l'Allemagne et la France, les ministres de la défense des deux pays ont signé le 20 février un Paris un contrat de 155 millions d'€ confiant à des industriels des deux pays des études devant conduire en 2026, après d'autres étapes d'études, à un premier prototype du futur avion de combat européen. Ce futur avion de combat porte déjà un nom, le SCAF (Système de combat aérien du futur) et une silhouette possible a été présentée au Salon aéronautique du Bourget 2019 (voir la photo). Il soir remplacer vers 2040 les actuels Rafale (de Dassault) et Eurofighter Typhoon (d'un consortium d'industriels d'Allemagne, du Royaume-Uni, d'Italie et d'Espagne). Les discussions ont été âpres sur les rôles des industriels allemands et français: Dassault et Airbus pour la maîtrise d'oeuvre et conception générale, MTU (Allemagne) et Safran (France) pour les moteurs et MBDA et Thalès pour les systèmes d'avionique et d'armes. Le Bundestag allemand a conditionné la signature du contrat à une progression en parallèle du programme SCAF et du programme du futur char d'assaut franco-allemand, ce dernier devant être sous maîtrise d'oeuvre allemande. Il restera à intégrer l'Espagne au projet, elle est très volontaire pour y participer. Souhaitons que le projet SCAF se déroule mieux que celui de l'avion de transport militaire européen A400M, assemblé en Espagne à Séville, qui a accumulé des retards et des surcoûts dus à des difficultés dans la mise au point, la certification et la fabrication. Souhaitons aussi que des drones militaires européens se concrétisent bientôt, pour que l'Union européenne développe son autonomie par rapport aux USA dans ce domaine. Brexit: et on continue avec les mêmes !

Vous avez aimé la saison 1 du Brexit? Vous pensiez en être privé après le 31 janvier? Non! La saison 2 continuera jusqu'au 31 décembre et il se pourrait même qu'il y ait une saison 3 ! La négociation sur la relation future sera conduite par Michel Barnier, qui a mené celle sur les conditions du retrait britannique et qui a su conserver la confiance des acteurs à Bruxelles comme dans les capitales des États membres. L’organisation mise en place en 2017 pour coordonner le travail entre la Commission, le Conseil de l'UE, le Parlement et les capitales des États membres est reconduite. Le groupe de travail (UK task force), comprenant 80 personnes, sera en contact permanent pendant les négociations avec les États membres et le Parlement européen. Le calendrier des négociations sera très serré si on veut respecter le désir du gouvernement britannique d'aboutir avant le 31 décembre 2020. – 25 février : le mandat de négociation confié à Michel Barnier a été défini ; ce dernier a prévenu : « pas d'accord à n'importe quel prix ! » – Fin juin : une conférence de « haut niveau » permettra à l'Union européenne et au Royaume-Uni de faire un premier bilan d'avancement des négociations. – La date du 30 juin est le délai que les deux parties se sont fixé pour évaluer leurs équivalences respectives en matière de services financiers, un processus qui passera en revue une quarantaine de secteurs. Ces équivalences permettraient aux banques et institutions financières britanniques de continuer à travailler sans restrictions sur le continent. – 1er juillet : C’est à ce moment-là que les deux parties devront décider de prolonger ou non la période de transition, pour un ou deux ans, au-delà du 31 décembre 2020, afin de se donner plus de temps pour négocier. Certes, Boris Johnson a déclaré qu'il ne demanderait pas de report mais il est réaliste et il nous a déjà habitués à des revirements ! – Le 1er juillet est également la date à laquelle l’Union européenne et le Royaume-Uni se sont engagés pour tenter de conclure et ratifier un nouvel accord de pêche, qui réglementera en particulier l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques et la gestion des stocks en commun par la fixation de quotas annuels. Les pêcheurs européens ont besoin des ressources halieutiques des eaux britanniques mais les pêcheurs britanniques ont besoin de vendre leur pêche sur le continent. – Pour qu’un accord sur la relation future, qu’il soit global, commercial ou étendu à quelques secteurs, entre en vigueur le 1er janvier 2021 (lendemain de la fin de la période de transition), il devra avoir été ratifié par le Royaume-Uni et l’Union européenne. Il devra également avoir été approuvé par les chefs d’État et de gouvernement européens. Le calendrier souhaitable serait donc la conclusion d’un accord au plus tard début octobre 2020, une approbation par le Conseil européen des 15 et 16 octobre, et une ratification parlementaire en novembre et décembre. Le temps utile de négociation s’en trouve donc réduit. Le but de la négociation est d'obtenir un accord de libre-échange, que Michel Barnier résume par la formule «zéro droits de douane, zéro quotas d'import-export, zéro dumping».Parmi tous les domaines de la relation future à définir, trois sont cruciaux : le commerce, la pêche et la sécurité (intérieure et extérieure). Des accords complémentaires pourront être conclus dans le même temps, ou plus tard. Les services financiers, secteur dans lequel la balance du Royaume-Uni avec l’Union européenne est excédentaire, pourraient être négociés dans un second temps. Pour simplifier le processus de ratification, l’Union européenne aura également intérêt à conclure, dans un premier temps, un accord qui ne comporte que des dispositions « communautaires » ne nécessitant que la ratification du Parlement européen. Les sujets « mixtes », comme les accords sur les investissements, qui doivent être en outre ratifiés par les parlements nationaux et certains parlements régionaux (43 au total) seraient négociés plus tard. Parallèlement, l’Union européenne et le Royaume-Uni devront mettre en place le protocole sur la frontière irlandaise, question la plus épineuse de l’accord de retrait car la solution choisie dans l’accord de retrait de 2019 est pour le moins alambiquée: l'Irlande du Nord appartiendra simultanément au marché unique européen et en même temps restera dans l'espace douanier britannique. Un comité mixte devra définir les produits britanniques qui pourront franchir la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande – et ainsi entrer dans le marché unique – et ceux qui auront vocation à rester en Irlande du Nord pour les besoins locaux. La différence entre les deux catégories décidera des contrôles douaniers à instaurer entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni. L’organisation, la responsabilité et la supervision de ces contrôles doivent également être détaillés. Régler autant de problèmes en un temps aussi court est une gageure ; on vous le garantit, cette nouvelle saison sera pleine de rebondissements ! Article largement inspiré d'un article de Ramona Bloj et Eric Maurice« Accomplir le Brexit » publié dans la Lettre de la Fondation Robert Schuman du 27/01/2020.

Un retrait de l'U.E qui nous a laissés... de glace

Le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne a occupé les débats politiques pendant quatre ans des deux côtés de la Manche; ils risquent d'être réanimés à l'approche de l'échéance du 31 décembre 2020, date limite théorique pour trouver un accord sur les futures relations entre l'U.E et le Royaume-Uni. Le précédent retrait (oui, il y a eu un!) de ce qui s'appelait alors les Communautés européennes est passé beaucoup plus inaperçu. Et pour cause ! Il s'agissait d'un territoire glacé - malgré son nom, "terre verte" en danois - d'à peine 50 000 habitants qui n'avait même pas le statut d’État et se situait géographiquement en Amérique: le Groenland ! Remontons le fil de l'histoire : - Le 1er janvier 1973, le royaume du Danemark (en même temps que le Royaume-Uni et l'Irlande) devient membre des trois Communautés européennes*. Cette adhésion avait été confirmée le 2 octobre 1972 par un référendum donnant 63,3% de oui. Mais, en examinant de plus près les résultats, on s'aperçoit qu'une des provinces du royaume avait voté à 70,8% contre l'adhésion : le Groenland. Pour quelle raison ? A l'époque, la pêche représentait l'essentiel des ressources de la province et les Groenlandais ne souhaitaient pas partager leur zone halieutique avec les pêcheurs de la C.E.E. A noter que c'est la même raison qui a conduit l'Islande, qui avait demandé à rejoindre l'UE en 2009 après une grave crise financière, à retirer sa candidature en 2015. - En 1975, une commission mixte dano-groenlandaise se penche sur la demande d'autonomie des Groenlandais ; cela a abouti en 1978 à un vote du parlement danois qui accorde l'autonomie à la province. Le 17 janvier 1979 le nouveau statut est approuvé à 70% par les Groenlandais. par référendum. En 1979, la loi sur l'autonomie du Groenland transfère aux autorités autonomes du territoire presque toutes les responsabilités qui étaient jusqu'alors exercées par les autorités danoises. - Le cheminement des idées autonomistes amène à un référendum sur l'appartenance du Groenland aux Communautés qui a lieu le 23 février 1982 : les Groenlandais votent à 53,02% (soit 12 615 voix !) pour le retrait avec un taux de participation de 74,9%. - Le 13 mars 1984 à Bruxelles, le Danemark signe avec ses partenaires un traité modificatif aux traités européens actant le retrait du Groenland des trois Communautés, avec effet le 1er février 1985. Un protocole additionnel concerne la pêche : moyennant un accès des eaux groenlandaises pour les pêcheurs européens, la C.E.E ne taxerait pas les produits de la pêche groenlandaise. Le territoire devient un " pays constitutif du royaume du Danemark " avec une très large autonomie, et un " territoire d'outre-mer associé à l'Union européenne", inclus dans l'espace « Schengen » de libre circulation. Depuis, l'autonomie de cette île immense (près de 4 fois la surface de la France métropolitaine!) a été encore accrue, le Danemark ne conservant que la politique étrangère, la défense et la politique monétaire (la couronne danoise). L'indépendance n'est plus un tabou, d'autant plus que, ces dernières années, ce territoire a acquis une valeur économique et stratégique croissante. Le Groenland regorgerait de gaz, de pétrole et de minerais, notamment de « terres rares », nécessaires pour l'informatique et la téléphonie ; encore faut-il pouvoir les exploiter dans un environnement polaire hostile et face à l'opposition d'une partie de la population, attachée à son environnement! D'autre part, le réchauffement climatique rend envisageable, à terme, le développement de transports maritimes reliant l'Asie à l'Europe et à l'Amérique du Nord via l'Arctique ; ce n'est pas pour rien que les Chinois s'intéressent à l'île et que Donald Trump en a proposé le rachat par les États-Unis ! * L'Union européenne n'existait pas encore à l'époque mais il y avait trois Communautés : Communauté économique européenne (C.E.E.) qui gérait le marché commun, Communauté européenne du charbon et de l'acier (C.E.C.A.) et Communauté européenne de l'énergie nucléaire (Euratom).



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